Écrans, sédentarité et jeunes enfants

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Écrans, sédentarité et jeunes enfants dans Le coin du chercheur

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Les écrans et les jeunes enfants…

Un sujet tellement actuel et si délicat à aborder ! (Mais, les sujets difficiles, non consensuels, ça me connaît !  ;) )

Pourtant, quand on a compris le rôle de la proprioception et du système des neurones miroirs, on ne peut que s’interroger sur l’impact de nos nouveaux modes de vie (sédentarité, écrans,etc.) sur le développement des jeunes enfants…

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proprioception mouvement

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Comment les petits enfants développent-ils leur système proprioceptif ? C’est très simple : en bougeant ! Voilà pourquoi les enfants BOUGENT TOUT LE TEMPS ! Et voilà pourquoi il est essentiel de les laisser faire et même de les encourager à bouger ! En effet, le système proprioceptif est à la base de la construction de notre schéma corporel, cette représentation que nous avons tous de notre propre corps, de sa forme, de son volume, de la place qu’il occupe dans l’espace.

J’ai largement développé, sur ce blog, le lien fait par des chercheurs et médecins entre dysproprioception et certains troubles des apprentissages. Alors, ayant connaissance de ces éléments, je m’interroge : quel peut être l’impact de nos nouveaux modes de vie sur le développement des jeunes enfants ?

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neurones miroirs

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Nous possédons des neurones miroirs qui sont des neurones moteurs particuliers et dont la caractéristique principale est de s’activer non seulement lorsque nous exécutons une action mais aussi quand nous l’observons chez l’autre. D’où l’idée que le rôle de ces neurones serait de « simuler » intérieurement le geste réalisé par autrui. Or, la simulation opérée par cette catégorie si particulière de neurones moteurs se fait en utilisant les informations que leur procurent les systèmes sensoriels : la vision, l’audition et  la proprioception. De là vient la notion, qui a à présent supplanté celle de neurones miroirs, de « système des neurones miroirs ». Cette implication de notre propre système moteur, alors qu’on observe l’ action réalisée par une autre personne, nous permet d’accéder à la signification de cette action*.

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Quel est le rôle fonctionnel des neurones miroirs ? [...] Leur propriété est de constituer un mécanisme qui projette une description de l’action, élaborée dans les aires visuelles complexes, vers les zones motrices. [...]

Une de leurs fonctions essentielles est la compréhension de l’action. Il peut paraître bizarre que, pour reconnaître ce que l’autre est en train de faire, on doive activer son propre système moteur. En fait, ce n’est pas tellement surprenant. Car la seule observation visuelle, sans implication du système moteur, ne donne qu’une description des aspects visibles du mouvement, sans informer sur ce que signifie réellement cette action. Cette information ne peut être obtenue que si l’action observée est transcrite dans le  système moteur de l’observateur. L’activation du circuit miroir est ainsi essentielle pour donner à l’observateur une compréhension réelle et expérientielle de l’action qu’il voit (Rizzolatti, 2006)

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Ce système des neurones miroirs nous donne une compréhension réelle du mouvement de l’autre. Il nous permet non seulement d’observer les actions, mais aussi de prendre conscience de ce que la personne fait et pourquoi elle le fait. Le système des neurones miroirs crée un lien direct entre l’émetteur du message et le receveur : le geste ou l’action est comprise grâce au mécanisme de reflet.

Néanmoins, une condition indispensable pour que cela fonctionne est d’avoir déjà présent dans notre répertoire moteur (notre gigantesque médiathèque interne de capacités d’action) l’acte simple à reproduire. Cette représentation motrice peut exister dès la naissance, car il existe des Patterns moteurs préexistants.

Cependant, lactivité du système des neurones miroirs est étroitement corrélé à notre degré d’habileté ; plus nous maîtrisons une action, plus notre système miroir s’active lorsque nous l’observons chez quelqu’un d’autre. D’où l’importance de la pratique. L’observation visuelle n’est pas suffisante. Il faut voir et agir.

Observer puis reproduire, imiter pour apprendre, telle semble être la base du développement du petit enfant.

Ainsi, plus un jeune enfant aura répété une action motrice et mieux il sera capable d’en décoder la signification chez autrui. D’où l’importance de l’encourager à bouger, à stimuler sa proprioception… (Ce qu’il ne fera pas en restant passivement devant un écran durant de longues heures).

