Apesanteur, cerveau et proprioception

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Dupond sur la lune

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Pour changer un peu, nous allons partir dans l’espace. :)

Mais, sans trop nous éloigner de notre sujet, puisque j’ai découvert que la proprioception est beaucoup étudiée dans les missions spatiales. J’ai déjà partagé avec vous des articles qui montraient comment la pratique de la danse ou d’un instrument de musique modifiait le cerveau du fait de la plasticité cérébrale liée à la proprioception.

Je vous propose donc cet article de Le Soir, que j’ai trouvé très intéressant, car il montre comment la connectivité du cerveau des spationautes est modifiée dans ses zones liées à la proprioception* (insula, cervelet).  Fascinante proprioception !!!

 

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apesanteur

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L’apesanteur modifie le cerveau

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On savait que l’apesanteur que subissent les voyageurs de l’espace entraîne différents troubles physiologiques dont la perte osseuse, l’altération des muscles et le mal du voyage. En situation d’apesanteur, le système musculo-squelettique n’est plus soumis aux contraintes que la gravité lui impose sur Terre, ce qui entraîne son altération progressive. Des troubles contre lesquels les cosmonautes, généralement sélectionnés parmi les athlètes, se prémunissent partiellement, en pratiquant un entraînement intensif.

Mais on ne savait guère comment l’absence de pesanteur affectait le cerveau. C’est désormais chose faite avec la publication aujourd’hui, dans le journal Brain Structure and Function, des résultats d’une étude sur le fonctionnement du cerveau d’un cosmonaute de 44 ans avant sa première mission spatiale vers l’ISS et après son retour sur Terre, six mois plus tard. Le cosmonaute, dont le nom est resté secret afin de protéger ses données médicales, a effectivement subi deux changements majeurs dans le fonctionnement de son cerveau par rapport à l’analyse effectuée par l’imagerie à résonance magnétique (IRM) fonctionnelle effectuée avant le vol. Les images montrent clairement une connectivité réduite de l’insula dans l’hémisphère droit. L’insula est une composante de base de notre système vestibulaire dans l’oreille interne. C’est elle qui est responsable de l’intégration visuelle et de l’information sensorielle proprioceptive. La proprioception désigne la perception, consciente ou non, de la position des différentes parties du corps. Elle fonctionne grâce à de nombreux récepteurs musculaires et ligamentaires, ainsi qu’aux voies et centres nerveux impliqués. C’est, par exemple, le système vestibulaire qui nous permet, lorsque nous fermons les yeux dans un avion, de percevoir néanmoins les changements de direction.

D’autre part, ce cosmonaute a montré également une connexion plus faible entre son cervelet et les zones cérébrales liées à la motricité.[...]

Pour le professeur Floris Wuyts de l’Université d’Anvers, qui coordonne le projet, « si ces résultats ne constituent pas une surprise, car on savait déjà que les cosmonautes rencontraient divers problèmes moteurs à leur retour de l’espace (vitesse, précision et coordination des mouvements) ; c’est cependant la première fois que l’on peut visualiser ces changements dans le cerveau et démontrer leurs effets sur le fonctionnement cérébral ». [...] 

Les chercheurs vont maintenant poursuivre leurs investigations en continuant à s’intéresser aux altérations du cerveau des astronautes. Mais pas uniquement : selon eux, ce type de recherches est également très pertinent pour des patients alités depuis plusieurs mois ou connaissant un syndrome vestibulaire.

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L’article dans son intégralité : L’apesanteur modifie le cerveau

 

Note * : La proprioception est étroitement liée au système postural qui est notre capacité à maintenir une posture en s’opposant à l’effet de l’apesanteur. La lutte contre cette force est sous la dépendance du tonus des muscles antigravitaires (muscles extenseurs des membres inférieurs, muscles paravertébraux).

Note : D’après ce document de l’Aadys, on observe chez les spationautes des troubles de type dysgraphie et dyslexie dans les jours qui suivent leur retour sur terre. (Je me demande de plus en plus pourquoi si peu de monde  travaille sur le lien entre proprioception et troubles des apprentissages !!!) :

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Spationautes

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Thèse : Dyslexie et prise en charge proprioceptive

 

Je vous propose la lecture de cette thèse pour le diplome d’Etat de Docteur en Médecine, de Sylvain Lamotte, portant sur l’apport de la prise en charge proprioceptive chez le dyslexique (Clic sur l’image).

Bonne lecture !

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thèse dyslexie et ttraitement proprioceptif

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En voici la conclusion :

