Dyslexie, Vision et Proprioception

La récente découverte publiée en octobre 2017 d’une symétrie anormale des rétines chez les dyslexiques (Le Floch et Ropars – Université de Rennes) permet de comprendre pourquoi les dyslexiques ont une dysfonction proprioceptive et pourquoi on peut les améliorer en traitant ce trouble qui entraîne des perturbations des relations entre perception auditive et visuelle.

 

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Dys, maux de ventre et proprioception

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Tidys mal au ventre

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Au royaume des dys, les troubles cognitifs viennent rarement seuls. Sur mon groupe consacré au traitement proprioceptif, quelques enfants dysproprioceptifs souffraient de maux de ventre violents allant, pour certains, jusqu’aux vomissements et ces enfants retrouvent ces symptômes à chaque fois que leur proprioception se dérègle. A première vue, il n’est pas facile de faire le lien entre une dyslexie ou une dyspraxie et des maux de ventre.

Dans le questionnaire d’orientation du Dr Quercia, deux questions concernent ce point :

  • Douleurs inexpliquées dans le ventre
  • Avoir envie de vomir en voiture (ce que l’on appelle « le mal des transports)

Il évoque d’ailleurs le mal des transports dans cette conférence à 3min14′sec :

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On retrouve  ces difficultés dans le petit livret « Les fabuleuses aventures de Tidys »,  en image :

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Tidys maux de ventre

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J’avoue m’être longtemps demandé quel pouvait être le lien entre les troubles dys et les maux de ventre. On peut, bien sûr, avancer une cause psychologique, comme ici dans le livre de Béatrice Sauvageot « Adieu la dyslexie ! »:

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Béatrice Sauvageot mal de ventre

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Mais, dans le monde des dys, l’explication psychologique est toujours la plus facile à trouver, alors que là aussi, la vérité est peut-être ailleurs. C’est en étudiant de plus près la proprioception et notamment son rôle dans le mal de mer que j’ai fini par comprendre pourquoi les enfants dysproprioceptifs peuvent avoir des maux de ventre violents, jusqu’à en vomir. Le site du Docteur Loïs BONNE, médecin ORL à Brest m’a permis de comprendre définitivement ce point.

Je le cite, extrait de Pourquoi le mal de mer ?  et Les manifestations:

Dans l’équilibre trois informations sont importantes :

  • L’information visuelle émanant de la rétine périphérique. Celle-ci permet de situer un objet dans son environnement
  • L’oreille interne avec le vestibule qui est un accéléromètre et nous renseigne sur les variations de vitesses.
  • La sensibilité profonde ou proprioception qui nous permet de percevoir les mouvements du sol à partir, notamment, des récepteurs sensitifs des voutes plantaires.

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Dys, maux de ventre et proprioception dans Dys 5-1

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Ces trois informations cheminent jusqu’au cerveau. Il faut qu’elles aient une certaine cohérence pour que le cerveau commande aux muscles un tonus ou un déplacement. C’est tout l’apprentissage de l’enfant qui apprend à marcher.

Dans un véhicule en mouvement, un conflit apparait entre ces informations.

Le conflit majeur est celui rencontré en mer avec des mouvements de houle particulièrement complexes qui sont à l’origine d’une stimulation vestibulaire en contradiction avec les informations visuelles et proprioceptives

L’ensemble de ces informations neurosensorielles sont transmises au cerveau et le conflit naîtra d’un décalage entre les informations perçues et celles intégrées à l’occasion d’expériences antérieures. Au bout de 48h, soit une solution est trouvée : c’est l’amarinage. Soit elle ne l’est pas et le mal de mer s’installe.

Ce conflit sensoriel non maîtrisé aboutit à un tableau de type intoxication par hyperstimulation vestibulaire avec des manifestations neurovégétatives dont la phase ultime sera les vomissements.

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L’explication est donc là, évidente. En cas de dysproprioception, nos enfants vivent de « mini » conflits sensoriels permanents et le cerveau peut réagir en provoquant des maux de ventre. On peut d’ailleurs noter, dans l’article du Dr Bonne, toute l’importance des récepteurs sensitifs de la voute plantaire pour le bon fonctionnement de cet équilibre et comprendre ainsi l’importance capitale du port de semelles proprioceptives (mais aussi des prismes, puisque ceux-ci règlent la proprioception de la rétine périphérique). Traitons la dysproprioception de nos enfants et nous les soulagerons ainsi de nombreux maux ! :)

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Note : Les images de Tidys proviennent du livret « Les fabuleuses aventures de Tidys » auquel ont collaboré Mmes Zamanski et Huver qui m’ont donné l’autorisation d’utiliser leur personnage. L’image des sens impliqués dans la gestion de l’équilibre provient du site du Dr Bonne.

