La proprioception …. et la lecture

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lire sur écran

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Surprenante proprioception ;) !

 

On sait que l’ergonomie affecte notre capacité de lecture. Une étude récente a voulu investiguer si la proprioception y était pour quelque chose à ce qui a trait à la lecture.

On a demandé à 47 sujets (dont la vision était normale) de lire dans leur tête sur un écran LCD à 40cm de distance. Dans l’un des deux cas, le sujet tenait l’écran dans ses mains. Dans l’autre, l’écran était soutenu pour le lecteur.

Les résultats sont surprenants. Lorsque l’écran était tenu dans les mains, la lecture était plus rapide et il y avait moins de variations au niveau de la taille de la pupille. Ce test durait 90 secondes.

C’est pour dire que lorsque des unités motrices sont activées, on lit peut-être mieux ! Aussi, on peut penser que la stimulation de la peau des doigts qui tiennent l’écran y est peut-être pour quelque chose. On sait que cette information sensorielle aboutit sur le lobe pariétal pour activer les zones motrices, dont celle pour le mouvement oculaire.

Au final, il faut comprendre que tout est connecté ! C’est en ce sens que l’on peut penser améliorer le rendement en lecture avec la posturologie, à savoir qu’elle stimule le sensoriel… pour améliorer le moteur !

 

Source : La proprioception …. et la lecture

Publication originale : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/cxo.12428/abstract

 



Activité musculaire et développement du cerveau/proprioception et cognition

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Voici une interview, que j’ai trouvé intéressante, de Boris Cyrulnick ( neurologue, psychiatre, éthnologue et psychanalyste ). Il y explique que nous sommes en train de découvrir que c’est l’action physique, l’action musculaire, qui développe le cerveau. En résumé, c’est la proprioception … :) . J’ avais déjà partagé les résultats d’ une étude récente qui montrait qu’une activité faisant intervenir la proprioception (grimper à un arbre, marcher en équilibre sur une poutre, courir pieds nus ou encore naviguer par-dessus, par-dessous et entre des objets) augmentait de manière significative la mémoire de travail. Le lien entre cognition et proprioception semble de plus en plus évident. N’est-ce pas ce qu’essaient de nous expliquer le Dr Quercia et les tenants de l’hypothèse proprioceptive des troubles des apprentissages, depuis quelques années déjà ? ;)

Selon de récentes publications, on apprend que le sport joue un rôle non négligeable dans le développement du cerveau…

Boris Cyrulnik: Effectivement, nous sommes en train de découvrir que le sport a un rôle énorme sur le développement du cerveau et des apprentissages. Les publications datent de quelques mois. Grâce aux neurosciences, on fait des résonances magnétiques fonctionnelles, nucléaires, et on constate que contrairement à ce qu’on pouvait penser -en résumé « gros muscle et petit cerveau »- la réalité est totalement différente. Le développement des neurosciences montre au contraire que l’activité musculaire développe le cerveau beaucoup plus que ce que l’on croyait. Par exemple, quand un instrumentiste joue du violon ou du piano, on voit que l’hémisphère gauche autour du langage est quatre fois plus étendu et quatre fois plus épais que chez les gens qui écoutent de la musique sans être des instrumentistes. Et c’est bien l’action physique, l’action musculaire qui développe le cerveau.

 

Lire l’article dans son intégralité Boris Cyrulnik: « Le sport a un rôle énorme sur le développement du cerveau »




La proprioception, déjà in utéro …

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La proprioception, déjà in utéro ... dans Proprioception

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Je partage cet article, qui nous montre que le rôle de la proprioception débute déjà in utéro. Il y a d’ailleurs sur ce blog PAPY …! Raconte moi la proprioception, l’équilibre et l’endurance, d’autres articles intéressants sur la proprioception  :) .

