Dyslexie, Vision et Proprioception

La récente découverte publiée en octobre 2017 d’une symétrie anormale des rétines chez les dyslexiques (Le Floch et Ropars – Université de Rennes) permet de comprendre pourquoi les dyslexiques ont une dysfonction proprioceptive et pourquoi on peut les améliorer en traitant ce trouble qui entraîne des perturbations des relations entre perception auditive et visuelle.

 

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Du percept sensoriel à l’action

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Proprioception skate

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J’ai troucet article de Sciences et Avenir, datant de 2015, très intéressant. Il se situe au cœur de notre système proprioceptif et postural. Il relate les résultats d’une étude portant sur le rôle des neurones RORα de la moelle épinière dans la régulation du mouvement. Cette étude inaugure une nouvelle phase des neurosciences qui promet de fournir des explications précises et complètes sur la façon dont le système nerveux code et intègre l’information sensorielle pour générer à la fois un mouvement conscient et inconscient.

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« Comment le cerveau crée un percept sensoriel et le transforme en une action est l’une des questions centrales de la neuroscience«  

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Extrait :

 

EQUILIBRE. Plusieurs organes et processus physiologiques participent au contrôle postural et au maintien de l’équilibre chez l’homme. Le principal est le système vestibulaire contenu dans l’oreille interne mais la vision et les mécanorécepteurs situés sur les muscles, tendons et articulations sont également sollicités. Une nouvelle découverte, publiée dans la revue Cell, suggère qu’un groupe de neurones siégeant la moelle épinière est responsable des ajustements fins qui permettent de tenir debout y compris sur sols glissants.

1.Un lien entre le cerveau et les pied

« Quand nous nous tenons debout et marchons, des capteurs sensitifs sous la plante des pieds détectent les changements subtils de pressions et le mouvement. Ces capteurs envoient des signaux à la moelle épinière puis au cerveau » explique Martyn Goulding, de l’Institut Salk pour les études biologiques. « Notre étude ouvre une boite noire car jusqu’à présent nous ne savions pas comment ces signaux étaient codés ou transformés dans la moelle épinière. En outre on comprenait mal comment cette information tactile était fusionnée avec d’autres informations sensorielles pour contrôler le mouvement et la posture«  précise-t-il.

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L’intégralité de l’article est à lire ici : Un mini-cerveau dans la moelle épinière veille à notre équilibre

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Je vous avoue qu’après la lecture de ce genre d’article, je suis de plus en plus surprise de voir que des chercheurs, qui étudient  la dyspraxie (ou TAC) en France, ne voient dans celle-ci que ce type de schéma où la proprioception et ses capteurs sensoriels sont complètement absents des organes des sens servant  à mettre en jeu nos réponses motrices:

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mouvement TAC

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Alors que d’autres personnes s’intéressant au mouvement nous présentent  ce type de schéma :

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Traitement+--+central+Mouvement+Récepteurs+Articulaires+Muscles

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Alors, quid de la proprioception dans la dyspraxie ? ;)

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Proprioception+Définitions

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Note : Le premier schéma est issu du document « Le cerveau de l’apprenant » du Dr Pouhet(p28,29). Les deux diapos sont issues du diaporama d’un cours de François Rouxel portant sur La posture et l’équilibration.




Archives pour la catégorie Le coin du chercheur

Langage oral, langage écrit et interactions sensorimotrices.

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con pata

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Nous avons le plaisir de vous inviter à notre 10ième journée de formation continue sur Neurosciences et Apprentissages à l’Université de Bourgogne sur le thème :

Langage oral, langage écrit et interactions sensorimotrices.

le jeudi 7 Décembre 2017 de 9H à 17H30.

Les caractéristiques des enfants multidys confirment qu’il existe un lien étroit entre les langages parlés, entendus et écrits. En effet, l’élaboration du langage oral n’est pas seulement due à la capture sensorielle de sons ayant un sens linguistique mais dépend aussi d’un versant moteur correspondant à un ensemble de gestes articulatoires. Elle nécessite aussi un filtrage et une sélection des sons que l’ambiance sonore peut perturber, notamment chez l’enfant dyslexique. Et tout devient encore plus complexe quand la parole du locuteur passe par la fascination d’un écran, allant jusqu’à créer une nouvelle pathologie nommée « autisme virtuel ». C’est autour de ces sujets permettant d’aborder les troubles des apprentissages sous un aspect novateur et établissant des liens forts entre perception, action et troubles des apprentissages que s’organise le programme de cette 10ème journée de conférences en neurosciences.

