Les Interviews de Sensoridys

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Afin d’aider les familles à soutenir leurs enfants durant le traitement proprioceptif, je me suis rendue à Beaune pour interviewer le Dr Patrick Quercia (Chercheur associé – Unité INSERM U1093 Cognition Action et Plasticité Sensorimotrice) .

Je lui ai soumis un certain nombre de questions que se posent les enfants et il a accepté d’y répondre.

Pour commencer, il a répondu à quatre questions générales sur la proprioception :

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  1. Qu’est-ce que la proprioception ? https://vimeo.com/426778900
  2. A quoi sert la proprioception ? https://vimeo.com/426778595
  3. Comment peut-on agir sur la proprioception ? https://vimeo.com/426778744
  4. Que ce passe-t-il lors que la proprioception dysfonctionne ? https://vimeo.com/426779168

 

Ensuite, il a répondu à un certain nombre de questions portant sur le traitement proprioceptif :

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1.       A quoi servent les prismes ? Pourquoi dois-je les porter en dehors de l’école, alors que je ne vois pas différemment avec et sans mes lunettes ? https://vimeo.com/426904462

 

2.       A quoi servent les semelles ? En vacances, à la maison, l’été quand il fait chaud, puis-je marcher pied-nu et sinon pourquoi ? https://vimeo.com/426904652

 

3.       Quel est le lien entre les semelles et les lunettes ? https://vimeo.com/426904781

 

4.       A quoi servent le pupitre et le repose-pieds à l’école ? https://vimeo.com/426904885

 

5.       Pourquoi faire les exercices respiratoires et puis-je les faire les yeux fermés ? A quoi sert la position pour s’endormir ? Quels sont les conséquences si je ne les fais pas ?   https://vimeo.com/426905081

 

6.       Pourquoi certains enfants ont-ils des alphs et d’autres non ? Est-ce que tous les enfants doivent avoir des prismes et faire les exercices respiratoires ? https://vimeo.com/426905429

 

7.       Pourquoi, au cours du traitement, y-a-t’il des périodes avec plus ou moins de progrès ? https://vimeo.com/426905545

 

8.       Combien de temps dure le traitement ? Quand sait-on que le traitement va prendre fin ?  https://vimeo.com/426905657

 

Enfin, il a répondu à quelques questions portant sur la dysfonction proprioceptive :

1.       Pourquoi mon dos est-il de travers ?

2.       Pourquoi avons-nous ce problème de dysproprioception ? Où sommes-nous mal programmés ?

3.       Quel est le lien entre ma dysproprioception et l’écriture et la lecture ?

4.       Pourquoi ai-je du mal à prendre conscience de mon corps ?

5.       Pourquoi est-ce que j’ai du mal à me repérer dans l’espace ?

6.       Pourquoi certains jours tout va bien et, d’autres jours, je me sens moins bien et les choses deviennent plus compliquées ?

7.       Pourquoi, avant le traitement, c’était difficile pour moi d’avoir des relations avec les autres ?

8.       Pourquoi ai-je du mal à me situer dans le temps ?

9.       Pourquoi ai-je aussi des difficultés en dehors de l’école : fatigue, énervement, difficulté à supporter le bruit, la foule ?

10.   Comment expliquer aux autres la raison pour laquelle j’ai un traitement ?

11.   Est-ce que j’aurai toujours des difficultés ? 
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La réponse à chaque question a fait l’objet d’une petite vidéo. Sensoridys met à la disposition du public trois vidéos, l’une sur les prismes, l’autre expliquant la relation entre  dysproprioception et lecture/écriture, où l’on peut observer l’effet des prismes grâce à une mesure de eye tracking, et la dernière expliquant l’intérêt des exercices respiratoires.

Les autres vidéos seront mises à disposition des seuls adhérents de Sensoridys, à jour de leur cotisation. Ils recevront par mail un lien et un mot de passe pour y accéder.

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Notre véritable 6°sens

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Capture d’écran du reportage « Notre 6° sens » . Modélisation de la proprioception.

Je vous recommande vivement de visionner ce reportage d’Arte consacré à la proprioception. Même s’il n’aborde pas le rôle de la proprioception dans la localisation spatiale visuelle et sensorielle, ni les chaînes proprioceptives, ni son lien avec les troubles des apprentissages,  il balaie déjà plusieurs grands domaines de recherche : rôle et importance de la proprioception (via une patiente qui en est privée), illusions perceptives, construction du schéma corporel, importance de la gravité, isochronie entre la réalisation réelle et imaginée d’un mouvement, etc.

Bref, un petit bijou !