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 Neurones miroirs dans Neurosciences

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Par ailleurs, des chercheurs (Giacomo Rizzolati, directeur de l’Université de neurosciences à l’Université de Parme et Corrado Sinigaglia, Professeur de philosophie des sciences à l’Université de Milan) défendent la théorie selon laquelle les neurones miroirs seraient également impliqués dans l’apprentissage de la langue et s’appuient sur lhypothèse motrice du langage (quand on émet des sons, on fait des mouvements de gorge, de bouche, etc). Le langage verbal serait une évolution du langage gestuel, nettement plus ancien.

La perception de la parole produirait automatiquement une représentation motrice des gestes articulatoires perçus. L’auditeur comprendrait le locuteur grâce à l’activation de représentations motrices articulatoires lors de l’écoute des sons de la parole.

Le bébé observe les gestes oro-faciaux de la personne qui lui parle, tente de les reproduire en s’appuyant sur un répertoire commun d’actions primitives motrices permettant de générer des gestes oro­‐faciaux. Il apprend ainsi, petit à petit, par l’expérience répétée, à réaliser les mêmes gestes et à parler.

Pour illustrer cette théorie, je vous propose de visionner cette très jolie vidéo de l’émission « La maison des Maternelles », montrant un échange entre une maman et son bébé. Le bébé dévore sa maman du regard et met toute son énergie à essayer de communiquer avec elle (Clic sur l’image) :

« L’attention des adultes rend les bébés attentifs aux autres. »

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Pour le contraste, je vous joins cette photo provenant d’un article du Figaro, que je vous invite d’ailleurs à lire (Clic sur l’image)

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porte smartphone biberon

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Enfin, pour alimenter encore la réflexion, je vous invite à visionner cette vidéo de l’expérience du visage impassible, commentée par le Dr Edward Tronick , directeur de l’Unité du développement de l’enfant de l’ Université d’Harvard (en anglais, mais vous pouvez avoir une traduction en cliquant sur l’icône « sous -titres » en bas, à droite, en visionnant la vidéo sur Youtube):

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Voilà, je suis maman d’un enfant dysproprioceptif, dysproprioceptive moi-même et ayant grandi à une époque où les écrans étaient rares, je ne suis ni médecin, ni chercheuse. Je n’ai aucune qualification qui puisse me permettre de tirer des conclusions sur les conséquences d’une surexposition aux écrans, d’une vie trop sédentaire où jouer dehors, marcher pour se rendre à l’école, etc., deviennent des activités de plus en plus rares. Je ne suis pas qualifiée pour donner des conseils, ni pour asséner des leçons de morale.

Mais, toutes mes recherches personnelles sur le rôle de la proprioception et du système des neurones miroirs m’amènent à me questionner sur l’évolution de nos modes de vie et son impact sur le développement des jeunes enfants (Et si je peux vous amener à partager mon questionnement, cet article aura atteint son but :) ).

C’est pourquoi je souhaite vous faire connaître ces deux affiches réalisées par une graphiste et illustratrice, Bougribouillons, en collaboration avec une orthophoniste. Si vous souhaitez vous les procurer, vous trouverez des informations sur le blog de l’illustratrice : ICI

 

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affiche_ecran1_web_570px Neurosciences dans Proprioception

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affiche_ecran2_web_570px proprioception dans SDP/dysproprioception

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Note 1 : La première photo est issue du site Santé log

Note * : Des études récentes semblent aussi montrer que c’est parce que nous reproduisons avec nos muscles, de manière imperceptible, le mouvement observé -donc, grâce à ce feedback proprioceptif- que nous arrivons à comprendre les mouvements et expressions d’autrui.

Sources des informations sur les neurones miroirs  :

LES SYSTÈMES DE NEURONES MIROIRS  Giacomo RIZZOLATTI, Département des Neurosciences Section de Physiologie Université de Parme (Italie)

NEURONES MIROIRS,  Pr F.HERAUT, Neurophysiologiste

Tango et neurones miroirs : les vertus mystérieuses du tango dévoilées par les neurosciences par Michel Habib,neurologue

D’un miroir l’autre. Fonction posturale et neurones miroirs

Les neurones miroirs : rôle et utilité

La perception de la parole, Théorie des neurones-miroirs

Neurones-miroirs, corps et langage

Et, pour finir, voici une petite vidéo de vulgarisation scientifique réalisée par l’INSERM, sur les neurones miroirs :

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Lire un bon roman modifierait biologiquement le cerveau

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Voici une étude amusante qui prouve, une fois de plus, que le cerveau se modifie sous l’effet d’un apprentissage, d’une activité. Selon une expérimentation rapportée dans la revue Brain Connectivity, par une équipe de chercheurs de l’Université d’Emory aux Etats-Unis,  la lecture d’un roman entrainerait des modifications importantes au niveau cérébral.