 




Dyslexie et traitement proprioceptif

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Dyslexie et traitement proprioceptif dans Dys af5222ab79d0fe68b87e773239699655

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En fait, je ne parle pour ainsi dire jamais ici de dyslexie, qui est l’indication « cognitive originelle » du traitement proprioceptif, car mon loulou n’était pas dyslexique. Ses nombreux symptômes (, et )  faisaient plutôt penser à une DVS, même si d’importantes capacités de compensation lui permettaient de fausser les bilans. Cependant, aujourd’hui, après 4 ans de traitement proprioceptif, ses difficultés de stratégie visuelle semble en grande partie résolues :) . Comme beaucoup de gens se posent des questions sur le traitement proprioceptif, surtout après lecture de certaines critiques virulentes  sur le Net (Où il peut être décrit comme un traitement « fantaisiste » / Depuis quand l’INSERM, organisme officiel, a t’il dans ses murs des chercheurs associés qui développent des traitements « fantaisistes » ?), j’avais décidé de partager un journal de son traitement proprioceptif. Je sais, j’ai un peu de retard en ce moment, mais quand ça roule plutôt pas mal, à part la bonne vieille crise d’adolescence classique, il n’y a pas grand chose à dire … ;)

Il se trouve qu’une jeune femme dyslexique en fait de même, mais en vidéo. Du coup, je vais les partager sur ce post que je remonterai à chaque fois qu’elle en ajoutera une, la vidéo étant un support plus vivant. Il s’agit bien sûr de son témoignage, de son parcours, de sa manière de vivre et de voir les choses ;) :

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Proprioception : guérir de la dyslexie ?

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Des lunettes sur la dyslexie ?

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Petit défi personnel avec lecture à voix haute d’un livre :

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Vision, posture et proprioception

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Après la découverte chez les dyslexiques, par deux chercheurs français, d’une anomalie anatomique de l’œil perturbant le bon fonctionnement de la vision binoculaire, je me suis souvenue d’un article qui abordait l’importance du rôle des yeux dans la posture (et donc la proprioception). J’avais déjà partagé un article de ce blog tenu par un kinésithérapeute passionné par la proprioception, qui portait sur les mouvements réalisés par le fœtus in utéro pour commencer à tester sa sensibilité musculaire profonde, sa proprioception. Quand on s’attarde sur son blog, on y voit qu’il développe principalement l’idée que pour bien grandir et bien vieillir, il faut préserver, entraîner, développer sa proprioception :

 « Si tu améliores ton équilibre, tu n’es pas sûr de rester jeune, si tu ne l’entretiens pas, tu vieilliras avant les autres », Pierre LEROY.

Et voilà, la messe est dite pour les dysproprioceptifs, vous allez vieillir plus vite que les autres !

A moins que … vous ne décidiez d’entreprendre un traitement proprioceptif pour « reprogrammer » votre proprioception. :)

Et vous pouvez, aussi : FERMEZ LES YEUX ! (surtout si les repères donnés par vos yeux sont biaisés ;) ) :

 

Soyez non-voyant de temps en temps, les yeux ne sont pas indispensables.
Obligés d’éduquer leurs muscles posturaux, « Les non-voyants congénitaux ne développent pas de scoliose, pourquoi ? Est-ce que parce que leur suppléance vestibulaire et proprioceptive sont particulièrement développées ? » se demande Pierre TRUCHI.
Les yeux fermés, pour garder l’équilibre, vous sollicitez les muscles qui verrouillent la colonne et cadenassent les articulations. Les plus profonds sont les plus utiles.
Les repères horizontaux et verticaux donnés par les yeux n’étant plus là, les récepteurs périphériques du pied et de l’oreille interne sont condamnés aux travaux forcés. Les yeux fermés, l’équilibre dépend alors de la vitesse à laquelle circulent les informations venues du pied et du cou.
De façon réflexe, les informations montent et redescendent à la vitesse de l’influx nerveux. Si vous perdez l’équilibre, toutes les lampes du cervelet s’allument pour un maximum de lumière…les Champs Elysées un soir de Noël. Le but ? Conserver un centre de gravité stable.

« Entre l0 et 12 mois, le champ de vision d’un enfant s’effondre pour accorder une extrême priorité aux premiers pas » (JAOUEN). Le rôle le l’œil diminue quand celui de la voûte plantaire augmente.
Des chercheurs ont mesuré cet angle de vue. Il se réduit à l’âge où, se verticalisant, l’enfant ose s’aventurer pour effectuer ses premiers pas. Cet angle de vision retrouvera sa largeur initiale une fois la marche acquise. Pendant ce rétrécissement du champ de vision, le pied et l’oreille interne deviennent prépondérants. [...]
Les yeux fermés, vous réagirez vite et mieux au moindre déséquilibre. Un meilleur schéma corporel se met en place. Votre corps se concentre sur les informations pertinentes sensorielles venues de l’oreille ou sensitives venues du pied.

