Conférence : Traitement proprioceptif dans les troubles Dys

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CE2 et le Dr Patrick Quercia (Ophtalmologiste, chercheur associé à l’INSERM) vous proposent une conférence centrée sur le traitement proprioceptif dans les troubles dys.

Rendez-vous le 23 janvier à Lyon et le 11 juin à Nantes !

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La proprioception est notre 6e sens, celui qui permet de nous donner une représentation de notre corps dans l’espace.

Cette proprioception repose sur des capteurs sensoriels placés principalement dans nos muscles, qui renseignent en permanence notre cerveau sur la position de notre corps lui permettant de s’équilibrer.

Cette boucle de régulation proprioceptive peut se dérégler et on parlera alors de dysfonction proprioceptive (dysproprioception).
De multiples conséquences peuvent alors en découler et toucher plusieurs aspects fonctionnels :

• Le tonus musculaire devenant asymétrique peut donner naissance à des hypertonies contraignantes et perturbantes pour l’équilibre et la posture.
• La localisation spatiale donnant des troubles de coordination et des troubles vertigineux.
• Des troubles de la perception visuelle et auditive perturbant la lecture et l’attention.
• Des troubles de la perception orale perturbant la ventilation et le sommeil.

L’amélioration de la proprioception est un outil thérapeutique pour faire face aux troubles spécifiques des apprentissages.

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Clic sur l’image pour plus de détails :

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Flyer conférence PROPRIOCEPTION

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Places limitées, réservation obligatoire.

Pour vous inscrire, envoyez rapidement un mail à : contact@ce2formation.com



Difficultés sensorielles et lecture

L’Observatoire de la santé visuelle et auditive fait cette année un point précis sur les rôles conjugués de l’audition et de la vue dans l’apprentissage de la lecture et sur les conséquences désastreuses d’un trouble sensoriel non pris en charge à cette période du développement des enfants. Or, les enfants souffrant d’une dysfonction proprioceptive souffrent d’un trouble sensoriel qui altère la perception multisensorielle. Il n’est donc pas étonnant de constater qu’ils puissent être en difficulté face à l’apprentissage de la lecture

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Un article de « L’ouïe magazine » s’ intéresse aux conclusions de l’observatoire de la santé visuelle et auditive quant à l’effet de déficits sensoriels sur l’apprentissage de la lecture. En voici un extrait, très intéressant, qui apporte aussi un éclairage sur l’impact d’une dysfonction proprioceptive sur la lecture :

Bien entendre et bien voir : nécessités absolues pour apprendre

« La compréhension d’un texte est le produit multiplicatif de deux facultés indépendantes : la reconnaissance des mots écrits et la compréhension orale », explique Johannes Ziegler, directeur de recherche au CNRS, qui dirige le laboratoire de psychologie cognitive (CNRS-AMU) et codirige l’institut Convergences à l’université d’Aix-Marseille. Cela signifie que si l’une de ces deux facultés est minorée, l’enfant ne peut accéder à la compréhension d’un texte. « Le lien entre trouble phonologique et trouble d’apprentissage de la lecture est très bien établi, poursuit le chercheur. L’enfant doit apprendre à faire le lien entre graphèmes et phonèmes. S’il a des difficultés à discriminer les phonèmes, il sera en difficulté pour accéder à la lecture et, en cascade, pour les autres apprentissages. […]

Les corrélations fortes, scientifiquement établies, entre déficits sensoriels même mineurs ou transitoires et difficultés d’apprentissage rappellent à tous, parents, enseignants, professionnels de santé, la nécessité d’une vigilance particulière aux signes comportementaux et d’une orientation plus systématique vers des bilans ORL et ophtalmo en cas de doute.