Le reportage sera diffusé le samedi 9 mai à 22:30

Il est visible en avant première sur le site de Cerveau et Psycho :

Avant-première : Notre véritable 6e sens, un documentaire Arte

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Présentation sur le site d’ ARTE :
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Une passionnante exploration de notre sixième sens, la proprioception, étrangement méconnue et cependant indispensable à notre équilibre et à la coordination de nos mouvements.

Le sixième sens n’a cessé de nourrir les fantasmes. En réalité, nous en possédons effectivement un, mystérieux et enfoui au plus profond de nous-mêmes : la proprioception. Indispensable à notre équilibre, à notre orientation dans l’espace et à la coordination de nos mouvements, pour marcher, courir ou sauter, mais aussi pour écrire ou boutonner sa chemise, ce sens méconnu est aujourd’hui exploré par la science. Si elle n’a pas d’organe dédié, comme les yeux pour la vue ou les oreilles pour l’ouïe, la proprioception résulte du traitement par le cerveau de messages nerveux, portés par des milliers de capteurs au cœur de nos muscles. Sans ce sens, comme Ginette qui en est privée, il est impossible de marcher sans avoir à regarder ses pieds, car le cerveau ne sait tout simplement pas où ils sont dans l’espace. [...] Au sein de l’université d’Aix-Marseille, un laboratoire de neurosciences s’emploie à comprendre son mécanisme tandis que l’Institut des sciences du mouvement (ISM) l’étudie auprès de Ginette, l’une des cinq personnes dans le monde à avoir perdu sa sensibilité proprioceptive, à la suite d’une maladie auto-immune. La recherche dans ce domaine nous mène aussi chez les champions de la proprioception, les pilotes de la patrouille de France, qui travaillent ce sens pour effectuer des chorégraphies parmi les plus périlleuses au monde.

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Voir sur le site d’ARTE (Clic sur l’image) :

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Approche proprioceptive des troubles des apprentissages chez l’enfant (Conférence)

 

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Habitants de Lyon ou de la région lyonnaise, le Dr Quercia (Ophtalmologiste, Chercheur Associé à l’INSERM) va présenter une Conférence centrée sur le Traitement proprioceptif dans les troubles DYS, le 23 janvier à Lyon.

J’y serai moi-aussi présente pour vous faire une petite présentation de Sensoridys et de notre correspondante locale Emilie Mialon.

Les bénéfices de cette manifestation seront reversés à Sensoridys.

Venez donc nombreux et faites suivre ce message !

Voir aussi : https://www.posturologie-formation.com/traitement-proprioceptif-dys

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Pour vous inscrire directement et facilement sur le site de CE2, organisateur de la conférence, cliquez sur le bouton (et attendre quelques secondes pour que le formulaire apparaisse): 

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 Approche proprioceptive des troubles des apprentissages chez l'enfant (Conférence) dans Dys dr-qn

Proprioception et Schéma Corporel

Comprendre comment intervient la proprioception dans l’élaboration du schéma corporel permet de comprendre son importance dans le contrôle et la coordination des mouvements (et donc quel peut être son rôle dans des pathologies comme la dyspraxie). Mais, comprendre comment la proprioception modifie les cartes corporelles dans notre cerveau permet aussi de comprendre le mode d’action du traitement proprioceptif. En effet, son objectif est de reprogrammer correctement ces cartes en envoyant au cerveau de nouvelles informations, justes, cohérentes, sur une longue période  (c’est pourquoi le traitement dure plusieurs années et demande de respecter strictement le traitement par le port permanent des stimulations proprioceptives : prismes, semelles,etc.).

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Ce petit bonhomme tout déformé, est la production en trois dimensions de « l’Homonculus Moteur », qui reflète la représentation des différentes parties du corps sur l’aire motrice primaire.

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La proprioception est le sens qui nous permet de nous percevoir nous-même, sans avoir recours à la vision, elle donne au cerveau la capacité de détecter la position et les mouvements des différentes parties de notre corps dans l’espace. Elle participe à l’élaboration de cartes corticales de notre corps. Grace à la proprioception, nous savons exactement où se trouve notre main, lorsque nous la déplaçons, même si nos yeux sont fermés. Tout mouvement coordonné dépend de la proprioception. Lorsque la proprioception est compromise, par exemple à cause d’une maladie neurologique ou de l’ivresse, des activités apparemment simples comme marcher ou se tenir debout peuvent devenir incroyablement difficiles. Une proprioception optimale est également essentielle pour se sentir bien dans son corps et ne pas souffrir, en effet des problèmes de proprioception peuvent être une source majeure de douleur.

