Journées des Dys de PLURADYS 2021

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Sensoridys était présente aux journées des Dys organisées par Pluradys.

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  • A Besançon, le samedi 16 octobre, j’étais présente pour tenir le stand de Sensoridys dans la très belle et chaleureuse salle Nelson Mandela à Planoise.

Des échanges très intéressants avec des familles, des professionnels de santé et des élus ont eu lieu durant ces manifestations.

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Merci à Pluradys pour son invitation !



« La proprioception dans les troubles spécifiques des apprentissages » Dr Luc Virlet

L’association Sensoridys a le plaisir d’organiser son premier mois des Dys en visioconférences et vous propose d’assister à la présentation du Dr Luc-Marie Virlet, médecin généraliste, PhD student, SCALAB-UMR, CNRS 9193, Action, Vision et Apprentissages.

Jeudi 14 octobre à 20H via Zoom.

Il nous parlera de « La proprioception dans les troubles spécifiques des apprentissages » et nous présentera les résultats de son étude comparative randomisée de la prise en charge de la dyslexie : Proprioceptive et Orthophonique versus Orthophonique, comprenant une évaluation de celles-ci par mesures oculométriques. Résultats qui ont été présentés à l’ International Congress of Psychology (ICP 2020+), le 23 juillet 2021 à Prague.

Pensée dans un esprit de vulgarisation scientifique, cette conférence est ouverte à tous.

Evénement gratuit, nombre de places limité.

S’inscrire sur Hello Asso en suivant le lien :




Le Mois des Dys en Visio

C’est avec beaucoup de plaisir que Sensoridys vous invite à son premier « Mois des DYS » avec les interventions de deux médecins/chercheurs reconnus dans l’univers de la recherche sur la dysfonction proprioceptive et les troubles des apprentissages : les Drs Patrick Quercia et Luc-Marie Virlet.

Afin de proposer des pistes de réflexion aux familles concernant l’aide aux devoirs de leurs enfants dys, je ferai une petite présentation sur le thème « Apprendre autrement à la maison », fruit de plusieurs années d’accompagnement d’un enfant Dys (voir notre blog consacré au sujet :).

Comme nos 205 adhérents actuels sont situés partout en France, et même à l’étranger, la visioconférence est aujourd’hui notre plus efficace moyen de les toucher. Notre abonnement à zoom limitant le nombre de participants, ces visioconférences sont réservées à nos adhérents.

Ces interventions seront enregistrées et mises à dispositions de nos adhérents par la suite, pour ceux ne pouvant être disponibles aux horaires proposés.

L’adhésion à notre association se fait via notre site Internet : là.

Programme de notre Mois des Dys en Visio :

Le Mois des Dys en Visio dans Dys

Les Interviews de Sensoridys

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vidéo 2

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Afin d’aider les familles à soutenir leurs enfants durant le traitement proprioceptif, je me suis rendue à Beaune pour interviewer le Dr Patrick Quercia (Chercheur associé – Unité INSERM U1093 Cognition Action et Plasticité Sensorimotrice) .

Je lui ai soumis un certain nombre de questions que se posent les enfants et il a accepté d’y répondre.

Pour commencer, il a répondu à quatre questions générales sur la proprioception :

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  1. Qu’est-ce que la proprioception ? https://vimeo.com/426778900
  2. A quoi sert la proprioception ? https://vimeo.com/426778595
  3. Comment peut-on agir sur la proprioception ? https://vimeo.com/426778744
  4. Que ce passe-t-il lors que la proprioception dysfonctionne ? https://vimeo.com/426779168

 

Ensuite, il a répondu à un certain nombre de questions portant sur le traitement proprioceptif :

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1.       A quoi servent les prismes ? Pourquoi dois-je les porter en dehors de l’école, alors que je ne vois pas différemment avec et sans mes lunettes ? https://vimeo.com/426904462

 

2.       A quoi servent les semelles ? En vacances, à la maison, l’été quand il fait chaud, puis-je marcher pied-nu et sinon pourquoi ? https://vimeo.com/426904652

 

3.       Quel est le lien entre les semelles et les lunettes ? https://vimeo.com/426904781

 

4.       A quoi servent le pupitre et le repose-pieds à l’école ? https://vimeo.com/426904885

 

5.       Pourquoi faire les exercices respiratoires et puis-je les faire les yeux fermés ? A quoi sert la position pour s’endormir ? Quels sont les conséquences si je ne les fais pas ?   https://vimeo.com/426905081

 

6.       Pourquoi certains enfants ont-ils des alphs et d’autres non ? Est-ce que tous les enfants doivent avoir des prismes et faire les exercices respiratoires ? https://vimeo.com/426905429

 

7.       Pourquoi, au cours du traitement, y-a-t’il des périodes avec plus ou moins de progrès ? https://vimeo.com/426905545

 

8.       Combien de temps dure le traitement ? Quand sait-on que le traitement va prendre fin ?  https://vimeo.com/426905657

 

Enfin, il a répondu à quelques questions portant sur la dysfonction proprioceptive :

1.       Pourquoi mon dos est-il de travers ?

2.       Pourquoi avons-nous ce problème de dysproprioception ? Où sommes-nous mal programmés ?

3.       Quel est le lien entre ma dysproprioception et l’écriture et la lecture ?

4.       Pourquoi ai-je du mal à prendre conscience de mon corps ?

5.       Pourquoi est-ce que j’ai du mal à me repérer dans l’espace ?

6.       Pourquoi certains jours tout va bien et, d’autres jours, je me sens moins bien et les choses deviennent plus compliquées ?

7.       Pourquoi, avant le traitement, c’était difficile pour moi d’avoir des relations avec les autres ?

8.       Pourquoi ai-je du mal à me situer dans le temps ?

9.       Pourquoi ai-je aussi des difficultés en dehors de l’école : fatigue, énervement, difficulté à supporter le bruit, la foule ?