L’article dans son intégralité : L’Observatoire de la santé visuelle et auditive zoome sur l’apprentissage de la lecture

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Or, notre cerveau est « bombardé » d’informations sensorielles en permanence : ouïe, vue, toucher, odorat, proprioception, douleur, chaleur, etc. Il ne peut toutes les traiter et seules arrivent à notre conscience celles qui sont utiles à ses objectifs. Il génère des prédictions sur le monde extérieur et sélectionne les informations sensorielles qu’il va utiliser :

« Notre cerveau construit notre perception comme le client d’un restaurant compose son assiette dans un buffet : il ne retient qu’une partie infime de ce qui est face à lui, ce qui nous intéresse, ce que nous cherchons, ce qui fait sens pour nous. » – Professeur Lionel Naccache (Neurologue et chef de service de neurophysiologie à la Pitié-Salpêtrière)

La réalité de ce que nous percevons est sans cesse reconstruite par notre cerveau et nous pouvons très bien ne pas « voir » des éléments flagrants qui sont pourtant sous nos yeux. :

« En sciences cognitives, on appelle « attention » l’ensemble des mécanismes par lesquels notre cerveau sélectionne une information, l’amplifie, la canalise et l’approfondit. Ce sont des mécanismes anciens dans l’évolution : le chien qui oriente ses oreilles, la souris qui se fige à l’écoute d’un craquement déploient des circuits attentionnels très proches des nôtres […] Faire attention, c’est donc sélectionner – et, en conséquence, prendre le risque d’être aveugle à ce que nous choisissons de ne pas voir. » – Pr. Stanislas Dehaene (Collège de France)

Les systèmes attentionnels au niveau cérébral fonctionnent très largement par automatismes, ce qui est fondamental pour subvenir à nos besoins essentiels et nous permettre de nous dégager l’esprit pour nous consacrer à des activités cognitives de niveaux plus élevés. Néanmoins, le danger pour le cerveau est de passer à côté d’informations essentielles.

En cas de dysproprioception, le cerveau situe mal les sources de ses stimuli sensoriels dans l’espace et va éliminer des informations qui lui sont pourtant utiles. Des suppressions temporaires et aléatoires d’informations visuelles apparaissent alors dans certaines positions du regard, mais aussi dans le bruit. Ces nombreuses petites pertes visuelles sont absolument inconscientes, le sujet ne sait pas qu’il ne voit pas correctement, ne se rend pas compte qu’il a des « petites zones aveugles » aléatoirement placées. (Nda : Il se passe certainement la même chose au niveau de l’audition, même si cela n’a pas encore pu être démontré cliniquement).

Chez l’enfant qui apprend à lire, ce phénomène va être très invalidant, car l’association de graphèmes (vision) et de phonèmes (audition) est à la base de l’apprentissage  de la lecture, comme l’a rappelé Johannes Ziegler, directeur de recherche au CNRS dans l’article cité plus haut.  Les conflits audito-visuels seraient donc à l’origine de troubles développementaux de l’attention visuelle et de la conscience phonologique, cette dernière ne pouvant se développer et surtout s’automatiser, l’ensemble aboutissant à un tableau de dyslexie.

Aujourd’hui, très nombreux sont ceux qui considèrent l’hypothèse de l’origine proprioceptive des troubles des apprentissages comme farfelue. Et pourtant, comment peut-on encore sous estimer à ce point l’impact du « sens premier », celui qui donne du « sens aux autres sens » (Pr JP Roll, CNRS) ?




L’erreur d’Aristote, 5 sens et bien plus : Mythes et légendes en neurosciences

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Le Dr Anne Kavounoudias, enseignant-chercheur à Aix-Marseille Université, nous explique ce qu’est un sens et passe en revue nos différents sens, en évoquant bien évidemment notre 6ième sens : la proprioception.

Image de prévisualisation YouTube

Flyer : Scolarité et Dysfonction Proprioceptive

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L’association Sensoridys, Association de Patients souffrant d’une Dysfonction Proprioceptive propose à ses adhérents, uniquement,  le dépliant : « Scolarité et Dysfonction Proprioceptive ». Elle espère qu’il facilitera le dialogue avec les enseignants et les professionnels qui suivent leur enfant. Il est le reflet du travail de SensoriDys, sa reproduction est donc interdite.