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L’entrée est libre. Cependant, en raison du nombre limité de places, merci de vous inscrire avant le 30 novembre 2017 par un simple mail à Conf-DU-PATA@sfr.fr en précisant si vous venez seul(e) ou accompagné(e).

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Le programme de la journée (Clic sur l’image) :

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conf du pata

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Danse, musique, cerveau, proprioception et dyslexie

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danse et cerveau

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Après avoir étudié le rôle de la proprioception dans la performance sportive, et donc dans l’élaboration d’une bonne réponse motrice , nous allons nous intéresser  à l’impact de celle-ci sur le cerveau des musiciens et des danseurs. La proprioception est notre « sixième sens », celui qui nous permet d’avoir une conscience plus ou moins précise de la position de notre corps dans l’espace. Autrement dit, ce véritable « schéma corporel » nous permet à tout le moins de mettre un pied devant l’autre sans avoir à contrôler le mouvement par le regard. Avec de l’entraînement, ce schéma corporel est à l’origine des prouesses dont est capable l’humain, qu’il s’agisse de danse, de sport, ou toute autre activité impliquant un sens précis du mouvement.(1)

Pratiquer la danse ou jouer d’un instrument de musique sont donc des activités faisant largement intervenir la proprioception. Or, une étude récente à montré que le cerveau des danseurs et des musiciens se développe de manière très différente, ce qui nous laisse entrevoir le rôle de la proprioception et de la multi-sensorialité (dans laquelle intervient aussi la proprioception car elle indique au cerveau la position des organes des sens (2) ) dans la plasticité cérébrale :

 

Extraits :

Des centaines, des milliers d’heures de pratique imprègnent le cerveau des danseurs et des musiciens. Ces pratiques intensives propres aux experts dans ces domaines artistiques entraînent des changements neurologiques importants, mais distincts chez les danseurs et les musiciens. [...] Bien que ces deux pratiques artistiques impliquent une formation intense, la danse développe l’intégration visuelle et auditive et la coordination motrice, tandis que la pratique de la musique se concentre principalement sur l’information auditive et sur la motricité et la sensorialité localisée.[...]

En d’autres mots, cela signifie que les danseurs ont mis en place plus de connexions entre les régions sensorielles et motrices du cerveau, tandis que les musiciens ont fait des connexions plus fortes mais plus localisées, plus spécifiques.
« Ces résultats donnent à penser que la formation musicale et la formation en danse affectent le cerveau dans des directions opposées », explique un des chercheurs de l’étude. En effet, les danseurs forment leur corps tout entier, dans sa globalité, et développent de ce fait une représentation cérébrale plus large dans le cortex neural, alors que les musiciens, qui concentrent leur formation sur des parties spécifiques du corps comme les mains, les doigts, les lèvres, organisent cette représentation cérébrale sur des zones réduites, plus spécifiques et dans le même temps plus fortes.

Cette étude réalisée par une équipe de chercheurs du laboratoire international sur le cerveau montre que la formation en danse et en musique a des effets plus marqués que ce que l’on pensait sur le cerveau et que les danseurs et les musiciens montraient « des différences remarquables dans de nombreuses régions de la matière blanche,  y compris dans les voies cérébrales sensorielles et motrices, au niveau primaire et profond des processus cognitifs du traitement de l’information.