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Ce travail, par son caractère qualitatif, a permis d’explorer l’aspect intéressant de données subjectives. En laissant exprimer librement les idées, les patients nous font un rappel important du caractère handicapant de la dyslexie. Leur langage écrit étant touché, les conséquences sur l’apprentissage sont importantes. Ces difficultés arrivent à un moment clé de leur construction. Il ne faut pas oublier que ces enfants ressentent une véritable souffrance. Et de nos jours, la dyslexie reste un handicap avec de fortes conséquences psychologiques.
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A côté de ce constat, avec la mise en place de la prise en charge proprioceptive, apparaît dans leur discours la notion de bénéfice. En effet, sur le panel interrogé, tous rapportent le ressenti d’un changement avec le traitement proprioceptif. On retrouve des améliorations dans les domaines de l’apprentissage. Ceci leur permet bien sûr de mieux réussir dans le milieu académique, mais aussi de mieux vivre leur trouble, de retrouver confiance en eux.
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Un aspect important qui a été souligné par tous, c’est le plaisir de lire. Pour ces enfants, initialement, la lecture apparaît comme la bête noire, une compétence extrêmement compliquée. Or, l’apport de la prise en charge proprioceptive leur a permis de s’approprier la lecture et même d’en ressentir un certain plaisir, malgré la persistance de quelques troubles.
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Au contact des patients bénéficiant de cette prise en charge, on ne peut pas rester indifférent face à leur satisfaction.
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Le travail ici présenté n’a pas l’ambition de prouver de manière scientifique l’efficacité de l’apport de la prise en charge proprioceptive, mais laisse percevoir des résultats prometteurs. Même s’il est demandé de multiplier les études pour en apporter de nouvelles preuves scientifiques, le ressenti clinique laisse paraître des résultats encourageants. Et si les études futures se poursuivent avec des résultats allant dans ce sens, cela pourrait avoir une incidence considérable chez ces enfants en grande souffrance
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Note 1 : Cette thèse provient du site de la Seropp
Note 2 : Le Dr Virlet, Directeur de thèse, était à l’origine d’une étude très intéressante sur 100 jeunes  : Troubles spécifiques des apprentissages et syndrome de déficience proprioceptive ; fréquence, corrélation et valeur de dépistage?  Cette étude portant sur 100 enfants, qui avait montré une forte corrélation entre la présence d’une hétérophorie verticale labile et la présence de TSA , va maintenant être répliquée sur 1200 enfants et 120 médecins généralistes (étude DA-TSA).

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Proprioception et Troubles des Apprentissages

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Proprioception et Troubles des Apprentissages dans Dys 2_skater

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Nous connaissons tous nos cinq sens: l’ouïe, l’odorat, le toucher, la vision et le goût. Or, il en existe un autre que nous utilisons constamment, il nous est si naturel que nous n’avons même pas conscience de son existence : la proprioception.

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I. Qu’est-ce que la proprioception ?

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La proprioception est notre capacité à nous percevoir nous-même sans avoir recours à la vision. C’est le sens qui  permet de renseigner notre cerveau sur la position de nos différents segments corporels entre eux, de connaître à tout moment la position de notre corps dans l’espace environnant et qui lui montre comment se mouvoir. Elle se compare à un GPS qui s’appuie sur un système de référence  nommé schéma corporel, (représentation que chacun se fait de son propre corps, sa forme, son volume). Elle nous indique, à chaque instant, la position exacte de notre corps en trois dimensions.

Elle fonctionne avec des millions de petits capteurs sensoriels situés dans tous nos muscles (notamment les muscles oculomoteurs), dans la peau (notamment celle de la plante des pieds qui est très riche en capteurs de pression de différents types), les tendons, les ligaments et les articulations (notamment ceux de l’appareil manducateur). Ils adressent en permanence des signaux qui transitent par nos nerfs sensitifs vers notre moelle épinière, puis vers le cervelet et le cerveau qui les analyse et, selon les besoins de la situation, réagit en contractant ou en relâchant certains muscles.

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capteurs-propriocetifs dys dans Proprioception

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In-utéro, le fœtus est contenu en flexion dans l’utérus maternel, ce qui lui permet d’éprouver sa musculature, sa sensation profonde ligamentaire et tendineuse, ce qu’on appelle la proprioception, au cours de mouvements vifs d’extension et d’enroulement.

La proprioception joue ensuite un rôle majeur dans l’élaboration du schéma corporel qui  se construit durant l’enfance. Celui-ci est constamment mis à jour en fonction de ce que nous faisons et de ce que nous subissons, comme une blessure, un changement de poids, une poussée de croissance à l’adolescence, etc. En effet, la proprioception fait appel à la plasticité du cerveau, sa capacité d’adaptation aux changements.  

Chez le bébé, l’apprentissage moteur nécessite, au départ, le secours de la vue pour organiser les mouvements et les contrôler ;  puis au fur et à mesure que l’apprentissage progresse ceux-ci vont passer dans l’automatisme. Tous ces mouvements automatiques se construisent petit à petit, l’enfant n’a plus besoin de la vue pour bouger, il se base sur ses habitudes motrices, ses automatismes inscrits : « l’automatisme, c’est le proprioceptif ». (Pr Jacques Paillard, CNRS)

La proprioception est donc à l’origine des qualités de coordination et d’adresse. Ces deux qualités fondent les habiletés motrices. Une bonne proprioception nous est indispensable pour le maintien de nos postures, lors de nos déplacements, ainsi que pour assurer la coordination de nos mouvements. Elle nous permet d’écrire lisiblement, de marcher en ligne droite, de danser en suivant le rythme de la musique, d’être performant lors d’une activité physique, de jouer d’un instrument de musique, etc.

 

Enfin, la proprioception joue un rôle fondamental dans la façon dont notre cerveau gère les informations venant de nos autres sens. Le Pr JP Roll (CNRS) considère la proprioception comme « le  sens premier, celui qui donne du sens aux autres sens » :

 

 « Comment pourrions-nous localiser une cible visuelle dans l’espace sans que le système nerveux soit précisément informé du lieu où se trouve le corps et notamment l’œil ? »  

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En effet, la proprioception ne fonctionne pas indépendamment, mais en connexion avec les autres organes des sens et influence fortement leur travail en donnant constamment au cerveau l’indication de leur place respective dans le corps (par exemple, les muscles oculomoteurs renseignent le cerveau sur la position des globes oculaires dans leur orbite). La proprioception permet de localiser les informations visuelles et auditives et joue ainsi un rôle important dans la manière dont le cerveau va traiter ces informations.