 

Pour en savoir plus, c’est :   .

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Dyspraxie et Proprioception

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Je me désespère souvent de ne trouver, sous la plume de ceux qui sont présentés comme des experts de la dyspraxie en France, aucune allusion à la proprioception. Alors que toutes les découvertes sur ce sens convergent vers son rôle prépondérant dans l’organisation du mouvement (voir ici par exemple), dont celui des yeux.

La vision française de la dyspraxie (développementale) s’appuie sur une compréhension développementale du cerveau. L’enfant développe et automatise des praxies ou programmes moteur durant sa croissance et la dyspraxie s’expliquerait par un ou des déficits du cerveau de l’enfant à élaborer, à planifier et à automatiser ces programmes moteurs. Le rôle de la proprioception, qui nous permet de connaître l’emplacement de nos différents segments corporels entre eux, ainsi que celui de nos globes oculaires dans leur orbite, est complètement occulté dans cette approche.

Néanmoins, quand on sort de France, on commence à trouver des allusions à un déficit au niveau sensoriel, dont proprioceptif, comme ici dans un dossier de l’association Suisse Dyspra’quoi ?

Extrait :

Dans la majorité des cas, les enfants dyspraxiques souffrent d’un déficit au niveau sensoriel.
De façon très schématique, la première charnière essentielle à l’action permet aux informations sensorielles (provenant de nos muscles, de notre peau, de nos yeux, nos oreilles, etc) d’être acheminées vers le système nerveux central, notre cerveau. Ces informations sont reçues, elles sont filtrées pour que le cerveau ne tienne compte que des plus pertinentes; une première interprétation est effectuée, cette fonction se nomme l’intégration neuro-sensorielle.
Puis se situe, dans un niveau plus complexe, la deuxième charnière où le cerveau organise et planifie son action, là on entre dans le domaine de la praxie.
La bonne circulation et l’interprétation des informations sensorielles sont une base essentielle pour la construction du développement moteur de l’enfant.

Et quand on s’intéresse aux publications internationales, on voit que le lien proprioception/dyspraxie (TAC ou DCD en anglais) est clairement fait, comme ici dans cet extrait d’un article du « Journal of Motor Behavior, Vol. 0, No. 0, 2016« , Virginia Way Tong Chu, Department of Occupational Therapy, Virginia Commonwealth University, Richmond, Virginia.

« Les enfants qui ont des difficultés avec la proprioception peuvent présenter des difficultés avec la coordination motrice et la planification. Ces enfants peuvent également avoir un contrôle postural et un équilibre médiocres […]. Des études ont montré que cette mauvaise proprioception a été liée à des difficultés avec l’ écriture manuscrite (Falk, Tam, Schwellnus et Chau, 2010; Schneck, 1991) et une mauvaise coordination (Fatoye, Palmer, Macmillan, Rowe et van der Linden, 2009; Johnston, Short et Crawford, 1987; Mon-Williams, Wann et Pascal,1999). Ces difficultés rendent souvent difficile, pour ces enfants, l’apprentissage de nouvelles habiletés motrices, entraînant des retards moteurs. […]

Les enfants avec un trouble d’acquisition de la coordination ( DCD/Developmental Coordination Disorder), un autre trouble dont le diagnostic est généralement basé sur des retards moteurs, montrent également de mauvaises performances sur les tests proprioceptifs (Coleman, Piek et Livesey, 2001; Mon-Williams et al., 1999; Piek & Skinner, 1999; Schoemaker et al., 2001; Smyth & Mason, 1998) […]

Les retards proprioceptifs, les troubles du mouvement et les retards moteurs chez les enfants sont étroitement liés. La proprioception est importante pour le contrôle de la fluidité et de la précision des mouvements.[…]

Même si la plupart des enfants qui présentent une mauvaise proprioception n’ont pas une perte totale de la sensibilité proprioceptive, on peut en déduire les conséquences d’une mauvaise proprioception sur un système moteur en développement. En raison de l’importance de la proprioception dans la planification motrice et la coordination, il est important que les cliniciens évaluent la proprioception quand ils évaluent les habiletés motrices.

