Proprioception et dysgraphie/dysorthographie

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images soleil

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Une proprioception de qualité nous est indispensable  pour assurer la coordination de nos mouvements et  nous permettre d’écrire lisiblement. Elle a aussi un rôle indispensable pour assurer une bonne localisation visuelle dans l’espace.

La semaine dernière, mon fils dysproprioceptif, mais traité depuis un peu plus de trois ans, m’a annoncé que sa prof de français lui avait fait écrire une dictée à la main. Sur le moment, j’ai vu rouge et me suis dit qu’il allait encore falloir se déplacer. Cependant, le résultat s’est avéré assez surprenant et intéressant, mais il ne va pas falloir qu’elle lui demande d’écrire uniquement à la main maintenant et je vais veiller au grain. ;) Dans un premier temps, les élèves ont recopié un texte au brouillon, dans lequel elle leur a demandé de rayer les mots qu’ils connaissaient. On peut remarquer que Marc n’a fait qu’une faute de copie (le groupe nominal quelques fois), que l’écriture est correcte et bien sur les lignes, sauf la date, alors qu’il n’a pas fait plus d’efforts que ça car c’était un brouillon. Les traits sont aussi correctement tracés :

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brouillon dictée

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On peut en conclure que la prise d’information visuelle est maintenant de bonne qualité et que la copie n’est plus contreproductive comme auparavant (ce qui confirme les résultats du bilan orthophonique fait un an après le début du traitement proprioceptif, où Marc était revenu dans la norme en ce qui concerne l’orthographe lexicale, mais pas grammaticale). Puis, la professeur de français  leur a dicté le texte :

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Dictée

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Marc était déçu par son 15/20 en dictée alors que « les autres ont tous eu 19/20″. Je lui ai fait remarquer que, moi, je trouve le résultat vraiment bluffant et qu’il a un peu tendance à oublier d’où il revient ;)   !  (et ses profs aussi…  :( )

L’écriture est toujours correcte, bien sur les lignes, un trait un peu moins bien tracé. Et les fautes d’orthographe son rares (toujours ces homophones grammaticaux contre lesquels nous nous battons depuis si longtemps). Ce résultat est assez épatant. On voit que Marc a progressé, mais de là à en conclure que Marc peut écrire en permanence à la main et n’est plus dysorthographique, il y a encore du chemin…  Surtout quand on considère son orthographe en écriture spontanée sur l’ordinateur (sans correcteur d’orthographe) :

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 extrait histoire

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Cela dit, je note quand même une amélioration si on se réfère à ce texte écrit l’année dernière, en période de décompensation*. J’étais d’ailleurs déjà intervenue pour lui faire réduire la longueur de ses phrases avec de la ponctuation (c’était un résumé, les deux premières lignes sont une copie du livre, le reste du texte est de Marc) :

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Frêne

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Lundi de la semaine dernière, ils ont eu un nouveau contrôle de français que sa prof lui a encore demandé d’écrire à la main. Elle a rendu ce devoir de français, Marc a eu 13/20 et ne s’est pas si mal débrouillé. J’en suis presque à me demander s’il n’écrit pas avec moins de fautes d’orthographe à la main, maintenant ; alors qu’il a tendance à taper très vite et à ne pas se relire … (Je sais, certains vont me huer en me lisant …) L’écriture est moins jolie sans les lignes et par manque de place, mais ça n’est pas si mal. Marc me dit qu’il a plus de mal à écrire correctement sans lignes :

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controle de français

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Je remarque aussi que Marc écrit de plus en plus souvent à la main sur les documents photocopiés et utilise moins sa souris scanner, ce qui est surement le signe d’une écriture moins douloureuse, car jusque-là, Marc évitait l’écriture manuelle chaque fois qu’il le pouvait. Malgré tout, si ça continue, je vais devoir prendre rendez-vous avec sa prof car Marc risque de finir par s’épuiser à trop écrire. :(

Je trouve ces résultats très encourageants, mais je sais qu’il faut « raison garder ». L’expérience nous a déjà montré par deux fois une amélioration de la qualité de l’écriture l’année dernière, suivie d’une dégradation rapide de celle-ci en période de décompensation* :

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écriture déréglé003

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Néanmoins, j’observe des améliorations de plus en plus fréquentes et  durables, alors j’ai l’espoir que, comme pour d’autres progrès de Marc, elles finissent par s’installer durablement. :) Qui vivra, verra !