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Voici un extrait de l’ article du site Maxisciences sur le sujet :
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Plus de connexions neuronales
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Pendant 19 jours consécutifs, les cerveaux des candidats ont été observés à l’aide d’IRM. Les cinq premiers jours, l’imagerie cérébrale était réalisée pendant qu’ils étaient au repos. Les neuf jours suivant, ils ont été amenés à lire neuf passages de 30 pages de Pompeii, de Robert Harris un texte qui combine des événements fictifs et dramatiques. Dans ce roman, le personnage principal éloigné de Pompéi, découvre les fumées qui se dégagent du volcan et « tente de revenir à Pompéi à temps, pour sauver la femme qu’il aime ». « Cela raconte de vrais évènements d’une façon fictionnelle et dramatique. Il était important pour nous que le livre ait une trame narrative forte », souligne le Pr Berns. Un questionnaire suivait les lectures pour s’assurer que les participants avaient lu correctement, puis ils subissaient une nouvelle séance d’IRM. Une fois toutes les observations cérébrales réalisées et collectées, les chercheurs ont comparé les résultats. Au cours des matinées qui ont suivi la séance de lecture, ils ont ainsi constaté une augmentation du nombre de connexions neuronales dans la région du cortex temporal gauche. Une aire associée à la réceptivité de la langue. De même, une connectivité accrue a été observée au niveau de la région du cerveau associée à des représentations sensorielles venant du corps. Mais ces augmentations n’étaient pas que ponctuelles.
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Un changement durable
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« Même si les participants ne lisaient pas le roman, quand ils étaient face au scanner, ils ont conservé cette connectivité accrue. Nous appelons cela une “activité de l’ombre”, presque comme une mémoire musculaire« , indique le Professeur Berns. Cette persistance s’est même prolongée cinq jours après la lecture du roman, selon les chercheurs. Ceci prouve que les effets de la lecture s’inscrivent dans une certaine durée. « Les changements neuronaux que nous avons trouvé sont associés aux systèmes des sensations physiques et des mouvements, ils suggèrent que lire un roman peut vous transporter dans le corps du protagoniste. Nous savions déjà que les bonnes histoires pouvaient vous faire prendre la place de quelqu’un au sens figuré. Aujourd’hui, nous voyons que quelque chose peut aussi se produire biologiquement », commente le Pr Berns. Par ailleurs, l’effet s’est prolongé cinq jours après la lecture du roman. « Il reste la question toujours ouverte, de savoir si ces changements pourraient durer encore davantage. Mais le fait que nous les détections durant quelques jours, à partir de passages pris au hasard, suggère que nos livres pourraient avoir un effet plus important et durable sur la biologie de notre cerveau ».
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penseur rodin
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Ce qui est à noter et qui est quand même extraordinaire quand on y pense, c’est que le seul fait de lire des scènes de haute intensité dramatique et d’action est à l’origine de changements neuronaux :

 » une connectivité accrue a été observée au niveau de la région du cerveau associée à des représentations sensorielles venant du corps. »

« Les changements neuronaux que nous avons trouvés sont associés aux systèmes des sensations physiques et des mouvements, ils suggèrent que lire un roman peut vous transporter dans le corps du protagoniste. « 

 

« Presque comme une mémoire musculaire » : tout est là, tout est dit. Et nous touchons du doigt la puissance du rôle cognitif de la proprioception !

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Ce sont les neurones moteurs  (cellule nerveuse qui est directement connectée à un muscle et commande sa contraction) qui permettent au cerveau d’ordonner au corps tous les gestes dont celui-ci est capable. À chaque geste, chaque action, comme se lever, tourner la tête ou claquer des doigts par exemple, correspond donc un ensemble de neurones spécialisés.

