Vision aveugle ou inconsciente

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colliculus

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J’ai encore trouvé de petites pépites sur la vision inconsciente, qui nous font toujours mieux comprendre le rôle du système visuel accessoire (dans ce système, une partie des influx nerveux qui proviennent de la rétine se projette sur une petite région appelée colliculus).

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colliculus voie accessoire

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Je ne peux copier ici ces articles dans leur intégralité, pour des questions de droits d’auteur, je ne vous en donne que des extraits, mais je vous conseille vivement d’aller les lire dans leur intégralité :)   .

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Rappelons que selon le Dr Quercia :

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Même si elle reste largement ignorée des spécialistes de ce domaine, la posturologie fait partie de la neuro-ophtalmologie. Cette dernière, en pratique ophtalmologique courante, s’intéresse surtout à ce qui se passe entre la rétine et le lobe occipital. La posturologie est liée essentiellement à la voie optique accessoire dont nous sous-estimons volontiers l’importance. Elle se penche aussi sur tout ce qui se passe en aval du lobe occipital,  notamment au niveau des aires associatives. C’est là que s’initient probablement beaucoup de fonctions humaines supérieures et les perturbations cognitives du SDP n’ont certainement pas fini d’étonner.[...]

L’œil est un double capteur postural :

  • la rétine périphérique, grâce au système magnocellulaire sensible aux variations de contraste et aux mouvements, joue un rôle primordial dans les réactions posturales adaptatives. Les informations sont véhiculées au cortex par les voies optiques rétino-corticales mais c’est essentiellement le système optique accessoire qui gère les informations posturales provenant de la rétine. Un élément important de ce système est représenté par le colliculus supérieur qui est considéré comme un des centres de la régulation motrice œil-tête. Dissimulé à notre conscience par le flot d’images corticales, le système optique accessoire, fonctionne cependant en permanence.

 

Voici donc un extrait de l’article : De la vision aveugle… sur la route !

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« Si l’on peut perdre la vision suite à une défaillance de la rétine, on peut aussi, plus rarement, devenir aveugle si notre cortex visuel est lésé des deux côtés.

C’est ce type de lésion qui provoque cet étrange phénomène qu’on appelle la vision aveugle (ou inconsciente). Alors que des personnes atteintes disent ne rien voir, elles peuvent néanmoins réussir à identifier correctement la position d’objets dans l’espace. Comment est-ce possible si elles disent ne rien voir ? En insistant : on leur demande simplement de « prendre une chance », de deviner, en pointant dans une direction où l’objet ou le point lumineux pourrait être. Et la plupart du temps, elles pointent dans la bonne direction. Béatrice de Gelder a même montré que le sujet peut éviter des objets en se déplaçant dans un couloir.

[...]

Ces résultats, pris dans leur ensemble, suggèrent que même chez les individus normaux, une partie de notre vision et de nos réponses émotionnelles à ce que nous voyons tous les jours, est inconsciente. Que nous percevons probablement sans nous en rendre compte une bonne partie des caractéristiques du monde qui nous entoure : des formes simples, des volumes, certains mouvements, certaines couleurs, des émotions exprimées subtilement par des visages…

Quelles seraient alors les régions du cerveau permettant de voir et de répondre à ce que l’on ne sait pas qu’on a vu ? Essentiellement des structures sous-corticales, comme le colliculus supérieur ou le pulvinar, qui envoient des projections directement à différentes aires corticales visuelles sans passer par le cortex visuel primaire (V1)

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Et voici maintenant un extrait de l’ article : Vision aveugle

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Il existe une façon de voir inconsciente, plus primitive, qui agit directement sur nos émotions.[...]

Lorsqu’on présente dans son champs visuel aveugle à une personne qui a une lésion du cortex cérébral visuel (aveugle donc) , lorsqu’on lui présente une photo d’un visage et que l’on mesure la dilatation des pupilles, la sueur, le changement du rythme cardiaque, on découvre que la personne répond sans le savoir aux émotions exprimées par le visage sur la photo, la joie ou la peur.
La personne ressent une émotion même si elle ne sait pas qu’elle la ressent.
Mais si l’on présente une photo d’un visage ayant une expression neutre, il n’y a pas de réactions.
Si on mesure la contraction des muscles du visage de la personne qui regarde la photo, on découvre qu’elle commence à mimer l’expression du visage, qu’il y a une ébauche de contraction des muscles impliqués dans le sourire si le visage a une expression joyeuse ou l’ébauche de contraction des muscles impliqués dans le froncement des sourcils si le visage exprime la peur, suggérant que les neurones miroirs de la personne en train de regarder sont en train de faire ressentir chez la personne qui ne sait pas qu’elle est en train de voir l’expression, l’émotion qu’elle voit sans le savoir sur le visage de l’autre.