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capteur oculaire

Le capteur oculaire

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Image de prévisualisation YouTube

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II. Dysproprioception et troubles des apprentissages

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Quand ce sens dysfonctionne, pour des raisons encore inconnues, sauf dans le cas du Syndrome d’Ehlers Danlos, on trouve des atteintes, à des degrés divers, dans trois domaines où intervient la proprioception :

-des troubles posturaux : quand la proprioception est mal réglée, le tonus musculaire est asymétrique et progressivement la posture  se  dégrade. L’enfant se tient de travers alors que sa proprioception lui fait croire qu’il est droit, ceci engendre des tensions musculaires douloureuses et une attitude scoliotique. Ce sont d’ailleurs ces anomalies de la posture qui ont amené le Dr Henrique Martins de Cunhà, médecin portugais, à décrire le « syndrome de déficience posturale » dans les années 80.

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attitude scoliotique

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-des troubles de la localisation spatiale : à l’origine de maladresses, de sensations vertigineuses, de difficultés pour attraper un objet du premier coup, d’une sensation d’inconfort dans la foule, du mal des transports, etc.

-des anomalies perceptives (aboutissant à des troubles cognitifs) : Les informations provenant des différents organes des sens tels que la vue, l’ouïe et la proprioception doivent être organisées de façon synchrone et être cohérentes avec les données de l’environnement immédiat, pour permettre au cerveau de les traiter correctement et de fonctionner au maximum de ses capacités. Sinon, il est perpétuellement en état de vigilance, de « stress », pour vérifier les informations et assurer la survie : ne pas tomber, ne pas se cogner, etc. Un exemple simple pour décrire cet état est celui du lecteur assis près d’une fenêtre dans un train à l’arrêt. Le train est immobile, les pieds, l’oreille interne, les muscles et les yeux envoient l’information que le corps ne bouge pas, le lecteur peut se concentrer sur son livre. Soudain, le train sur la voie d’à côté se met lentement en mouvement ; la vision périphérique du voyageur (système magnocellulaire sensible aux variations de mouvements = système proprioceptif) a capté le mouvement de manière inconsciente et envoie ce signal au cerveau, alors que les pieds, les muscles et l’oreille interne continuent d’envoyer le signal de l’immobilité du corps. Le cerveau ne comprend plus la situation et  le lecteur va se sentir obligé de quitter son livre pour vérifier la véracité de ces informations. Quand  il a compris la situation, il va beaucoup mieux et peut reprendre le fil de son histoire. Le cerveau d’un enfant souffrant d’un dysfonctionnement proprioceptif est dans cet état de vigilance, en permanence. Chez cet enfant, un nombre trop important d’erreurs causées par un trouble de la proprioception serait à l’origine d’une incohérence entre les différentes informations sensorielles. Dès lors, ces nombreux biais perceptifs affecteraient le traitement de ces informations et seraient responsable de l’apparition de troubles développementaux de l’attention visuelle et d’anomalies de la conscience phonologique.

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Selon le Dr Quercia (Ophtalmologiste, chercheur associé INSERM ), qui étudie l’impact d’une dysfonction de ce sens sur les apprentissages :

«  les informations auditives et visuelles sont mal utilisées par le cerveau et aboutissent à des troubles des apprentissages de type dyslexique ou dyspraxique, mais peut-être aussi de type dysphasique. La mauvaise localisation proprioceptive (de la main et des doigts), le mauvais contrôle de la motricité fine et la mauvaise localisation visuelle du tracé aboutissent à une dysgraphie.[...] La proprioception oculaire est portée par le nerf trijumeau qui véhicule aussi les informations provenant de la langue et des muqueuses de la bouche. Ainsi, lorsque la proprioception oculaire est anormale, le patient pourra avoir des signes particuliers au niveau de la bouche : malocclusion (le plus souvent les incisives supérieures en avant) avec mâchoire trop étroite, déglutition infantile, respiration buccale… Le plus ennuyeux est la présence d’hypopnées nocturnes liées en grande partie à un trouble du tonus de la langue et des muscles du pharynx. L’enfant a des nuits agitées, il est alors constamment fatigué et les enseignants constatent des troubles de la concentration. Au trouble dys va s’ajouter un trouble de Déficit de l’Attention (TDA) avec parfois Hyperactivité (TDAH)».

En Effet, il est beaucoup plus facile pour le cerveau de maintenir le corps en équilibre, dans le mouvement. Le cerveau doit savoir où est le corps en permanence et s’il ne peut pas localiser les différentes parties du corps quand l’enfant est au repos, alors celui-ci devra activement déplacer ses muscles pour que l’esprit se “sente connecté” avec le corps.

 

L’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages s’inscrit donc parfaitement dans la « constellation » des dys décrite par Michel Habib (Neurologue), même si la relation entre proprioception et troubles « dys » est encore fortement niée par le monde médical.

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Syndrome+hyperkin%C3%A9tique%2F+Syndrome+h%C3%A9misph.+droit proprioception dans SED

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III. Traiter la dysproprioception

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(Note : Le traitement  proprioceptif des troubles des apprentissages est une thérapie émergente, en cours de validation scientifique.)

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maddox-poxtural-300x219 SDP/dysproprioception dans TDA/H

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En modifiant expérimentalement la proprioception par l’utilisation de vibrations à haute fréquence et faible amplitude, on a pu mettre en évidence l’existence de véritables chaînes proprioceptives agissant ensembles pour donner une information spatiale ou modifier la posture. Ces chaînes proprioceptives partent des yeux et vont jusqu’aux pieds, le traitement proprioceptif vise à rétablir un fonctionnement harmonieux de cette chaîne proprioceptive.