L’article dans son intégralité : .

Je trouve donc incompréhensible que nos spécialistes français de la dyspraxie éludent totalement cet aspect de la question …

Note : Vous pouvez trouver deux petites études réalisées dans le cadre de mémoires pour l’obtention du DU du PATA (Perception, action et troubles des apprentissages) de l’université de Bourgogne explorant  le lien entre dyspraxie de développement et dysproprioception : là.

Note : Image d’en tête parPintera Studio de Pixabay

Œil, bouche et dyslexie

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nerf trijumeau

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Dans une thèse datant de  2002, Pierre Gangloff avait décrit les différents protocoles de son étude qui avait montré le rôle des afférences sensorielles trigéminales (informations émanant des récepteurs sensitifs du nerf trijumeau) sur le contrôle postural, ainsi que sur la stabilisation du regard. Le fait de modifier celles-ci pouvait d’une part détériorer le contrôle postural et la stabilisation du regard mais également les améliorer. Une modification expérimentale des afférences trigéminales, soit en modifiant l’occlusion dentaire, soit en anesthésiant unilatéralement une des branches du nerf trijumeau, avait influencé la régulation fine du contrôle postural. Il en avait conclu que toute modification des afférences trigéminales pourrait avoir des répercussions sur le maintien de l’équilibre.

Une nouvelle étude, réalisée en collaboration avec le service d’odontologie de la Pitié Salpétrière, vient maintenant montrer qu’en touchant la bouche, on peut modifier la vision.  C’est une première !

Les résultats de cette étude exploratoire pilote suggèrent qu’il existe une modification de la localisation spatiale visuelle lors de manœuvres sensorielles ou mécaniques orales et de manière encore plus fréquente chez les dyslexiques. Ce phénomène varie aussi en fonction de la posture.  Ces résultats nécessitent  d’être maintenant confortés par des études complémentaires. Cette étude ouvre un nouveau domaine de recherche sur les relations entre perception sensorielle orale, perception visuelle et régulation posturale.

Dans cette étude a été utilisé le test du maddox postural qui, en perturbant la vision binoculaire, permet de mettre en évidence des troubles de la localisation spatiale visuelle :

maddox

L’influence de la bouche sur la localisation spatiale a été testée avec différentes stimulations sensorielles orales (différentes positions de la langue, lèvres serrées) ou mécaniques (rouleau salivaire, orthèse).

Voici un petit extrait traduit de cette étude :

« Les principaux résultats de cette étude suggèrent fortement que des manipulations au niveau oral modifient la perception visuelle et affectent les enfants dyslexiques différemment des normaux-lecteurs.

Effet global des stimulations orales sur l’axe visuel :

En utilisant le test de Maddox, qui perturbe la vision binoculaire, nous avons démontré pour la première fois qu’il est possible de modifier la perception visuelle en modifiant les informations sensorielles orales pour 69% des enfants dyslexiques et non dyslexiques.
Les changements étaient significativement plus fréquents dans la population dyslexique, et la labilité était considérablement plus élevée chez les dyslexiques.
[…]
Parce que les informations proprioceptives des muscles de l’oeil sont portés par la branche supérieure du nerf trijumeau, il n’est pas surprenant que des modifications orales puissent interférer lorsque l’équilibre oculaire est instable en raison de changements dans la fusion rétinienne.
[...]