[...]

Trop de proprioceptivité ne crée pas de problème. Elle nous érige droit, sans scoliose. Elle diminue les risques de mal de dos et retarde les tassements vertébraux du 3ème âge car les muscles posturaux ont de la mémoire! Il est tout à fait possible d’obtenir des corrections posturales réflexes avec des appareils simples; à commencer par marcher avec les yeux mi-clos.

Multiplions les légers déséquilibres pour stimuler les réponses réflexes.
Un tiers du cervelet est prévu pour régler ces problèmes : « l’archéocerebellum »
Retenir son nom est futile. Le stimuler est utile. (Les aveugles le savent-ils ?)

L’article dans son intégralité : FERMEZ LES YEUX !

Danse, musique, cerveau, proprioception et dyslexie

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danse et cerveau

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Après avoir étudié le rôle de la proprioception dans la performance sportive, et donc dans l’élaboration d’une bonne réponse motrice , nous allons nous intéresser  à l’impact de celle-ci sur le cerveau des musiciens et des danseurs. La proprioception est notre « sixième sens », celui qui nous permet d’avoir une conscience plus ou moins précise de la position de notre corps dans l’espace. Autrement dit, ce véritable « schéma corporel » nous permet à tout le moins de mettre un pied devant l’autre sans avoir à contrôler le mouvement par le regard. Avec de l’entraînement, ce schéma corporel est à l’origine des prouesses dont est capable l’humain, qu’il s’agisse de danse, de sport, ou toute autre activité impliquant un sens précis du mouvement.(1)

Pratiquer la danse ou jouer d’un instrument de musique sont donc des activités faisant largement intervenir la proprioception. Or, une étude récente à montré que le cerveau des danseurs et des musiciens se développe de manière très différente, ce qui nous laisse entrevoir le rôle de la proprioception et de la multi-sensorialité (dans laquelle intervient aussi la proprioception car elle indique au cerveau la position des organes des sens (2) ) dans la plasticité cérébrale :

 

Extraits :

Des centaines, des milliers d’heures de pratique imprègnent le cerveau des danseurs et des musiciens. Ces pratiques intensives propres aux experts dans ces domaines artistiques entraînent des changements neurologiques importants, mais distincts chez les danseurs et les musiciens. [...] Bien que ces deux pratiques artistiques impliquent une formation intense, la danse développe l’intégration visuelle et auditive et la coordination motrice, tandis que la pratique de la musique se concentre principalement sur l’information auditive et sur la motricité et la sensorialité localisée.[...]

En d’autres mots, cela signifie que les danseurs ont mis en place plus de connexions entre les régions sensorielles et motrices du cerveau, tandis que les musiciens ont fait des connexions plus fortes mais plus localisées, plus spécifiques.
« Ces résultats donnent à penser que la formation musicale et la formation en danse affectent le cerveau dans des directions opposées », explique un des chercheurs de l’étude. En effet, les danseurs forment leur corps tout entier, dans sa globalité, et développent de ce fait une représentation cérébrale plus large dans le cortex neural, alors que les musiciens, qui concentrent leur formation sur des parties spécifiques du corps comme les mains, les doigts, les lèvres, organisent cette représentation cérébrale sur des zones réduites, plus spécifiques et dans le même temps plus fortes.

Cette étude réalisée par une équipe de chercheurs du laboratoire international sur le cerveau montre que la formation en danse et en musique a des effets plus marqués que ce que l’on pensait sur le cerveau et que les danseurs et les musiciens montraient « des différences remarquables dans de nombreuses régions de la matière blanche,  y compris dans les voies cérébrales sensorielles et motrices, au niveau primaire et profond des processus cognitifs du traitement de l’information.

 

Lire l’article complet : La pratique de la danse et de la musique et leurs effets sur le cerveau 

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Ainsi donc, un cerveau différent n’implique pas forcément un dysfonctionnement neurologique… ;)  

Si je vous parle du cerveau des musiciens, ça n’est pas par hasard. Dans des études récentes, présentées dans le diaporama en lien le neurologue Michel Habib s’est intéressé au non développement du « faisceau arqué » chez les enfants futurs dyslexiques , un faisceau de neurones situé entre les aires du langage ( aire de Wernicke-aire de Broca). Le faisceau arqué apparaissant pour  lui comme le principal et le plus robuste marqueur anatomique de la dyslexie. Dans ces études, il s’est aussi intéressé au  cerveau des musiciens, constatant que la pratique d’un instrument de musique  est capable de modifier durablement la morphologie de celui-ci (Clic sur les images pour voir le diaporama dans son intégralité ) :

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cerveau musicien

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cerveau enfant qui apprend la musique

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Il se demande, en conclusion, si un entraînement musical, et plus particulièrement l’apprentissage d’un instrument de musique, serait capable de modifier les connexions dysfonctionnelles chez les enfants souffrant de dyslexie ?