10.   Comment expliquer aux autres la raison pour laquelle j’ai un traitement ?

11.   Est-ce que j’aurai toujours des difficultés ? 
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La réponse à chaque question a fait l’objet d’une petite vidéo. Sensoridys met à la disposition du public trois vidéos, l’une sur les prismes, l’autre expliquant la relation entre  dysproprioception et lecture/écriture, où l’on peut observer l’effet des prismes grâce à une mesure de eye tracking, et la dernière expliquant l’intérêt des exercices respiratoires.

Les autres vidéos seront mises à disposition des seuls adhérents de Sensoridys, à jour de leur cotisation. Ils recevront par mail un lien et un mot de passe pour y accéder.

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Flyer : Scolarité et Dysfonction Proprioceptive

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L’association Sensoridys, Association de Patients souffrant d’une Dysfonction Proprioceptive propose à ses adhérents, uniquement,  le dépliant : « Scolarité et Dysfonction Proprioceptive ». Elle espère qu’il facilitera le dialogue avec les enseignants et les professionnels qui suivent leur enfant. Il est le reflet du travail de SensoriDys, sa reproduction est donc interdite.

 

Pour en savoir plus, c’est :   .

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Proprioception et Troubles des Apprentissages

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Proprioception et Troubles des Apprentissages dans Dys 2_skater

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Nous connaissons tous nos cinq sens: l’ouïe, l’odorat, le toucher, la vision et le goût. Or, il en existe un autre que nous utilisons constamment, il nous est si naturel que nous n’avons même pas conscience de son existence : la proprioception.

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I. Qu’est-ce que la proprioception ?

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La proprioception est notre capacité à nous percevoir nous-même sans avoir recours à la vision. C’est le sens qui  permet de renseigner notre cerveau sur la position de nos différents segments corporels entre eux, de connaître à tout moment la position de notre corps dans l’espace environnant et qui lui montre comment se mouvoir. Elle se compare à un GPS qui s’appuie sur un système de référence, semblable à une carte de notre corps en 3 dimensions,  nommé schéma corporel (représentation que chacun se fait de son propre corps, sa forme, son volume).

Elle fonctionne avec des millions de petits capteurs sensoriels situés dans tous nos muscles (notamment les muscles oculomoteurs), dans la peau (notamment celle de la plante des pieds qui est très riche en capteurs de pression de différents types), les tendons, les ligaments et les articulations (notamment ceux de l’appareil manducateur). Ils adressent en permanence des signaux qui transitent par nos nerfs sensitifs vers notre moelle épinière, puis vers le cervelet et le cerveau qui les analyse et, selon les besoins de la situation, réagit en contractant ou en relâchant certains muscles.

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capteurs-propriocetifs dys dans Proprioception

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In-utéro, le fœtus est contenu en flexion dans l’utérus maternel, ce qui lui permet d’éprouver sa musculature, sa sensation profonde ligamentaire et tendineuse, ce qu’on appelle la proprioception, au cours de mouvements vifs d’extension et d’enroulement. Le cerveau commence à prendre tout doucement le contrôle des mouvements.

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La proprioception joue ensuite un rôle majeur dans l’élaboration du schéma corporel qui  se construit très progressivement durant l’enfance. Et comment les petits enfants développent-ils leur système proprioceptif ? C’est très simple : en bougeant ! La proprioception se code dans le mouvement, voilà pourquoi il est essentiel de les laisser faire et même de les encourager à bouger. L’enfant reconnaît petit à petit les différentes parties de son corps et du corps de l’autre et vers 3 ans, il peut se représenter de manière grossière dans le dessin d’un bonhomme. Normalement, le schéma corporel ne se trouve achevé que vers 11-12 ans. Par la suite, il est constamment mis à jour en fonction de ce que nous faisons et de ce que nous subissons, comme une blessure, un changement de poids, une poussée de croissance à l’adolescence, etc. En effet, la proprioception est un sens qui a la particularité de faire appel à la plasticité du cerveau, sa capacité d’adaptation aux changements.  
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Chez le bébé, l’apprentissage moteur nécessite, au départ, le secours de la vue pour organiser les mouvements et les contrôler ;  puis au fur et à mesure que l’apprentissage progresse ceux-ci vont passer dans l’automatisme. Tous ces mouvements automatiques se construisent petit à petit, l’enfant n’a plus besoin de la vue pour bouger, il se base sur ses habitudes motrices, ses automatismes inscrits : « l’automatisme, c’est le proprioceptif » (Pr Jacques Paillard, CNRS). La proprioception est donc à l’origine des qualités de coordination et d’adresse. Ces deux qualités fondent les habiletés motrices. Une bonne proprioception nous est indispensable pour le maintien de nos postures, lors de nos déplacements, ainsi que pour assurer la coordination de nos mouvements. Elle nous permet d’écrire lisiblement, de marcher en ligne droite, de danser en suivant le rythme de la musique, d’être performant lors d’une activité physique, de jouer d’un instrument de musique, etc.

 

Enfin, la proprioception joue un rôle fondamental dans la manière dont notre cerveau gère les informations venant de nos autres sens. Le Pr JP Roll (CNRS) considère la proprioception comme « le  sens premier, celui qui donne du sens aux autres sens » :

 

 « Comment pourrions-nous localiser une cible visuelle dans l’espace sans que le système nerveux soit précisément informé du lieu où se trouve le corps et notamment l’œil ? »  

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En effet, la proprioception ne fonctionne pas indépendamment, mais en connexion avec les autres organes des sens et influence fortement leur travail en donnant constamment au cerveau l’indication de leur place respective dans le corps. Nos oreilles ne sont pas orientables, pour écouter en direction d’un son nous devons tourner la tête. Nous é-cou-tons donc grâce aux muscles du cou et leurs capteurs proprioceptifs informent le cerveau de l’orientation de notre tête. De la même manière, le cerveau est informé de la direction de notre regard par le biais des muscles du cou, mais aussi grâce aux muscles oculomoteurs qui le renseignent sur la position des globes oculaires dans leur orbite. La proprioception permet de localiser les informations visuelles et auditives et joue ainsi un rôle important dans la manière dont le cerveau va traiter ces informations.