 

Lire l’article complet : La pratique de la danse et de la musique et leurs effets sur le cerveau 

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Ainsi donc, un cerveau différent n’implique pas forcément un dysfonctionnement neurologique… ;)  

Si je vous parle du cerveau des musiciens, ça n’est pas par hasard. Dans des études récentes, présentées dans le diaporama en lien le neurologue Michel Habib s’est intéressé au non développement du « faisceau arqué » chez les enfants futurs dyslexiques , un faisceau de neurones situé entre les aires du langage ( aire de Wernicke-aire de Broca). Le faisceau arqué apparaissant pour  lui comme le principal et le plus robuste marqueur anatomique de la dyslexie. Dans ces études, il s’est aussi intéressé au  cerveau des musiciens, constatant que la pratique d’un instrument de musique  est capable de modifier durablement la morphologie de celui-ci (Clic sur les images pour voir le diaporama dans son intégralité ) :

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cerveau musicien

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cerveau enfant qui apprend la musique

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Il se demande, en conclusion, si un entraînement musical, et plus particulièrement l’apprentissage d’un instrument de musique, serait capable de modifier les connexions dysfonctionnelles chez les enfants souffrant de dyslexie ?

Mais, si un entraînement intensif s’appuyant sur la proprioception permet de développer le faisceau arqué, ne peut on envisager qu’un dysfonctionnement proprioceptif puisse être responsable du mauvais développement de celui-ci ?

Pour ma part, je regrette que dans cette présentation ne soit jamais évoquée la proprioception, alors qu’il n’est pas besoin de chercher longtemps pour que soit développé le rôle de celle-ci dans « la place de la conscience du corps dans l’apprentissage, l’exécution puis la transmission du geste du musicien instrumentiste » sur le site du conservatoire national supérieur de danse et de musique de Paris.

Dans la liste des théories sur l’origine de la dyslexie ne figure pas, non plus, celle de son origine proprioceptive, sans doute pas assez digne d’intérêt ;)

En conclusion, les études menées sur le cerveau des musiciens et des danseurs nous montrent bien que le cerveau se nourrit avant tout de ses perceptions et qu’un cerveau différent n’implique pas forcément un dysfonctionnement ayant une origine neurologique. Alors, concernant les troubles dys, peut-être faudra t’il un jour s’intéresser à ce qui se passe en amont du cerveau, c’est à dire aux différents sens dont il se nourrit et à la manière dont le cerveau s’en saisit (Qui sait, un défaut anatomique de l’œil, perturbant la qualité de la vision binoculaire, est peut-être à l’origine d’une dysproprioception* ? Comme l’est  le SED, dans lequel on retrouve de nombreux troubles cognitifs . ).

Et si la vérité était ailleurs  ?

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la vérité est ailleurs

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Autres articles sur le même sujet :

  1. Danser modèle le cerveau 
  2. Le cerveau particulier des musiciens et des danseurs

Pour creuser le lien entre la pratique d’un instrument de musique et la proprioception : Du geste au savoir-faire

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Note * : Les résultats de cette thèse « Dyslexie et Proprioception » nous en apprendront sûrement davantage :

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Julie

 

Le principe de neuroplasticité

Le Pr Hugues Duffau (neurochirurgien, professeur des universités – praticien hospitalier français) nous explique, dans une vidéo de 10 minutes, les grands principes de la neuroplasticité, loin de la représentation figée du cerveau qu’a longtemps véhiculé la neurologie. Par ailleurs, il déclare (1) :

« Nous avons tous un cerveau différent, et la géographie fonctionnelle de chaque cerveau se modifie aussi avec le temps [...]. Contrairement à ce qui nous a été enseigné, telle zone du cerveau ne correspond donc pas à telle fonction : tout fonctionne en réseaux neuronaux, grâce à des fibres de substance blanche, autrement dit des « câbles ». Si ces câbles s’avèrent similaires d’un individu à l’autre, leurs terminaisons sont en revanche très variables »

Ce principe de neuroplasticité est important pour comprendre que le cerveau n’est pas un organe figé, dont chaque région correspondrait à une fonction spécifique. Au contraire, le cerveau est « plastique », de nouvelles connexions peuvent se créer en permanence, à la conditions que les fibres de substance blanche, autrement dit les « câbles » soient intacts.

Le traitement proprioceptif des troubles des apprentissages s’appuie sur cette neuroplasticité : en donnant au cerveau de nouvelles et bonnes informations proprioceptives et sensorielles, auparavant déficientes, de nouvelles connexions vont pouvoir se créer et le cerveau va pouvoir se réorganiser.