Mais, si un entraînement intensif s’appuyant sur la proprioception permet de développer le faisceau arqué, ne peut on envisager qu’un dysfonctionnement proprioceptif puisse être responsable du mauvais développement de celui-ci ?

Pour ma part, je regrette que dans cette présentation ne soit jamais évoquée la proprioception, alors qu’il n’est pas besoin de chercher longtemps pour que soit développé le rôle de celle-ci dans « la place de la conscience du corps dans l’apprentissage, l’exécution puis la transmission du geste du musicien instrumentiste » sur le site du conservatoire national supérieur de danse et de musique de Paris.

Dans la liste des théories sur l’origine de la dyslexie ne figure pas, non plus, celle de son origine proprioceptive, sans doute pas assez digne d’intérêt ;)

En conclusion, les études menées sur le cerveau des musiciens et des danseurs nous montrent bien que le cerveau se nourrit avant tout de ses perceptions et qu’un cerveau différent n’implique pas forcément un dysfonctionnement ayant une origine neurologique. Alors, concernant les troubles dys, peut-être faudra t’il un jour s’intéresser à ce qui se passe en amont du cerveau, c’est à dire aux différents sens dont il se nourrit et à la manière dont le cerveau s’en saisit (Qui sait, un défaut anatomique de l’œil, perturbant la qualité de la vision binoculaire, est peut-être à l’origine d’une dysproprioception* ? Comme l’est  le SED, dans lequel on retrouve de nombreux troubles cognitifs . ).

Et si la vérité était ailleurs  ?

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la vérité est ailleurs

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Autres articles sur le même sujet :

  1. Danser modèle le cerveau 
  2. Le cerveau particulier des musiciens et des danseurs

Pour creuser le lien entre la pratique d’un instrument de musique et la proprioception : Du geste au savoir-faire

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Note * : Les résultats de cette thèse « Dyslexie et Proprioception » nous en apprendront sûrement davantage :

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Julie

 

Un petit miracle ?

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un petit miracle ! Non pas l’ouverture de la Mer Rouge, ni la multiplication des pains … Je vais rester plus modeste ;) !

Je sais, pour l’avoir entendu, que certains lecteurs de ce blog suivent attentivement la progression de Marc, qui leur donne de l’espoir dans nos périodes fastes et les aident à tenir dans les périodes où leur enfant galère avec le traitement proprioceptif. Ils se sentent donc moins perdus quand leur enfant décompense à nouveau et voient qu’ils ne sont pas seuls à trouver difficiles de vivre ces périodes où les symptômes reviennent massivement…

Alors, en ce début d’année, alors que les choses se passent plutôt bien, même si le niveau de classe est très élevé, j’ai envie de partager avec vous une petite victoire. Au premier contrôle de maths de l’année fait en classe, sur le théorème de Thalès, Marc a obtenu 19,5/20  avec exactement le même contrôle que toute la classe. Alors que le support du sujet n’était pas terrible visuellement et tenait sur une demi-feuille. Jamais je n’aurais imaginé que Marc puisse un jour avoir une telle note sur un devoir de maths fait seul en classe … (et surtout sur de la géométrie).

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 Le sujet :

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Sujet théorème de Thalès

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 Le contrôle :

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Capture controle thales

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Quand je pense qu’en début de CE2, Marc n’arrivait même pas à compter la vingtaine de marches de l’église du village, avait encore du mal à dénombrer les cases sur un jeu de société en fin de CM1, malgré 18 mois de rééducations orthoptique classique et neurovisuelle …
Il y a  un an, il arrivait encore difficilement à repérer, sur une figure géométrique, les informations à utiliser pour les calculs d’aire et périmètre et là, il s’en est sorti et il n’a même pas oublié de noter les unités. Un petit miracle ? dans Journal du traitement proprioceptif 1f642

Mais encore, Marc a eu un autre 19,5/20 pour un devoir fait à la maison. Il est vrai que je lui expliqué comment raisonner sur le premier exercice où il était question d’engrenages, mais il a fait le deuxième exercice seul et juste. Au point que j’ai même pensé qu’il avait triché et cherché la solution sur Internet ! Mais la rédaction et les fautes d’orthographes étaient bien les siennes. Donc, Marc a aujourd’hui 19,5/20 de moyenne en maths, j’ai immortalisé l’instant :