Voilà, comme je le dis toujours, le traitement proprioceptif n’est pas une baguette magique, c’est un traitement long, exigeant qui demande beaucoup d’efforts et de vigilance. Cependant, un pas après l’autre, l’enfance progresse ! :)

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Note * : Quand le cerveau reçoit de mauvaises informations proprioceptives, il arrive pendant un temps à compenser. Puis, à un moment, il  atteint un seuil et n’y arrive plus.  A ce moment là,  « tout part en vrille », le cerveau décompense.

Note 2 : Je recommande de s’adresser à des ohtalmologues/médecins ayant appris à « régler » de manière très précise la proprioception pour corriger les troubles perceptifs lié à la dysproprioception. Le traitement proprioceptif des troubles dys  (TDP) n’est pas à proprement parler de la posturologie, comme l’explique le Dr Quercia, chercheur associé à l’INSERM, qui porte la recherche sur le sujet depuis 15 ans :

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Différence entre posturologie et proprioception

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Pour avoir la proposition de traitement optimal, je recommande donc de se tourner  vers des professionnels qui ont été formés aux dernières techniques de prise en charge des troubles perceptifs de la proprioception en ayant suivi le DU du PATA  (Clic sur l’image) :

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DU PATA

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Vous pouvez avoir une idée de ces techniques en visionnant cette vidéo, où le Dr Quercia a présenté à l’ Université de Dijon le résultat de sa dernière étude (décembre 2016) :

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  • Dr Patrick QUERCIA – Interférences auditivo-visuelles et neuro-plasticité de l’enfant dyslexique

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Ophtalmologiste, chercheur associé INSERM U1093 – Cognition Action et Plasticité Sensorimotrice et co-directeur du Diplôme Universitaire Perception Action et Troubles des Apprentissages, il explore depuis 2002 les relations entre proprioception et dyslexie de développement au travers de la plasticité sensorimotrice.

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Proprioception et vision/neurovision, comment ça fonctionne ?

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Proprioception et vision/neurovision, comment ça fonctionne ? dans Le coin du chercheur PhotoGlossaire_2339_10584299

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Ceux qui suivent mon blog depuis le début savent que les difficultés de mon fils ont d’abord été attribuées à des troubles neurovisuels (notamment visio-spatiaux), puis devant l’échec des rééducations neurovisuelles  et autres , à un dysfonctionnement proprioceptif à l’origine de ces mêmes troubles neurovisuels.

Mais comment vision et proprioception sont-elles liées ?

J’ai trouvé très intéressante une étude du Pr JP Roll (CNRS de Neurophysiologie Fonctionnelle et de Neurosciences Intégratives et Cognitives à l’Université de Provence) qui nous éclaire sur ce point :

Extraits :

« Les sensibilités kinesthésiques (ou proprioceptives) ont un rôle fondateur dans toute connaissance et notamment de la représentation du corps au travers des actions qu’il accomplit. Dès lors, parce que les sensibilités proprioceptives sont celles des actions du corps, nous proposerons qu’elles aient un statut particulier parmi nos autres sensibilités. Qu’elle soient considérées comme un sens premier, celui qui donne du sens aux autres sens. […] Les muscles constituent en effet la majeure partie de nos chairs et les masses musculaires sont les tissus de l’action. […] Mais au-delà de leurs fonctions motrices, les muscles sont aussi une chair sensible, un vaste organe des sens distribué dans la totalité du corps. […] Les capteurs dont sont dotés nos muscles sont des mécanorécepteurs dont l’aptitude est de détecter en permanence, et de transmettre au cerveau, des informations sur l’état des muscles qui les contiennent et de leurs changements d’état au cours de l’action.

[…]

« Ce n’est pas l’œil qui voit, c’est le corps comme totalité ouverte »

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Des expériences récentes ont démontré qu’au-delà de sa contribution à la connaissance de soi, la sensibilité des muscles participe à l’exploration de l’environnement grâce aux actions que nous réalisons. Les « actions perceptives » qui orientent et guident nos organes des sens vers leur stimulus, influencent profondément le traitement des messages sensoriels : ainsi le système nerveux central traite-t-il conjointement les informations musculaires nécessairement associées à l’action de voir. Comment pourrions-nous localiser une cible visuelle dans l’espace sans que le système nerveux soit précisément informé du lieu où se trouve le corps et notamment l’œil ? […]

Nous avons présenté une cible ponctuelle immobile sur un écran en face d’un sujet immobile. La vibration* des muscles inférieurs des yeux, la partie antérieure du cou ou même des chevilles, donnent au sujet l’illusion d’un déplacement de la cible vers le haut. Si dans les mêmes conditions on demande au sujet de pointer la cible du doigt, il commet une erreur de localisation. […] Enfin, quand les muscles oculaires externes des yeux sont vibrés simultanément, le sujet a l’impression que la cible se rapproche de lui […]