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Le capteur oculaire

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II. Dysproprioception et troubles des apprentissages

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Quand ce sens dysfonctionne, pour des raisons encore inconnues, sauf dans le cas du Syndrome d’Ehlers Danlos, on trouve des atteintes, à des degrés divers, dans trois domaines où intervient la proprioception :

-Des troubles posturaux :

Quand la proprioception est mal réglée, le tonus musculaire est asymétrique et progressivement la posture  se  dégrade. L’enfant se tient de travers alors que sa proprioception lui fait croire qu’il est droit, ceci engendre des tensions musculaires douloureuses et une attitude scoliotique. Ce sont d’ailleurs ces anomalies de la posture qui ont amené le Dr Henrique Martins de Cunhà, médecin portugais, à décrire le « syndrome de déficience posturale » dans les années 80.

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attitude scoliotique

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-Des troubles de la localisation spatiale :

Ils sont à l’origine de maladresses, de sensations vertigineuses, de difficultés pour attraper un objet du premier coup, d’une sensation d’inconfort dans la foule, du mal des transports, etc. S’y ajoute une mauvaise localisation des mots à lire car les saccades oculaires n’amènent pas le regard où il doit se poser pour permettre le « décodage » du mot.

-Des anomalies perceptives (aboutissant à des troubles cognitifs) :

Les informations provenant des différents organes des sens tels que la vue, l’ouïe, le système vestibulaire et la proprioception doivent être organisées de façon synchrone et être cohérentes avec les données de l’environnement immédiat, pour permettre au cerveau de les traiter correctement et de fonctionner au maximum de ses capacités. Sinon, il est perpétuellement en état de vigilance, de « stress », pour vérifier les informations et assurer la survie : bien situer le danger, ne pas tomber, ne pas se cogner, etc. Un exemple simple pour décrire cet état est celui du lecteur assis près d’une fenêtre dans un train à l’arrêt. Le train est immobile, les pieds, l’oreille interne, les muscles et les yeux envoient l’information que le corps ne bouge pas, le lecteur peut se concentrer sur son livre. Soudain, le train sur la voie d’à côté se met lentement en mouvement ; la vision périphérique du voyageur (système magnocellulaire sensible aux variations de mouvements = système proprioceptif) a capté le mouvement de manière inconsciente et envoie ce signal au cerveau, alors que les pieds, les muscles et l’oreille interne continuent d’envoyer le signal de l’immobilité du corps. Le cerveau ne comprend plus la situation et  le lecteur va se sentir obligé de quitter son livre pour vérifier la véracité de ces informations. Quand  il a compris la situation, il va beaucoup mieux et peut reprendre le fil de son histoire.

Le cerveau d’un enfant souffrant d’un dysfonctionnement proprioceptif est dans cet état de vigilance, en permanence. Si la proprioception des muscles de son cou lui indique que sa tête est bien droite, alors que son oreille interne l’informe de l’inclinaison de celle-ci, il y a un conflit sensoriel que le cerveau doit résoudre. Même chose si la proprioception de son cou lui indique que la source d’un bruit est à droite, mais que celle de ses yeux le situe face à lui, etc. Chez cet enfant, un nombre trop important d’erreurs causées par un trouble de la proprioception est à l’origine d’une incohérence entre les différentes informations sensorielles. Un esprit stressé fonctionne en mode de survie. Dans ce mode de survie, un enfant ne peut pas accéder à ses centres supérieurs de l’apprentissage, et, par conséquent, de nouvelles synapses et des connexions neuronales ne se font pas facilement.

Par ailleurs, notre cerveau est « bombardé » d’informations sensorielles en permanence : ouïe, vue, toucher, odorat, proprioception, douleur, chaleur, etc. Il ne peut toutes les traiter et seules arrivent à notre conscience celles qui sont utiles à ses objectifs. Il génère des prédictions sur le monde extérieur et sélectionne les informations sensorielles qu’il va utiliser, en fonction de ses expériences passées et de ses buts (Pr Alain Berthoz). En cas de dysproprioception, le cerveau situe mal  les sources de ses stimuli sensoriels dans l’espace et va éliminer des informations qui lui sont pourtant utiles. Des suppressions temporaires et aléatoires d’informations visuelles apparaissent alors dans certaines positions du regard (signe d’une incohérence entre l’information proprioceptive et l’information visuelle), mais aussi dans le bruit  (signe d’une incohérence entre l’information proprioceptive, visuelle et auditive). Ces petites pertes visuelles sont absolument inconscientes, l’enfant ne sait pas qu’il ne voit pas correctement, ne se rend pas compte qu’il a des « petites zones aveugles » aléatoirement placées *. Ce qui va être très invalidant pour un élève qui rentre dans la lecture et chez lequel la mémoire lexicale est peu riche, il ne peut pas « deviner » le mot en n’en voyant qu’une partie comme saurait le faire un adulte.

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Selon le Dr Quercia (Ophtalmologiste, chercheur associé INSERM ), qui étudie l’impact d’une dysfonction de ce sens sur les apprentissages :

«  les informations auditives et visuelles sont mal utilisées par le cerveau et aboutissent à des troubles des apprentissages de type dyslexique ou dyspraxique, mais peut-être aussi de type dysphasique. La mauvaise localisation proprioceptive (de la main et des doigts), le mauvais contrôle de la motricité fine et la mauvaise localisation visuelle du tracé aboutissent à une dysgraphie.[...] La proprioception oculaire est portée par le nerf trijumeau qui véhicule aussi les informations provenant de la langue et des muqueuses de la bouche. Ainsi, lorsque la proprioception oculaire est anormale, le patient pourra avoir des signes particuliers au niveau de la bouche : malocclusion (le plus souvent les incisives supérieures en avant) avec mâchoire trop étroite, déglutition infantile, respiration buccale… Le plus ennuyeux est la présence d’hypopnées nocturnes liées en grande partie à un trouble du tonus de la langue et des muscles du pharynx. L’enfant a des nuits agitées, il est alors constamment fatigué et les enseignants constatent des troubles de la concentration. Au trouble dys va s’ajouter un trouble de Déficit de l’Attention (TDA) avec parfois Hyperactivité (TDAH)».