Stimulations orales, Hétérophories Verticales et Dyslexie:

La majorité des enfants dyslexiques ont des troubles visuels et phonologiques. Mouvements oculaires imprécis, difficultés de reconnaissance visuelle et perturbations phonologiques sont généralement considérés comme ayant une origine neurodéveloppementale.

Heilman a proposé que la bouche puisse jouer un rôle dans l’émergence des problèmes phonologiques des enfants dyslexiques qui ignorent la position de leurs articulateurs lors du discours.

L’impossibilité d’associer la position de leurs articulateurs avec des sons de la parole peut nuire au développement de la conscience phonologique et à la capacité de conversion de graphèmes à phonèmes.

Le haut niveau de labilité oculomotrice trouvé dans notre étude lorsque la position de la langue est modifiée pourrait aider à comprendre la présence de troubles visuels et phonologiques chez les dyslexiques. Cela pourrait aussi expliquer pourquoi certains dyslexiques ont plus de difficulté pour lire à haute voix.

L’article dans son intégralité :

Are changes in the stomatognatic system able to modify the eye balance in dyslexia? 

Mettey Alexandre, Bouvier Anne-Marie, Jooste Valérie, Boucher Yves, Quercia Patrick (Journal of Oral Biology and Craniofacial Research, volume9, Issue 2, april-june 2019, pages : 166-171)

Les résultats de cette étude suggèrent également que des ajustements thérapeutiques dans la bouche pourraient avoir un effet néfaste sur la stabilité oculaire et sur la régulation posturale, plus particulièrement chez les enfants dyslexiques. Je vous invite dont à lire les recommandations données à ce propos par une orthodontiste sensibilisée à la prise en charge proprioceptive des troubles des apprentissages :

Votre enfant dys va porter un appareil dentaire ? Ce qu’il est utile de savoir.

 

Note : Image du nerf trijumeau, auteur: Suzanne Léger , Interscript inc. , Le monde en images, 2014

TDAH et nerf trijumeau

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J’avais écrit précédemment un article montrant l’impact du nerf trijumeau sur la dépression sévère.

Voici, maintenant, les résultats très intéressants d’ une étude américaine, publiée dans le Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, qui montre que la stimulation du nerf trijumeau (TNS) s’est avérée particulièrement efficace et sans danger pour les enfants atteints de TDA/H.

Extrait de l’article du site Pourquoi docteur ?

En outre, les chercheurs ont découvert que la stimulation du nerf trijumeau ne permettait pas uniquement de réduire les symptômes comportementaux du TDAH. En effet, la TNS a permis d’augmenter l’activité dans les circuits cérébraux, mesurée par électroencéphalogramme. Cela suggère que la stimulation du nerf trijumeau opère des changements sur le fonctionnement neurologique en lui-même.

« Je suis ravi que nous ayons constaté une réduction significative des symptômes du TDAH, ainsi que des améliorations du fonctionnement du cerveau à la suite du traitement par TNS », se félicite le Dr McGough, auteur principal de l’étude. « Le traitement a été bien accepté par les patients et leurs familles […] et il n’y avait aucun effet secondaire cliniquement important. La stimulation du nerf trijumeau a un grand potentiel en tant qu’option supplémentaire pour la gestion du TDAH ».

L’article dans son intégralité :

Cette étude est à mettre en lien avec les apnées du sommeil très fréquentes chez les enfants présentant des troubles des apprentissages. Ainsi, il y a des enfants diagnostiqués TDAH à tort. En effet, difficile de rester calme, attentif et réceptif aux apprentissages quand on est en dette de sommeil chronique.

Dans les causes de ces apnées, il faut rechercher une étroitesse du palais, une rétroposition mandibulaire , etc (à voir avec l’orthodontiste) et/ou une hypotonicité linguale provoquant l’obturation postérieure de l’oropharynx (l’air ne passant plus, le taux d’oxygène dans le sang devient progressivement trop faible jusqu’à ce qu’un système de protection cérébrale provoque un microréveil pour permettre au patient de reprendre une grande inspiration).