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maths Marc

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Voilà, nous en sommes à quatre ans de rééducation proprioceptive, 4 ans à ne jamais le lâcher sur le port des lunettes et des semelles, sur la réalisation de ses exercices respiratoires. 4 ans de rendez-vous réguliers chez l’opticien, le podologue, la kiné, l’ostéopathe, Docteur Quercia, etc. Alors, allons-nous commencer à voir le bout du tunnel ? (D’autant plus que Marc est en demande de plus d’autonomie et que j’ai décidé de laisser faire, pour voir, même si ça n’est pas forcément l’idéal partout 1f609 SDP/dysproprioception dans SDP/dysproprioception).

Soyons réalistes, attendons la suite !

Il est de toute manière évident que tous les problèmes sont loin d’être résolus. Marc a toujours de grosses difficultés avec le graphisme, au point que c’est sa moyenne en Arts Plastiques qui fait sérieusement baisser sa moyenne générale depuis deux ans, étant le dernier de la classe dans cette matière. Et ça recommence cette année :( :

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dessin

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Difficile d’attendre d’un enfant qui écrit, trace sa géométrie, ses dessins de sciences physiques, etc. grâce à des logiciels, d’être performant en Arts Plastiques. 4 années de collège l’auront définitivement dégoûté du dessin, activité qu’il affectionnait pourtant malgré ses « dysfficultés ».  Merci l’Éducation Nationale ! Au moins, l’année prochaine il sera débarrassé de cette matière…

L’éducation physique n’est pas non plus une matière où il est très performant, mais ça reste correct. Par ailleurs, il a toujours de grosses difficultés en orthographe grammaticale, en compréhension orale en langue. Il a encore du mal à rédiger un texte et ordonner ses idées, bien que je trouve qu’il ait fait de gros progrès en ce début d’année, mais l’écart par rapport à la classe est encore important.

Par contre, il n’a plus aucune difficulté avec l’abstrait, apprend n’importe quoi par cœur avec une facilité déconcertante, lit vite et bien, comprend ce qu’il lit (même s’il n’a pas retrouvé le goût de la lecture).

Il est en forme en ce moment, ses symptômes physiques ont aussi totalement disparus (encoprésie, bégaiements, maux de ventre, mal de dos). Au dernier bilan postural, le haut de son dos était bien (signe que nous approchons tout doucement de la fin de la rééducation du capteur oculaire ?).

Bref, il a beaucoup progressé, nous avons gagné quelques batailles, mais nous n’avons pas encore gagné la guerre !

A suivre … ;)

 

Dysfonctionnement proprioceptif & psychologie de l’enfant

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Proprioception skate

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En surfant sur le Net, j’ai découvert un article anglais, très intéressant, décrivant le dysfonctionnement proprioceptif  (ici, dans le cadre des troubles de l’intégration sensorielle : Sensory Processing Disorder). On croirait lire un article sur la dyspraxie et le TDAH, ce qui est tout à fait compatible avec les travaux du Dr Quercia  ;) . Il n’aborde pas du tout le rôle primordial que peut avoir la proprioception dans le traitement des autres informations sensorielles. Évidemment, il n’aborde pas non plus le traitement proprioceptif développé par le Dr Quercia, thérapie émergente en cours de validation scientifique à l’Université de Bourgogne. Par contre, je l’ai trouvé digne d’intérêt car il aborde un point que je n’avais encore jamais vu traité : l’impact psychologique d’un dysfonctionnement proprioceptif sur le développement de l’enfant.

J’en ai donc fait une traduction partielle, avec mon ami Google, et vous pouvez aussi lire l’article original anglais en suivant le lien suivant :

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Proprioceptive Dysfunction

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Dysfonctionnement proprioceptif : la raison réelle pour laquelle il se cogne, saute, tombe, écrit en appuyant trop fort et brise les choses !

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Faites-moi confiance, vous saurez quand vous verrez un enfant avec un dysfonctionnement proprioceptif ! C’est l’un des aspects les plus attristant des troubles du traitement sensoriel, et qui pourra facilement et rapidement causer des ravages sur l’estime de soi d’un enfant.