Pour mettre en évidence une dysproprioception, le médecin posturologue  réalise un bilan proprioceptif qui doit montrer des atteintes dans les trois domaines où intervient la proprioception. Son travail consiste ensuite en une longue « reprogrammation » de ce sens,  en s’appuyant sur la plasticité cérébrale et en agissant sur différents capteurs à l’aide de leurres sensoriels, de manière à donner au cerveau de nouvelles et bonnes informations proprioceptives.

Il agit pour cela :

- sur les capteurs des muscles oculaires pour une remise en tension de ces muscles par le port permanent de prismes dans des lunettes. Ceux-ci dévient très légèrement la lumière arrivant sur la rétine et modifient la perception de l’espace visuel, notamment en périphérie. Ils provoquent immédiatement une modification posturale en agissant principalement sur la partie supérieure des chaînes proprioceptives.

- sur les capteurs de la plante des pieds, en modifiant la sensibilité plantaire par le port permanent de semelles proprioceptives (ou posturale). En changeant la perception du sol, elles aident à ré-équilibrer le travail des muscles engagés dans la régulation de la posture. Elles agissent essentiellement sur la partie basse des chaînes proprioceptives.

-sur le capteur manducateur qui donne des informations essentielles à la régulation posturale, à l’aide de micro épaisseurs posées sur les dents (ALPH), si l’examen montre une interférence entre les informations proprioceptives oculaires et les informations de la bouche. Les « ALPH » améliorent l’occlusion dentaire et restaurent une sensibilité normale de la bouche.

- et demande de pratiquer des exercices musculaires spécifiques  journaliers, ainsi que le maintien de certaines postures, afin d’harmoniser la fonction des chaînes musculaires et de modifier en profondeur les informations proprioceptives erronées.

Cette rééducation proprioceptive n’est pas une baguette magique qui va résoudre tous les problèmes immédiatement, surtout si le dysfonctionnement est important. C’est une reprogrammation longue qui va prendre plusieurs années et demander beaucoup de vigilance, car la proprioception est un sens sensible à d’infimes variations (et la croissance des enfants va la mettre à rude épreuve). S’appuyant sur la plasticité cérébrale, cette rééducation impose un respect strict et permanent des différents éléments du traitement. En effet, dès lors que l’un d’eux n’est plus observé,  les informations erronées données par les capteurs proprioceptifs correspondants vont entraîner une régression rapide, la plasticité du cerveau jouant alors contre le patient.

En parallèle du traitement proprioceptif, il faudra continuer les autres rééducations : orthophonie, orthoptie, ergothérapie, etc. Ces rééducations s’avèreront plus efficaces, car elles vont maintenant s’appuyer sur un terrain sensoriel de bonne qualité.  Les progrès de l’enfant dépendront de l’intensité du trouble proprioceptif initial, de son origine, de ses capacités de compensations, de l’importance des retards accumulés, etc.

S’agissant d’une rééducation globale du sens proprioceptif, celle-ci va non seulement agir sur les symptômes cognitifs, mais aussi sur tous les symptômes physiques induits par une dysproprioception. Ceux-ci vont petit à petit s’améliorer et disparaître : maux de tête, de dos, de ventre, mal des transports, douleurs musculaires, maladresse, énurésie, encoprésie, etc. (selon les symptômes que présentait l’enfant).

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IV. Conclusion

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Contrairement aux cinq autres sens connus depuis Aristote, c’est seulement à la fin du XIXème siècle que Charles Sherrington (Prix Nobel de médecine en 1932) aborde le concept de Proprioception.  Aujourd’hui, la médecine continue globalement d’ignorer ce sens particulier, alors que tout le monde gagnerait à mieux le connaître puisqu’il semble être à la base des autres sens. Les travaux de recherche sur la proprioception sont encore très récents et les dysfonctionnements du sens proprioceptif encore bien mal connus. Malheureusement, le nombre de chercheurs intéressés par le sujet reste ridiculement faible, quand on l’oppose à l’importance que semble revêtir la proprioception dans le développement psychomoteur et cognitif de l’enfant. Pourtant, le rôle d’un chercheur n’est-il pas de poser son esprit là où nul autre ne l’a posé avant lui ?

Pour ma part, ayant passé de longues heures à lire et visionner des documents pour essayer de mieux comprendre ce sens et ses dysfonctions, je reste étonnée de la crispation qui perdure autour de ce sujet et du rejet que rencontre l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages. Après le tout psychologique, le tout neuropsychologique domine, rejetant violemment  cette autre hypothèse. Pourtant, le cerveau se nourrit de ses perceptions et tous les acteurs du monde des dys s’accordent sur ce point : avant de poser un diagnostic de dys, il faut éliminer un trouble sensoriel :  faire contrôler la vue et l’audition. Personne ne doute du fait qu’un enfant qui voit, ou entend mal, aura du mal à rentrer dans les apprentissages scolaires. Alors, pourquoi une dysfonction de la proprioception n’aurait-elle pas, elle aussi, un impact sur ceux-ci ? Comment un enfant peut-il correctement diriger son regard et automatiser le « geste » de ses yeux si son cerveau n’est pas correctement renseigné sur la position spatiale de ses globes oculaires ? Comment automatiser le geste d’écriture quand le cerveau ne localise pas correctement la position de la main et des doigts ?