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  •  Le cerveau cartographie le corps

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La proprioception est un sens qui a la particularité de s’appuyer sur la plasticité cérébrale, la capacité qu’a le cerveau de réorganiser ses circuits neuronaux en fonction de ses ressources et des tâches qu’il doit accomplir. Elle  participe à la construction, dans notre cerveau, de cartes des différentes parties de notre corps. L’ensemble de ces cartes, constituant une image mentale de notre corps, est appelé schéma corporel.

Comprendre la proprioception, c’est donc comprendre son rôle dans l’élaboration de ces cartes corticales. Ces cartes corporelles sont des parties du cerveau organisées de manière à représenter les différentes parties du corps, tout comme les lignes sur une carte représentent les routes. Chaque partie du corps a une carte dans une zone distincte du cerveau, dont le but est de pouvoir la bouger (cortex moteur) et de la ressentir (cortex sensoriel ou somatosensoriel). Nous avons donc nos véritables mains et des mains virtuelles dans le cerveau – des parties du cerveau qui représentent la taille, la forme et la position des mains. Si le cerveau sait via cette carte où se trouve la main, il va pouvoir commander aux bons muscles de lever le pouce. Cela ne sera pas possible si le cerveau ne sait pas précisément où est localisé le pouce.

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Cette cartographie reproduit à petite échelle l’anatomie du corps humain,  mais elle est déformée :  selon la sensibilité avec laquelle le cerveau détecte la partie du corps dans un cas (cortex sensoriel ou somatosensoriel), selon la complexité des mouvements réalisés par cette partie du corps dans l’autre cas (cortex moteur) .

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Image issue du site « Le cerveau à tous les niveaux » 

Les parties du corps communiquent avec leurs homologues virtuels de la manière suivante : il existe des millions de capteurs sensoriels microscopiques (dont les propriocepteurs), appelés mécano récepteurs, situés dans tout le corps et principalement nos muscles. Lorsqu’ils sont stimulés par une force mécanique, un mouvement, ils envoient un signal grâce au système nerveux en direction de la partie du cerveau consacrée à la détection de cette partie du corps. Le cerveau assemble tous ces signaux provenant d’innombrables sources différentes et détermine exactement où chaque partie du corps se trouve et ce qu’elle fait. Le cerveau crée ainsi de nombreuses cartes du corps qu’il utilise pour décider ce qui va se passer et comment se mouvoir.

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  • Réaliser correctement un mouvement nécessite de bonnes cartes corporelles

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Parce que le cerveau utilise ses cartes pour prendre des décisions sur la manière de nous déplacer, il est évident que plus ses cartes sont détaillées et plus précis sera le mouvement. En revanche, si les cartes sont floues, la bonne exécution des mouvements sera plus  difficile.

Les parties du corps qui ont des exigences de mouvements plus importantes ont les cartes (surfaces corticales) les plus grandes. Par exemple, il y a plus de neurones et de muscles qui sont associés au pouce qu’aux orteils. La main est capable de mouvements et de sensations extrêmement complexes et différenciés et le cerveau consacre une grande surface à la détecter et à la contrôler. En revanche, le cerveau consacre très peu d’espace à la cartographie de zones du corps qui n’ont pas beaucoup de capacité de mouvement ou de sensation, telles que le milieu du dos ou le coude (Si vous dessiniez le corps humain avec chaque partie du corps correspondant à la taille de son équivalent virtuel dans le cerveau, cela ressemblerait à la figure en tête d’article appelée Homonculus).

Les cartes s’agrandissent sous l’effet de l’entrainement ou de la sollicitation,  preuve qu’elles sont essentielles à la coordination des mouvements.  Par exemple, la partie du cerveau qui détecte et contrôle les doigts d’un musicien est beaucoup plus grande que celle d’une personne qui utilise moins ses mains.

Dans la vidéo suivante, vous trouverez une explication et une démonstration de cette plasticité cérébrale et de la capacité qu’a le cerveau à se réorganiser sous l’effet de l’entraînement :

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  • Les cartes sont construites grâce au mouvement

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Les cartes sont constamment mises à jour en fonction de la manière dont nous sollicitons les parties de notre corps. Mais pour apporter des modifications permanentes ou à long terme aux cartes, il faut appliquer des demandes cohérentes à cette carte sur une longue période  (Nda : c’est le principe du traitement proprioceptif) , comme chez le musicien qui a des cartes de ses doigts plus importantes du fait de son entraînement régulier. Lorsqu’une certaine partie du corps est souvent sollicitée ou qu’un mouvement particulier est répété de manière coordonnée et consciente, il y a de réels changements physiques et observables dans la partie du cerveau qui contrôle cette partie du corps ou ce mouvement. C’est la raison pour laquelle l’entraînement permet de s’améliorer.