La rétine est portée par un ensemble de segments corporels mobiles et emboîtés que sont successivement l’œil, la tête, le tronc et les jambes : les signaux proprioceptifs issus de toute la chaîne des muscles mobilisant ces segments, « disent » à tout instant au cerveau quelle est l’attitude ou quels sont les mouvements du corps et lui permettent le calcul de la position absolue de la rétine dans l’espace. L’ensemble des informations issues des muscles, depuis ceux des pieds qui ancrent le corps au sol jusqu’à ceux des yeux ** qui ouvrent le corps sur le monde est indispensable à la connaissance, à chaque instant, de notre position dans l’espace.

 

L’intégralité de l’article : « La proprioception : un sens premier ? »(Résonances Européennes du Rachis – Volume 14 – N° 42 – 2006 pp1731-1736)

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 Notes :

* : Les vibrations des muscles sont des leurres sensoriels capables de générer des messages proprioceptifs proches de ceux évoqués au cours d’un mouvement naturel et qui induisent une sensation illusoire de mouvement.

** : Et là, on comprend l’intérêt du traitement proprioceptif qui agit sur le système musculaire depuis l’œil (prismes) jusqu’aux pieds (semelles) et inversement.

 

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En conclusion, si le cerveau de mon loulou ne connaissait pas précisément l’emplacement de sa rétine dans l’espace, du fait de son dysfonctionnement proprioceptif, il n’est pas étonnant qu’il ne percevait pas toujours correctement la marge, commençait à écrire au milieu de la page, ne percevait pas certaines parties d’un devoir, etc. :

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dysgraphie-spatiale-250x300 Neurovision dans Neurovision

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Alors, pour finir sur une note d’espoir, comme l’a dit le Dr Quercia (Chercheur associé – Unité INSERM U1093 Cognition Action et Plasticité Sensorimotrice) lors d’ une conférence récente :

Il faut remettre au devant du tableau clinique la perception. Le cerveau se nourrit déjà d’informations qu’on peut modifier. Sortons du dogme qui dit « c’est le cerveau dans telle zone qui ne fonctionne pas bien, c’est un mauvais câblage, c’est développemental, on ne peut rien y faire ».  Il faut donc se réapproprier la perception car elle permet la rééducation. » :)

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Proprioception et neuroplasticité

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cerveau clignote

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Pour bien démarrer l’année ;) , je vous propose de visionner ces quatre conférences qui ont été données récemment lors d’une journée exceptionnelle de formation en Neurosciences à l’Université de Bourgogne sur le thème de la Plasticité Cérébrale.

Dans la première, le Dr Quercia présente les résultats d’une étude, qui vient de se terminer, sur les interférences entre le son et la vision chez l’enfant dyslexique (Note : haussez le son pour entendre les échanges dans le dernier film présenté).

Les deux suivantes sont consacrées à la proprioception, celle du Pr  JP Roll présente notamment le rôle majeur de la proprioception dans le geste d’écrire (Note : Pour aller plus loin, lire aussi « La proprioception : un sens premier » de JP Roll).

Enfin, le Pr DUFFAU, neurochirurgien réputé, s’attaque au « dogme » du localisationnisme qui pour lui doit être « brûlé » pour faire place à une organisation connectomale dynamique du cerveau.(Note : cette conférence étant un peu ardue, je vous conseille déjà de visionner un film présentant une de ses opérations, pour mieux comprendre de quoi il retourne : ).

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  • Dr Patrick QUERCIA – Interférences auditivo-visuelles et neuro-plasticité de l’enfant dyslexique

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Ophtalmologiste, chercheur associé INSERM U1093 – Cognition Action et Plasticité Sensorimotrice et co-directeur du Diplôme Universitaire Perception Action et Troubles des Apprentissages, il explore depuis 2002 les relations entre proprioception et dyslexie de développement au travers de la plasticité sensorimotrice.

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  • Pr Jean-Pierre ROLL et Régine ROLL.

Spécialistes au CNRS de Neurophysiologie Fonctionnelle et de Neurosciences Intégratives et Cognitives à l’Université de Provence, leurs travaux ont eu comme fil conducteur l’étude des déterminants neurobiologiques de la perception du corps et de ses actions, notamment au travers du rôle des informations proprioceptives. Ces travaux ont été récompensés par l’attribution du Trophée National de l’Innovation (mention recherche).