Je persiste à ne pas comprendre pourquoi les médecins de Physique et Réadaptation ne s’interrogent pas plus sur le rôle de la proprioception dans la dyspraxie, alors que certains médecins de cette spécialité, les Pr Hamonet et Jaussaud  ont fait le lien entre désordres moteurs du Syndrome d’Ehlers Danlos (SED) et dysproprioception. Le premier considère d’ailleurs comme acquis le lien entre SED et troubles cognitifs (dyslexie, dyspraxie, dysgraphie, troubles attentionnels, etc.), 68% des patients SED présentant aussi ces pathologies.

Je persiste à ne pas comprendre le manque de curiosité intellectuelle du monde de la recherche médicale, ce rejet d’autorité d’une nouvelle approche conceptuelle en médecine : l’histoire, parfois contemporaine, ne lui a-t’elle rien appris ?

Des études récentes commencent à démontrer le lien entre certains TDA/H et des problèmes de sommeil, rejoignant ainsi les constats du Dr Quercia. Combien d’années faudra t’il encore pour que le monde médical se penche de plus près sur la bouche de ces enfants et les dysfonctionnements proprioceptifs de l’appareil manducateur,  leur évitant ainsi, parfois, des traitements médicamenteux lourds ?

En conclusion, si votre enfant présente des troubles des apprentissages, demandez-vous si ses dys sont isolés ou s’ils ne sont qu’un symptôme parmi d’autres. Regardez bien votre enfant, observez sa posture, sa mâchoire, la position de sa langue, son sommeil. Et si vous le retrouvez dans les descriptions données ci-dessus, alors posez-vous la question d’un dysfonctionnement proprioceptif chez lui. Plus il sera pris en charge tôt et plus votre enfant aura un développement physique et cognitif harmonieux.

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Note : Cet article est loin d’être exhaustif, le sujet étant tellement vaste et je vous invite à l’ approfondir en découvrant les liens ci-dessous et notamment les travaux du Pr Alain Berthoz, Professeur au collège de France,  sur le couple perception/action, que je n’ai pas développé pour  rendre cet article accessible au plus grand nombre.

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Sources :

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Proprioception: The Sense Within /The Scientist

La proprioception, un 6e sens qui pourrait vous être fort utile, Denis Fortier (Physiothérapeute)

Découvrez le 6e sens qui vous rend meilleur dans (presque) tout! , Denis Fortier (Physiothérapeute)

Livre : « Le bébé en mouvement », Lucie Meunier(Psychomotricienne)

Rôle de la proprioception dans le contrôle moteur (Intervention du Pr Jacques Paillard, CNRS)

Système proprioceptif et proprioception (Regis Thouvarecq, Professeur des universités)

Schéma corporel : une approche neurosensorielle, ( : directeur de recherche au C.N.R.S.)

« Influence de la proprioception cranio-faciale sur le Controle postural et la stabilisation du regard » (Thèse de Doctorat, Neurosciences : Pierre GANGLOFF)

« Etude des liens entre systèmes visuel et proprioceptif »( Thèse de Doctorat, Neurosciences :Pascale TOUZALIN-CHRETIEN)

Le proprioception, un sens premier ? Pr Jean Pierre Roll (CNRS)

Ehlers-Danlos, une errance médicale jusqu’à l’absurde. Pr Hamonet, médecin spécialiste de Médecine Physique et de Réadaptation

Entretien avec Alain Berthoz, (professeur au Collège de France)

Le cerveau et le mouvement : le sixième sens , Alain Berthoz (professeur au Collège de France)

Oculus Rift : jouer ou vomir, il faut choisir ? (L’OBS avec Rue 89)

Pour mieux comprendre la dyslexie (p23/26), Joëlle Lemaire (Ostéopathe spécialisé en thérapie neurodéveloppementale)

Document patients, Dr Patrick Quercia  (ophtalmologiste, Chercheur associé – Unité INSERM U1093)

Constellation des dys et ses rapports avec l’efficience intellectuelle, Michel Habib (Neurologue)

Pourquoi l’ophtalmologiste est concerné par la posturologie ? Dr Patrick Quercia (ophtalmologiste, Chercheur associé – Unité INSERM U1093)

Dysproprioception (Site du Dr Quercia)

Commentaires sur la cinquième proposition de classification du syndrome d’Ehlers-Danlos par les généticiens (Pr Claude Hamonet, Médecine Physique et de Réadaptation)

La proprioception et le SED (Pr Roland Jaussaud, Médecine Physique et Réadaptation)

Ehlers-Danlos Syndrome (EDS) a Diagnostic Trap for the Neurologist, an  Iatrogenic Risk for the Patient (Pr Claude Hamonet, Médecine Physique et Réadaptation)

Les enfants avec un TDAH dorment moins bien que les autres enfants

Hyperactivité : et si c’était une apnée du sommeil ?

HYPERACTIVITÉ (TDAH) : Est-ce principalement une forme de trouble du sommeil ? (ECNP Congress for Applied and Translational Neuroscience)

Caractéristiques orthodontiques des enfants dysproprioceptifs

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sommeil enfant bave

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Voici un article très intéressant du Dr Anne-Lise CASTAN sur les caractéristiques orthodontiques, encore peu connues, de l’enfant dyslexique/dysproprioceptif:

Extrait :

Pour positionner la langue à l’intérieur de la cavité buccale, le cerveau doit recevoir des informations pour le renseigner sur sa position. Elles lui proviennent à partir des capteurs de surface situés dans les gencives, les muqueuses, la surface linguale ou encore à partir de récepteurs situés dans les muscles même de la langue.