Le professeur JP Roll a démontré que toute nos actions motrices laissent une trace dans notre cerveau, sous formes de connexions neuronales, au point qu’il a pu constituer une véritable « neurothèque » où sont conservées les signatures sensorielles d’actions diverses de forme et de taille différentes et réalisées à des vitesses variées (Il lui suffit ensuite de stimuler les capteurs proprioceptifs des tendons musculaires avec des vibrations pour donner au sujet la sensation illusoire de ces actions). Nous sommes là au cœur de la plasticité cérébrale.

Il existe une classe particulière de neurones moteurs, les neurones miroirs, qui possèdent la surprenante vertu de fabriquer dans le cerveau de celui qui regarde, l’image du mouvement de celui qui est en train de l’exécuter. Or, des études récentes semblent montrer que c’est parce que nous reproduisons avec nos muscles, de manière presque imperceptible, le mouvement observé (grâce donc à ce feedback proprioceptif) que nous arrivons à analyser les mouvements et expressions d’autrui.

Ce qui est finalement le plus surprenant dans cette étude sur la lecture, c’est que ce n’est pas la vision du mouvement d’autrui (et le feedback proprioceptif qu’elle entraîne), qui simule l’action dans notre cerveau au point de provoquer des changements neuronaux liés aux sensations physiques du mouvement, c’est le seul fait de l’imaginer !

Néanmoins, ça n’a rien de surprenant au vu des découvertes récentes sur la proprioception, comme nous le montre cette étude, rapportée dans Science et vie:

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Difficile à croire mais, oui, il est possible de stimuler ses muscles par la seule pensée et donc de les faire travailler !

Pour preuve, en 2014, une équipe de l’université de l’Ohio a plâtré l’avant-bras de 29 personnes cobayes (non sportives) avant de les séparer en deux groupes. Les premiers devaient s’imaginer qu’ils contractaient leurs muscles pendant cinq secondes, quatre fois de suite, suivi d’une minute de repos. Le tout répété 13 fois durant une séance et cela cinq jours sur sept durant un mois. Les seconds n’avaient aucune consigne

A la fin du mois, le premier groupe avait perdu 24 % de sa force dans l’avant-bras alors que, dans l’autre, le déclin était de 45 % !

Le sens proprioceptif en action

L’explication, on s’en doute, est neurologique. Le fait de penser faire du sport stimule les cortex prémoteur et moteur qui contrôlent le sens proprioceptif (perception, consciente ou non, de la position de nos membres dans l’espace). La pensée active ainsi les récepteurs proprioceptifs et de fait excite les muscles qui se contractent (légèrement) sans aucune action physique.

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C’est fou quand y pense ! Fascinante proprioception !

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6 règles d’or pour que votre cerveau continue de fabriquer de nouveaux neurones

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cerveau et neurones

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Je vous avais déjà parlé d‘études qui démontrent l’importance d’avoir une activité musculaire pour favoriser les apprentissages. Je vous propose de découvrir, dans un article de Sciences et Avenir, les 6 règles d’or pour que votre cerveau continue de fabriquer de nouveaux neurones, présentées par Pierre-Marie Lledo [Directeur de recherche à l’institut Pasteur (unité Perception et Mémoire) et au CNRS (Gènes, synapses et cognition)]

L’une d’entre elle est proche de mon sujet de prédilection et concerne l’activité musculaire :

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4. Bouger !

« Il nous faut lutter contre la sédentarité car la science nous dit que, en cas d’activité physique, les muscles produisent des susbtances chimiques (nommés facteurs trophiques) qui, par voie sanguine, viendront agir sur le cerveau et particulièrement sur la niche de cellules souches« , explique le Pr Lledo. Il existe donc une corrélation directe entre activité musculaire et production de nouveaux neurones.

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Vous pouvez découvrir les 5 autre règles :

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Ou dans la vidéo suivante :

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Pierre-Marie Lledo lit notre avenir dans le cerveau. Il constate que cet organe évolue tout au long de notre vie. Il s’adapte et se reconfigure en fonction des informations sensorielles et motrices qu’il reçoit. S’ouvrir à la nouveauté, lutter contre l’infobésité, éviter l’usage chronique des somnifères… Le directeur du département de neuroscience de l’Institut Pasteur propose des astuces pour créer de nouveaux neurones. L’augmentation de nos facultés mentales par le recrutement de néo-neurones devrait nous permettre de conserver un cerveau jeune jusqu’à la fin de nos jours !