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Extrait :

 

Voici donc l’histoire du cervelet, organe clé de la proprioceptivité. Entre 0 et 2 ans, son imprégnation développe le sens de l’équilibre, ce qui rendra possible la performance et va conditionner la qualité de votre colonne vertébrale, c’est-à-dire l’avenir de votre dos :

Cette histoire a trois millions d’années :
EquiLibre + EnduRance
Ayant permis la naissance de l’intelligence.

Commençons par regarder le foetus ( sportif potentiel) qui joue déjà dans l’utérus.
Trois semaines après la fécondation, l’embryon s’éloigne de la membrane de l’oeuf auquel il n’est plus relié que par le cordon ombilical. Il flotte alors dans la cavité amniotique et la mère constate l’absence de règles.
La faculté de situer notre corps dans l’espace, sa représentation mentale, nous la développons déjà dans le ventre maternel.

Quand et comment?
La proprioception commence t-elle par le membre supérieur ou le membre inférieur?[...]

 

Lire l’article dans son intégralité : IL JOUAIT DEJA IN UTERO

Interférences entre la vision et l’audition

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Interférences entre la vision et l'audition dans Le coin du chercheur Ear-and-Eye-134x150

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Je vous ai parlé, il y a quelques temps, de la dernière étude du Dr Quercia mettant en évidence les interférence entre la vision et l’audition chez l’enfant dysproprioceptif. Test que j’ai moi-même eu l’occasion de passer, où le fait d’entendre des sons provoque des pertes visuelles chez le sujet dysproprioceptif. (Imaginez donc l’enfant dysproprioceptif dans une classe plus ou moins bruyante)

Le fait que nos sens interagissent ensemble est déjà connu. J’ai trouvé l’étude suivante  intéressante ; on y voit que chez le sujet normal, quand les zones cérébrales dédiées à la perception visuelle sont fortement sollicitées, celles destinées à la perception auditive sont moins réactives, comme si le capital « attention » était entièrement dédié à la vue. Ça rappelle les travaux du Pr Berthoz qui a montré que le cerveau sélectionne dans les informations provenant de ses sens, celles qui sont utiles à ses objectifs (on peut aussi y voir un phénomène de double tâche). Pour voir les résultats de cette étude, clic sur l’image :

 

Interférence vision audition

Si on observe ce phénomène chez le sujet normal, que peut-il se passer pour l’enfant dysproprioceptif quand il se concentre sur une tâche visuelle, alors que son cerveau est constamment parasité par de mauvaises informations proprioceptives ? Entend-il correctement le son que l’on associe à un graphème ? Et si nous nous trouvions là au coeur de la dyslexie ?

 

SOURCE : fichier pdf Sciences et Santé N°29, Janvier/février 2016 p 18  (Voir aussi l’article  » Sur les traces de nos perceptions et de nos mouvements » p12,13)

Proprioception et psychologie

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Proprioception skate

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Avant d’en revenir à des publications plus scolaires en cette période de reprise des cours, je souhaite partager avec vous cet article que j’ai trouvé très intéressant sur la relation entre la proprioception et la psychologie. Car au final, quel est le rôle de la proprioception dans la construction de la personnalité d’un sujet ?

 

Extrait :

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INTRODUCTION

Vous connaissez tous les cinq sens : la vision, le goût, l’ouïe, le toucher et l’odorat. Et si nous vous disions qu’il existe un « 6ème sens », qui n’est ni exceptionnel, ni rare, ni magique, ni le fruit de notre imagination… Un sens si familier et naturel qu’il nous est inconscient… ?

Si vous n’avez pas encore quitté le site à toute vitesse en vous lamentant sur notre état mental, peut-être serez-vous étonné d’apprendre que ce 6ème sens, non seulement nous le possédons tous, mais qu’en plus il nous est quasiment indispensable pour vivre, et que malheureusement, comme bien souvent, nous ne prenons conscience de son importance qu’une fois qu’il a disparu… Peut-être allez-vous lire cet article finalement…

LE 6ème SENS

Le « 6ème sens », c’est la PROPRIOCEPTION. Sherrington, l’a mise en évidence en 1890, et il la définit comme « le flux sensoriel continu, mais inconscient, qui traverse les parties mobiles de notre corps (muscles, tendons, jointures) et grâce auquel leur position, leur tonus et leur mouvement sont en permanence contrôlés et adaptés d’une façon qui nous demeure cachée en raison de son caractère automatique et inconscient ».