Il est beaucoup plus facile pour le cerveau de maintenir le corps en équilibre, dans le mouvement. De plus, il doit savoir où est le corps en permanence et s’il ne peut pas localiser les différentes parties du corps quand l’enfant est au repos, alors celui-ci devra activement déplacer ses muscles pour que l’esprit se “sente connecté” avec le corps. Malheureusement, un enfant qui remue en permanence sera fréquemment considéré par son entourage et ses enseignants comme « hyperactif ».

 

L’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages s’inscrit donc parfaitement dans la « constellation » des dys décrite par Michel Habib (Neurologue), même si la relation entre proprioception et troubles « dys » est encore fortement niée par le monde médical, largement dominé par l’hypothèse de leur origine neurologique.

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Syndrome+hyperkin%C3%A9tique%2F+Syndrome+h%C3%A9misph.+droit proprioception dans SED

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III. Traiter la dysproprioception

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(Note : Le traitement  proprioceptif des troubles des apprentissages est une thérapie émergente, en cours de validation scientifique.)

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maddox-poxtural-300x219 SDP/dysproprioception dans TDA/H

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En modifiant expérimentalement la proprioception par l’utilisation de vibrations à haute fréquence et faible amplitude, les chercheurs ont pu mettre en évidence l’existence de véritables chaînes proprioceptives agissant ensembles pour donner une information spatiale ou modifier la posture.Ces chaînes proprioceptives partent des yeux et vont jusqu’aux pieds, le traitement proprioceptif vise à rétablir un fonctionnement harmonieux de cette chaîne proprioceptive.

Pour mettre en évidence une dysproprioception, le médecin posturologue  réalise un bilan proprioceptif qui doit montrer des atteintes dans les trois domaines où intervient la proprioception. Son travail consiste ensuite en une longue « reprogrammation » de ce sens,  en s’appuyant sur la plasticité cérébrale et en agissant sur différents capteurs à l’aide de leurres sensoriels, de manière à donner au cerveau de nouvelles et bonnes informations proprioceptives.

Il agit pour cela :

- sur les capteurs des muscles oculaires pour une remise en tension de ces muscles par le port permanent de prismes dans des lunettes. Ceux-ci dévient très légèrement la lumière arrivant sur la rétine et modifient la perception de l’espace visuel, notamment en périphérie. Ils provoquent immédiatement une modification posturale en agissant principalement sur la partie supérieure des chaînes proprioceptives.

- sur les capteurs de la plante des pieds, en modifiant la sensibilité plantaire par le port permanent de semelles proprioceptives (ou posturale). En changeant la perception du sol, elles aident à ré-équilibrer le travail des muscles engagés dans la régulation de la posture. Elles agissent essentiellement sur la partie basse des chaînes proprioceptives.

-sur le capteur manducateur qui donne des informations essentielles à la régulation posturale, à l’aide de micro épaisseurs posées sur les dents (ALPH), si l’examen montre une interférence entre les informations proprioceptives oculaires et les informations de la bouche. Les « ALPH » améliorent l’occlusion dentaire et restaurent une sensibilité normale de la bouche.

- et demande de pratiquer des exercices musculaires spécifiques  journaliers, ainsi que le maintien de certaines postures, afin d’harmoniser la fonction des chaînes musculaires et de modifier en profondeur les informations proprioceptives erronées.

Cette rééducation proprioceptive n’est pas une baguette magique qui va résoudre tous les problèmes immédiatement, surtout si le dysfonctionnement est important et ancien. C’est une reprogrammation longue qui va prendre plusieurs années et demander beaucoup de vigilance, car la proprioception est un sens sensible à d’infimes variations (et la croissance des enfants va la mettre à rude épreuve). S’appuyant sur la plasticité cérébrale, cette rééducation impose un respect strict et permanent des différents éléments du traitement. En effet, dès lors que l’un d’eux n’est plus observé,  les informations erronées données par les capteurs proprioceptifs correspondants vont entraîner une régression rapide, la plasticité du cerveau jouant alors contre le patient.

En parallèle du traitement proprioceptif, il faudra continuer les autres rééducations : orthophonie,  ergothérapie, etc. Ces rééducations s’avèreront plus efficaces, car elles vont maintenant s’appuyer sur un terrain sensoriel de bonne qualité.  Les progrès de l’enfant dépendront de l’intensité du trouble proprioceptif initial, de son origine, de ses capacités de compensations, de l’importance des retards accumulés, etc.

S’agissant d’une rééducation globale du sens proprioceptif, celle-ci va non seulement agir sur les symptômes cognitifs, mais aussi sur tous les symptômes physiques induits par une dysproprioception. Ceux-ci vont petit à petit s’améliorer et disparaître : maux de tête, de dos, de ventre, mal des transports, douleurs musculaires, maladresse, énurésie, encoprésie, etc. (selon les symptômes que présentait l’enfant).

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IV. Conclusion

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Contrairement aux cinq autres sens connus depuis Aristote, c’est seulement à la fin du XIXème siècle que Charles Sherrington (Prix Nobel de médecine en 1932) aborde le concept de Proprioception.  Aujourd’hui, la médecine continue globalement d’ignorer ce sens particulier, alors que tout le monde gagnerait à mieux le connaître puisqu’il semble être à la base des autres sens. Les travaux de recherche sur la proprioception sont encore très récents et les dysfonctionnements du sens proprioceptif encore bien mal connus. Malheureusement, le nombre de chercheurs intéressés par le sujet reste ridiculement faible, quand on l’oppose à l’importance que semble revêtir la proprioception dans le développement psychomoteur et cognitif de l’enfant. Pourtant, le rôle d’un chercheur n’est-il pas de poser son esprit là où nul autre ne l’a posé avant lui ?