A contrario, le manque de mouvement inverse ce processus. Si vous ne réalisez pas un certain mouvement pendant un temps donné, vous perdez la capacité de détecter et de contrôler ce mouvement avec précision. C’est ce qu’on appelle l’amnésie sensorielle motrice. Les cartes corporelles du cerveau deviennent plus floues, moins claires. A titre d’exemple, si vous scotchez trois doigts de manière à ce qu’ils bougent comme une unité pendant plusieurs jours, le cerveau commencera à se représenter les doigts comme une seule unité et non comme trois parties distinctes capables de mouvements individuels.

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  • Des cartes erronées peuvent causer de la douleur

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La précision de nos carte corporelles impacte aussi la manière dont nous nous sentons. Des chercheurs ont découvert qu’ils pouvaient provoquer expérimentalement des douleurs chez des sujets en créant des illusions sensorielles, à l’aide de miroirs ou d’autres astuces perceptuelles. Ces illusions créent  un «déséquilibre moteur-sensoriel», un conflit sensoriel entre les différentes informations représentées par les cartes du cerveau et la vue. Le résultat est souvent douloureux.

Petite vidéo d’une Illusion qui joue sur la contradiction entre proprioception et vision, où la vision prend la pas sur la proprioception et donne l’illusion que la fausse main est bien réelle…(regarder entre 2 min et 3 min).

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Nda : Je suppose que c’est un peu le principe sur lequel jouent les prismes, comme on peut le lire dans cette thèse (p 43) : « Les études des interactions visuoproprioceptives ont souvent mis en évidence l’influence et/ou la dominance de la vision par rapport à la proprioception. Par exemple, chez le sujet sain, nous avons vu que lorsque l’on induit un conflit entre ces deux modalités par le port de lunettes prismatiques déviant latéralement l’ensemble du champ visuel, les références proprioceptives changent pour se conformer aux exigences visuelles (Hay, Pick, & Ikeda, 1965; Mon-Williams, Wann, Jenkinson, & Rushton, 1997, expérience 1)

Sur la base de ces expériences et de bien d’autres, de nombreux experts estiment que des lacunes ou des inexactitudes dans les cartes corporelles peuvent être un facteur contributif important dans de nombreuses affections douloureuses chroniques, et que la résolution de ces problèmes constitue un moyen potentiel de guérir la douleur.

L’un des exemples les plus frappants des problèmes résultant d’une carte confuse est un phénomène appelé « douleur des membres fantômes ». De nombreuses personnes ayant un bras ou une jambe amputés ont des sensations et souvent une douleur atroce dans la partie manquante du corps. En effet, même si le bras n’existe plus, dans le cerveau, le bras virtuel continue de vivre et peut être stimulé par des discussions croisées avec l’activité neuronale proche. Lorsque cela se produit, le cerveau est confus et créé une sensation douloureuse dans le bras manquant incroyablement réaliste et souvent extrêmement douloureuse. Un traitement étonnant pour la douleur du membre fantôme consiste à placer le membre restant devant un miroir de manière à tromper le cerveau en lui faisant croire que le membre manquant est bien vivant :

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  • La douleur détériore les cartes

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Lorsque nous nous blessons, cela altère la  qualité de nos cartes corporelles.  La douleur réduit la capacité du cerveau à traiter les informations proprioceptives provenant d’une articulation blessée, car il est occupé à écouter les signaux de douleur, qui sont bien sûr hautement prioritaires. Les signaux de douleur évincent efficacement les signaux proprioceptifs, rendant le rapport signal sur bruit médiocre. (Ce processus fonctionne également en sens inverse : si une zone est douloureuse, nous pouvons bloquer le traitement des signaux de douleur en frottant la zone et en envoyant des informations sans douleur au cerveau. C’est pourquoi nous nous frottons nous-mêmes lorsque nous avons mal.)

La douleur aura également tendance à réduire le mouvement dans l’articulation blessée, ce qui réduit davantage les informations proprioceptives provenant de l’articulation. La perte d’informations propriocepives peut entraîner une dégradation de la qualité de la carte (amnésie sensorielle motrice). Ainsi, une blessure peut causer un cercle vicieux :  la douleur réduit les mouvements, ce qui réduit la coordination, ce qui réduit encore les mouvements et provoque davantage de douleur, etc. C’est l’une des raisons pour lesquelles une personne peut se fouler à plusieurs reprises la même cheville.

La douleur doit donc être une priorité absolue. Même si la douleur est mineure et ne nous empêche pas de faire ce que nous voulons, elle nous empêche de réaliser notre potentiel, car notre cerveau ne consacre pas toute son attention à nous rendre coordonné : il a d’autres priorités et réorganise nos schémas de mouvement sous le seuil de notre conscience.