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Si vous souhaitez aller plus loin, le Pr Duffau aborde, dans cette autre vidéo, une compréhension scientifique des émotions où il esquisse les bases de l’autisme :

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Et, dans cette dernière vidéo,  il nous explique comment il opère le cerveau ouvert avec phase de conscience des patients  :

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Dans cette émission de « C à vous », on peut observer une de ses opérations :

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Et pour finir, voici une conférence, un peu ardue, sur le sujet (avec un petit passage sur la dyslexie  à 31min42sec):

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Note (1) : Opération à cerveau « ouvert », sur JDD papier

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TDAH, colliculus supérieur et dysproprioception

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Coluculus 2

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colliculus

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Je souhaite partager avec vous cette vidéo très intéressante sur les travaux du Pr Michael Reber, chercheur Inserm à l’Université de Strasbourg – CNRS sur le TDAH, qui n’est pas sans rappeler quelques points de l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages. ;)

Les conclusions de cette étude suggèrent que le TDAH pourrait être la conséquence d’un dysfonctionnement d’une zone du cerveau, le colliculus supérieur, structure primaire qui intègre et analyse les informations sensorielles au début de la chaîne d’analyse. Dès lors,  si ces informations sont défectueuses, la suite de la chaîne d’analyse en sera perturbée.

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A la suite de cet article « TDAH et recherche française » (1), le Pr Michael Reber a d’ailleurs laissé le commentaire suivant tout à fait compatible avec les travaux et les conclusions du Dr Quercia (Chercheur associé – Unité INSERM U1093 Cognition Action et Plasticité Sensorimotrice) :

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Disons que le colliculus supérieur est une structure primaire d’analyse multi-sensorielle, recevant des informations visuelles, auditives (surtout chez l’homme) et somato-sensorielles (le toucher). Si des défauts d’analyse de ces données ont lieu déjà dans cette structure, il nous parait logique que les autres structures connectées (cortex préfrontal notamment) présentent elles aussi des défauts. Comme vous l’avez justement mentionné, cela rend pertinent les approches pluridisciplinaires et notamment orthoptiste et orthophoniste. L’idée est que les patients avec TDAH n’ont plus la capacité de « filtrer » les stimulations sensorielles pertinentes -et en particulier visuelles et auditives- des informations non pertinentes (qu’on appellerait chez nous du « bruit »). »

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Fait intéressant, le colliculus supérieur est un élément important du capteur oculaire postural/proprioceptif (celui de de la rétine phériphérique) et il est considéré comme un des centres de la régulation motrice œil-tête (2). Ces travaux de recherche sont aussi à mettre en parallèle avec la vidéo où le Dr Quercia  nous parle de l’importance de la proprioception dans la localisation spatiale des informations sensorielles. Il explique, notamment, qu’il y a dans le colliculus supérieur des cellules qui réagissent à la localisation spatiale, à l’audition, la vision, la proprioception et que les neurophysiologistes ont démontré qu’une information sensorielle est mieux codée si le sujet la localise correctement dans l’espace : si les informations sensorielles sont congruentes, la réponse du neurone est supérieure.

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Or, nous savons qu’en cas de dysproprioception, les informations sensorielles qui arrivent au cerveau ne sont pas congruentes. Dans l’hypothèse de Michael Reber, c’est un dysfonctionnement du colliculus supérieur qui est à l’origine d’un traitement défectueux des informations sensorielles, soit de troubles de l’attention visuelle. Alors que dans l’hypothèse proprioceptive, un nombre trop important d’erreurs causées par un trouble de la proprioception serait à l’origine d’une incohérence entre les différentes informations sensorielles parvenant au colliculus. Dès lors, ces nombreux biais perceptifs affecteraient le traitement de ces informations et seraient responsable de l’apparition de troubles développementaux de l’attention visuelle et auditive.

Alors, qui était là en premier : l’œuf ou  la poule ? Le dysfonctionnement de la proprioception ou le dysfonctionnement du colliculus ?

Affaire à suivre …  (D’autant plus que la réponse à donner, dans un cas,  peut être très différente de l’approche médicamenteuse ;) ).