La proprioception nous permet ainsi, en plus de gérer nos mouvements et postures, d’éprouver notre corps comme « nôtre ». Elle fait partie intégrante de notre identité physique, mais aussi psychique car elle lui sert de contenant.En quelque sorte, c’est elle qui nous fournit à chaque instant la sensation que nous existons, celle qui fait que même sans voir notre corps, nous savons qu’il n’a pas disparu.

Mais imaginez-vous maintenant que vous perdiez votre proprioception…

ET SI…

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Suite de cet article (Site Psychobranché) : LE SIXIEME SENS

Grimper à un arbre améliore les fonctions cognitives

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Grimper à un arbre améliore les fonctions cognitives dans Le coin du chercheur arbre

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Autre article intéressant sur le lien entre la proprioception et la mémoire de travail, extrait :

 

Si l’on vous demandait de vous toucher le nez tout en fermant les yeux, vous seriez capable de réaliser l’opération sans aucune difficulté. Ceci est possible grâce à une capacité particulière, la proprioception, qui nous permet de percevoir la position des différentes parties de notre corps dans l’espace. Et celle-ci aurait une influence sur nos capacités cognitives et notamment sur la mémoire de travail. C’est en effet le résultat d’une récente étude qui a démontré une augmentation drastique de la mémoire suite à des exercices spécifiques.

A chaque instant, que vous en ayez conscience ou non, votre cerveau connaît la position de chaque partie de votre corps. C’est un peu un sixième sens, sauf que contrairement aux cinq autres, celui-ci correspond à une perception interne à l’organisme et non externe. La proprioception fonctionne à l’aide de récepteurs situés sur les muscles et les ligaments et nous aide par exemple à trouver notre équilibre.

Le docteur Ross Alloway du département de psychologie à l’université de Floride du nord ainsi que Tracy Alloway, professeur associé, ont cherché à mesurer l’effet d’activités faisant fortement intervenir la proprioception, sur un aspect cognitif particulier, la mémoire de travail. La mémoire de travail est un type de mémoire à court terme qui nous permet de stocker et de traiter temporairement l’information pendant que nous exécutons une action.

[...]

Cette étude suggère qu’en effectuant des activités qui nous font réfléchir, nous pouvons entraîner notre cerveau aussi bien que notre corps » affirme le docteur Ross Alloway. Pour Tracy Alloway, « Améliorer la mémoire de travail peut avoir des effets bénéfiques dans de très nombreux domaines de notre vie, et il est intéressant de voir que les activités proprioceptives peuvent l’améliorer en si peu de temps ».

Source : Alloway R.G., Alloway T.P. The Working Memory Benefits of Proprioceptively Demanding Training: a Pilot Study 1,2. Perceptual and Motor Skills, 2015; 120 (3): 766 DOI:10.2466/22.PMS.120v18x1

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Article dans sont intégralité : Grimper à un arbre améliore les fonctions cognitives

La proprioception, notre sixième sens indispensable

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proprioception sens indispensable

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Je vous propose de lire cet article, très intéressant, sur la proprioception :

Extrait :

Lorsque l’on parle de sixième sens, on pense souvent, à tort, à l’intuition.

Pourtant d’un point de vue physiologique, la proprioception   mériterait d’être reconnue comme le sixième sens qui vient compléter notre expérience humaine dans la palette sensorielle habituelle : la Vue, l’Ouie, le Goût, le Toucher, l’odorat. Comment se fait il que ce sixième sens ne soit pas reconnu ? Qu’est ce que la proprioception ? Qu’est ce qui se passe lorsqu’on en est privé ?

[...]