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Neurosciences : portrait d’un cerveau qui apprend

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Neurosciences : portrait d'un cerveau qui apprend dans Emissions TV, radio, presse,livres 738_gettyimages-534576493

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Je vous proprose d’écouter cette émission très intéressante de France Culture, où une neuroscientifique et un professeur s’accordent sur les meilleures façons de faire fonctionner notre cerveau. Comme un muscle, l’organe peut se travailler, une partie de celui-ci pouvant prendre plus ou moins de place selon sa sollicitation.

Cette conférence a été enregistrée en octobre 2017 avec :

Pascale Gisquet-Verrier, neurobiologiste de l’Institut de neuroscience de l’Universite Paris-Saclay

Eric Gaspar, professeur de lycée et créateur de Neurosup

Pour accéder à cette émission, clic sur l’image ci-dessous :

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France culture

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En tout début d’émission, Pascale Gisquet-Verrier nous explique que notre vie consiste avant tout à traiter des signaux qui proviennent de nos organes des sens. Notre cerveau traite en permanence des stimuli qui lui parviennent à travers les organes sensoriels et il réagit en fonction du type de signaux qu’il reçoit et des informations qu’il a déjà stockées en mémoire. Elle explique aussi que le cerveau est un organe multitâche très performant, qui effectue énormément de tâches en automatique. Celles-ci sont fondamentales pour subvenir à nos besoins essentiels et nous permettre de nous dégager l’esprit pour nous consacrer à des activités cognitives de niveaux plus élevés. Il y a un très gros décalage entre l’immense majorité des tâches automatiques et la faible partie d’entre-elles qui est dévolue à la cognition.

NdA : Du coup on comprend pourquoi le cerveau ne peut plus être totalement occupé par les tâches cognitives de haut niveau quand il ne peut pas automatiser certaines tâches, car il ne peut se fier au retour de ses organes sensoriels et notamment de la proprioception ;) .

Dans la deuxième partie de l’émission Eric Gaspar nous parle de la plasticité cérébrale qui est la découverte majeure des neurosciences ces vingt dernières années (son intervention rejoint l‘émission de France Inter partagée récemment). Le cerveau est un très bon gestionnaire qui créé des connexions en permanence sous l’effet de l’apprentissage, mais qui supprime aussi celles qui ne sont plus utiles. C’est pourquoi il faut de l’entraînement pour renforcer les connexions. Les chauffeurs de taxi londoniens et les musiciens ont un cerveau différent des personnes « tout venant », mais dès qu’ils cessent leur activité, les zones dévolues à ses activités sont réattribuées à d’autres choses et leur cerveau perd sa spécificité. En conclusion, le cerveau est extrêmement plastique et se réorganise en permanence.

NdA : Face à ces découvertes, je n’arrive vraiment pas à comprendre que persistent encore les théories figées des origines des troubles dys : « c’est telle zone qui dysfonctionne ». Sauf s’il y a des lésions, mais là c’est une autre problématique …

Bref, selon l’hypothèse d’une origine proprioceptive de certains troubles dys, si on corrige une dysproprioception grâce à un traitement proprioceptif, la plasticité cérébrale permettra au cerveau de se réorganiser :) .

Neurosciences : comment pensent les anticonformistes ?

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Neurosciences : comment pensent les anticonformistes ? dans Le coin du chercheur

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J’ai trouvé très intéressant cet article de « The conversation » qui traite de la difficulté d’être un précurseur dans le monde des sciences (petit clin d’œil aux chercheurs qui travaillent sur le lien entre dysproprioception et troubles des apprentissages ;) )

 

 

Que se passe-t-il dans le cerveau d’un homme qui choisit de s’affranchir de l’opinion commune ? Les neurosciences s’intéressent depuis de nombreuses années aux personnalités anticonformistes. L’enjeu est important, car ces individus permettent de faire évoluer la société et avancer la science.

Parmi les chercheurs, ils sont peu nombreux à remettre en cause les dogmes et à prendre le risque d’être attaqués, voire marginalisés par leurs pairs. L’histoire est riche, pourtant, de ces scientifiques qui, comme Albert Einstein ou Marie Curie, sont sortis des clous et ont révolutionné leur discipline.

La sélection naturelle semble privilégier le conformisme chez les individus. En même temps, l’évolution préserve une minorité aux idées hors normes, dont la créativité pourrait bien conditionner, ni plus ni moins, la survie de l’espèce. [...]

L’anticonformisme existe à toutes les époques. Parmi les chercheurs d’aujourd’hui, on voit se dessiner des profils dont les idées suscitent des réactions de rejet chez leurs confrères.[...]