Pour ma part, ayant passé de longues heures à lire et visionner des documents pour essayer de mieux comprendre ce sens et ses dysfonctions, je reste étonnée de la crispation qui perdure autour de ce sujet et du rejet que rencontre l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages. Après le tout psychologique, le tout neuropsychologique domine, rejetant violemment  cette autre hypothèse. Pourtant, le cerveau se nourrit de ses perceptions et tous les acteurs du monde des dys s’accordent sur ce point : avant de poser un diagnostic de dys, il faut éliminer un trouble sensoriel :  faire contrôler la vue et l’audition. Personne ne doute du fait qu’un enfant qui voit, ou entend mal, aura du mal à rentrer dans les apprentissages scolaires. Alors, pourquoi une dysfonction de la proprioception n’aurait-elle pas, elle aussi, un impact sur ceux-ci ? Comment un enfant peut-il correctement diriger son regard et automatiser le « geste » de ses yeux si son cerveau n’est pas correctement renseigné sur la position spatiale de ses globes oculaires, ni de sa tête ? Comment automatiser le geste d’écriture quand le cerveau ne localise pas correctement la position de la main et des doigts ?

Je persiste à ne pas comprendre pourquoi les médecins de Physique et Réadaptation ne s’interrogent pas plus sur le rôle de la proprioception dans la dyspraxie, alors que certains médecins de cette spécialité, les Pr Hamonet et Jaussaud  ont fait le lien entre désordres moteurs du Syndrome d’Ehlers Danlos (SED) et dysproprioception. Le premier considère d’ailleurs comme acquis le lien entre SED et troubles cognitifs (dyslexie, dyspraxie, dysgraphie, troubles attentionnels, etc.), 68% des patients SED présentant aussi ces pathologies.

Je persiste à ne pas comprendre le manque de curiosité intellectuelle du monde de la recherche médicale, ce rejet d’autorité d’une nouvelle approche conceptuelle en médecine : l’histoire, parfois contemporaine, ne lui a-t’elle rien appris ?

Des études récentes commencent à démontrer le lien entre certains TDA/H et des problèmes de sommeil, rejoignant ainsi les constats du Dr Quercia. Combien d’années faudra t’il encore pour que le monde médical se penche de plus près sur la bouche de ces enfants et les dysfonctionnements proprioceptifs de l’appareil manducateur,  leur évitant ainsi, parfois, des traitements médicamenteux lourds ?

En conclusion, si votre enfant présente des troubles des apprentissages, demandez-vous si ses dys sont isolés ou s’ils ne sont qu’un symptôme parmi d’autres. Regardez bien votre enfant, observez sa posture, sa mâchoire, la position de sa langue, son sommeil. Et si vous le retrouvez dans les descriptions données ci-dessus, alors posez-vous la question d’un dysfonctionnement proprioceptif chez lui. Plus il sera pris en charge tôt et plus votre enfant aura un développement physique et cognitif harmonieux.

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Note * Il se passe certainement la même chose avec l’information auditive : des pertes auditives aléatoires selon la position de la tête, la direction du regard, mais cela n’a pas encore pu être démontré. Ce qui expliquerait que les personnes souffrant d’une dysperception proprioceptive ont souvent l’impression d’entendre sans comprendre, de la même façon qu’elles ont la sensation de lire sans comprendre. Les nombreux biais perceptifs affectent le traitement des informations visuelles et auditives et sont responsables de l’apparition de troubles développementaux de l’attention visuelle et d’anomalies de la conscience phonologique.

Note 2 : Pour mieux comprendre, je vous propose de visionner une petite vidéo de la chaîne e-penser. Je la trouve vraiment très intéressante car elle développe plusieurs points essentiels à la compréhension de l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissage : la proprioception, le système vestibulaire, les conflits sensoriels (via le mal de mer), et la différence entre perception et attention (sélection par le cerveau des informations sensorielles utiles).  :

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Note 3 : attention_bleuToutes les prises en charge ne se valent donc pas. Pour avoir la proposition de traitement optimale, je recommande donc de se tourner  vers des professionnels qui ont été formés aux dernières techniques de prise en charge des troubles perceptifs de la dysproprioception en ayant suivi le DU du PATA . La prise en charge de votre enfant doit suivre les Principes du traitement proprioceptif chez le dyslexique et le dyspraxique. Dans le cas contraire, vous pouvez vous questionner sur la validité de son traitement.

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Sources :

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Proprioception: The Sense Within /The Scientist

La proprioception, un 6e sens qui pourrait vous être fort utile, Denis Fortier (Physiothérapeute)

Découvrez le 6e sens qui vous rend meilleur dans (presque) tout! , Denis Fortier (Physiothérapeute)

Le schéma corporel

Livre : « Le bébé en mouvement », Lucie Meunier(Psychomotricienne)

Rôle de la proprioception dans le contrôle moteur (Intervention du Pr Jacques Paillard, CNRS)

Système proprioceptif et proprioception (Regis Thouvarecq, Professeur des universités)

Schéma corporel : une approche neurosensorielle, ( : directeur de recherche au C.N.R.S.)