Si la proprioception est un nouveau terme pour vous, laissez-moi vous l’ expliquer. C’est un de nos « huit sens ». […]

Vous voyez, dans la théorie de l’intégration sensorielle (développée par A. Jean Ayres dans les années 70), le sens proprioceptif se réfère à l’apport sensoriel et aux informations qui nous indiquent le mouvement et la position du corps. Les «récepteurs» sont situés dans nos muscles, nos articulations, nos ligaments, nos tendons et nos tissus conjonctifs. C’est l’un des  «sens profond» et pourrait être considéré comme le «sens de la position» […]
Donc, si ce sens proprioceptif ne reçoit pas ou n’interprète pas correctement les messages internes des muscles, des articulations, etc., nous observons un DYSFONCTIONNEMENT PROPRIOCEPTIF.

Quand je dis que c’est « l’un des aspects les plus tristes », c’est parce que les enfants dysproprioceptifs se présentent comme des enfants qui sont maladroits, ne sont pas coordonnés et ont de la difficulté à accomplir les tâches et les activités normales de l’enfance. Ils n’ont pas la même expérience du monde que vous et moi.

Ne recevant pas les messages appropriés sur la manière dont leurs muscles sont étirés, sur la manière dont leurs articulations se plient ou se redressent, et sur le nombre de ces évènements, ces enfants présenteront les signes cliniques suivants d’un dysfonctionnement proprioceptif :

  • Des difficultés dans la « planification motrice » ; c’est-à-dire concevoir et déterminer ce que chaque partie de son corps doit faire pour se déplacer d’une certaine manière ou pour venir à bout d’une tâche (ce qui est un sens inconscient pour nous, devient un sens actif, conscient et frustrant pour eux)
  • Difficulté à exécuter ces mouvements planifiés : c’est-à-dire le « contrôle moteur » (le cerveau peut savoir quoi faire, mais ces enfants peuvent ne pas comprendre quoi faire pour que leur corps le fasse)
  • Difficulté à réaliser des « mouvement gradués » ; savoir combien de pression est nécessaire pour accomplir une tâche (c’est-à-dire tenir une tasse d’eau, tenir et écrire avec un crayon, tourner la page d’un livre, frapper une balle de golf dans le trou, etc.)
  • Difficulté avec la « stabilité posturale»; c’est-à-dire la capacité de garder et de maintenir les bonnes réponses posturales des muscles, qui vous donne une sensation de sécurité et de sécurité pendant le mouvement. En conséquence, la proprioception est altérée et la « sécurité émotionnelle » souffre.

Les enfants souffrant de dysfonctionnement proprioceptif, incapables de se déplacer et d’utiliser leur corps efficacement, peuvent devenir facilement frustrés, abandonner et perdre confiance en eux-mêmes. Il est vraiment difficile de regarder ces enfants essayer SI FORT et ne pas arriver à faire ce qu’ils veulent faire. En gardant à l’esprit les difficultés susmentionnées qu’un enfant aura si ce sens ne fonctionne pas correctement, vous remarquerez rapidement quelques-uns des éléments suivants …

Signes de dysfonctionnement proprioceptif:

  • Marchent en tapant du pied trop fort, poussent trop fort, écrivent en appuyant trop, jouent trop fort avec les objets, etc.
  • Sont d’incroyables boules d’énergies : ils sont les plus bruyants, courent, sautent, remuent, se cognent, « déménagent »
  • Secouent leurs jambes ou enfoncent constamment le dos de leur pied sur le sol / la chaise lorsqu’ils sont assis en classe.
  • Jouent trop violemment (sont souvent en train de se faire du mal à eux-mêmes ou aux autres), sautent ou se cognent dans TOUT.
  • Cassent leurs ongles, mordent leurs doigts, rongent leurs ongles jusqu’à ce qu’ils saignent, mâchent des crayons, des gommes, des crayons, des colliers de vêtements, des manches ou des cordes, ou des objets non comestibles ( morceaux de jouets, etc.)
  • Aiment les vêtements qui enserrent [...]

S’ils ont une mauvaise planification motrice, une mauvaise conscience corporelle ou un mauvais contrôle moteur, ils …

  • ont de la difficulté à grimper, à courir, à faire du vélo, à faire des sauts, à frapper une balle, à faire du patin à roulettes, etc.
  • ont de la difficulté à lacer des chaussures, à savoir comment déplacer leur corps  lorsque vous les aidez à s’habiller ou à se déshabiller.
  • se heurtent souvent à des objets et à des personnes accidentellement.
  • trébuchent et chutent souvent.
  • ont de la difficulté à apprendre à monter et descendre les escaliers, et peuvent être effrayés par eux (escalators aussi).

Les signes d’instabilité posturale comprendront …

  • S’affalent sur leur bureau, à table, etc.
  • Semblent être « flasques » et léthargiques tout le temps
  • Ont besoin de poser la tête sur leur main ou leur bras sur le bureau / la table, tout en travaillant
  • Ont une mauvaise posture pendant les tâches motrices
  • Sont  incapables de rester debout sur un pied et ont des difficultés avec les exercices d’équilibre.