L’histoire a retenu des destins hors normes comme celui de Marie Curie, lauréate des prix Nobel de physique et de chimie.[...] Son éloge de l’anticonformisme, cité dans le livre Madame Curie (Da Capo Series in Science), mérite d’être relu aujourd’hui : « Nous ne devrions pas laisser croire que tout progrès scientifique peut être réduit à des mécanismes, des machines, des rouages, quand bien même de tels mécanismes ont eux aussi leur beauté. Je ne crois pas non plus que l’esprit d’aventure risque de disparaître dans notre monde. Si je vois quelque chose de vital autour de moi, c’est précisément cet esprit d’aventure, qui me paraît indéracinable et s’apparente à la curiosité. Sans la curiosité de l’esprit, que serions-nous ? Telle est bien la beauté et la noblesse de la science : désir sans fin de repousser les frontières du savoir, de traquer les secrets de la matière et de la vie sans idée préconçue des conséquences éventuelles. » [...]

Pour en revenir à la communauté scientifique, le caractère anticonformiste ne semble pas apporter aux individus une situation confortable. L’absence de reconnaissance par les pairs peut même mener à l’arrêt des recherches, par manque de financement. L’histoire des sciences montre pourtant l’importance des anticonformistes pour le progrès des connaissances. Qu’en aurait-il été si de grands chercheurs comme Marie Curie ou Albert Einstein n’avaient pas persisté dans leurs travaux ?

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La conclusion de cet article ne manque pas de piquant, quand on sait ce qui se passe dans le monde des neurosciences vis à vis de l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages :D   :

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On peut espérer que les neurosciences nous viennent en aide pour mieux repérer de tels individus et, à terme, stimuler le progrès scientifique.

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Allez, l’espoir fait vivre ! :)

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L’article dans son intégralité :

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crapaud

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Autre passage intéressant de l’article :

 » Les crapauds vivent dans une zone et se reproduisent dans d’autres. Chaque année, de manière grégaire, tous migrent dans le même sens. Lorsque nous construisons de nouvelles routes en travers, ils se font massivement écraser. Sauf que… quelques-uns vont dans l’autre sens, ou trouvent les tunnels que des écologistes font creuser pour eux sous les routes. Parce qu’ils s’aventurent dans des directions non conventionnelles, ces crapauds fous inventent des voies d’avenir et sauvent l’espèce »

J’adore l’image ! Pourquoi ne pas devenir les crapauds fous de l’univers des dys ? 1f603 Neurosciences dans Le coin du chercheur :

« Pour faire le changement, il faut créé des cohortes, c’est à dire réunir des gens passionnés qui ont envie de changer les choses ensembles. La première étape, la plus importante, les mettre ensemble pour qu’ils se coordonnent et se synchronisent. On apprend de nos faiblesses et de nos failles, on prend le temps qu’il faut pour que le groupe entre en résonance. Une fois que c’est fait, avec la diversité et la collaboration, on créé des choses extraordinaires ! ». (Clic sur l’image pour visionner la conférence)

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les crapauds dys

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Neurosciences et foire d’empoigne

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foire d'empoigne

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Je vous ai déjà fait part, après avoir passé de longues heures à m’informer sur la proprioception et ses dysfonctions, de mon étonnement face au rejet que rencontre l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages. Après le tout psychologique, le tout neuropsychologique domine, rejetant violemment  cette autre hypothèse. Dans ma naïveté, j’ai du mal à comprendre pourquoi, en France, seuls les  tenants du tout neuropsychologique semblent être admis à s’exprimer sur leurs hypothèses concernant l’origine des dys (telle zone du cerveau dysfonctionne et patati et patata), alors que d’autres chercheurs travaillent sur la multisensorialité et les interactions sensorimotrices, les neurones miroirs qui unifient la perception et l’action, les troubles auditifs centraux dans la dyslexie, etc.

Bref, pourquoi seules les recherches et l’opinion de certains chercheurs semblent admises sur la place publique et pourquoi certains d’entre eux se sentent même autorisés à démolir le travail de ceux qui explorent d’autres voies ?

 

Et voilà que j’ai trouvé la réponse à cette question dans le livre de Stéphane Marchand , journaliste scientifique : Les secrets de votre cerveau. (Clic sur l’image)

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neurosciences Marchand 2

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Cette fois, tout est clair pour moi ! :D

C’est quoi les neurosciences ?