« Influence de la proprioception cranio-faciale sur le Controle postural et la stabilisation du regard » (Thèse de Doctorat, Neurosciences : Pierre GANGLOFF)

« Etude des liens entre systèmes visuel et proprioceptif »( Thèse de Doctorat, Neurosciences :Pascale TOUZALIN-CHRETIEN)

Le proprioception, un sens premier ? Pr Jean Pierre Roll (CNRS)

Dr Patrick QUERCIA – Interférences auditivo-visuelles et neuro-plasticité de l’enfant dyslexique

Ehlers-Danlos, une errance médicale jusqu’à l’absurde. Pr Hamonet, médecin spécialiste de Médecine Physique et de Réadaptation

Entretien avec Alain Berthoz, (professeur au Collège de France)

Le cerveau et le mouvement : le sixième sens , Alain Berthoz (professeur au Collège de France)

Oculus Rift : jouer ou vomir, il faut choisir ? (L’OBS avec Rue 89)

Pour mieux comprendre la dyslexie (p23/26), Joëlle Lemaire (Ostéopathe spécialisé en thérapie neurodéveloppementale)

Document patients, Dr Patrick Quercia  (ophtalmologiste, Chercheur associé – Unité INSERM U1093)

Constellation des dys et ses rapports avec l’efficience intellectuelle, Michel Habib (Neurologue)

Pourquoi l’ophtalmologiste est concerné par la posturologie ? Dr Patrick Quercia (ophtalmologiste, Chercheur associé – Unité INSERM U1093)

Dysproprioception (Site du Dr Quercia)

Commentaires sur la cinquième proposition de classification du syndrome d’Ehlers-Danlos par les généticiens (Pr Claude Hamonet, Médecine Physique et de Réadaptation)

La proprioception et le SED (Pr Roland Jaussaud, Médecine Physique et Réadaptation)

Ehlers-Danlos Syndrome (EDS) a Diagnostic Trap for the Neurologist, an  Iatrogenic Risk for the Patient (Pr Claude Hamonet, Médecine Physique et Réadaptation)

Les enfants avec un TDAH dorment moins bien que les autres enfants

Hyperactivité : et si c’était une apnée du sommeil ?

HYPERACTIVITÉ (TDAH) : Est-ce principalement une forme de trouble du sommeil ? (ECNP Congress for Applied and Translational Neuroscience)

Bouche, vision et troubles dys

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nerf trijumeaux

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Pour la plupart des personnes n’ayant aucune connaissance sur la proprioception, l’association entre bouche et troubles dys est pour le moins impossible à comprendre. Et pourtant, nous, parents d’enfants dysproprioceptifs, savons à quel point ce qui se passe dans leur bouche peut impacter leur état général ou leurs résultats scolaires. La prise en charge de la dysproprioception de l’appareil manducateur est d’ailleurs, aujourd’hui, un point crucial de la réussite du traitement proprioceptif des troubles des apprentissages, comme le précisait déjà le Dr Quercia en 2009 :

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Par ailleurs, la proprioception oculaire étant portée au cerveau par le nerf trijumeau qui innerve aussi les muscles masticateurs et une grande partie de la bouche et de la langue, il existe de très fortes interférences entre proprioception oculaire et bouche. En fait, plutôt que de parler de proprioception oculaire il serait plus logique de parler d’informations trigéminées. Ainsi, un grand nombre de dyslexiques (72% sur une série de 80 cas) présentent un syndrome dit « de dysperception stomatognatique (décrit par le Dr A. Marino) » associant à des degrés divers : respiration orale, déglutition primaire, position basse de la langue et évolution de l’occlusion des mâchoires vers une classe orthodontique dite « 2 » (mâchoire supérieure en avant et trop étroite avec encombrement dentaire, protrusion des incisives supérieures vers l’avant, mâchoire inférieure trop en arrière). [...] Toute action sur l’appareil manducateur pourra avoir chez ces enfants un impact très brutal sur le traitement proprioceptif (en positif ou négatif) et doit donc être pris en charge par un spécialiste connaissant le rôle neuro-sensoriel de la bouche. 

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*On peut aussi lire cette explication d’une orthodontiste sur son site « Dys et orthodontie » :

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Le nerf trijumeau

Le nerf Trijumeau (Vème paire de nerfs crâniens) irradie la face, les dents, les lèvres, les gencives, la langue, le palais, les muscles masticateurs, etc.

Il reçoit également des ramifications depuis :

  • Les muscles des yeux
  • Le tympan
  • La moelle épinière

Au niveau du cerveau, des neurones dits multisensoriels traitent à la fois les informations du champ auditif, visuel et postural.

Ainsi toute perturbation ou action thérapeutique sur une de ces portes d’entrées, va agir sur l’ensemble du corps.

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Nerf-trijumeau

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Si vous voulez creusez la question, je vous conseille de lire cette Thèse de doctorat en neurosciences de Pierre GANGLOFF, Docteur en Chirurgie Dentaire :