Que signifie voir ?
Que signifie être conscient de ce que l’on voit ?

Lorsqu’on ne dit rien à la personne aveugle en lui projetant les images, elle réagit mais dit qu’elle n’a rien vu. Elle ne sait pas qu’elle réagit à quelque chose.
Si on lui demande qu’est ce que vous voyez, elle répond « rien ».
Mais si c’était une émotion, ce serait de la joie ou de la peur ? La personne répond alors le plus souvent correctement.
Si son attention est attirée  sur ce qu’elle voit sans le savoir, si on lui dit qu’elle peut simplement deviner, se jeter à l’eau, alors elle devient capable de dire avec des mots ce à quoi elle a réagit sans le savoir.
C’est comme si l’attention, dans la vision aveugle faisait émerger l’inconscient à la conscience incomplètement dans un entre deux ou se mêle la conscience et l’incertitude.
[...]

Mais quelle est cette région qui permet de voir et de répondre a ce que l’on ne sait pas qu’on a vu ?

Les influx nerveux qui proviennent de la rétine suivent au moins deux trajets différents en parallèle.
L’un de ces trajets gagne le cortex visuel du cerveau, celui qui est impliqué dans la vision consciente et l’autre gagne une petite région, une région plus ancienne en terme d’évolution du vivant appelée colliculus.
Chez les poissons et les oiseaux, c’est la principale structure du cerveau qui est activée par la rétine. Chez les mammifères et les primates, c’est le cortex visuel qui est principalement impliqué dans la vision.
Mais l’imagerie cérébrale révèle que cette petite région et d’autres régions impliquées dans les émotions, les réponses motrices, les gestes, sont activées au cours la vision aveugle.
Et chez les personnes n’ayant pas de visions cérébrales, cette région est activée plus vite et pour des seuils d’activation plus faible que le cortex visuel. La vision pleinement consciente , celle qu’élabore le cortex visuel, est plus riche mais plus lente et nécessite un évènement visuel plus intense pour se déclencher que la vision aveugle.

 

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Enfin, je vous propose aussi de visionner l’explication donnée sur la chaine de vulgarisation scientifique « E-penser » (j’ai sélectionné le passage, clic sur l’image) sur les capacités de perception des aveugles privés de cortex visuel primaire, où il aborde notamment le rôle du colliculus :

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voie visuelle accessoire

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 Lire aussi : Les différentes voies visuelles



Comment notre cerveau décide-t-il de fuir en cas de menace ?

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colliculus
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Je vous ai déjà parlé du colliculus supérieur, cette zone du cerveau qui est la « centrale » contrôlant la direction des saccades oculaires en fonction de la représentation que nous avons de l’espace environnant (nous avons d’ailleurs vu que le colliculus est impliqué dans le TDA/H).
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Les influx nerveux qui proviennent de la rétine suivent au moins deux trajets différents en parallèle. L’un de ces trajets gagne le cortex visuel du cerveau, celui qui est impliqué dans la vision consciente et l’autre gagne une petite région, une région plus ancienne en terme d’évolution du vivant appelée colliculus. Chez les poissons et les oiseaux, c’est la principale structure du cerveau qui est activées par la rétine. Chez les mammifères et les primates, c’est le cortex visuel qui est principalement impliqué dans la vision.
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Le colliculus supérieur est une structure primaire d’analyse multi-sensorielle, c’est le lieu où se rencontrent les données sensitives de la proprioception des muscles oculomoteurs (information sur la position des globes oculaires dans leur orbite = localisation spatiale visuelle), les données sensorielles de la voie visuelle accessoire (rétine périphérique=perception du mouvement) et du cortex visuel (information visuelle), mais aussi des informations somato-sensorielles (toucher, proprioception) et auditives. Il y a dans le colliculus supérieur des cellules qui réagissent à la localisation spatiale, à l’audition, la vision, la proprioception et les neurophysiologistes ont démontré qu’une information sensorielle est mieux codée si le sujet la localise correctement dans l’espace : si les informations sensorielles sont congruentes, la réponse du neurone est supérieure.
 