Pr Jean-Pierre Roll – Proprioception et neuro-plasticité

« La main écrit sur le papier … et sur le cerveau »

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Pr Regine Roll – Proprioception et neuro-plasticité

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Pr Hugues Duffau – L’erreur de Broca. Pour en finir avec 150 ans d’erreurs sur le cerveau

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Ce neurochirurgien connu pour ses opérations à cerveau ouvert avec phase de conscience des patients est un spécialiste mondialement reconnu de la plasticité cérébrale in vivo. Il a reçu la Victoire de la médecine en 2009 et en 2010 ainsi que la médaille Herbert Olivecrona, décernée par l’institut Karolinska de Stockholm, l’équivalent du prix Nobel de neurochirurgie. Ses travaux lui ont également valu le Grand Prix de Cancérologie de L’Académie Nationale de Chirurgie en 2012.

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Problèmes de traitement sensoriel expliqués

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Problèmes de traitement sensoriel expliqués dans Le coin du chercheur

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Extrait de l’article : Problèmes de traitement sensoriel expliqués

Difficulté à intégrer des informations sensorielles

Les difficultés de traitement sensoriel ont été identifiées en premier lieu par le Dr. A. Jean Ayres, ergothérapeute. Dans les années 1970, le Dr. Ayres a introduit l’idée que le cerveau de certaines personnes ne pouvait pas faire ce que la plupart des gens considéraient comme naturel : traiter l’information qui provient de sept sens – et non des cinq sens traditionnels –, pour donner une image claire de ce qui se passe dans le corps comme à l’extérieur.

Au toucher, à l’ouïe, au goût, à l’odorat et à la vue, le Dr. Ayres a ajouté les sens « internes » de la conscience du corps (proprioception) et de l’équilibre (sens vestibulaire). Quand le cerveau ne peut synthétiser toutes ces informations qui arrivent en même temps, « C’est comme un embouteillage dans votre tête, explique N. Peske, avec des signaux contradictoires qui viennent de toutes les directions, de telle manière qu’il devient impossible d’en tirer du sens. »

Quels sont ces sens « supplémentaires » dans les travaux du Dr. Ayres ?
Les sens internes

Les récepteurs proprioceptifs se trouvent dans les articulations et les ligaments ; ils permettent le contrôle moteur et influent sur la position du corps. Le système proprioceptif indique au cerveau où le corps se trouve par rapport aux autres objets et lui montre comment se mouvoir. Les personnes hyposensibles sont en recherche de stimuli ; elles aiment les activités qui impliquent le saut ou la collision, mais aussi les pressions intenses comme celles procurées par de fortes étreintes.

Les personnes hypersensibles, quant à elles, ont des difficultés à comprendre où leur corps se trouve par rapport aux objets. Elles peuvent se cogner et sembler maladroites. Comme il leur est difficile de percevoir leur force, elles peuvent déchirer le papier en effaçant, pincer trop fort, ou poser bruyamment des objets. [...]

La suite : https://upbility.fr/…/problemes-de-traitement-sensoriel-exp…

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Pour ma part, j’ai assisté il y a peu à une conférence du Pr JP Roll (CNRS), spécialiste de la proprioception. Celui-ci disait d’elle que c’est le « Sens qui donne du sens aux autres sens » et que sans elle, les autres sens ne peuvent se développer correctement. Ça donne un certain regard sur les problèmes de traitement sensoriels ;)

Dysproprioception /troubles attentionnels et agitation

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enfants dans la lune

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Un enfant souffrant d’un dysfonctionnement proprioceptif présente t’il des troubles attentionnels  ?

Si, aujourd’hui, les études sur le sujet sont encore limitées, ce point me semble cependant évident lorsqu’on a compris comment fonctionne la proprioception, sens qui permet au cerveau de connaître à tout moment la position du corps dans l’espace.

Le cerveau ne peut fonctionner au maximum de ses capacités que si les informations venant de ses sens, et notamment de la proprioception, se recoupent. Sinon, il est perpétuellement en état de vigilance, de « stress », pour vérifier les informations et assurer la survie : ne pas tomber, ne pas se cogner, etc… L’exemple le plus simple pour décrire cet état est celui du lecteur assis près d’une fenêtre dans un train à l’arrêt. Le train est immobile, les pieds, l’oreille interne et les yeux envoient l’information que le corps ne bouge pas, le lecteur peut se concentrer sur son livre. Tout à coup, le train sur la voie d’à côté se met lentement en mouvement ; la vision périphérique du voyageur (information proprioceptive) a capté le mouvement de manière inconsciente et envoie ce signal au cerveau, alors que les pieds et l’oreille interne continuent d’envoyer le signal de l’immobilité du corps. Le cerveau ne comprend plus la situation et  le lecteur va se sentir obligé de quitter son livre pour vérifier la véracité de ses informations. Et bien, le cerveau d’un enfant souffrant d’un dysfonctionnement proprioceptif sera dans cet état de vigilance, en permanence.