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S’agissant d’une thèse, la lecture en est un peu ardue pour les profanes, mais elle a le mérite de reprendre les bases du sujet et elle démontre qu’il y a une relation nette entre l’occlusion dentaire, le contrôle postural et la stabilisation du regard chez les sportifs, tireurs professionnels.
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dent souris
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Ceux qui me suivent et lisent mon journal du traitement proprioceptif ont pu voir à quel point mon fils était sensible au niveau de la bouche, au point que chaque fois qu’il a perdu une dent, il régressait et présentait des maux de ventre, parfois  assez violents. Mais, il n’est pas le seul enfant dysproprioceptif à être aussi sensible, nous l’observons dans mon groupe de discussion, où demander si l’enfant qui régresse subitement n’a pas perdu une dent récemment est devenu une question rituelle.
Il se trouve que l’un de ces enfants a une telle sensibilité au niveau de la bouche, que la perte d’une canine a eu aussitôt un impact sur sa perception visuelle et a provoqué une négligence spatiale brutale et évidente. Du coup, j’ai trouvé le phénomène tellement épatant que j’ai souhaité vous le faire partager (avec l’autorisation de sa maman).
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Dans un premier temps, voici une page « normale » du cahier de cet enfant dysproprioceptif, dyspraxique. On voit que l’écriture est coûteuse, mais qu’il perçoit correctement la marge :
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dictée anonymé 2
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Il y a quelques jours, sa maman poste le message suivant, suivi de photos de cahier :
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Hier soir, mon fils (dont j’ai publié la dictée) a perdu une canine inférieure et regarde aujourd’hui, il est très loin de la marge, il a fait ça dans tous les cours dont sûrement un contrôle de techno dont j’aurai le retour la semaine prochaine. Je vais passer pour une débile si j’explique cela au prof : « c’est à cause de la dent, dsl »
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Donc, le 29 novembre au soir, il perd une canine et le lendemain, il néglige visuellement une partie de la page :
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cahier dent 2
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Autre production, ce même jour :
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négligence spatiale2
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Autre production dans une autre matière, le même jour, où on voit que l’enfant peine et a du mal à tenir la marge :
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Français dent
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Enfin, ici, le surlendemain, l’alignement est déjà meilleur, même si on voit bien que l’enfant peine encore sur la fin :
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lendemain dent
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Et voici la responsable de ce désordre, aussi étonnant et improbable que ça puisse paraître  :
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coupable
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Note 1 : Images dissection du nerf trijumeau provient de la thèse de Pierre Gangloff, l’autre image du nerf trijumeau du site Doctorette et la petite souris du blog Les tribulations d’une famille française en Californie.
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Note 2 : Les Drs Quercia et Marino ont consacré un livre à cette problématique « Œil et bouche » (Clic sur l’image) :
Depuis près de 40 ans la posturologie permet de mieux comprendre et de traiter les douleurs chroniques de milliers de patients. Cependant, le trouble visible de la posture n’est souvent que l’expression mécanique d’une dysfonction sensorielle sous-jacente qui touche la proprioception. Les multiples rôles de cette dernière expliquent que des symptômes très variés et très déconcertants comme la dyslexie ou la dyspraxie peuvent accompagner le désordre postural. L’œil et la bouche, en raison des liens qui les unissent au travers du puissant nerf trijumeau, sont une des clés du diagnostic et de la prise en charge. Cet ouvrage est un outil pratique reposant sur 30 chapitres riches en exemples cliniques, en exercices et en algorithmes décisionnels. Il permet au thérapeute d’utiliser l’entrée rétino-trigéminée de façon simple et reproductible. Sans équivalent dans la littérature médicale, il est le fruit de 13 ans de travaux de recherche fondamentale et clinique réalisés en commun par les deux auteurs.
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Bouche, vision et troubles dys dans Dys 41c3QOsYpDL._SX333_BO1,204,203,200_
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Proprioception et dysgraphie/dysorthographie

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images soleil

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Une proprioception de qualité nous est indispensable  pour assurer la coordination de nos mouvements et  nous permettre d’écrire lisiblement. Elle a aussi un rôle indispensable pour assurer une bonne localisation visuelle dans l’espace.

La semaine dernière, mon fils dysproprioceptif, mais traité depuis un peu plus de trois ans, m’a annoncé que sa professeur de français lui avait fait écrire une dictée à la main. Sur le moment, je me suis dit qu’il allait falloir se déplacer. Cependant, le résultat s’est avéré assez surprenant et intéressant, mais il ne va pas falloir qu’il écrive uniquement à la main maintenant… Dans un premier temps, les élèves ont recopié un texte au brouillon, dans lequel il leur a été demandé de rayer les mots qu’ils connaissaient. On peut remarquer que Marc n’a fait qu’une faute de copie (le groupe nominal quelques fois), que l’écriture est correcte et bien sur les lignes, sauf la date, alors qu’il n’a pas fait plus d’efforts que ça car c’était un brouillon. Les traits sont aussi correctement tracés :

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brouillon dictée

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On peut en conclure que la prise d’information visuelle est maintenant de bonne qualité et que la copie n’est plus contreproductive comme auparavant (ce qui confirme les résultats du bilan orthophonique fait un an après le début du traitement proprioceptif, où Marc était revenu dans la norme en ce qui concerne l’orthographe lexicale, mais pas grammaticale). Puis, la professeur de français  leur a dicté le texte :

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Dictée

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Marc était déçu par son 15/20 en dictée alors que « les autres ont tous eu 19/20″. Je lui ai fait remarquer que, moi, je trouve le résultat vraiment bluffant et qu’il a un peu tendance à oublier d’où il revient ;)   !  (et ses professeurs aussi quelquefois…  :( )

L’écriture est toujours correcte, bien sur les lignes, un trait un peu moins bien tracé. Et les fautes d’orthographe son rares (toujours ces homophones grammaticaux contre lesquels nous nous battons depuis si longtemps). Ce résultat est assez épatant. On voit que Marc a progressé, mais de là à en conclure que Marc peut écrire en permanence à la main et n’est plus dysorthographique, il y a encore du chemin…  Surtout quand on considère son orthographe en écriture spontanée sur l’ordinateur (sans correcteur d’orthographe) :

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 extrait histoire

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Cela dit, je note quand même une amélioration, si on se réfère à ce texte écrit l’année dernière en période de décompensation*. J’étais d’ailleurs déjà intervenue pour lui faire réduire la longueur de ses phrases avec de la ponctuation (c’était un résumé, les deux premières lignes sont une copie du livre, le reste du texte est de Marc) :

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Frêne

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Lundi de la semaine dernière, ils ont eu un nouveau contrôle de français que sa professeur lui a encore demandé d’écrire à la main. Elle a rendu ce devoir de français, Marc a eu 13/20 et ne s’est pas si mal débrouillé. J’en suis presque à me demander s’il n’écrit pas avec moins de fautes d’orthographe à la main, maintenant ; alors qu’il a tendance à taper très vite et à ne pas se relire … (Je sais, certains vont me huer en me lisant …) L’écriture est moins jolie sans les lignes et par manque de place, mais ça n’est pas si mal. Marc me dit qu’il a plus de mal à écrire correctement sans lignes :