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  • Conclusion

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La proprioception joue donc un rôle fondamentale dans l’élaboration de ces cartes corporelles, et par conséquent dans notre contrôle du mouvement, mais aussi dans la prise en charge de la douleur. Bouger et se sentir bien sont autant des événements mentaux que des événements physiques. La santé du corps virtuel dans notre cerveau est donc tout aussi importante que celle de notre corps réels.

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Sources :

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  1. How to Improve Proprioception
  2. Et si la taille de nos membres était proportionnelle à leur fonction ? (Neurocampus), source de l’image de l’homonculus.
  3. Cerveau : découvrez la carte du cortex moteur redessinée  (Sciences et Avenir) :
  4. Le cortex moteur   et Le cortex moteur (Le cerveau à tous les niveaux)
  5. Contrôle central du mouvement (Cours Elisabeth Thomas, Université Bourgogne U 1093)
  6. Le schéma corporel ou comment je perçois mon corps !(Psychomotricité.net)

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Autre vidéo sur la plasticité cérébrale et le cortex moteur :

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Vision, proprioception et lecture

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Pour bien lire, avoir une acuité visuelle parfaite ne suffit pas. Il faut aussi que le cerveau soit capable de coordonner des mouvements oculaires d’une précision extrême et pour cela, il doit être informé de la position exacte de la rétine dans l’espace, grâce à la proprioception. Améliorer la lecture en améliorant la proprioception n’a donc rien à voir avec la magie, cela relève de la science et est juste d’ un acte médical !
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Dans un article précédent, je vous avais expliqué comment nos yeux voient en réalité le monde (net et en couleur sur une très petite zone au centre de l’image, flou et en noir et blanc en s’éloignant du centre, de la fovéa) :
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Capture d’écran de la chaîne E-penser

Pour compenser cette limitation, nous avons aussi vu que nous réalisons en permanence des mouvements rapides de nos yeux, appelés saccades, qui permettent de placer les éléments importants de notre environnement à l’intérieur de cette portion nette du champ visuel. Le reste n’est que construction de notre cerveau qui doit faire preuve d’ingéniosité pour parvenir ensuite à construire l’image que nous percevons : stable, nette et en couleur sur l’intégralité du champ visuel.
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Je vous propose maintenant cette autre image tirée d’une vidéo sur youtube de la chaîne Orthophonie 94, qui montre comment cette zone nette de la fovéa limite la lecture :
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Capture d’écran tirée d’une vidéo Youtube de Orthophonie 94

Pour parvenir à lire, il faut non seulement accommoder pour voir net le point de fixation, mais aussi réaliser des saccades harmonieuses pour amener le regard là où il doit se poser sur les mots pour en assurer un décodage rapide (il faut aussi coordonner nos deux yeux dans une vergence parfaite et être capable de balayer un espace en son entier, dont une feuille A4 de gauche à droite). Ce sont nos six muscles oculomoteurs qui coordonnent ces mouvements d’une précision inouïe :

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« La lecture est la fonction musculaire qui demande la mise en place des patterns les plus précis. Elle sera au premier plan en cas de perturbation de l’équilibre » .

Dr  P. QUERCIA  (INSERM)

 

Exemple d’enregistrement des mouvements oculaires lors de la lecture  (Un filtre spatio-temporel a été appliqué pour définir les fixations (ronds bleus) et les saccades (traits bleus). Le diamètre des ronds est proportionnel à la durée de fixation. Les fixations sont numérotées dans l’ordre chronologique. Cela fait apparaitre les régressions (exemple encadré).) :