J’ai donc trouvé très intéressant cet article de Libération, qui nous montre le rôle essentiel du colliculus dans la décision de prendre la fuite face à une menace (système très archaïque, il s’agit d’assurer la survie):
Lorsque nous sommes face à une situation menaçante, notre premier réflexe est d’évaluer le danger puis de décider ou non de prendre la fuite. Mais comment notre cerveau prend-il cette décision ? Comment arrive-t-il à évaluer le niveau d’une menace ? Une équipe de chercheurs anglais est parvenue à répondre à ces questions. Publiés dans la revue Nature, leurs résultats pourraient être très utiles pour comprendre certains troubles du comportement humain. [...]
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Certaines personnes atteintes de stress post-traumatique ou souffrant de phobie sociale se sentent menacées en toutes circonstances, comme si leur cerveau n’était pas capable d’évaluer si une situation est vraiment dangereuse et de prendre la bonne décision quant à une fuite.[...]

Les chercheurs ont identifié deux régions, situées à la base du cerveau, ayant un rôle crucial dans la décision de prendre la fuite : le colliculus supérieur et la substance grise périaqueducale. Plus précisément, c’est la connexion entre ces deux régions qui va déclencher la fuite.

Explication : un évènement menaçant est capté par l’œil. Les neurones de la rétine transfèrent l’information aux neurones du colliculus supérieur. Ces neurones font alors appel à leur propre mémoire et analysent la situation. [...]

Si la situation est dangereuse, l’activité neuronale dans le colliculus supérieur augmente. Passé un certain seuil d’activité, la connexion avec la substance grise périaqueducale s’établit et le cerveau prend alors la décision de fuir. En revanche, si l’activité n’est pas assez importante dans le colliculus supérieur, la connexion ne se fait pas et il n’y a pas de fuite.

«On peut dire que les neurones du colliculus supérieur prennent la décision et que les neurones de la substance grise périaqueducale l’exécutent», résume Henrique Sequeira, professeur de neurosciences à l’université des sciences et technologies Lille 1.

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L’article dans son intégralité :  Comment notre cerveau décide-t-il de fuir en cas de menace ?

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Je trouve les résultats de cette étude très intéressants et parfaitement en phase avec les travaux du Dr Quercia (notamment avec le symptôme de l’inconfort dans la foule). Un nombre trop important d’erreurs causées par un dysfonctionnement proprioceptif est à l’origine d’une incohérence entre les différentes informations sensorielles qui parviennent au colliculus. Dès lors, celui-ci peut-il analyser sereinement la situation ?

En tout cas, cet article me parle, à moi qui suit dysperceptive dysproprioceptive, à moi qui doit lutter très fréquemment contre ce sentiment d’angoisse inexpliqué : dans la foule, quand il y a ne nombreuses voitures en mouvement autour de moi, face à une situation nouvelle dont je ne maîtrise pas tous les aspects, etc. (Même si je sais le cacher et donner l’illusion que tout va bien ;) )

 




Archives pour la catégorie Neurovision

Proprioception et vision/neurovision, comment ça fonctionne ?

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Proprioception et vision/neurovision, comment ça fonctionne ? dans Le coin du chercheur PhotoGlossaire_2339_10584299

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Ceux qui suivent mon blog depuis le début savent que les difficultés de mon fils ont d’abord été attribuées à des troubles neurovisuels (notamment visio-spatiaux), puis devant l’échec des rééducations neurovisuelles  et autres , à un dysfonctionnement proprioceptif à l’origine de ces mêmes troubles neurovisuels.

Mais comment vision et proprioception sont-elles liées ?

J’ai trouvé très intéressante une étude du Pr JP Roll (CNRS de Neurophysiologie Fonctionnelle et de Neurosciences Intégratives et Cognitives à l’Université de Provence) qui nous éclaire sur ce point :

Extraits :

« Les sensibilités kinesthésiques (ou proprioceptives) ont un rôle fondateur dans toute connaissance et notamment de la représentation du corps au travers des actions qu’il accomplit. Dès lors, parce que les sensibilités proprioceptives sont celles des actions du corps, nous proposerons qu’elles aient un statut particulier parmi nos autres sensibilités. Qu’elle soient considérées comme un sens premier, celui qui donne du sens aux autres sens. […] Les muscles constituent en effet la majeure partie de nos chairs et les masses musculaires sont les tissus de l’action. […] Mais au-delà de leurs fonctions motrices, les muscles sont aussi une chair sensible, un vaste organe des sens distribué dans la totalité du corps. […] Les capteurs dont sont dotés nos muscles sont des mécanorécepteurs dont l’aptitude est de détecter en permanence, et de transmettre au cerveau, des informations sur l’état des muscles qui les contiennent et de leurs changements d’état au cours de l’action.