Or, on sait que les dyslexiques présentent des troubles de la proprioception corporelle c’est à dire qu’ils ont des difficultés à ressentir avec précision la position de leur corps et à bien se situer dans l’espace environnant. La langue n’y échappe pas [...]

La dysfonction linguale s’accompagne également de perturbations au niveau de la respiration.

Lors du sommeil, la langue tend à tomber en arrière et à venir oblitérer le couloir dédié au passage de l’air vers les poumons. Le taux de gaz carbonique augmente progressivement et le cerveau finit par déclencher des microréveils d’urgence afin que l’enfant reprenne une grande inspiration. Ces brefs réveils ne laissent aucune trace dans la mémoire de l’enfant mais provoquent des maux de tête au réveil, l’oubli des leçons pourtant apprises la veille, une grosse fatigue ou au contraire une hyperactivité diurne. [...]

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L’article dans son intégralité : Les caractéristiques orthodontiques des dyslexiques

Voeux 2018

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voeux 2018

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Que 2018 soit l’année de toutes les réussites et de toutes les joies pour vous et vos proches !

Et que 2018 voit aussi avancer la reconnaissance et la prise en charge de la dysproprioception, pour le bien du plus grand nombre d’enfants  (et d’adultes ;) ) dysproprioceptifs  !

Il y a deux mois, la médecine scolaire me répondait que le traitement proprioceptif que suit Marc depuis un peu plus de quatre ans, seul traitement qui lui a enfin permis de réaliser des progrès notables tant au niveau scolaire que physique, ne « comptait pas » dans les rééducations admises pour les demandes d’aménagements d’examens… Et cela dans la cité des Ducs de Bourgogne, dans la ville même où se situe l’unité Inserm de laquelle le Dr Quercia est chercheur associé !

Il est temps que les choses changent !

Communiquer avec la médecine scolaire sur les progrès de mon loulou grâce au traitement proprioceptif va donc être mon premier chantier de l’année 2018. Je  partagerai sans doute mes démarches sur ce blog, par la suite, pour donner des idées à d’autres familles. A nous parents, familles, de soutenir nos médecins et chercheurs. Je sais que des projets couvent ailleurs, que des patients ont le désir de faire bouger les choses. Alors, en route pour une meilleure connaissance et reconnaissance du SDP en 2018 !

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Bonne et heureuse année à tous !

Colloque SED 2018

 

QUATRIEME COLLOQUE INTERNATIONAL EHLERS-DANLOS 2018

FOURTH INTERNATIONAL COLLOQUIUM 2018

Ehlers-Danlos, aspects cognitifs et psychopathologiques.

Ehlers-Danlos, cognitive and psychopathologic aspects

Samedi 17 Mars 2018

9h00 – 18h. Amphithéâtre CHARCOT

Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, 47 boulevard de l’hôpital 75013 PARIS

Organisateurs :

Professeur Claude Hamonet (Université Paris-Créteil), Docteure Carolina Baeza-Velasco (Université Paris-Descartes), Professeur David Cohen (Université Pierre et Marie Curie) avec le soutien d’un comité scientifique international.

Avec la participation d’intervenants d’Espagne, de France, de Grande-Bretagne, de Norvège et de Suède. Inscription obligatoire, sans frais: sylvie.grimme@gmail.com

 

Objectifs :

Ce nouveau colloque international, centré sur les aspects cognitifs et psychopathologiques du syndrome d’Ehlers-Danlos (SED), est mis en place par un comité d’enseignants et de chercheurs avec le soutien d’associations de professionnels de santé et de patients, mobilisées autour du SED.

Le syndrome d’Ehlers-Danlos apparaît aujourd’hui comme la conséquence d’une atteinte héréditaire diffuse du tissu conjonctif. Les premiers descripteurs sont des dermatologues qui ont mis en évidence les signes les plus apparents: la fragilité de la peau (ecchymoses), son étirabilité excessive et l’hypermobilité des articulations. Longtemps cette maladie s’est résumée à ces trois signes qui ont lourdement marqué son Histoire jusqu’à maintenant, notamment l’hypermobilité.

Par contre, les manifestations cognitives et psychologiques ont longtemps été et, sont encore, négligées, parfois reléguées au rang de « co-morbidités ». Cette situation crée beaucoup de confusions tant du côté des médecins qui suivent des patients atteints qui retrouvent chez les enfants avec un SED, des difficultés d’apprentissages et des « dys », que du côté des pédopsychiatres qui, le plus souvent, ne connaissent pas le SED. Ces manifestations cognitives sont une cause de situations de handicap tout au long de la vie personnelle et professionnelle. Elles jouent un rôle très important dans la désinsertion professionnelle. Un lien avec le SED, les troubles anxieux du neurodéveloppement et autres s’est fait jour, ouvrant de nouvelles perspectives thérapeutiques. Au delà de ces associations, on observe une tendance, malheureusement trop répandue en pratique médicale, de considérer que si les symptômes ne s’expliquent pas, « c’est dans la tête ». Cette psychiatrisation, notamment des douleurs et des désordres proprioceptifs, a des conséquences désastreuses, induisant des traitements qui aggravent le syndrome proprioceptif en précipitant les patients dans une exclusion difficile à corriger. Pour toutes ces raisons, il nous a paru nécessaire de réunir psychiatres, psychologues, praticiens, enseignants et éducateurs formés au SED pour un confrontation séméiologique et la découverte de nouvelles orientations à la fois thérapeutiques et sociales.

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A l’occasion de ce colloque, le Dr Quercia va présenter le lien entre dysproprioception et troubles des apprentissages.