 

En raison de leur dysfonctionnement proprioceptif et des luttes /défis auxquels ces enfants doivent faire face tous les jours, tout en essayant d’accomplir les activités habituelles de l’enfance, ils peuvent devenir «émotionnellement insécures». Ils peuvent éviter de nombreuses expériences de jeux typiques, devenir timides, avoir peur d’essayer quelque chose de nouveau, manquer de confiance en soi et d’estime de soi. Si vous avez,ou connaissez un enfant que vous pensez pouvoir présenter des signes de dysfonctionnement proprioceptif, je vous recommande vivement de parler à un ergothérapeute ou à votre physiothérapeute pour voir si votre enfant peut avoir besoin d’une évaluation. […]

Pour leur bien-être, demandez l’aide dont ils ont besoin. Leur petit cœur est triste. Ils se sentent « différents», laissés de côté, luttent tellement fort et perdent plus de confiance en eux chaque jour. Comme je l’ai dit, « si nous pouvons aider même un enfant … »

Le principe de neuroplasticité

Le Pr Hugues Duffau (neurochirurgien, professeur des universités – praticien hospitalier français) nous explique, dans une vidéo de 10 minutes, les grands principes de la neuroplasticité, loin de la représentation figée du cerveau qu’a longtemps véhiculé la neurologie. Par ailleurs, il déclare (1) :

« Nous avons tous un cerveau différent, et la géographie fonctionnelle de chaque cerveau se modifie aussi avec le temps [...]. Contrairement à ce qui nous a été enseigné, telle zone du cerveau ne correspond donc pas à telle fonction : tout fonctionne en réseaux neuronaux, grâce à des fibres de substance blanche, autrement dit des « câbles ». Si ces câbles s’avèrent similaires d’un individu à l’autre, leurs terminaisons sont en revanche très variables »

Ce principe de neuroplasticité est important pour comprendre que le cerveau n’est pas un organe figé, dont chaque région correspondrait à une fonction spécifique. Au contraire, le cerveau est « plastique », de nouvelles connexions peuvent se créer en permanence, à la conditions que les fibres de substance blanche, autrement dit les « câbles » soient intacts.

Le traitement proprioceptif des troubles des apprentissages s’appuie sur cette neuroplasticité : en donnant au cerveau de nouvelles et bonnes informations proprioceptives et sensorielles, auparavant déficientes, de nouvelles connexions vont pouvoir se créer et le cerveau va pouvoir se réorganiser.

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Si vous souhaitez aller plus loin, le Pr Duffau aborde, dans cette autre vidéo, une compréhension scientifique des émotions où il esquisse les bases de l’autisme :

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Et, dans cette dernière vidéo,  il nous explique comment il opère le cerveau ouvert avec phase de conscience des patients  :

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Dans cette émission de « C à vous », on peut observer une de ses opérations :

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Et pour finir, voici une conférence, un peu ardue, sur le sujet (avec un petit passage sur la dyslexie  à 31min42sec):

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Note (1) : Opération à cerveau « ouvert », sur JDD papier

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Chloé a décroché plus qu’une écharpe

 

Une fois n’est pas coutume, je vais partager un article de presse du Républicain Lorrain, où il  est question du SDP. Et c’est chose suffisamment rare pour être soulignée, alors que cette pathologie est encore tellement ignorée, pour ne pas dire niée, par le monde médical. Cet article de presse nous montre que c’est finalement aux malades de faire connaître leur pathologie pour qu’elle soit enfin prise en compte par la médecine et les pouvoirs publics, comme le font actuellement de nombreux malades atteints du syndrome d’Ehlers Danlos. C’est d’ailleurs ce que je m’efforce de faire au travers de ce blog …

Mon seul regret, vis à vis de cet article, c’est qu’on y parle de déficience posturale et non de dysfonctionnement proprioceptif (le trouble postural n’étant qu’une conséquence de la dysproprioception). Or, il est difficile de comprendre le lien entre un problème de posture et des troubles des apprentissages, alors qu’une dyproprioception les explique…

Dans tous les cas, bravo à Chloé pour avoir témoigné publiquement de sa pathologie !

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Chloé a décroché plus qu’une écharpe dans Emissions TV, radio, presse chloe-lereboulet-en-plein-reve-samedi-soir-sur-la-scene-du-centre-des-congres-d-epinal-photo-vm-jerome-humbrecht-1505146137

La Mosellane Chloé Lereboulet est 3e dauphine de Miss Lorraine.