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controle de français

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Je remarque aussi que Marc écrit de plus en plus souvent à la main sur les documents photocopiés et utilise moins sa souris scanner, ce qui est surement le signe d’une écriture moins douloureuse, car jusque-là, Marc évitait l’écriture manuelle chaque fois qu’il le pouvait. Malgré tout, je vais devoir veiller à ce que Marc ne s’épuise pas  trop à écrire. :(

Je trouve ces résultats très encourageants, mais je sais qu’il faut « raison garder ». L’expérience nous a déjà montré par deux fois une amélioration de la qualité de l’écriture l’année dernière, suivie d’une dégradation rapide de celle-ci en période de décompensation* :

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écriture déréglé003

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Néanmoins, j’observe des améliorations de plus en plus fréquentes et  durables, alors j’ai l’espoir que, comme pour d’autres progrès de Marc, elles finissent par s’installer durablement. :) Qui vivra, verra !

Voilà, comme je le dis toujours, le traitement proprioceptif n’est pas une baguette magique, c’est un traitement long, exigeant qui demande beaucoup d’efforts et de vigilance. Cependant, un pas après l’autre, l’enfant progresse ! :)

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Note * : Quand le cerveau reçoit de mauvaises informations proprioceptives, il arrive pendant un temps à compenser. Puis, à un moment, il  atteint un seuil et n’y arrive plus.  A ce moment là,  « tout part en vrille », le cerveau décompense.

Note 2 : Je recommande de s’adresser à des ophtalmologues/médecins ayant appris à « régler » de manière très précise la proprioception pour corriger les troubles perceptifs lié à la dysproprioception. Le traitement proprioceptif des troubles dys  (TDP) n’est pas à proprement parler de la posturologie, comme l’explique le Dr Quercia, chercheur associé à l’INSERM, qui porte la recherche sur le sujet depuis 15 ans :

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Différence entre posturologie et proprioception

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Pour avoir la proposition de traitement optimal, je recommande donc de se tourner  vers des professionnels qui ont été formés aux dernières techniques de prise en charge des troubles perceptifs de la proprioception en ayant suivi le DU du PATA  (Clic sur l’image) :

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DU PATA

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Vous pouvez avoir une idée de ces techniques en visionnant cette vidéo, où le Dr Quercia a présenté à l’ Université de Dijon le résultat de sa dernière étude (décembre 2016) :

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  • Dr Patrick QUERCIA – Interférences auditivo-visuelles et neuro-plasticité de l’enfant dyslexique

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Ophtalmologiste, chercheur associé INSERM U1093 – Cognition Action et Plasticité Sensorimotrice et co-directeur du Diplôme Universitaire Perception Action et Troubles des Apprentissages, il explore depuis 2002 les relations entre proprioception et dyslexie de développement au travers de la plasticité sensorimotrice.

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Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

A la recherche du sixième sens

A la différence des cinq sens « classiques », qui ont pour fonction de sonder notre environnement, le sixième sens se tourne vers l’intérieur du corps. Comme l’explique cette vidéo proposée par CNRS Le Journal, la proprioception, sens de l’équilibre, de la position et de l’adresse, joue un rôle fondamental dans tous nos mouvements. Les recherches faites dans ce domaine peuvent aider les personnes souffrant de troubles de la posture et de la motricité.
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http://www.dailymotion.com/video/x3yftxg

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Note : Si la proprioception a un tel impact sur le lancer de sportifs de haut niveau, on peut  imaginer  l’impact d’une dysfonction de ce sens sur un geste aussi précis que l’écriture. Et c’est ainsi que la mauvaise localisation proprioceptive de la main et des doigts, le mauvais contrôle de la motricité fine et la mauvaise localisation visuelle du tracé aboutissent à une dysgraphie :

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CM2 sans adaptation

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Souris Iriscan

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Souris Iriscan dans Collège 5°

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Jusqu’à présent, j’ai partagé avec vous mes adaptations pédagogiques, mais j’ai assez peu parlé de ce qui est aujourd’hui le principal moyen de compensation de mon fils : le passage à l’ordinateur. Il est vrai que mon loulou a maîtrisé celui-ci assez vite et que les outils mis en place par son ergothérapeute (ruban CABERGO, Géogébra) lui ont permis d’être rapidement autonome au collège, quand ses professeurs pensent à adapter. Mais il arrive que ceux-ci n’aient pas de support autre qu’un support papier, parfois d’assez mauvaise qualité visuelle. Jusqu’à présent, mon fils devait faire avec. Aujourd’hui, j’ai découvert dans un groupe de discussion la souris scanner Iriscan Mouse  Executive 2 qui est à ce niveau une petite merveille et qui permet à mon fils d’adapter lui-même tout document donné en classe (Cliquer sur l’image). Il devient ainsi complètement autonome et indépendant de ses professeurs  :) :

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iris_mouse_executive_2_c1406174000625A_210022512 dys dans Dys

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En plus de l’utilisation de cette souris Scanner, il faut installer le logiciel gratuit PDF-XChange Viewer qui permet d’écrire sur un document au format Pdf. Deux choix s’offrent à nous :

  • soit on scanne le document et on travaille sur le format Pdf en utilisant l’outil « machine à écrire » du logiciel PDF-X change Viewer (les deux premiers exemples ci-dessous).
  • soit on convertit le document scanné en fichier texte et on l’utilise sous WORD, l’écueil étant qu’il peut y avoir de nombreuses coquilles laissées par le logiciel de reconnaissance de texte, à utiliser plutôt à la maison (troisième exemple ci-dessous).

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chateau fort

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mots croisés

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digestion

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Et pour vous aider à y voir plus clair,  voici un tutoriel « Ecrire dans un fichier PDF avec PDF XChange Viewer » et deux vidéos sur l’ « IRIScan Mouse (Souris-Scanner) – Numérisez en un glissement de souris! » :

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

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Voir aussi larticle d’Aurorenono .

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