D’autre part, selon  le Dr Quercia*, la proprioception oculaire est portée par le nerf trijumeau qui véhicule aussi les informations provenant de la bouche. Lorsque la proprioception oculaire est anormale, l’enfant pourra avoir des signes au niveau de la bouche : malocclusion, mâchoire trop étroite, déglutition infantile, respiration buccale… Le plus ennuyeux est la présence d’apnées du sommeil liées en grande partie au tonus de la langue et des muscles du pharynx. L’enfant a des nuits agitées, il est alors constamment fatigué et les enseignants constatent des troubles de la concentration.

Un trouble proprioceptif peut-il aussi être à l’origine d’une certaine agitation en classe (et ailleurs) ?

Le cerveau doit savoir où est le corps en permanence et s’il ne  ne peut pas localiser les différentes parties du corps quand l’enfant est  assis au repos du fait d’un dysfonctionnement proprioceptif, alors celui-ci devra activement déplacer ses muscles pour que l’esprit se “sente connecté” avec le corps.

Dans la vidéo suivante, de la minute 12’57 à 15’11,  le Dr Quercia  explique aussi que les enfants atteints d’un trouble proprioceptif présentent souvent une pseudo-hyperactivité car il est beaucoup plus facile pour le cerveau de maintenir le corps en équilibre dans le mouvement (de la même façon qu’il est plus facile de maintenir en équilibre une pile d’assiettes en mouvement) :

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Beaucoup de parents dont l’enfant suit un traitement proprioceptif le constatent : quand l’enfant est bien réglé au niveau proprioceptif, il se concentre beaucoup plus facilement. Quant à ceux dont l’enfant était très agité, ils le trouvent beaucoup plus calme avec le traitement proprioceptif.

Mais les critiques du traitement vont mettre ces observations sur le compte d’un effet psychologique lié la motivation parentale, d’ une plus grande maturité de l’enfant, etc.

Pourtant, les parents d’enfants traités l’observent aussi, malheureusement, l’enfant éprouve à nouveau des difficultés à se concentrer quand le système se dérègle : l’enfant « part »,  il n’ est « plus là »… (La motivation parentale devient-elle tout à coup défaillante ? La maturité de l’enfant disparait-t’elle subitement ?)

Bien sûr, tout cela reste subjectif, n’est pas palpable, quantifiable et pourtant tellement flagrant quand on le vit !

Pour ma part, je constate que mon fils en est presque caricatural tant le phénomène semble marqué chez lui, au point que l’on peut suivre ses périodes de décompensation proprioceptive au travers de ses bulletins :o . Et là, il s’agit de l’observation de professeurs qui ne savent rien du traitement proprioceptif et pas de l’avis subjectif d’un parent… ;) . Du coup, j’ai décidé de partager avec vous ceux-ci tant je les trouve révélateur de l’équilibre proprioceptif de Marc !

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Quand Marc était en CE2, la maîtresse nous avait alertés sur les difficultés de Marc et notamment sur ses troubles attentionnels, voici un extrait du courrier qu’elle avait écrit pour l’équipe médicale qui avait pris en charge notre fils :

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Marccncentration

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Après deux années de rééducations diverses infructueuses, nous avons ensuite débuté un traitement proprioceptif. La première année de celui-ci fut assez chaotique, comme en témoigne mon journal du traitementLa deuxième année, nous avons réussi à stabiliser l’équilibre proprioceptif de Marc et nous avons observé une progression de ses résultats tout au long de l’année de 6°. Ses bulletins ne faisaient état d’aucun problème de concentration en classe, au contraire tous soulignaient son sérieux et sa motivation :

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 bulletin 6° tri1

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bulletin 6°tri2

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Marc 6° 3tri

Et puis, l’année de 5° a été plus compliquée et Marc a connu deux grosses périodes de décompensation proprioceptive. Peu de temps avant les vacances de la Toussaint, il fait une chute qui m’alerte, puis vont suivre une multitude de symptômes qui confirmeront que le système est déréglé. Je rencontre la professeur d’anglais de Marc début décembre et celle-ci m’explique que Marc a commencé à être  plus agité en classe un peu avant les vacances de la Toussaint (tiens donc ! ;) ). Son bulletin sera révélateur de cet état de fait avec 6 remarques concernant son manque de concentration en classe, dont une sur l’avis du conseil de classe :