[…]

« Ce n’est pas l’œil qui voit, c’est le corps comme totalité ouverte »

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Des expériences récentes ont démontré qu’au-delà de sa contribution à la connaissance de soi, la sensibilité des muscles participe à l’exploration de l’environnement grâce aux actions que nous réalisons. Les « actions perceptives » qui orientent et guident nos organes des sens vers leur stimulus, influencent profondément le traitement des messages sensoriels : ainsi le système nerveux central traite-t-il conjointement les informations musculaires nécessairement associées à l’action de voir. Comment pourrions-nous localiser une cible visuelle dans l’espace sans que le système nerveux soit précisément informé du lieu où se trouve le corps et notamment l’œil ? […]

Nous avons présenté une cible ponctuelle immobile sur un écran en face d’un sujet immobile. La vibration* des muscles inférieurs des yeux, la partie antérieure du cou ou même des chevilles, donnent au sujet l’illusion d’un déplacement de la cible vers le haut. Si dans les mêmes conditions on demande au sujet de pointer la cible du doigt, il commet une erreur de localisation. […] Enfin, quand les muscles oculaires externes des yeux sont vibrés simultanément, le sujet a l’impression que la cible se rapproche de lui […]

La rétine est portée par un ensemble de segments corporels mobiles et emboîtés que sont successivement l’œil, la tête, le tronc et les jambes : les signaux proprioceptifs issus de toute la chaîne des muscles mobilisant ces segments, « disent » à tout instant au cerveau quelle est l’attitude ou quels sont les mouvements du corps et lui permettent le calcul de la position absolue de la rétine dans l’espace. L’ensemble des informations issues des muscles, depuis ceux des pieds qui ancrent le corps au sol jusqu’à ceux des yeux ** qui ouvrent le corps sur le monde est indispensable à la connaissance, à chaque instant, de notre position dans l’espace.

 

L’intégralité de l’article : « La proprioception : un sens premier ? »(Résonances Européennes du Rachis – Volume 14 – N° 42 – 2006 pp1731-1736)

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 Notes :

* : Les vibrations des muscles sont des leurres sensoriels capables de générer des messages proprioceptifs proches de ceux évoqués au cours d’un mouvement naturel et qui induisent une sensation illusoire de mouvement.

** : Et là, on comprend l’intérêt du traitement proprioceptif qui agit sur le système musculaire depuis l’œil (prismes) jusqu’aux pieds (semelles) et inversement.

 

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En conclusion, si le cerveau de mon loulou ne connaissait pas précisément l’emplacement de sa rétine dans l’espace, du fait de son dysfonctionnement proprioceptif, il n’est pas étonnant qu’il ne percevait pas toujours correctement la marge, commençait à écrire au milieu de la page, ne percevait pas certaines parties d’un devoir, etc. :

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Alors, pour finir sur une note d’espoir, comme l’a dit le Dr Quercia (Chercheur associé – Unité INSERM U1093 Cognition Action et Plasticité Sensorimotrice) lors d’ une conférence récente :

Il faut remettre au devant du tableau clinique la perception. Le cerveau se nourrit déjà d’informations qu’on peut modifier. Sortons du dogme qui dit « c’est le cerveau dans telle zone qui ne fonctionne pas bien, c’est un mauvais câblage, c’est développemental, on ne peut rien y faire ».  Il faut donc se réapproprier la perception car elle permet la rééducation. » :)

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Impact d’une dysproprioception sur les apprentissages scolaires

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Impact d'une dysproprioception sur les apprentissages scolaires dans Dys 2_skater

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C’est la rentrée et, comme tous les ans, nous avons face à nous une nouvelle équipe pédagogique, les informations du PAI (devenu PAP), suivront ou ne suivront pas. Les professeurs n’en comprendront pas toujours l’intérêt, ni les raisons ; il faudra les rencontrer, tenter d’expliquer, au risque bien souvent de passer pour des parents surprotecteurs (ou des emmerdeurs ;) ).

On peut trouver de plus en plus facilement, sur le Net, des documents à fournir aux professeurs pour expliquer la dyslexie, la dyspraxie, le TDAH, etc. Mais, évidemment, rien sur la dysproprioception.