Selon certains chercheurs comme le docteur Quercia, les troubles DYS (dyslexie, dysphasie, dyspraxie…) émaneraient d’un dysfonctionnement de la proprioception. On sait qu’on ne peut pas guérir des troubles Dys mais on peut contourner les obstacles pour réussir les apprentissages de la lecture et de l’écriture. La piste de la correction de la proprioception (au niveau des yeux, des pieds ou des muscles) pourrait apporter des améliorations dans le traitement de la dyslexie.

[...]

Les travaux de recherche sur la proprioception sont encore très récents. Les dysfonctionnements du sens proprioceptif sont encore mal connus. Pourtant, nous gagnerions à mieux connaître ce sens particulier qui semble être à la base des 5 autres. Cette reconnaissance pourrait commencer par l’éducation : faire une place dans les manuels scolaires pour reconnaître la proprioception comme un sens à part entière comme  la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat et le toucher.

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A lire dans son intégralité : La proprioception, notre sixième sens indispensable

Perception/Action et Proprioception

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Perception/Action et Proprioception dans Le coin du chercheur img-1

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Comprendre l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages, c’est d’abord comprendre le couplage Perception-Action et le rôle cognitif de la proprioception dans les relations entre perception et action. Après avoir partagé une vidéo d’Alain Berthoz, Professeur au collège de France, je vous invite à lire dans un premier temps cet entretien, donné en 2003, sur le site Recherche en mouvement :

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Entretien avec Alain Berthoz, Professeur au Collège de France par Odile Rouquet le 22 mai 2003

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Extraits :

 

« le cerveau simule les actions, il les prédit et il sélectionne les informations. Il est « un comparateur qui mesure entre ses propres prédictions fondées sur le passé et les informations qu’il prélève sur le monde en fonction de ses buts. (…)Le cerveau est avant tout un prédicteur et un simulateur d’action. »

« Cette fonction prédictive du cerveau se traduit par le fait que, en même temps que nous planifions une action – d’attraper un objet, de sauter par dessus un obstacle, de faire un geste – en même temps que le cerveau planifie le mouvement, il sélectionne les informations sensorielles pertinentes ou importantes pour le mouvement. »

« Autrement dit, le cerveau à chaque phase du mouvement et en fonction du contexte, le cerveau va présélectionner certains capteurs sensoriels qui sont importants. »

« Ce capteur vestibulaire, otolithique n’est bien sûr pas le seul qui permet au cerveau de connaître l’inclinaison du corps ; d’abord il y a des capteurs sous la plante des pieds, des capteurs tactiles qui forment une espèce de rétine tactile. La proprioception elle-même. »

« le cerveau cherche à établir une cohérence de toutes les informations qu’il reçoit…En effet, il y a un vrai miracle : comment se fait-il qu’à partir de cette multiplicité de capteurs sensoriels, de cette multiplicité de représentations internes du monde, du corps, nous ayons l’unité de la perception ? que nous nous percevions comme un corps unique dans un monde avec lequel nous avons une seule relation, en quelque sorte ? Nous avons de nombreux exemples de la rupture de cette cohérence : le vertige, l’agoraphobie sont des situations où cette cohérence (qui est une construction) est rompue. Les bases neurales de la construction de la cohérence sont encore peu connues. Ce que nous pensons aujourd’hui, c’est qu’elle est en partie due à ce que les neurologues appelaient, déjà au début du siècle précédent, le schéma corporel. C’est-à-dire que nous avons dans notre cerveau des mécanismes neuronaux qui sont de véritables modèles internes (selon notre jargon) du corps, de l’ensemble du corps. (…) Ceci implique que chacun d’entre nous construit depuis l’enfance et en fonction de son expérience, son propre schéma corporel, sa propre identité, sa propre cohérence. »