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bulletin 5°001 (blancotté)

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Nous rencontrons ensuite le Dr Quercia qui modifie la prescription des prismes devenus trop forts et Marc obtient de nouveau les encouragements au 2°trimestre, les remarques concernant la concentration en classe ont pratiquement disparu du bulletin , une meilleure attitude est soulignée, ainsi que des résultats en progrès et du sérieux :

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capture bulletin 5° tri2

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Malheureusement, le répit sera de courte durée et au troisième trimestre, Marc entre à nouveau dans une grosse période de décompensation due à des blocages ostéopathiques (croissance ?) et réapparaissent sur le bulletin les remarques concernant la concentration et le comportement, au nombre de 5, dont une sur l’avis du conseil de classe « il faut veiller à être plus concentré et cesser les bavardages » :

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Bulletin 5° tri 3001 blog

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Nous voici maintenant en 4°, le premier  trimestre se termine et ça se passe pas trop mal, Marc fonctionne plutôt bien et est encore en forme. Je constate que Marc est beaucoup plus volontaire et agréable pour travailler quand il ne décompense pas, il faut dire qu’il assimile tout beaucoup plus facilement ! Et il retrouve en ce début d’année les encouragements, plusieurs profs constatent même son sérieux en classe (4) et l’un d’eux souligne même son attention :o , enfin son sérieux est noté dans l’avis du conseil de classe (la seule chose que tous lui reprochent c’est son manque de participation en classe, pas facile quand on est timide et qu’on s’est construit avec des informations proprioceptives erronées) !

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Bulletin 1tri 4eme (noirci)

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Alors tout ceci est-il vraiment le fruit du hasard ? Ou y-a t’il un lien direct entre un bon équilibre proprioceptif et une meilleure attention en classe ?

Pour ma part, le vivant au quotidien, je suis convaincue du lien direct entre les deux ! :)

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Note  : Photo issue du site L’avenir.net

Note* : Source :.

Enfin,

Déafférentation : la proprioception en moins

Ginette fait partie des 4 personnes au monde que l’on dit déafférentées, ce qui signifie qu’elle a perdu toute sensibilité sur le corps à l’exception de la tête. Concrètement les fibres nerveuses sensorielles de cette Canadienne ont disparu, ce qui entraîne la perte de la proprioception. Pourtant ce sens méconnu est plus qu’indispensable à la production de nos mouvements et à notre conception de notre corps dans l’espace. Sans lui, certaines tâches du quotidien deviennent insurmontables.

 

Pour lire la suite de cet article et visionner les vidéos de l’émission, Clic sur l’image ci-dessous :

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Déafférentation : la proprioception en moins dans Le coin du chercheur 10602-patiente_desafferentee_une

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La proprioception, sixième sens inscrit dans nos gènes ?

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La proprioception, sixième sens inscrit dans nos gènes ? dans Le coin du chercheur VISUEL%20MECANO%202

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Une étude récente publiée dans « The new england journal of medicine », datant du 6 octobre 2016,  suggère que notre capacité à percevoir la position de notre corps dans l’espace serait largement modulée par l’expression d’un gène… celui de la maladresse ?

La proprioception est une sorte de « sixième sens » qui permet d’avoir une conscience plus ou moins précise de la position de son corps dans l’espace. Cette perception procède de l’ensemble des « sensations kinesthésiques et posturales en relation avec la situation du corps par rapport à l’intensité de l’attraction terrestre », selon la définition du Trésor de la langue française (TLFi). Autrement dit, ce véritable « schéma corporel » nous permet à tout le moins de mettre un pied devant l’autre sans avoir à contrôler le mouvement par le regard. Avec de l’entraînement, ce schéma corporel est à l’origine des prouesses dont est capable l’humain, qu’il s’agisse de danse, de sport, ou toute autre activité impliquant un sens précis du mouvement. C’est cette faculté assez peu étudiée qui s’est retrouvée par hasard au cœur des recherches du Dr Carsten Bönnemann, neuroscientifique des Instituts nationaux de la santé américains (NIH). Selon une étude publiée dans le New England Journal of Medicine, cette capacité du cerveau à percevoir la place du corps dans l’espace serait largement modulée par l’expression d’un gène, PIEZO2.