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C’est quoi les neurosciences ? dans Le coin du chercheur Home?action=AttachFile&do=get&target=PerceptionActionOeilMainSeuls-small-en

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Les neurosciences, C’est quoi ?

C’est quoi les neurosciences ? La question posée à Thierry Pozzo, professeur de neurophysiologie et  Directeur de l’Unité Inserm 887, Université de Bourgogne. L’équipe de Terre tv l’a rencontré en juin 2017, à l’occasion d’une interview réalisée pour la série raconte moi un visionnaire    réalisée par Terre tv en collaboration avec l’Inserm. (Clic sur l’image)

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Thierry Pozzo

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Les neurosciences, pour moi, qui m’ intéressent, sont des neurosciences qui considèrent le cerveau non pas comme un organe isolé, mais un organe de communication par le corps et le langage.

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A bon entendeur … ;)

Note : Image issue du site de l’unité Inserm u864

Du percept sensoriel à l’action

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Proprioception skate

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J’ai troucet article de Sciences et Avenir, datant de 2015, très intéressant. Il se situe au cœur de notre système proprioceptif et postural. Il relate les résultats d’une étude portant sur le rôle des neurones RORα de la moelle épinière dans la régulation du mouvement. Cette étude inaugure une nouvelle phase des neurosciences qui promet de fournir des explications précises et complètes sur la façon dont le système nerveux code et intègre l’information sensorielle pour générer à la fois un mouvement conscient et inconscient.

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« Comment le cerveau crée un percept sensoriel et le transforme en une action est l’une des questions centrales de la neuroscience«  

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Extrait :

 

EQUILIBRE. Plusieurs organes et processus physiologiques participent au contrôle postural et au maintien de l’équilibre chez l’homme. Le principal est le système vestibulaire contenu dans l’oreille interne mais la vision et les mécanorécepteurs situés sur les muscles, tendons et articulations sont également sollicités. Une nouvelle découverte, publiée dans la revue Cell, suggère qu’un groupe de neurones siégeant la moelle épinière est responsable des ajustements fins qui permettent de tenir debout y compris sur sols glissants.

1.Un lien entre le cerveau et les pied

« Quand nous nous tenons debout et marchons, des capteurs sensitifs sous la plante des pieds détectent les changements subtils de pressions et le mouvement. Ces capteurs envoient des signaux à la moelle épinière puis au cerveau » explique Martyn Goulding, de l’Institut Salk pour les études biologiques. « Notre étude ouvre une boite noire car jusqu’à présent nous ne savions pas comment ces signaux étaient codés ou transformés dans la moelle épinière. En outre on comprenait mal comment cette information tactile était fusionnée avec d’autres informations sensorielles pour contrôler le mouvement et la posture«  précise-t-il.

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L’intégralité de l’article est à lire ici : Un mini-cerveau dans la moelle épinière veille à notre équilibre

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Je vous avoue qu’après la lecture de ce genre d’article, je suis de plus en plus surprise de voir que des chercheurs, qui étudient  la dyspraxie (ou TAC) en France, ne voient dans celle-ci que ce type de schéma où la proprioception et ses capteurs sensoriels sont complètement absents des organes des sens servant  à mettre en jeu nos réponses motrices:

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mouvement TAC

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Alors que d’autres personnes s’intéressant au mouvement nous présentent  ce type de schéma :

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Traitement+--+central+Mouvement+Récepteurs+Articulaires+Muscles

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Alors, quid de la proprioception dans la dyspraxie ? ;)

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Proprioception+Définitions

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Note : Le premier schéma est issu du document « Le cerveau de l’apprenant » du Dr Pouhet(p28,29). Les deux diapos sont issues du diaporama d’un cours de François Rouxel portant sur La posture et l’équilibration.

Le principe de neuroplasticité

Le Pr Hugues Duffau (neurochirurgien, professeur des universités – praticien hospitalier français) nous explique, dans une vidéo de 10 minutes, les grands principes de la neuroplasticité, loin de la représentation figée du cerveau qu’a longtemps véhiculé la neurologie. Par ailleurs, il déclare (1) :

« Nous avons tous un cerveau différent, et la géographie fonctionnelle de chaque cerveau se modifie aussi avec le temps [...]. Contrairement à ce qui nous a été enseigné, telle zone du cerveau ne correspond donc pas à telle fonction : tout fonctionne en réseaux neuronaux, grâce à des fibres de substance blanche, autrement dit des « câbles ». Si ces câbles s’avèrent similaires d’un individu à l’autre, leurs terminaisons sont en revanche très variables »

Ce principe de neuroplasticité est important pour comprendre que le cerveau n’est pas un organe figé, dont chaque région correspondrait à une fonction spécifique. Au contraire, le cerveau est « plastique », de nouvelles connexions peuvent se créer en permanence, à la conditions que les fibres de substance blanche, autrement dit les « câbles » soient intacts.