« les mécanismes d’anticipation, qui sont les fondements du fonctionnement cérébral, se traduisent par exemple par un rôle très important du regard dans le guidage de la locomotion.(…) le regard est utilisé comme un véritable ancrage de l’action ; c’est autour du regard en quelque sorte, utilisé comme un référentiel que va se construire le mouvement. Le deuxième mécanisme est le fait qu’un mouvement locomoteur ou une trajectoire dans un espace est sans doute d’abord simulé mentalement ; autrement dit, la séquence des événements, c’est une simulation mentale de la trajectoire ; le regard qui regarde là où la trajectoire est prédite, puis la tête et le corps »

« La perception est décision puisque percevoir c’est à tout moment choisir dans les sens ce que l’on veut voir. On ne peut percevoir que ce qu’on veut voir. (…) le cerveau au fond est une machine qui décide en fonction du passé, de la mémoire, de l’intention. »

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Dans un deuxième temps, je vous propose la lecture de cette autre interview (Revue URBANISME Villes-Sociétés-Cultures, N°368, Septembre/Octobre/2009) :

Un cerveau dans l’espace: Interview d’Alain Berthoz par Thierry Paquot

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cerveau bleu

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Extraits :

« Le cerveau de l’homme, comme le cerveau des animaux, ne perçoit le monde qu’à travers ses grilles d’interprétation, ses capacités. C’est-à-dire que le monde tel que nous le percevons – comme l’avait d’ailleurs brièvement analysé Husserl et ses successeurs en philosophie –, est un monde dans lequel nous sélectionnons les informations en fonction de nos a priori, etc. »

« La dernière chose importante est que la mémoire n’est pas faite pour se rappeler du passé mais pour prédire le futur. Car le cerveau est essentiellement une machine qui anticipe, qui s’est développée pour anticiper les conséquences de l’action en utilisant la mémoire et l’émotion, l’émotion étant, elle aussi, un mécanisme pour prédire le futur. En un mot, le cerveau est une “machine” à prédire. »

« Pour cela il faut revoir ce que l’on appelle les cinq sens. Car on se refuse encore, collectivement, à ajouter le sens du mouvement à l’audition, la vision, le tact, le goût et l’odorat. De quoi s’agit-il ? Des capteurs qui sont dans les muscles, les tendons, et qui nous informent sur le mouvement de nos bras, de nos membres. La proprioception musculaire et articulaire ainsi que le système vestibulaire : soit des “canaux semi-circulaires” et des “otolithes” qui mesurent les mouvements de la tête et sont également des référentiels fondamentaux de notre perception de l’espace. »

« Par conséquent, il y a bien plus de cinq sens. Les sixième, septième, huitième sens représentent un ensemble de capteurs qui sont les capteurs justement, de la perception de notre corps. De là vient que nous devons réinstaller le corps en acte aussi bien dans la conception de l’architecture, de l’urbanisme, que dans l’apprentissage à l’école. C’est ce que fait le prix Nobel de physique Georges Charpak en introduisant de la manipulation à l’école. Il réintègre le contact du corps sensible avec la réalité. »

« La façon dont nous percevons l’espace touche aussi bien les grands aspects des neurosciences que les problèmes d’équilibre. En Italie, j’ai beaucoup étudié ces questions chez les enfants. Ma théorie est qu’une partie de leurs déficits ne sont pas des déficits moteurs mais une incapacité à manipuler les espaces. »

Le cerveau et le mouvement : le sixième sens

Conférence présentée le 7 février 2000, 17 ans déjà,  à l’Université de tous les savoirs par le Pr Alain Berthoz (Chaire de Physiologie de la perception et de l’ action au collège de France).

Il y aborde les relations entre perceptions, actions et fonctions cognitives. Il y présente les bases du système proprioceptif (ou postural), même si, à l’époque, le rôle de tous les capteurs, et notamment l’appareil manducateur, ne semblait pas connu. 17 ans plus tard, le sens du mouvement reste encore terriblement mal connu du grand public et du monde médical …

Extraits :

« En plus des capteurs de la vision, de l’audition, du toucher, du goût et de l’olfaction nous avons aussi des capteurs qui détectent le mouvement. Chacun de ces sens à lui seul ne peut pas mesurer le mouvement, c’est la coopération de tous ces sens qui constitue le sixième sens : le sens du mouvement. Le cerveau doit, à partir de ces sens, reconstruire une perception unique et cohérente des relations de notre corps et de l’espace. Le cerveau est un SIMULATEUR d’action qui utilise la MEMOIRE pour PREDIRE les conséquences de l’action ».