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Pour lire l’article dans son intégralité, c’est ici :

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La proprioception, sixième sens inscrit dans nos gènes ?(Sciences et Avenir)

 

D’ autres articles en lien avec le sujet :

Proprioception : l’origine génétique découverte (Pourquoi docteur)

Proprioception : le 6è sens, bien plus qu’un feeling ?-New England Journal of Medicine (Santé blog)

 

Publication originale :

The Role of PIEZO2 in Human Mechanosensation (« The new england journal of medicine »)

 

Note : photo issue de Santé blog

 

Journal du traitement VII

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zone de turbulence

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« Zone de turbulences »

3 ans de traitement proprioceptif

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Voilà un moment que je n’avais pas partagé mon journal du traitement proprioceptif, je vais y remédier ;) . La dernière fois, je vous avais quitté sur une note positive, alors que l’équilibre proprioceptif de Marc semblait retrouvé. Malheureusement, en cette fin d’année scolaire de 5°,  Marc est à nouveau entré dans une grosse période de décompensation qui s’est automatiquement répercutée sur ses résultats et sa concentration en classe (cf. bulletin du 3° trimestre).

Nous avons connu une première année de traitement caractérisée par une très  forte instabilité, une seconde année très calme faite de progrès constants, et une troisième année avec plus de turbulences, essentiellement dues à la croissance et à un dérèglement régulier des prismes. A l’adolescence, Marc est moins soigneux avec ses prismes, chahute plus et plus « physiquement » avec ses camarades. Et il réagit toujours de manière flagrante à tout dérèglement de ses prismes. C’est dommage, la fragilité du galbe des montures est pour nous, à ce jour, le plus gros écueil du traitement, alors que les prismes sont de toute évidence un levier puissant chez Marc pour corriger son trouble proprioceptif. Mais l’aventure continue !

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Journal du traitement  :  Avril 2016 / Mi-octobre 2016

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 Bulletin 5° tri 3001 blog

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Note : Vous pouvez lire l’intégralité de ce journal dans la catégorie : Journal du traitement. S’agissant d’un journal personnel, il est évident qu’il n’est pas libre de droit et qu’il ne peut être copié sur aucun autre site. Merci.

Impact d’une dysproprioception sur les apprentissages scolaires

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Impact d'une dysproprioception sur les apprentissages scolaires dans Dys 2_skater

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C’est la rentrée et, comme tous les ans, nous avons face à nous une nouvelle équipe pédagogique, les informations du PAI (devenu PAP), suivront ou ne suivront pas. Les professeurs n’en comprendront pas toujours l’intérêt, ni les raisons ; il faudra les rencontrer, tenter d’expliquer, au risque bien souvent de passer pour des parents surprotecteurs (ou des emmerdeurs ;) ).

On peut trouver de plus en plus facilement, sur le Net, des documents à fournir aux professeurs pour expliquer la dyslexie, la dyspraxie, le TDAH, etc. Mais, évidemment, rien sur la dysproprioception.

J’ai donc décidé de m’atteler à cette tâche en ce qui concerne les difficultés de Marc. J’ai souhaité partir du trouble proprioceptif de base, expliquer son impact sur le cerveau, ses conséquences sur les apprentissages et les mettre en rapport avec les adaptations pédagogiques préconisées pour Marc. J’ai tenté de réaliser un document qui soit à la fois le plus proche de sa réalité médico-scolaire, mais aussi facilement compréhensible par une personne n’ayant jamais entendu parler de proprioception. Du coup je suis forcément réductrice, le sujet est tellement vaste  et je ne me vois pas aborder les interférences entre l’appareil manducateur et les yeux ou encore entre la vision et l’audition… Je n’y aborde pas,  non plus, le deuxième « effet Kys cool » du SDP ,  à savoir son impact sur la posture ou sur la santé en générale :( , il y a déjà bien à faire avec les difficultés scolaires !

En conclusion, je partage avec vous mes fichiers Pdf et WORD, afin qu’ils puissent servir à d’autres enfants. Il faudra bien évidemment adapter ce courrier aux difficultés et aménagements propres à chacun.

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Fichier PDF :  Lettre rentrée (Marc)

Fichier WORD (à compléter) : Lettre rentrée

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Note 1 : Par « chance », mon loulou a développé les symptômes les plus facilement attribuables à un dysfonctionnement proprioceptif : troubles neurovisuels et sensorimoteurs. Chez lui, les troubles perceptifs auditifs sont les moins marqués et je ne les ai pas évoqués dans mon document. Néanmoins, on peut comprendre que si le cerveau a besoin de localiser correctement la source de l’information visuelle pour la traiter correctement, il en est de même pour l’information auditive.  S’il n’arrive pas à traiter de manière adéquate l’information auditive et si, de plus, l’information perceptive visuelle est défaillante, on imagine bien qu’il va être difficile à l’enfant d’associer graphènes et phonèmes et d’entrer dans la lecture …