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Il est donc primordial pour le cerveau de connaître la position exacte de la rétine dans l’espace pour pouvoir déplacer nos yeux de manière très précise et efficace lors de la lecture. Et cette information est donnée au cerveau par la proprioception, comme nous l’explique le Pr JP ROLL (CNRS ) :
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Les « actions perceptives », qui orientent et guident nos organes des sens vers leur stimulus, influencent profondément le traitement des messages sensoriels : ainsi, le système nerveux central traite-t-il conjointement les informations visuelles et les informations musculaires nécessairement associées à l’action de voir. Comment pourrions-nous localiser une cible visuelle dans l’espace sans que le système nerveux soit précisément informé du lieu où se trouve le corps et, notamment, l’œil?
[...]
La rétine est portée par un ensemble de segments corporels mobiles et emboîtés que sont successivement l’œil, la tête, le tronc et les jambes : les signaux proprioceptifs, issus de toute la chaîne des muscles mobilisant ces segments, « disent » à tout instant au cerveau quelle est l’attitude ou quels sont les mouvements du corps, et lui permettent le calcul de la position absolue de la rétine dans l’espace
On comprend donc qu’une dysfonction proprioceptive aura un impact direct sur la lecture, le cerveau n’étant alors pas correctement informé de la position de la rétine dans l’espace, par les capteurs proprioceptifs des muscles oculomoteurs. Comment le cerveau peut-il coordonner des mouvements d’une précision telle que celle nécessaire à l’acte de lire, s’il n’est pas correctement informé de la position des globes oculaires dans leur orbite ?
Pourtant, alors même que les travaux du Pr Roll prouvent le rôle de la proprioception dans la localisation spatiale visuelle, le Dr Catherine Billard a occulté l’aspect proprioceptif dans son travail de 2013 sur les troubles sensoriels, dont visuels, dans les troubles des apprentissages. (Interprétation du dépistage sensoriel dans les troubles des apprentissages ? Archives de Pédiatrie Volume 20, Issue 1, January 2013, Pages 103–110).
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C’est bien dommage !!! (Surtout pour tous les enfants souffrant d’une dysfonction proprioceptive …)
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Sources :
Dyspraxies (Dr Régine Salvat)
La proprioception, un sens premier ? Résonances Européennes du Rachis – Volume 14 – N° 42 – 2006 – Première publication : Intellectica, 2003, N° 36-37, pp 49-66) (Pr JP. Roll, CNRS)
Oculométrie  Brain and Language Institute
Fermez les yeux  JEAN PIERRE PHILIPPE Kiné du sport, ostéopathe
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Vidéos :

Conférence : Traitement proprioceptif dans les troubles Dys

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CE2 et le Dr Patrick Quercia (Ophtalmologiste, chercheur associé à l’INSERM) vous proposent une conférence centrée sur le traitement proprioceptif dans les troubles dys.

Rendez-vous le 23 janvier à Lyon et le 11 juin à Nantes !

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La proprioception est notre 6e sens, celui qui permet de nous donner une représentation de notre corps dans l’espace.

Cette proprioception repose sur des capteurs sensoriels placés principalement dans nos muscles, qui renseignent en permanence notre cerveau sur la position de notre corps lui permettant de s’équilibrer.

Cette boucle de régulation proprioceptive peut se dérégler et on parlera alors de dysfonction proprioceptive (dysproprioception).
De multiples conséquences peuvent alors en découler et toucher plusieurs aspects fonctionnels :

• Le tonus musculaire devenant asymétrique peut donner naissance à des hypertonies contraignantes et perturbantes pour l’équilibre et la posture.
• La localisation spatiale donnant des troubles de coordination et des troubles vertigineux.
• Des troubles de la perception visuelle et auditive perturbant la lecture et l’attention.
• Des troubles de la perception orale perturbant la ventilation et le sommeil.

L’amélioration de la proprioception est un outil thérapeutique pour faire face aux troubles spécifiques des apprentissages.

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Clic sur l’image pour plus de détails :

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Flyer conférence PROPRIOCEPTION

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Places limitées, réservation obligatoire.

Pour vous inscrire, envoyez rapidement un mail à : contact@ce2formation.com

Difficultés sensorielles et lecture

L’Observatoire de la santé visuelle et auditive fait cette année un point précis sur les rôles conjugués de l’audition et de la vue dans l’apprentissage de la lecture et sur les conséquences désastreuses d’un trouble sensoriel non pris en charge à cette période du développement des enfants. Or, les enfants souffrant d’une dysfonction proprioceptive souffrent d’un trouble sensoriel qui altère la perception multisensorielle. Il n’est donc pas étonnant de constater qu’ils puissent être en difficulté face à l’apprentissage de la lecture

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Un article de « L’ouïe magazine » s’ intéresse aux conclusions de l’observatoire de la santé visuelle et auditive quant à l’effet de déficits sensoriels sur l’apprentissage de la lecture. En voici un extrait, très intéressant, qui apporte aussi un éclairage sur l’impact d’une dysfonction proprioceptive sur la lecture :

Bien entendre et bien voir : nécessités absolues pour apprendre

« La compréhension d’un texte est le produit multiplicatif de deux facultés indépendantes : la reconnaissance des mots écrits et la compréhension orale », explique Johannes Ziegler, directeur de recherche au CNRS, qui dirige le laboratoire de psychologie cognitive (CNRS-AMU) et codirige l’institut Convergences à l’université d’Aix-Marseille. Cela signifie que si l’une de ces deux facultés est minorée, l’enfant ne peut accéder à la compréhension d’un texte. « Le lien entre trouble phonologique et trouble d’apprentissage de la lecture est très bien établi, poursuit le chercheur. L’enfant doit apprendre à faire le lien entre graphèmes et phonèmes. S’il a des difficultés à discriminer les phonèmes, il sera en difficulté pour accéder à la lecture et, en cascade, pour les autres apprentissages. […]

Les corrélations fortes, scientifiquement établies, entre déficits sensoriels même mineurs ou transitoires et difficultés d’apprentissage rappellent à tous, parents, enseignants, professionnels de santé, la nécessité d’une vigilance particulière aux signes comportementaux et d’une orientation plus systématique vers des bilans ORL et ophtalmo en cas de doute.