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Notes  :

(1) : TDAH et recherche française, Article sur les travaux du Pr Michael Reber

(2) : Pourquoi l’ophtalmologiste est-il concerné par la posturologie ? (Dr P.Quercia sur le site du SNOF)

SED, proprioception, troubles cognitifs et autisme

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SED, proprioception, troubles cognitifs et autisme dans Dys logo_Ehlers-Danlos_mini

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Comme je vous l’ai déjà dit, je vais maintenant  partager avec vous des publications concernant le SED (syndrome d’Ehlers Danlos) que je trouve intéressantes.

En effet, tous les SED ont un SDP, selon le Pr Jaussaud.

Mais tous les SDP sont-ils des SED ? A mon avis, la question est ouverte et sans doute faudra t’il de nombreuses années pour y répondre .. ;)

Je vais donc partager la dernière publication du Pr Hamonet  (en anglais):

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Ehlers-Danlos Syndrome (EDS) a Diagnostic Trap for the Neurologist, an  Iatrogenic Risk for the Patient

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Je vous ai  traduit certains passages pour lesquels j’ai trouvé un rapport avec l’objet de mon blog (je ne suis pas médecin, veuillez pardonner mes approximations) :

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Quelques éléments physiopathologiques pour une meilleure interprétation des symptômes

 

« Les signes observés ont deux origines : la fragilité des tissus (saignements, difficulté à cicatriser.) et les désordres proprioceptifs diffus. Ces désordres proprioceptifs sont reliés aux perturbations des capteurs sensoriels extéroceptifs et intéroceptifs. Ces capteurs sont dans des tissus qui ont une réactivité spécifique aux stimulations. C’est vrai pour la peau qui peut présenter une hyperesthésie ou, inversement, ne pas transmettre une sensation de brulure. C’est aussi vrai pour la vessie […] Le désordre proprioceptif est général, il concerne à la fois les mouvements musculaires conscients et les fonctions motrices automatiques, le contrôle neurovégétatif, comme la vision binoculaire. Ainsi, les patients atteints du syndrome d’Ehlers Danlos ont une perception très particulière de leur corps depuis la naissance, qui peut compliquer le diagnostic car ils considèrent que « c’est normal ».

[…]

Le cas particulier de l’autisme nécessite une attention particulière. Un pédopsychiatre, Vincent Guinchat, a eu l’idée d’utiliser les vêtements compressifs que notre équipe a développé pour le SED. L’examen de nombreux de ces patients a révélé des signes de SED : fragilité de la peau, tendances hémorragiques, hyperlaxité articulaire, constipation. L’examen de leur famille a aussi révélé des cas de SED, sans autisme, parmi les parents et la fratrie. Ces découvertes sont à relier aux comportements que nous observons chez certains enfants de parents atteints de SED, qui mènent au diagnostic de syndrome d’Asperger.

Les difficultés d’apprentissage, dysorthographie, dyslexie, dyspraxie et désordres cognitifs du syndrome D’ Ehlers Danlos.

Les difficultés cognitives ont longtemps et sont encore rarement mentionnées par les auteurs qui écrivent à propos de ce syndrome. Elles sont très réelles et sont présentes chez 68% de nos patients. Elles sont responsables de difficultés scolaires et par la suite, d’exclusion du monde du travail. Leur présence justifie la recherche de signes en faveur du syndrome d’Ehlers Danlos pour une meilleure prise en charge thérapeutique et une meilleure orientation pédagogique. Ces difficultés contrastent avec une intelligence évaluée très au-dessus de la moyenne de leur groupe d’âge.

Conclusions

Le syndrome d’Ehlers Danlos apparait aujourd’hui comme une pathologie fréquente avec des expressions cliniques multiples et trompeuses aboutissant à de nombreux diagnostics erronés, notamment en neurologie. Cette hypothèse diagnostique doit être évoquée et discutée par les neurologues dans les cas suivants : suspicion de sclérose en plaque, dystonie, désordres proprioceptifs sévères, symptômes douloureux intenses et polymorphes, sévère dysurie, anévrisme cérébral artériel, syndrome d’Arnold Chiari, hypermobilité articulaire, syndrome du canal carpien, difficultés cognitives […], autisme.