Cette hypotonicité se rencontre en cas de syndrome de dysfonction proprioceptive et se traite par des microstimulations buccales, collées sur les incisives, appelées ALPH, dans le cadre d’un traitement proprioceptif global  (les informations proprioceptives de la bouche passent par le nerf trijumeau qui véhicule aussi celles des muscles oculaires).

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Note : Image parmohamed Hassan de Pixabay

Vision, perception et lien vision/audition

Ce que nous percevons n’est qu’une construction de notre cerveau, voilà une phrase qui devient pour moi un véritable leitmotiv (encore plus depuis que j’ai assisté aux pertes visuelles que génère l’examen du Maddox Postural). Mais, ce qui me fait plaisir, c’est de voir que je ne suis pas la seule à le dire. Dans son livre « Parlez-vous cerveau », le neurologue Lionel Naccache utilise la même expression et nous explique comment le cerveau construit notre perception.

Extrait de son livre :

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« La perception est une construction

« Les sciences du cerveau nous ont enseigné que la perception est une action ! Il ne s’agit pas d’un slogan politiquement correct visant à nous remonter le moral lorsque nous nous sentons trop passifs […] mais des résultats spectaculaires des neurosciences de la perceptions.
Un exemple simple ?
Ouvrez bien grand les yeux et fixez droit devant vous. Que voyez-vous ? rassurez-vous, je ne dispose pas de webcams qui vous espionnent, mais je ne pense pas prendre trop de risques en affirmant que l’image que vous percevez est colorée. Oui, et alors ?
Alors, cela ne va pas de soi !
Les cellules qui tapissent la rétine transforment la lumière en impulsions nerveuses. Mais voilà, il y a un hic. Nos rétines contiennent deux types de cellules. Les premières, situées au centre, sont sensibles aux couleurs, tandis que les secondes ne voient le monde qu’en noir et blanc. Si le cerveau ne faisait que recevoir passivement les informations transmises par nos rétines, nous devrions percevoir le monde en couleurs autour du point que nous fixons, alors que tout le reste devrait apparaître noir et blanc. Quelle implacable conclusion en déduisez-vous ?
Notre cerveau colore les informations lumineuses qui lui arrivent en noir et blanc ! Élémentaire mon cher Watson …
Mais ce n’est pas tout, notre perception est le fruit de nombreuses autres actions.
[...]
Sur le côté de chacune de nos rétines, il y a un trou par lequel passent les vaisseaux et le nerf optique en partance pour le cerveau. Nous devrions donc percevoir le monde visuel avec deux « taches aveugles » sur les côtés.
Quelle conclusion en tirons-nous, toujours en raisonnant par l’absurde ?
Si ces tâches aveugles n’empiètent sur aucune de nos perceptions, c’est bien parce que notre cerveau remplit ce « trou » de la rétine par des inventions visuelles de son cru. Ce phénomène de remplissage a été découvert par l’abbé naturaliste Edmé Mariotte dès le XVII e siècle. Notre cerveau invente ici ce qu’il ne voit pas du monde, selon ce qu’il suppose qu’il devrait être !
A un niveau plus abstrait encore, notre cerveau construit notre perception comme le client d’un restaurant compose son assiette dans un buffet : il ne retient qu’une partie infime de ce qui est face à lui, ce qui nous intéresse, ce que nous cherchons, ce qui fait sens pour nous.
Coloriage, effaçage, stabilisation, remplissage, sélection, etc. : la palette d’actions réalisées par notre cerveau pendant la perception est très vaste. N’ayant pas conscience de ces coulisses de la perceptions, nous pensons à tort, que la perception est passive. En réalité, la perception est une construction permanente de notre cerveau.