L’article dans son intégralité : L’Observatoire de la santé visuelle et auditive zoome sur l’apprentissage de la lecture

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Or, notre cerveau est « bombardé » d’informations sensorielles en permanence : ouïe, vue, toucher, odorat, proprioception, douleur, chaleur, etc. Il ne peut toutes les traiter et seules arrivent à notre conscience celles qui sont utiles à ses objectifs. Il génère des prédictions sur le monde extérieur et sélectionne les informations sensorielles qu’il va utiliser :

« Notre cerveau construit notre perception comme le client d’un restaurant compose son assiette dans un buffet : il ne retient qu’une partie infime de ce qui est face à lui, ce qui nous intéresse, ce que nous cherchons, ce qui fait sens pour nous. » – Professeur Lionel Naccache (Neurologue et chef de service de neurophysiologie à la Pitié-Salpêtrière)

La réalité de ce que nous percevons est sans cesse reconstruite par notre cerveau et nous pouvons très bien ne pas « voir » des éléments flagrants qui sont pourtant sous nos yeux. :

« En sciences cognitives, on appelle « attention » l’ensemble des mécanismes par lesquels notre cerveau sélectionne une information, l’amplifie, la canalise et l’approfondit. Ce sont des mécanismes anciens dans l’évolution : le chien qui oriente ses oreilles, la souris qui se fige à l’écoute d’un craquement déploient des circuits attentionnels très proches des nôtres […] Faire attention, c’est donc sélectionner – et, en conséquence, prendre le risque d’être aveugle à ce que nous choisissons de ne pas voir. » – Pr. Stanislas Dehaene (Collège de France)

Les systèmes attentionnels au niveau cérébral fonctionnent très largement par automatismes, ce qui est fondamental pour subvenir à nos besoins essentiels et nous permettre de nous dégager l’esprit pour nous consacrer à des activités cognitives de niveaux plus élevés. Néanmoins, le danger pour le cerveau est de passer à côté d’informations essentielles.

En cas de dysproprioception, le cerveau situe mal les sources de ses stimuli sensoriels dans l’espace et va éliminer des informations qui lui sont pourtant utiles. Des suppressions temporaires et aléatoires d’informations visuelles apparaissent alors dans certaines positions du regard, mais aussi dans le bruit. Ces nombreuses petites pertes visuelles sont absolument inconscientes, le sujet ne sait pas qu’il ne voit pas correctement, ne se rend pas compte qu’il a des « petites zones aveugles » aléatoirement placées. (Nda : Il se passe certainement la même chose au niveau de l’audition, même si cela n’a pas encore pu être démontré cliniquement).

Chez l’enfant qui apprend à lire, ce phénomène va être très invalidant, car l’association de graphèmes (vision) et de phonèmes (audition) est à la base de l’apprentissage  de la lecture, comme l’a rappelé Johannes Ziegler, directeur de recherche au CNRS dans l’article cité plus haut.  Les conflits audito-visuels seraient donc à l’origine de troubles développementaux de l’attention visuelle et de la conscience phonologique, cette dernière ne pouvant se développer et surtout s’automatiser, l’ensemble aboutissant à un tableau de dyslexie.

Aujourd’hui, très nombreux sont ceux qui considèrent l’hypothèse de l’origine proprioceptive des troubles des apprentissages comme farfelue. Et pourtant, comment peut-on encore sous estimer à ce point l’impact du « sens premier », celui qui donne du « sens aux autres sens » (Pr JP Roll, CNRS) ?

L’erreur d’Aristote, 5 sens et bien plus : Mythes et légendes en neurosciences

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Le Dr Anne Kavounoudias, enseignant-chercheur à Aix-Marseille Université, nous explique ce qu’est un sens et passe en revue nos différents sens, en évoquant bien évidemment notre 6ième sens : la proprioception.

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Flyer : Scolarité et Dysfonction Proprioceptive

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L’association Sensoridys, Association de Patients souffrant d’une Dysfonction Proprioceptive propose à ses adhérents, uniquement,  le dépliant : « Scolarité et Dysfonction Proprioceptive ». Elle espère qu’il facilitera le dialogue avec les enseignants et les professionnels qui suivent leur enfant. Il est le reflet du travail de SensoriDys, sa reproduction est donc interdite.