Le diagnostic reste clinique dans la grande majorité des cas, en l’absence de marqueurs biologiques. Il est basé sur un regroupement de signes apparemment disparates qui ont une unité commune : l’expression d’une particularité des tissus conjonctifs. Cette altération des tissus conjonctifs est héréditaire et transmise à tous les enfants dont un des parents est affecté. Il est donc non seulement bénéfique pour éviter des traitements dangereux, mais aussi pour informer les personnes malades qu’elles transmettent la maladie.

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Voili, voilou, pour ma part je trouve tout ça très intéressant, d’autant plus que je suis  diagnostiquée SDP et que  mes trois enfants le sont aussi (à des degrés divers) ...

Rôle de la proprioception dans le contrôle moteur

Voici une vidéo en français, de 20 minutes, qui explore ce sujet.

On y découvre  l’importance des muscles du cou, contrôlant l’orientation de la tête, dans le contrôle moteur. Le patient désafférenté qui a gardé la sensibilité des muscles du cou a pu réapprendre à marcher sous le contrôle de la vision, la patiente désafférentée qui a perdu sa sensibilité jusqu’à la bouche ne peut plus marcher, même avec le contrôle de la vision.

Et, Jacques Paillard (CNRS) nous  y apprend, notamment, que l’automatisme c’est le proprioceptif.

Or, on ne peut qu’être interpellés lorsque l’ on écoute son intervention à la  15’58  minutes de cette vidéo et qu’ on lit la définition de la dyspraxie :

La dyspraxie est un trouble du développement : il s’agit d’une anomalie de la planification et de l’automatisation des gestes volontaires. Le cerveau n’intègre pas correctement les séquences motrices qui permettent l’automatisation des gestes. A chaque fois que l’enfant effectue un geste, c’est un peu comme s’il l’apprenait pour la première fois.

Je me demande, de plus en plus, pourquoi il est si difficile pour le monde de la dyspraxie de faire le lien entre dyspraxie et proprioception !

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Proprioception et controle moteur_patients… par fabsLab

Avec et sans proprioception …

Je vous propose de visionner une petite série de vidéos très courtes, en anglais, montrant comment les gestes les plus simples pour une personne « normale » deviennent difficiles pour un sujet privé de proprioception. Même si vous ne comprenez pas bien  l’anglais, les images parlent d’elle-même.

Dans la première vidéo, le professeur fait tester à ses étudiants à quel point il est facile pour tout un chacun de se lever et de tendre sa tasse, grâce au système proprioceptif (Clic sur les images):

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proprioception cours 1

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Dans cette deuxième vidéo, le professeur montre à ses étudiants à quel point il est difficile pour une personne privée de proprioception, suite à une infection virale, de se lever de sa chaise ou de lever une tasse :

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proprioception cours 2

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Dans cette troisième vidéo, le professeur montre à ses étudiants le cas d’un patient privé de proprioception, suite à une infection virale, qui a réussi à compenser en partie  la perte de ce sens en utilisant son système visuel. Il doit, en permanence, regarder ses pieds pour marcher et doit constamment contrôler ses gestes à l’aide de sa vision :

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proprioception cours 3

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Enfin, dans cette dernière vidéo, le professeur montre que ce même patient, privé de proprioception, arrive à toucher ses doigts grâce au contrôle de la vision ;  mais que sans elle, ça lui devient très difficile :

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proprioception cours 4

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Ces vidéos nous montrent bien l’importance de ce sens qui nous est si naturel que nous n’avons même pas conscience de son existence…

 

Activité musculaire et apprentissages

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Activité musculaire et apprentissages dans Emissions TV, radio, presse CO7GIfvWUAAx8Zw

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Des travaux récents ont montré que  l’apprentissage est amélioré si on fait intervenir une activité musculaire. Et qui dit activité musculaire dit PROPRIOCEPTION ;) .

Voici quelques extraits d’un article de Rémi Sussan, journaliste au Monde, qui relate les résultats de plusieurs études sur le sujet :

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Apprendre, c’est marcher !

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« Les futurs éducateurs vont peut-être devoir mieux prendre en compte le rôle du corps et de l’exercice dans la pratique éducative.[...]