J’ai donc décidé de m’atteler à cette tâche en ce qui concerne les difficultés de Marc. J’ai souhaité partir du trouble proprioceptif de base, expliquer son impact sur le cerveau, ses conséquences sur les apprentissages et les mettre en rapport avec les adaptations pédagogiques préconisées pour Marc. J’ai tenté de réaliser un document qui soit à la fois le plus proche de sa réalité médico-scolaire, mais aussi facilement compréhensible par une personne n’ayant jamais entendu parler de proprioception. Du coup je suis forcément réductrice, le sujet est tellement vaste  et je ne me vois pas aborder les interférences entre l’appareil manducateur et les yeux ou encore entre la vision et l’audition… Je n’y aborde pas,  non plus, le deuxième « effet Kys cool » du SDP ,  à savoir son impact sur la posture ou sur la santé en générale :( , il y a déjà bien à faire avec les difficultés scolaires !

En conclusion, je partage avec vous mes fichiers Pdf et WORD, afin qu’ils puissent servir à d’autres enfants. Il faudra bien évidemment adapter ce courrier aux difficultés et aménagements propres à chacun.

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Fichier PDF :  Lettre rentrée (Marc)

Fichier WORD (à compléter) : Lettre rentrée

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Note 1 : Par « chance », mon loulou a développé les symptômes les plus facilement attribuables à un dysfonctionnement proprioceptif : troubles neurovisuels et sensorimoteurs. Chez lui, les troubles perceptifs auditifs sont les moins marqués et je ne les ai pas évoqués dans mon document. Néanmoins, on peut comprendre que si le cerveau a besoin de localiser correctement la source de l’information visuelle pour la traiter correctement, il en est de même pour l’information auditive.  S’il n’arrive pas à traiter de manière adéquate l’information auditive et si, de plus, l’information perceptive visuelle est défaillante, on imagine bien qu’il va être difficile à l’enfant d’associer graphènes et phonèmes et d’entrer dans la lecture …

Enfin, ce qui me paraît primordial de comprendre en premier lieu avec la proprioception, c’est que le cerveau ne peut fonctionner au maximum de ses capacités que si les informations venant de ses sens, et notamment de la proprioception, se recoupent. Sinon, le cerveau sera perpétuellement en état de vigilance, de « stress », pour vérifier les informations et assurer la survie : ne pas tomber, ne pas se cogner, etc…

L’exemple, le plus simple, pour décrire cet état est celui du lecteur assis près d’une fenêtre dans un train à l’arrêt. Le train est à l’arrêt ; les pieds, l’oreille interne et les yeux envoient l’information que le corps ne bouge pas, le lecteur peut se concentrer sur son livre. Tout à coup, le train sur la voie d’à côté se met lentement en mouvement ; la vision périphérique du voyageur (information proprioceptive) a capté le mouvement de manière inconsciente et envoie ce signal au cerveau, alors que les pieds et l’oreille interne continuent d’envoyer le signal de l’immobilité du corps. Le cerveau ne comprend plus la situation et  le lecteur va se sentir obligé de quitter son livre pour vérifier la véracité de ses informations.

Et bien, le cerveau d’un enfant souffrant d’un dysfonctionnement proprioceptif sera dans cet état de vigilance, en permanence. Dans ces conditions, comment le cerveau peut-il se concentrer sur des choses aussi dérisoires et aussi peu utiles à la survie que ce qu’essaie d’enseigner le professeur ?

Note 2 : image issue du site dysproprioception.

Petits exercices visuels

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Petits exercices visuels dans Dominos/jeux vacances

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Pendant les vacances, afin de continuer à entraîner « en douceur » le regard de mon fils, tout en restant dans le domaine ludique, je lui propose des activités trouvées sur Internet : exercices de discrimination visuelle, quadrillages, labyrinthes, etc …

 

1 ) Sur le site d’Orphée école,  il y a des fiches très intéressantes pour faire travailler le regard.

 

Dans ses blasons d’autonomie du cycle III, des exercices de « cache-cache »:

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blasons3-560x375 activité de vacances dans Neurovision

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et des Tangram

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Sur le même site une autre série de reproductions sur quadrillage autour des mangas (cliquez sur l’image) :

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quadrillage Neurovision

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Et voici quelques exercices réalisés par mon fils :

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labyrinthe-300x200 reproduction sur quadrillage

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cache-cache-300x207

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2) Sur le site chez Lou Jo, une autre série de 48 « Cache-cache » :

(mon fils adore ça, alors je partage)

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http://desyeuxdansledos.fr/cache-cache-pour-lautonomie/

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3) Chez Dix mois des fiches « Oeil de lynx » (cycle I ou II) :

Essayez de demander à votre enfant d’adopter une stratégie linéaire, de gauche à droite, pour entrainer son regard au geste de la lecture (comme en rééducation).