« Nous n’avons pas cinq sens contrairement à ce que prétendent encore les manuels scolaires, les émissions de télévisions, les grandes expositions. En plus de l’olfaction, l’ouïe, le toucher,  la vision et le goût, nous avons dans le corps des capteurs spécialisés dans la perception du mouvement. »

« Le cerveau est une machine projective, qui projette ses pré-perceptions, qui prédit. Il projette ses contraintes, ses hyptohèses sur le monde »"

« Il faut chercher dans les bases neurales du mouvement, les fondements des activités cognitives les plus élevées du cerveau humain« 

« La perception est toujours coopération de différents capteurs mais est aussi sélection. Le cerveau a cette capacité de sélectionner les capteurs sensoriels en fonction de ses prédictions »

« L’action influence la perception à la source »

« Le regard est le mouvement fondamental de notre navigation, le premier moyen de locomotion du bébé ». « Le cerveau organise le regard en fonction de nos buts, nos actions »

Il y explique aussi la nécessité de cohérence entre les informations des différents capteurs et que si leur correspondance est mise en défaut, cela aboutit à une désorientation du cerveau (exemple du mal des transport) .

Pour visionner cette vidéo, clic sur l’image :

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Alain Berthoz

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Voilà, autant d’éléments sur lesquels repose l’hypothèse proprioceptive des troubles des apprentissages …

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Proprioception et dysgraphie/dysorthographie

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images soleil

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Une proprioception de qualité nous est indispensable  pour assurer la coordination de nos mouvements et  nous permettre d’écrire lisiblement. Elle a aussi un rôle indispensable pour assurer une bonne localisation visuelle dans l’espace.

La semaine dernière, mon fils dysproprioceptif, mais traité depuis un peu plus de trois ans, m’a annoncé que sa professeur de français lui avait fait écrire une dictée à la main. Sur le moment, je me suis dit qu’il allait falloir se déplacer. Cependant, le résultat s’est avéré assez surprenant et intéressant, mais il ne va pas falloir qu’il écrive uniquement à la main maintenant… Dans un premier temps, les élèves ont recopié un texte au brouillon, dans lequel il leur a été demandé de rayer les mots qu’ils connaissaient. On peut remarquer que Marc n’a fait qu’une faute de copie (le groupe nominal quelques fois), que l’écriture est correcte et bien sur les lignes, sauf la date, alors qu’il n’a pas fait plus d’efforts que ça car c’était un brouillon. Les traits sont aussi correctement tracés :

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brouillon dictée

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On peut en conclure que la prise d’information visuelle est maintenant de bonne qualité et que la copie n’est plus contreproductive comme auparavant (ce qui confirme les résultats du bilan orthophonique fait un an après le début du traitement proprioceptif, où Marc était revenu dans la norme en ce qui concerne l’orthographe lexicale, mais pas grammaticale). Puis, la professeur de français  leur a dicté le texte :

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Dictée

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Marc était déçu par son 15/20 en dictée alors que « les autres ont tous eu 19/20″. Je lui ai fait remarquer que, moi, je trouve le résultat vraiment bluffant et qu’il a un peu tendance à oublier d’où il revient ;)   !  (et ses professeurs aussi quelquefois…  :( )

L’écriture est toujours correcte, bien sur les lignes, un trait un peu moins bien tracé. Et les fautes d’orthographe son rares (toujours ces homophones grammaticaux contre lesquels nous nous battons depuis si longtemps). Ce résultat est assez épatant. On voit que Marc a progressé, mais de là à en conclure que Marc peut écrire en permanence à la main et n’est plus dysorthographique, il y a encore du chemin…  Surtout quand on considère son orthographe en écriture spontanée sur l’ordinateur (sans correcteur d’orthographe) :