Une consécration aux allures de performance pour cette Miss souffrant du syndrome de déficience posturale.

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Extrait :

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Chloé Lereboulet est atteinte d’un syndrome de déficience posturale (SDP). Ceux qui connaissent ce handicap apprécieront la prise de risque de participer à une soirée de plus de trois heures où il faut enchaîner danses et défilés. Car le SDP se traduit par une altération de l’équilibre tonique, oculaire et postural. Il survient lorsque les centres de régulation du système nerveux ne parviennent plus à réaliser la synthèse des informations reçues par les différents capteurs. Il s’est manifesté chez Chloé dès le plus jeune âge par des problèmes de perception de l’espace. « Petite, il lui arrivait de rater les portes », se souvient Caroline Christophe, sa maman. S’en suivent d’autres troubles, de la vision à la dyslexie (trouble de la lecture) en passant par la dyspraxie (maladresse pathologique).

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L’intégralité de l’article  :

 

TDAH, colliculus supérieur et dysproprioception

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Coluculus 2

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colliculus

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Je souhaite partager avec vous cette vidéo très intéressante sur les travaux du Pr Michael Reber, chercheur Inserm à l’Université de Strasbourg – CNRS sur le TDAH, qui n’est pas sans rappeler quelques points de l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages. ;)

Les conclusions de cette étude suggèrent que le TDAH pourrait être la conséquence d’un dysfonctionnement d’une zone du cerveau, le colliculus supérieur, structure primaire qui intègre et analyse les informations sensorielles au début de la chaîne d’analyse. Dès lors,  si ces informations sont défectueuses, la suite de la chaîne d’analyse en sera perturbée.

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A la suite de cet article « TDAH et recherche française » (1), le Pr Michael Reber a d’ailleurs laissé le commentaire suivant tout à fait compatible avec les travaux et les conclusions du Dr Quercia (Chercheur associé – Unité INSERM U1093 Cognition Action et Plasticité Sensorimotrice) :

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Disons que le colliculus supérieur est une structure primaire d’analyse multi-sensorielle, recevant des informations visuelles, auditives (surtout chez l’homme) et somato-sensorielles (le toucher). Si des défauts d’analyse de ces données ont lieu déjà dans cette structure, il nous parait logique que les autres structures connectées (cortex préfrontal notamment) présentent elles aussi des défauts. Comme vous l’avez justement mentionné, cela rend pertinent les approches pluridisciplinaires et notamment orthoptiste et orthophoniste. L’idée est que les patients avec TDAH n’ont plus la capacité de « filtrer » les stimulations sensorielles pertinentes -et en particulier visuelles et auditives- des informations non pertinentes (qu’on appellerait chez nous du « bruit »). »

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Fait intéressant, le colliculus supérieur est un élément important du capteur oculaire postural/proprioceptif (celui de de la rétine phériphérique) et il est considéré comme un des centres de la régulation motrice œil-tête (2). Ces travaux de recherche sont aussi à mettre en parallèle avec la vidéo où le Dr Quercia  nous parle de l’importance de la proprioception dans la localisation spatiale des informations sensorielles. Il explique, notamment, qu’il y a dans le colliculus supérieur des cellules qui réagissent à la localisation spatiale, à l’audition, la vision, la proprioception et que les neurophysiologistes ont démontré qu’une information sensorielle est mieux codée si le sujet la localise correctement dans l’espace : si les informations sensorielles sont congruentes, la réponse du neurone est supérieure.

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Or, nous savons qu’en cas de dysproprioception, les informations sensorielles qui arrivent au cerveau ne sont pas congruentes. Dans l’hypothèse de Michael Reber, c’est un dysfonctionnement du colliculus supérieur qui est à l’origine d’un traitement défectueux des informations sensorielles, soit de troubles de l’attention visuelle. Alors que dans l’hypothèse proprioceptive, un nombre trop important d’erreurs causées par un trouble de la proprioception serait à l’origine d’une incohérence entre les différentes informations sensorielles parvenant au colliculus. Dès lors, ces nombreux biais perceptifs affecteraient le traitement de ces informations et seraient responsable de l’apparition de troubles développementaux de l’attention visuelle et auditive.

Alors, qui était là en premier : l’œuf ou  la poule ? Le dysfonctionnement de la proprioception ou le dysfonctionnement du colliculus ?

Affaire à suivre …  (D’autant plus que la réponse à donner, dans un cas,  peut être très différente de l’approche médicamenteuse ;) ).

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Notes  :

(1) : TDAH et recherche française, Article sur les travaux du Pr Michael Reber

(2) : Pourquoi l’ophtalmologiste est-il concerné par la posturologie ? (Dr P.Quercia sur le site du SNOF)

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