Mais, c’est aussi ce que nous explique Bruce Benaram, de la chaîne Youtube de vulgarisation scientifique : e-penser, dans deux épisodes consacrés à la vision. Dans le premier, il nous décrit le fonctionnement de l’œil et dans le deuxième (que je vous recommande vivement), il nous explique comment le cerveau traite l’information visuelle pour construire notre perception :

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Cerise sur le gâteau, il nous parle du colliculus supérieur, cette petit partie du cerveau dont je vous ai déjà entretenu à plusieurs reprises. Il nous explique que c’est vers le colliculus supérieur que se dirigent 10% des fibres optiques issues de l’œil. Son rôle majeur est de diriger notre regard et notre attention vers les objets d’intérêt. Cette petite structure « court-circuite » le cortex visuel (où est traité l’information visuelle consciente), elle permet un traitement immédiat et inconscient de l’information visuelle, c’est là que se jouent les mouvements oculaires les plus rapides (les saccades). Et nous apprenons dans que le colliculus Inférieur agit de la même façon au niveau de l’audition et que les deux colliculi inférieurs et supérieurs interagissent et échangent en permanence des informations.

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colliculi supérieurs et inférieurs

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C’est exactement ce que nous pouvons lire de le livre « Oeil et bouche », des Dr Quercia et Marino :

La voie rétino-tectale correspond à 10 des fibres optiques. Son importance est primordiale dans la coordination des mouvements de la tête et des yeux, et dans la stabilisation de l’image rétinienne.[...] elle se termine dans la une région nommée colliculus supérieur (CS) ches les mammifères.

[...]

Associés aux colliculi inférieurs qui font partie de la voie auditive, ces noyaux de petite taille (6 mn) intègrent les informations visuelles et auditives avec les informations somato-sensorielles liées aux mouvements de la tête et du corps dans le but d’orienter le regard vers les centres d’intérêt qui nous entourent.

[...]

Il est à noter que le CS représente une structure sensorimotrice, dont le rôle est central dans le déclenchement et l’orientation des saccades oculaires vers un sujet digne d’intérêt. Il y existe des connections quasi-directes entre informations sensorielles et motrices. On y trouve aussi des neurones mixtes visuo-moteurs, mais aussi des neurones pluri sensoriels (capables de décharger pour des stimuli visuels, auditifs, tactiles et proprioceptifs). Il s’agit donc d’une structure cérébrale dans laquelle les liens sensorimoteurs sont très étroits, rapides et reposent sur une perception multi-sensorielle inconsciente.

Cerveau et mouvement

 

 

 

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Mise en page 1

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Voilà un livre qui me semble très intéressant et dont j’ai commencé la lecture. Il est écrit par Lucy Vincent, une neurobiologiste. Une fois de plus, on y découvre le lien étroit qui unit le cerveau aux muscles et au mouvements. Et qui dit muscles, dit proprioception !

 

Voici deux petits extraits très intéressants :

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En explorant la littérature scientifique, j’ai découvert qu’une révolution scientifique était en cours concernant la science du mouvement. Une révolution lourde de conséquences, que j’ai eu envie de partager avec vous. D’où ce  livre. […] Nul doute que, fortes de ce savoir, nos méthodes d’apprentissage vont être radicalement transformées dans les années qui viennent. Seront concernés les touts-petits, les moins petits et même les plus agés […]Toutes les découvertes exposées dans ce livre datent d’il y a moins de vingt ans, il va sans doute falloir encore vingt ans pour les intégrer dans nos pratiques à l’école, dans les crèches, dans les centres sportifs, les centres de soins. […]

 

« Le mouvement crée le cerveau

Premier point qui mérite réflexion : seuls les êtres vivants qui bougent sont dotés d’un système nerveux central. Si le cerveau a été « inventé » par l’évolution, c’est d’abord pour gérer les mouvements du corps et la coordination des organes.[…]