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 extrait histoire

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Cela dit, je note quand même une amélioration, si on se réfère à ce texte écrit l’année dernière en période de décompensation*. J’étais d’ailleurs déjà intervenue pour lui faire réduire la longueur de ses phrases avec de la ponctuation (c’était un résumé, les deux premières lignes sont une copie du livre, le reste du texte est de Marc) :

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Frêne

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Lundi de la semaine dernière, ils ont eu un nouveau contrôle de français que sa professeur lui a encore demandé d’écrire à la main. Elle a rendu ce devoir de français, Marc a eu 13/20 et ne s’est pas si mal débrouillé. J’en suis presque à me demander s’il n’écrit pas avec moins de fautes d’orthographe à la main, maintenant ; alors qu’il a tendance à taper très vite et à ne pas se relire … (Je sais, certains vont me huer en me lisant …) L’écriture est moins jolie sans les lignes et par manque de place, mais ça n’est pas si mal. Marc me dit qu’il a plus de mal à écrire correctement sans lignes :

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controle de français

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Je remarque aussi que Marc écrit de plus en plus souvent à la main sur les documents photocopiés et utilise moins sa souris scanner, ce qui est surement le signe d’une écriture moins douloureuse, car jusque-là, Marc évitait l’écriture manuelle chaque fois qu’il le pouvait. Malgré tout, je vais devoir veiller à ce que Marc ne s’épuise pas  trop à écrire. :(

Je trouve ces résultats très encourageants, mais je sais qu’il faut « raison garder ». L’expérience nous a déjà montré par deux fois une amélioration de la qualité de l’écriture l’année dernière, suivie d’une dégradation rapide de celle-ci en période de décompensation* :

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écriture déréglé003

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Néanmoins, j’observe des améliorations de plus en plus fréquentes et  durables, alors j’ai l’espoir que, comme pour d’autres progrès de Marc, elles finissent par s’installer durablement. :) Qui vivra, verra !

Voilà, comme je le dis toujours, le traitement proprioceptif n’est pas une baguette magique, c’est un traitement long, exigeant qui demande beaucoup d’efforts et de vigilance. Cependant, un pas après l’autre, l’enfant progresse ! :)

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Note * : Quand le cerveau reçoit de mauvaises informations proprioceptives, il arrive pendant un temps à compenser. Puis, à un moment, il  atteint un seuil et n’y arrive plus.  A ce moment là,  « tout part en vrille », le cerveau décompense.

Note 2 : Je recommande de s’adresser à des ophtalmologues/médecins ayant appris à « régler » de manière très précise la proprioception pour corriger les troubles perceptifs lié à la dysproprioception. Le traitement proprioceptif des troubles dys  (TDP) n’est pas à proprement parler de la posturologie, comme l’explique le Dr Quercia, chercheur associé à l’INSERM, qui porte la recherche sur le sujet depuis 15 ans :

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Différence entre posturologie et proprioception

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Pour avoir la proposition de traitement optimal, je recommande donc de se tourner  vers des professionnels qui ont été formés aux dernières techniques de prise en charge des troubles perceptifs de la proprioception en ayant suivi le DU du PATA  (Clic sur l’image) :

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DU PATA

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Vous pouvez avoir une idée de ces techniques en visionnant cette vidéo, où le Dr Quercia a présenté à l’ Université de Dijon le résultat de sa dernière étude (décembre 2016) :

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  • Dr Patrick QUERCIA – Interférences auditivo-visuelles et neuro-plasticité de l’enfant dyslexique

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Ophtalmologiste, chercheur associé INSERM U1093 – Cognition Action et Plasticité Sensorimotrice et co-directeur du Diplôme Universitaire Perception Action et Troubles des Apprentissages, il explore depuis 2002 les relations entre proprioception et dyslexie de développement au travers de la plasticité sensorimotrice.

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Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

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