 

Pour en savoir plus, c’est :   .

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Dyspraxie et Proprioception

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Je me désespère souvent de ne trouver, sous la plume de ceux qui sont présentés comme des experts de la dyspraxie en France, aucune allusion à la proprioception. Alors que toutes les découvertes sur ce sens convergent vers son rôle prépondérant dans l’organisation du mouvement (voir ici par exemple), dont celui des yeux.

La vision française de la dyspraxie (développementale) s’appuie sur une compréhension développementale du cerveau. L’enfant développe et automatise des praxies ou programmes moteur durant sa croissance et la dyspraxie s’expliquerait par un ou des déficits du cerveau de l’enfant à élaborer, à planifier et à automatiser ces programmes moteurs. Le rôle de la proprioception, qui nous permet de connaître l’emplacement de nos différents segments corporels entre eux, ainsi que celui de nos globes oculaires dans leur orbite, est complètement occulté dans cette approche.

Néanmoins, quand on sort de France, on commence à trouver des allusions à un déficit au niveau sensoriel, dont proprioceptif, comme ici dans un dossier de l’association Suisse Dyspra’quoi ?

Extrait :

Dans la majorité des cas, les enfants dyspraxiques souffrent d’un déficit au niveau sensoriel.
De façon très schématique, la première charnière essentielle à l’action permet aux informations sensorielles (provenant de nos muscles, de notre peau, de nos yeux, nos oreilles, etc) d’être acheminées vers le système nerveux central, notre cerveau. Ces informations sont reçues, elles sont filtrées pour que le cerveau ne tienne compte que des plus pertinentes; une première interprétation est effectuée, cette fonction se nomme l’intégration neuro-sensorielle.
Puis se situe, dans un niveau plus complexe, la deuxième charnière où le cerveau organise et planifie son action, là on entre dans le domaine de la praxie.
La bonne circulation et l’interprétation des informations sensorielles sont une base essentielle pour la construction du développement moteur de l’enfant.

Et quand on s’intéresse aux publications internationales, on voit que le lien proprioception/dyspraxie (TAC ou DCD en anglais) est clairement fait, comme ici dans cet extrait d’un article du « Journal of Motor Behavior, Vol. 0, No. 0, 2016« , Virginia Way Tong Chu, Department of Occupational Therapy, Virginia Commonwealth University, Richmond, Virginia.

« Les enfants qui ont des difficultés avec la proprioception peuvent présenter des difficultés avec la coordination motrice et la planification. Ces enfants peuvent également avoir un contrôle postural et un équilibre médiocres […]. Des études ont montré que cette mauvaise proprioception a été liée à des difficultés avec l’ écriture manuscrite (Falk, Tam, Schwellnus et Chau, 2010; Schneck, 1991) et une mauvaise coordination (Fatoye, Palmer, Macmillan, Rowe et van der Linden, 2009; Johnston, Short et Crawford, 1987; Mon-Williams, Wann et Pascal,1999). Ces difficultés rendent souvent difficile, pour ces enfants, l’apprentissage de nouvelles habiletés motrices, entraînant des retards moteurs. […]

Les enfants avec un trouble d’acquisition de la coordination ( DCD/Developmental Coordination Disorder), un autre trouble dont le diagnostic est généralement basé sur des retards moteurs, montrent également de mauvaises performances sur les tests proprioceptifs (Coleman, Piek et Livesey, 2001; Mon-Williams et al., 1999; Piek & Skinner, 1999; Schoemaker et al., 2001; Smyth & Mason, 1998) […]

Les retards proprioceptifs, les troubles du mouvement et les retards moteurs chez les enfants sont étroitement liés. La proprioception est importante pour le contrôle de la fluidité et de la précision des mouvements.[…]

Même si la plupart des enfants qui présentent une mauvaise proprioception n’ont pas une perte totale de la sensibilité proprioceptive, on peut en déduire les conséquences d’une mauvaise proprioception sur un système moteur en développement. En raison de l’importance de la proprioception dans la planification motrice et la coordination, il est important que les cliniciens évaluent la proprioception quand ils évaluent les habiletés motrices.

L’article dans son intégralité : .

Je trouve donc incompréhensible que nos spécialistes français de la dyspraxie éludent totalement cet aspect de la question …

Note : Vous pouvez trouver deux petites études réalisées dans le cadre de mémoires pour l’obtention du DU du PATA (Perception, action et troubles des apprentissages) de l’université de Bourgogne explorant  le lien entre dyspraxie de développement et dysproprioception : là.

Note : Image d’en tête parPintera Studio de Pixabay

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