Chez l’être humain, on sait que la mise en place du cerveau se fait sous l’influence des contractions musculaires spontanées chez le fœtus. Ces micro-mouvements stimulent la mise en place des réseaux nerveux qui commencent à s’activer, envoyant en retour des stimuli aux muscles pour affiner progressivement le contrôle moteur. Les connexions dans le cerveau ou entre le cerveau et le corps sont liées à l’activité des muscles qui, dès leur apparition, commencent à effectuer des mouvements sans utilité apparente, mais qui en réalité , fournissent les stimuli électriques permettant d’organiser les systèmes sensori-moteurs cérébraux. Les neurones ainsi mis en place stimulent à leur tour les muscles qui les ont formés. Ces allers-retours de stimuli-réponses consolident les circuits qui produisent les mouvements typiques qu’on peut voir chez le fœtus et le nouveau-né. Le mouvement et le cerveau sont si étroitement liés qu’il est même possible de diagnostiquer des lésions cérébrales simplement en observant les mouvements de nouveaux-nés ou leur posture au repos.[...]

Le développement de notre cerveau dépend donc des nombreuses expérimentations que font tout naturellement les enfants libres de leurs mouvements : tout goûter, tout éprouver, tout toucher … Toutes les bêtises sont en fait des graines d’intelligence ! Ce sont ces comportements qui leur permettent d’incorporer dans leur cerveau les propriétés du monde pour mieux s’orienter, se nourrir, se chauffer, se protéger et, plus tard, se reproduire. […]

Maintenant, est-ce que les effets du mouvements sur le cerveau se limitent à la construction des circuits qui gèrent a motricité ? Cette question est au cœur d’un domaine de recherche qu’on appelle embodiment et qui vise à comprendre comment les parties du corps en dehors du cerveau contribuent aux processus cognitifs et aux émotions. […]

Nous allons voir que l’intérêt de l’activité physique pour le cerveau ne tient pas uniquement aux bouffées d’endorphines qu’elle procure ou à la meilleurs oxygénation qu’elle entraîne ; en fait, bouger son corps rend aussi plus intelligent !« 

Découverte d’une nouvelle structure cérébrale dans le cerveau humain

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J’ai trouvé très intéressant cet article qui relate la découverte, par le neuroscientifique George Paxinos et son équipe du Neuroscience Research Australia (NeuRA), d’une nouvelle structure cérébrale baptisée « noyau endorestiforme », qui semble être une spécificité du cerveau humain. Cerise sur le gâteau, cette zone est impliquée dans la réception d’informations sensorielles et motrices de notre corps afin d’affiner notre posture, notre équilibre et nos mouvements. De là à en conclure qu’elle est impliquée dans la proprioception (ou le système somesthésique), il n’y a pour moi qu’un pas…

Extraits :

« Le neuroscientifique George Paxinos et son équipe du Neuroscience Research Australia (NeuRA), ont baptisé leur découverte « noyau endorestiforme » 
[...]
 Cette zone est impliquée dans la réception d’informations sensorielles et motrices de notre corps afin d’affiner notre posture, notre équilibre et nos mouvements.
 [...]
L’emplacement de cet élément cérébral insaisissable laisse penser à Paxinos qu’il pourrait être impliqué dans le contrôle de la motricité fine — ce qui est également confirmé par le fait que cette structure n’a pas encore été identifiée chez d’autres animaux, y compris les ouistitis ou les singes rhésus.
 [...]
 Les humains ont un cerveau au moins deux fois plus gros que les chimpanzés (1300 grammes contre 600 grammes), et un pourcentage plus important des voies neuronales cérébrales qui signalent le mouvement établissent un contact direct avec les motoneurones — 20% par rapport à 5% chez les autres primates.
[...]
Ainsi, le noyau endorestiforme est peut-être une autre caractéristique unique de notre système nerveux, bien qu’il soit encore trop tôt pour le dire.
L’article dans son intégralité, sur le site « Trust my science » :
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Ainsi donc, les structures du cerveau humain liées à la motricité de notre corps participeraient à la spécificité du cerveau humain ?

Crédits : NeuRa
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