Enfin, ce qui me paraît primordial de comprendre en premier lieu avec la proprioception, c’est que le cerveau ne peut fonctionner au maximum de ses capacités que si les informations venant de ses sens, et notamment de la proprioception, se recoupent. Sinon, le cerveau sera perpétuellement en état de vigilance, de « stress », pour vérifier les informations et assurer la survie : ne pas tomber, ne pas se cogner, etc…

L’exemple, le plus simple, pour décrire cet état est celui du lecteur assis près d’une fenêtre dans un train à l’arrêt. Le train est à l’arrêt ; les pieds, l’oreille interne et les yeux envoient l’information que le corps ne bouge pas, le lecteur peut se concentrer sur son livre. Tout à coup, le train sur la voie d’à côté se met lentement en mouvement ; la vision périphérique du voyageur (information proprioceptive) a capté le mouvement de manière inconsciente et envoie ce signal au cerveau, alors que les pieds et l’oreille interne continuent d’envoyer le signal de l’immobilité du corps. Le cerveau ne comprend plus la situation et  le lecteur va se sentir obligé de quitter son livre pour vérifier la véracité de ses informations.

Et bien, le cerveau d’un enfant souffrant d’un dysfonctionnement proprioceptif sera dans cet état de vigilance, en permanence. Dans ces conditions, comment le cerveau peut-il se concentrer sur des choses aussi dérisoires et aussi peu utiles à la survie que ce qu’essaie d’enseigner le professeur ?

Note 2 : image issue du site dysproprioception.

La proprioception, un sixième sens trop souvent négligé

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proprioception indispensable à l'équilibre

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Toujours dans l’optique de mieux comprendre ce qu’est la proprioception, je vous invite à écouter sur Ici Radio-Canada l’intervention de Denis Fortier, physiothérapeute (équivalent de masseur-kinésithérapeute en France), le samedi 9 mai 2015 (émission passionnante !). Cliquez sur l’image ci-dessous et attendez quelques instants le démarrage de son intervention (qui commence à 15h 48 et dure 8 minutes 40)

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Santé  La proprioception

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Vous pouvez aussi visiter la page de la rubrique santé de Ici Radio Canada sur ce sujet :  La proprioception, un sixième sens trop souvent négligé

Enfin, je vous invite vivement  à lire sur le blog de Denis Fortier, l’ article : La proprioception, un 6e sens qui pourrait vous être fort utile

Extrait :

Bien entendu, nous connaissons tous l’existence de nos cinq sens: l’ouïe, l’odorat, le toucher, la vision et le goût. Or, il en existe un autre que nous utilisons constamment: la proprioception. Celui qui pourrait être qualifié de 6e sens demeure trop souvent méconnu malgré le fait qu’il nous permette d’améliorer plusieurs aspects de nos mouvements [...]La proprioception nous est indispensable, notamment lors des déplacements ainsi que pour assurer la coordination de nos mouvements. Elle se compare à un GPS  qui nous permet de percevoir à chaque instant la position exacte de notre corps en 3 dimensions. Une bonne proprioception nous permet d’écrire lisiblement, de marcher en ligne droite, de danser en suivant le rythme de la musique et de bien performer lors d’une activité physique. [...] Pour arriver à représenter en temps réel la position de notre corps en trois dimensions comme un GPS pourrait le faire, la proprioception a recours à un système de référence, comme Google exploite ses cartes routières. Celle de la proprioception se nomme le schéma corporel et constitue une représentation mentale du corps humain. Le schéma corporel est élaboré durant l’enfance et il est constamment mis à jour en fonction de ce que nous faisons et de ce que nous subissons comme une blessure, un changement de poids, une poussée de croissance à l’adolescence, etc. Or, il arrive que le schéma corporel soit biaisé, comme s’il devenait moins fidèle à la réalité et perdait en précision. [...]

Extrait de son intervention radio :

La proprioception fait appel à la plasticité du cerveau, sa capacité d’adaptation aux changements. En ce sens, la proprioception est un sens supérieur dans la hiérarchie.

 

Note : photo de présentation issue de la page de Ici Radio Canada

Note : Cette rubrique m’a permis de mieux comprendre un des éléments du traitement proprioceptif dont je ne saisissais pas vraiment l’importance et l’intérêt : le maintien des postures. En effet, la proprioception faisant appel à la plasticité cérébrale, maintenir de bonnes postures peut permettre de se constituer une meilleure « carte en 3D de son corps » soit un bien meilleur schéma corporel.

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