La marche accroît les capacités cognitives. Par exemple, une recherche effectuée par une équipe interuniversitaire espagnole tend à montrer que les adolescentes qui se rendent à l’école à pied ont de meilleures capacités cognitives (mesurées à l’aide d’un test standard) que celles qui rejoignent leur établissement en bus ou en voiture. Et les jeunes femmes qui marchent plus de 15 minutes s’en tirent mieux que celles qui parcourent une distance inférieure [...]

Cependant, il semble que les bénéfices de la marche ne soient pas simplement dus au fait de « changer d’air » ou de s’aérer l’esprit, mais que l’acte de marcher agisse directement sur le cerveau, du moins si l’on en croit une expérience menée à Stanford.L’étude concernait la créativité. Pour mesurer celle-ci, on recourt à un exercice maintenant classique : il s’agit de trouver un maximum d’usages inédits pour un objet usuel.Comme toujours dans les expériences psychologiques, on a divisé les sujets en deux groupes. En cette circonstance, l’un restait immobile tandis que l’autre marchait. Le nombre de réponses inventives trouvées par le groupe de marcheurs s’est avéré supérieur de 80 % à 100 % à celui qu’obtenaient les personnes assises. Mais cela ne s’arrête pas là. Les chercheurs ont refait l’expérience, mais cette fois les marcheurs restaient à l’intérieur, sur un tapis de course, tandis que les « immobiles » pouvaient se balader dehors, mais en chaise roulante. Résultat, les marcheurs se sont révélé une fois encore les plus créatifs.[...]

Un autre type d’activité semble attirer l’intérêt des scientifiques : ce sont les exercices « proprioceptifs », destinés à augmenter la capacité à percevoir son propre corps, par exemple grimper à un arbre. Selon des chercheurs de Floride, les activités de ce genre augmentent la mémoire de travail d’environ 50 % en un temps très court (deux heures). Parmi les exercices proposés lors de l’expérience, outre la grimpette, figuraient aussi se déplacer sur une poutre, marcher en étant attentif à sa posture, courir pieds nus, ramper et se déplacer entre des objets, etc. A noter que cette étude a été effectuée sur des adultes de 18 à 59 ans, et non sur des enfants. Les chercheurs ont comparé par la suite les résultats de cette sorte d’exercice avec ceux enregistrés par des adeptes du yoga, une discipline dont les postures complexes accroissent cette capacité de proprioception et qui devraient donc, en théorie, elles aussi augmenter notre mémoire de travail. Mais ils n’ont rien découvert de tel. La conclusion en est que c’est la combinaison de la proprioception avec un exercice dynamique qui permettrait d’obtenir ce genre d’effet. [...]

Cette étude relatée par le New York Times, effectuée sur 220 enfants de 9 ans environ. Un âge, où, nous explique le magazine, se développent particulièrement les fonctions exécutives du cerveau, celles qui aident à se concentrer et à jongler entre diverses tâches, bref à planifier nos activés. Le groupe fut divisé en deux, 110 enfants servant de « groupe témoin » tandis que l’autre moitié se livrait après l’école à un programme d’exercices physiques divers, toujours très ludiques. L’expérience dura toute l’année scolaire. A la fin, les petits sujets passèrent divers tests cognitifs et les membres du groupe ayant vécu l’entraînement physique se montrèrent meilleurs dans les domaines liés à ces fonctions exécutives et notamment dans celui de « l’inhibition attentionnelle » qui permet de rejeter les informations sans valeurs et de se concentrer sur la tâche en cours (les enfants du groupe témoin progressèrent aussi, mais dans des proportions moindres). [...]

Il existe aussi des travaux plus expérimentaux, comme ceux menés par Carmen Petrick Smith, de l’université du Vermont, sur l’usage de la Kinect dans la compréhension de la géométrie.

La chercheuse a soumis des enfants d’école primaire à des tests au cours desquels ils devaient, avec leur bras, créer des angles spécifiques (aigu, obtus, droit) leurs actions étant projetées sur l’écran, via la Kinect. Et comme on pouvait s’y attendre, le niveau de compréhension des enfants passés par ce système était supérieur à celui de leurs camarades éduqués par une représentation plus statique – et traditionnelle – des figures géométriques.

Lire l’article dans son intégralité : Apprendre, c’est marcher !

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