Programme complet (Clic sur l’image) :

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ehlers danlos

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L’entrée est libre mais sur inscription obligatoire. Petite précison importante, les professionnels de santé sont prioritaires pour les inscriptions au colloque puisque le but est de faire connaître le SED au corps médical afin de donner une meilleure prise en charge aux patients.

SDP et dyslexie : les prismes posturaux

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recherche

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Voici un poster faisant le point sur l’état des connaissances actuelles concernant la physiopathologie du SDP, les moyens de traitement, l’état de la recherche (clic sur l’image):

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poster quercia

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Dys et dysproprioceptif ?

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Tidys maux de ventre

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Votre enfant est dyslexique, dyspraxique, dysgraphique, TDA/H etc., mais ses troubles dys peuvent-ils avoir pour origine un dysfonctionnement proprioceptif ?

Comme je l’ai expliqué dans un article précédent, quand la proprioception dysfonctionne on trouve des atteintes, à des degrés divers, dans trois fonctions où intervient la proprioception :

-des troubles posturaux (hypertonie musculaire et asymétrie posturale)

-des troubles de la localisation spatiale

-des anomalies perceptives

La physiopathologie du SDP est résumée dans le schéma suivant (Clic sur l’image):

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physiopathologie du SDP

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Un dysfonctionnement proprioceptif peut donc être à l’origine de nombreuses manifestations physiques et cognitives que le Dr Quercia, chercheur associé à l’INSERM, a recensé dans un questionnaire d’orientation qui liste 55 signes cliniques (clic sur l’image) :

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Quiestionnaire quercia

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Un enfant atteint de SDP présente obligatoirement des atteintes dans les trois fonctions touchées par la dysproprioception, mais dans un premier temps et pour faire simple, on peut dire que si votre enfant présente moins de 10 réponses positives, il y a peu de probabilité qu’il soit dysproprioceptif.

Au contraire, s’il remplit facilement au moins 15/20 items, il l’est probablement et seul un examen proprioceptif pourra confirmer le diagnostic.

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réponses positives questionnaire

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Pour aller un peu plus loin, on peut se pencher sur ce questionnaire d’orientation et essayer de voir laquelle des trois fonctions touchées par la dysproprioception recouvre chaque signe clinique. Je vais m’appuyer pour cela sur un diaporama réalisé par le Dr Balaguier (ophtalmologiste), même si le questionnaire a évolué depuis et recense aujourd’hui plus de signes cliniques :

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Signes musculaires

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tidys fatigue

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signe anomalie de la localisation spatiale

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tidys foot

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signe troubles perceptifs

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tidys école

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Enfin pour une information beaucoup plus complète, je vous propose de visionner les vidéos où le Dr Quercia reprend certains de ces points :

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Image de prévisualisation YouTube

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Image de prévisualisation YouTube

Note 1 :  Les images de Tidys proviennent du livret « Les fabuleuses aventures de Tidys » auquel ont collaboré Mmes Zamanski et Huver qui m’ont donné l’autorisation d’utiliser leur personnage.

Note 2 : Le tableau de la physiopathologie du SDP provient du poster : Syndrome de dysfonction proprioceptive (SDP) et dyslexie : les prismes posturaux.

Bouche, vision et troubles dys

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nerf trijumeaux

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Pour la plupart des personnes n’ayant aucune connaissance sur la proprioception, l’association entre bouche et troubles dys est pour le moins impossible à comprendre. Et pourtant, nous, parents d’enfants dysproprioceptifs, savons à quel point ce qui se passe dans leur bouche peut impacter leur état général ou leurs résultats scolaires. La prise en charge de la dysproprioception de l’appareil manducateur est d’ailleurs, aujourd’hui, un point crucial de la réussite du traitement proprioceptif des troubles des apprentissages, comme le précisait déjà le Dr Quercia en 2009 :

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Par ailleurs, la proprioception oculaire étant portée au cerveau par le nerf trijumeau qui innerve aussi les muscles masticateurs et une grande partie de la bouche et de la langue, il existe de très fortes interférences entre proprioception oculaire et bouche. En fait, plutôt que de parler de proprioception oculaire il serait plus logique de parler d’informations trigéminées. Ainsi, un grand nombre de dyslexiques (72% sur une série de 80 cas) présentent un syndrome dit « de dysperception stomatognatique (décrit par le Dr A. Marino) » associant à des degrés divers : respiration orale, déglutition primaire, position basse de la langue et évolution de l’occlusion des mâchoires vers une classe orthodontique dite « 2 » (mâchoire supérieure en avant et trop étroite avec encombrement dentaire, protrusion des incisives supérieures vers l’avant, mâchoire inférieure trop en arrière). [...] Toute action sur l’appareil manducateur pourra avoir chez ces enfants un impact très brutal sur le traitement proprioceptif (en positif ou négatif) et doit donc être pris en charge par un spécialiste connaissant le rôle neuro-sensoriel de la bouche. 

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*On peut aussi lire cette explication d’une orthodontiste sur son site « Dys et orthodontie » :

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Le nerf trijumeau

Le nerf Trijumeau (Vème paire de nerfs crâniens) irradie la face, les dents, les lèvres, les gencives, la langue, le palais, les muscles masticateurs, etc.

Il reçoit également des ramifications depuis :

  • Les muscles des yeux
  • Le tympan
  • La moelle épinière

Au niveau du cerveau, des neurones dits multisensoriels traitent à la fois les informations du champ auditif, visuel et postural.