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4) Chez La classe de Delphine, des jeux des 7 différences avec plusieurs niveaux de difficulté :

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Sur le même principe, pour les plus jeunes, chez la mater de Flo, des jeux de 3 et 5 différences

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5) Une super idée trouvée sur le blog « De deux choses l’une » (cliquez ici et ici): un jeu où il faut trouver 7 détails dans des tableaux.

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6) Sur le site A l’encre violette, des reproductions sur quadrillage avec quatre niveaux de difficultés (cliquez sur l’image) :

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7) Sur le site ParticiPassions, des labyrinthes, tangrams, exercices de discrimination visuelle, etc (pour les plus jeunes):

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http://www.participassions.org/

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8) Sur le site de L’école de Julie, des repérages sur quadrillage pour les plus jeunes, des exercices de tracé à la règle , tableaux à double entrée, tangrams :

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http://www.ecoledejulie.fr/reperage-sur-quadrillage-a4942931

http://www.ecoledejulie.fr/trace-a-la-regle-a4655426

http://www.ecoledejulie.fr/tableaux-a-double-entree-a4678003

http://www.ecoledejulie.fr/tangram-a4617284

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9) Sur le site de l’académie de Nancy, des frises :

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http://www.ac-nancy-metz.fr/ia88/ienvittel/site2/ressources/docs/Frises.pdf

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10) Sur le site de Cenicienta, d’autres frises :

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http://www.cenicienta.fr/cm-mathematiques-frises-geometriques-a49021234

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11) Chez Mysticlolly, un jeu de bataille navale pour  travailler le repérage dans un quadrillage (cliquez sur l’image):

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Un autre jeu de bataille navale est disponible : là.

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12) Chez Mitsouko, un jeu de reproduction de figures avec des allumettes (cliquez sur l’image) :

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13) Chez Madame Dubois, un  jeu d’observation et de déduction :

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14) Chez Rapido-Presco, un sudoku de l’espace  (observation et repérage spatial) :

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15) Sur un site russe, un sudoku avec des couleurs (toujours observation et repérage spatial) :

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16) Chez « Le petit prince a dit » un jeu très intéressant , un peu plus difficile que les précédents, de logique à travailler dans un quadrillage (très bon pour le repérage spatial)  :

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et un autre jeu d’observation style Doodle :

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17) Chez Orphé école cycle2, des jeux de carrés bicolores (jeu à la fois visuel et constructif) :

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18) Des labyrinthes avec plusieurs niveaux de difficultés (cliquez sur l’image) :

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19) Cherche et trouve chez Camille :

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20) L’Ecole de crevette propose des cahiers de vacances multi activités, avec des jeux des 7 erreurs, des repérages sur quadrillage, des « cache-cache », etc :

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21) Chez  Validées on trouve d’autres reproductions sur quadrillage :

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22) Eowin nous propose de travailler la coordination oeil-main avec des activités de poinçonnage :

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23) Les livres de la collection « Où est Charlie ? » :

Là  encore, on peut demander à l’enfant d’adopter une stratégie du regard proche de la lecture en balayant l’image de gauche à droite et en s’aidant d’une feuille de papier que l’on descend progressivement (travail réalisé en ergothérapie par mon loulou). On peut aussi demander à l’enfant de représenter sur une feuille de papier l’emplacement des personnages trouvés pour vérifier sa bonne perception de l’espace sur la page ( exercice qui a aussi été réalisé en ergothérapie) :

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24) Et bien sûr, le jeu du Lynx  (avec lequel mon fils a parfois travaillé en orthoptie) :

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Dyslexie et nouvelles approches thérapeutiques

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Voici une émission suisse très intéressante, consacrée à la dyslexie, qui aborde les nouvelles approches thérapeutiques parmi lesquelles la rééducation des saccades oculaires avec le port de lunettes à prismes. On y voit sans doute possible le travail d’un ophtalmoposturologue :)   . De la minute 20’30 à 25′ (Clic sur l’image) :

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Dyslexie et prismes

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A noter que le Dictionnaire visio-sémantique de Martine  Jiménez, dont il est question dans le reportage, est disponible sur le site GRe 10 et son « petit frère » GRe10mj (clic sur les images) :

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Orthographe illustrée dans Images mentales allumer

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écolier

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Vision, regulation posturale et double tâche chez les enfants dyslexiques

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vision double tâche

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Voici un diaporama très intéressant  qui fait un point sur l’état de la recherche concernant :  « Vision, régulation posturale et double tâche chez les enfants dyslexiques » par Maria Pia Bucci (Chargée de recherche, UMR1141, INSERM Paris Diderot Hôpital Robert Debré) . On peut noter que l’hypothèse proprioceptive s’inscrit sans aucun problème dans ce tableau …