Le traitement proprioceptif des troubles des apprentissages s’appuie sur cette neuroplasticité : en donnant au cerveau de nouvelles et bonnes informations proprioceptives et sensorielles, auparavant déficientes, de nouvelles connexions vont pouvoir se créer et le cerveau va pouvoir se réorganiser.

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Si vous souhaitez aller plus loin, le Pr Duffau aborde, dans cette autre vidéo, une compréhension scientifique des émotions où il esquisse les bases de l’autisme :

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Et, dans cette dernière vidéo,  il nous explique comment il opère le cerveau ouvert avec phase de conscience des patients  :

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Dans cette émission de « C à vous », on peut observer une de ses opérations :

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Et pour finir, voici une conférence, un peu ardue, sur le sujet (avec un petit passage sur la dyslexie  à 31min42sec):

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Note (1) : Opération à cerveau « ouvert », sur JDD papier

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Proprioception et neuroplasticité

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cerveau clignote

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Pour bien démarrer l’année ;) , je vous propose de visionner ces quatre conférences qui ont été données récemment lors d’une journée exceptionnelle de formation en Neurosciences à l’Université de Bourgogne sur le thème de la Plasticité Cérébrale.

Dans la première, le Dr Quercia présente les résultats d’une étude, qui vient de se terminer, sur les interférences entre le son et la vision chez l’enfant dyslexique (Note : haussez le son pour entendre les échanges dans le dernier film présenté).

Les deux suivantes sont consacrées à la proprioception, celle du Pr  JP Roll présente notamment le rôle majeur de la proprioception dans le geste d’écrire (Note : Pour aller plus loin, lire aussi « La proprioception : un sens premier » de JP Roll).

Enfin, le Pr DUFFAU, neurochirurgien réputé, s’attaque au « dogme » du localisationnisme qui pour lui doit être « brûlé » pour faire place à une organisation connectomale dynamique du cerveau.(Note : cette conférence étant un peu ardue, je vous conseille déjà de visionner un film présentant une de ses opérations, pour mieux comprendre de quoi il retourne : ).

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  • Dr Patrick QUERCIA – Interférences auditivo-visuelles et neuro-plasticité de l’enfant dyslexique

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Ophtalmologiste, chercheur associé INSERM U1093 – Cognition Action et Plasticité Sensorimotrice et co-directeur du Diplôme Universitaire Perception Action et Troubles des Apprentissages, il explore depuis 2002 les relations entre proprioception et dyslexie de développement au travers de la plasticité sensorimotrice.

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  • Pr Jean-Pierre ROLL et Régine ROLL.

Spécialistes au CNRS de Neurophysiologie Fonctionnelle et de Neurosciences Intégratives et Cognitives à l’Université de Provence, leurs travaux ont eu comme fil conducteur l’étude des déterminants neurobiologiques de la perception du corps et de ses actions, notamment au travers du rôle des informations proprioceptives. Ces travaux ont été récompensés par l’attribution du Trophée National de l’Innovation (mention recherche).

Pr Jean-Pierre Roll – Proprioception et neuro-plasticité

« La main écrit sur le papier … et sur le cerveau »

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Pr Regine Roll – Proprioception et neuro-plasticité

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Pr Hugues Duffau – L’erreur de Broca. Pour en finir avec 150 ans d’erreurs sur le cerveau

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Ce neurochirurgien connu pour ses opérations à cerveau ouvert avec phase de conscience des patients est un spécialiste mondialement reconnu de la plasticité cérébrale in vivo. Il a reçu la Victoire de la médecine en 2009 et en 2010 ainsi que la médaille Herbert Olivecrona, décernée par l’institut Karolinska de Stockholm, l’équivalent du prix Nobel de neurochirurgie. Ses travaux lui ont également valu le Grand Prix de Cancérologie de L’Académie Nationale de Chirurgie en 2012.

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