Ainsi toute perturbation ou action thérapeutique sur une de ces portes d’entrées, va agir sur l’ensemble du corps.

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Nerf-trijumeau

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Si vous voulez creusez la question, je vous conseille de lire cette Thèse de doctorat en neurosciences de Pierre GANGLOFF, Docteur en Chirurgie Dentaire :

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S’agissant d’une thèse, la lecture en est un peu ardue pour les profanes, mais elle a le mérite de reprendre les bases du sujet et elle démontre qu’il y a une relation nette entre l’occlusion dentaire, le contrôle postural et la stabilisation du regard chez les sportifs, tireurs professionnels.
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dent souris
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Ceux qui me suivent et lisent mon journal du traitement proprioceptif ont pu voir à quel point mon fils était sensible au niveau de la bouche, au point que chaque fois qu’il a perdu une dent, il régressait et présentait des maux de ventre, parfois  assez violents. Mais, il n’est pas le seul enfant dysproprioceptif à être aussi sensible, nous l’observons dans mon groupe de discussion, où demander si l’enfant qui régresse subitement n’a pas perdu une dent récemment est devenu une question rituelle.
Il se trouve que l’un de ces enfants a une telle sensibilité au niveau de la bouche, que la perte d’une canine a eu aussitôt un impact sur sa perception visuelle et a provoqué une négligence spatiale brutale et évidente. Du coup, j’ai trouvé le phénomène tellement épatant que j’ai souhaité vous le faire partager (avec l’autorisation de sa maman).
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Dans un premier temps, voici une page « normale » du cahier de cet enfant dysproprioceptif, dyspraxique. On voit que l’écriture est coûteuse, mais qu’il perçoit correctement la marge :
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dictée anonymé 2
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Il y a quelques jours, sa maman poste le message suivant, suivi de photos de cahier :
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Hier soir, mon fils (dont j’ai publié la dictée) a perdu une canine inférieure et regarde aujourd’hui, il est très loin de la marge, il a fait ça dans tous les cours dont sûrement un contrôle de techno dont j’aurai le retour la semaine prochaine. Je vais passer pour une débile si j’explique cela au prof : « c’est à cause de la dent, dsl »
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Donc, le 29 novembre au soir, il perd une canine et le lendemain, il néglige visuellement une partie de la page :
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cahier dent 2
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Autre production, ce même jour :
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négligence spatiale2
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Autre production dans une autre matière, le même jour, où on voit que l’enfant peine et a du mal à tenir la marge :
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Français dent
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Enfin, ici, le surlendemain, l’alignement est déjà meilleur, même si on voit bien que l’enfant peine encore sur la fin :
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lendemain dent
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Et voici la responsable de ce désordre, aussi étonnant et improbable que ça puisse paraître  :
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coupable
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Note 1 : Images dissection du nerf trijumeau provient de la thèse de Pierre Gangloff, l’autre image du nerf trijumeau du site Doctorette et la petite souris du blog Les tribulations d’une famille française en Californie.
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Note 2 : Les Drs Quercia et Marino ont consacré un livre à cette problématique « Œil et bouche » (Clic sur l’image) :
Depuis près de 40 ans la posturologie permet de mieux comprendre et de traiter les douleurs chroniques de milliers de patients. Cependant, le trouble visible de la posture n’est souvent que l’expression mécanique d’une dysfonction sensorielle sous-jacente qui touche la proprioception. Les multiples rôles de cette dernière expliquent que des symptômes très variés et très déconcertants comme la dyslexie ou la dyspraxie peuvent accompagner le désordre postural. L’œil et la bouche, en raison des liens qui les unissent au travers du puissant nerf trijumeau, sont une des clés du diagnostic et de la prise en charge. Cet ouvrage est un outil pratique reposant sur 30 chapitres riches en exemples cliniques, en exercices et en algorithmes décisionnels. Il permet au thérapeute d’utiliser l’entrée rétino-trigéminée de façon simple et reproductible. Sans équivalent dans la littérature médicale, il est le fruit de 13 ans de travaux de recherche fondamentale et clinique réalisés en commun par les deux auteurs.
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Bouche, vision et troubles dys dans Dys 41c3QOsYpDL._SX333_BO1,204,203,200_
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Dyslexie, Vision et Proprioception

La récente découverte publiée en octobre 2017 d’une symétrie anormale des rétines chez les dyslexiques (Le Floch et Ropars – Université de Rennes) permet de comprendre pourquoi les dyslexiques ont une dysfonction proprioceptive et pourquoi on peut les améliorer en traitant ce trouble qui entraîne des perturbations des relations entre perception auditive et visuelle.

 

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Image de prévisualisation YouTube

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Pour rappel, des émissions récentes ont fait part de la découverte des deux chercheurs français :

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Image de prévisualisation YouTube

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ou des articles comme celui-ci, où on peut lire  :) :

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Albert Le Floch et Guy Ropars : va-t-on guérir la dyslexie ?

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Aujourd’hui on distingue plusieurs types de dyslexies,votre diagnostic vaut-il pour toutes ?

Lorsque nous avons fait nos tests, nous n’avons pas “trié” les participants en fonction du type de diagnostic qui leur avait été attribué. Les résultats ont été concluants de la même façon. Notre propos n’est pas de décrédibiliser ces distinctions, mais d’inciter les autres chercheurs, en neurobiologie, en génétique, à se pencher sur nos trouvailles et à les intégrer. Nous n’avons pas la prétention d’avoir tout compris, le cerveau est un organe infiniment complexe et nous ne sommes que de modestes physiciens.

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