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Voir aussi cet article sur les travaux de M.P. Bucci : Nouvelle étude : problèmes de mouvements oculaires chez les enfants dyslexiques

 

 

 

TUTORIEL : pupitre incliné à 30°+ pot à crayons

 

 

pupritre

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pot à crayon

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Anne,  maman de Sébastien qui débute un traitement proprioceptif, lui a fabriqué elle-même le pupitre incliné à 30° nécessaire à cette rééducation. Elle a la gentillesse de  partager son tutoriel pour réaliser ce pupitre peu coûteux, pratique, léger et pliable (idéal pour l’école). Il est indispensable pour tout enfant suivant cette rééducation, mais peut plus largement être utilisé par tous les enfants ayant des troubles neurovisuels, une dyspraxie visio-spatiale, dyslexie, etc.

Dans notre cas, Marc disposait déjà d’un pupitre en classe et à la maison deux ans avant de commencer sa rééducation proprioceptive, sur les recommandations de son orthoptiste qui s’insurgeait contre la mode actuelle des bureaux plats à l’école, alors qu’autrefois on utilisait déjà des pupitres inclinés… (à quand leur retour à l’école pour favoriser une bonne posture et améliorer la lecture ???)

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TUTORIEL : pupitre incliné à 30°+ pot à crayons dans Neurovision musee-e-0103152

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Voici donc le Tutoriel du pupitre incliné à 30° et du pot à crayons clipsable:

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fichier pdf TUTORIEL pupitre

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fichier pdf Le pot à crayons de Sébastien

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Note 1 : Vous pouvez retrouver les productions d’Anne sur son site : Chiffons et gourmandises de Cobaltine

Note 2 : Pour les bricoleurs, le site « Dys moi tout » propose aussi un plan pour réaliser un pupitre en contreplaqué (plutôt pour la maison) :.

Note 3 : Voir aussi cet article qui montre l’importance d’un bon angle de lecture : Surface de travail avec un angle de 20 degrés

De nombreuses années après les études de Harmon, les Dr Pierce et Greenspan ont également étudié la relation entre la posture et la vision. Une fois de plus, ils ont montré qu’il existe une relation de travail entre la posture, la distance de travail et la surface de travail. Leur recherche a prouvé qu’il y a une meilleure performance d’apprentissage lorsque les conditions appropriées sont établies pour les activités visuelles telles que la lecture et l’écriture.

Leurs études montrent que lorsque le travail de près se fait sur une surface de travail inclinée, avec un angle entre 20 et 23 degrés, à la distance de Harmon, l’enfant montre une fréquence cardiaque réduite, une diminution des tensions du cou, des muscles et de l’ensemble du corps ainsi qu’un mode de respiration plus régulier et plus profond. Une surface inclinée oblige le corps à s’asseoir dans une posture plus droite.

Troubles neurovisuels : Comment l’aider ?

Voici un article intéressant sur les troubles neurovisuels sur le site Hop’Toys :

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Troubles neurovisuels : Késako ?

Un trouble neurovisuel est un trouble visuel d’origine cérébrale, c’est à dire non lié à une lésion de l’œil. Lorsque l’on recherche d’éventuels troubles neurovisuels on ne s’intéresse donc pas à l’œil qui est la « caméra » du système visuel, mais à la façon dont le cerveau traite les informations qui lui sont envoyées par l’œil (Chokron & Marendaz, 2005). Ces troubles entraînent des déficiences au niveau des mouvements oculaires qui sont appris par l’enfant dès la naissance. Lire la suite : là.

Première Victoire !

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Première Victoire ! dans Collège 6° victoire2__ktj1pd

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En écoutant ce reportage, j’ai revécu certains moments difficiles de notre parcours : l’incompréhension face aux difficultés de notre fils, les larmes qu’il versait parfois à la sortie de l’école, les colères violentes qu’il faisait au moment des devoirs, la « maltraitance » psychologique d’un enseignant particulièrement élitiste, le harcèlement de certains enfants, l’errance diagnostique… Par bonheur, j’ai compris assez tôt que quelque chose clochait et j’ai tourné le dos aux psychologues qui me disaient que notre école était trop exigeante, que mon enfant était immature, que je le couvais trop, que je devais le laisser affronter ses difficultés, etc. J’ai cherché et j’ai trouvé des professionnels pour nous aider et des adaptations pédagogiques pour éviter à mon fils de prendre trop de retard. Nous avons aussi su changer d’école au moment où nous avons senti que notre fils s’enlisait dans ses difficultés scolaires et relationnelles. Alors je suis fière de partager  aujourd’hui ce beau bulletin, avec une moyenne générale de 14,05/20, qui est une première très belle victoire de mon fils et de toute une équipe autour de lui  (à noter que mon fils n’a eu en ce début d’année aucun autre aménagement que l’usage de son ordinateur pour écrire et son logiciel de géométrie):

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 Bulletin Premier Trimestre 6°

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Sa moyenne de 15,9 en maths, difficilement imaginable il y a quelques années, est liée à l’amélioration de sa perception visuelle qui diminue sa fatigabilité, à sa rééducation en logico math et  à l’usage de l’ordinateur notamment en géométrie.

Sa moyenne de 14,4 en anglais est directement liée aux méthodes visuelles et sensorielles dont je vous ai parlé sur ce blog .

Ses moyennes situées entre 13 et 14 en Hist/Géo et SVT pourront encore progresser quand Marc s’améliorera dans l’analyse de document et la rédaction de réponses.

Petit bémol, la moyenne de 9.8 en français et surtout le commentaire de son prof sur son « travail superficiel ». Nous allons bien sûr prendre rendez-vous avec mon mari pour lui expliquer plus clairement en quoi consiste le « travail superficiel » de Marc à la maison. ..

Quant au commentaire du prof d’Arts Plastiques, il est un peu surprenant au vu des résultats et des difficultés de Marc, mais bon, ça ne mérite pas de se battre pour ça…

Cette première victoire, c’est d’abord celle de Marc qui se bat comme un lion depuis plusieurs années pour « se débarrasser de son problème », c’est aussi la mienne et celle du temps que je consacre à trouver des solutions pour l’aider. C’est aussi celle de son papa qui s’occupait des adaptations pour l’école l’année dernière et a pris maintenant en charge les relations avec les enseignants pour m’aider, un papa étant moins souvent « accusé » de surprotéger son enfant. C’est aussi celle d’un groupe de profs qui a accepté de jouer le jeu du passage à l’ordinateur. C’est enfin celle de toute une équipe médicale et paramédicale qui s’est constituée autour de Marc et à laquelle je voudrais rendre hommage  :

Il y a d’abord le Dr Quercia dont le traitement proprioceptif a donné un véritable coup d’accélérateur aux progrès de Marc en améliorant de façon très nette ses capacités de concentration et de mémorisation. Comme il le dit : « Le traitement met l’enfant sur les rails, les rééducations le poussent ».

Il y a ensuite Julie, l’ergothérapeute de Marc, qui l’a formé à la frappe en clavier caché, à l’utilisation de ses outils informatiques et son logiciel de géométrie. Ce passage à l’ordinateur bien préparé et réussi a été un élément déterminant pour l’entrée en 6°  de Marc.

Il y a ensuite Sophie, son orthophoniste, qui a rééduqué son raisonnement logico-mathématique et travaillé sur sa méthodologie. Sans oublier sa première orthophoniste qui avait travaillé avec lui sur sa conscience phonologique.

Il y a ensuite Micheline, sa kinésithérapeute, qui travaille avec lui sur ses troubles vestibulaires et proprioceptifs.

Il y avait eu aussi auparavant ses deux orthoptistes, l’ une « classique » et l’autre « neurovisuelle ». La première ayant très rapidement soupçonné un SDP face à l’intensité des troubles de Marc et la faible tenue de ses rééducations.

Enfin, je n’oublierai pas deux acteurs indispensables du traitement : son podologue (il n’est qu’à voir le récent retour en arrière de MARC quand ses pieds ont grandi et que ses semelles n’étaient plus bonnes pour se persuader de l’intérêt de celles-ci) et enfin son opticien, maillon essentiel de l’équipe, qui assure régulièrement le réglage des lunettes de Marc et prend toujours le temps de l’encourager et de s’informer de ses progrès.

Aujourd’hui Marc est un enfant épanoui, qui a repris confiance en lui, retrouvé le chemin de la réussite, qui prend plaisir à aller au collège et trouve que le temps y passe vite, qui sort toujours de celui-ci le sourire aux lèvres en compagnie de toute une bande de copains.

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Alors un grand merci à tous !

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En conclusion, nous avons remporté une bataille, mais nous n’avons pas gagné la guerre. Il nous faut rester vigilants car le SDP n’est pas encore vaincu et demeure là, sournois, prêt à reprendre ses droits au moindre relâchement …

 

 

 

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