Syndrome d’Ehlers Danlos (SED)

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Syndrome d'Ehlers Danlos (SED) dans SDP/dysproprioception bandeau-GERSED

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Pour vous faire découvrir le syndrome d’Ehlers Danlos, maladie des tissus conjonctifs ayant parmi ses symptômes une dysproprioception sévère, bien plus méconnue que rare, je vous propose de visionner ces trois vidéos du Pr Hamonet et des Dr Grossin et Amoretti :

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Note : Bandeau issu du site du GERSED



Dysfonctions linguales et dyslexie

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Dysfonctions linguales et dyslexie dans Dys psoriasis-langue-200x300

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Notre cerveau est en permanence « bombardé » d’informations sensorielles : ouïe, vue, toucher, odorat, proprioception, douleur, chaleur, etc. Il ne peut toutes les traiter et seules arrivent à notre conscience celles qui sont utiles à ses objectifs. Il génère des prédictions sur le monde extérieur et sélectionne les informations sensorielles qu’il va utiliser, en fonction de ses expériences passées et de ses buts (Pr Alain Berthoz) :

 Le cerveau de l’homme, comme le cerveau des animaux, ne perçoit le monde qu’à travers ses grilles d’interprétation, ses capacités. C’est-à-dire que le monde tel que nous le percevons [...], est un monde dans lequel nous sélectionnons les informations en fonction de nos a priori, etc. »

« La perception est décision puisque percevoir c’est à tout moment choisir dans les sens ce que l’on veut voir. On ne peut percevoir que ce qu’on veut voir. (…) le cerveau au fond est une machine qui décide en fonction du passé, de la mémoire, de l’intention. »

La réalité de ce que nous percevons est sans cesse reconstruite par notre cerveau et nous pouvons très bien ne pas « voir » des éléments flagrants qui sont pourtant sous nos yeux. Le cerveau reçoit des informations de ses différents capteurs sensoriels, mais nous ne prêtons attention qu’à certaines d’entre elles. A titre d’exemple, vous pouvez visionner cette vidéo (en anglais) très parlante ;) :

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Les systèmes attentionnels au niveau cérébral fonctionnement très largement par automatismes, ce qui a pour effet positif de décharger notre cortex préfrontal qui se met ainsi en « pilotage automatique ». Ce faisant, néanmoins, le danger pour le cerveau est de passer à côté d’informations essentielles. Or, en cas de dysproprioception le cerveau situe mal, dans l’espace,  les sources de ses stimuli sensoriels et élimine malheureusement des informations qui lui sont pourtant nécessaires. Des suppressions temporaires et aléatoires d’informations visuelles apparaissent alors dans certaines positions du regard (signe d’une incohérence entre l’information proprioceptive et l’information visuelle), mais aussi dans le bruit  (signe d’une incohérence entre l’information proprioceptive, visuelle et auditive).

Parmi les dysfonctionnements proprioceptifs, les dysfonctions linguales peuvent aussi être à l’origine de conflits sensoriels et conduire à des pertes d’information visuelle (et sans doute auditive). Je vous propose de découvrir, dans l’article suivant écrit par une orthodontiste, comment les yeux, la bouche et les oreilles sont une même unité sensorielle (par l’intermédiaire du nerf Trijumeau) et comment les troubles linguaux peuvent parfois laisser présager une dyslexie avant même l’apprentissage de la lecture.

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Extrait :

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Le nerf Trijumeau, cinquième paire de nerfs crâniens, est ainsi appelé car il se compose de trois branches qui irradient la face et la bouche : deux branches sensitives (ophtalmique et maxillaire) et une branche sensitivomotrice (mandibulaire). Mais il possède également des ramifications avec les yeux (proprioception des muscles oculomoteurs) et les oreilles (tenseur du tympan).

De ce fait, le nerf Trijumeau va mettre en lien la bouche, les yeux et les oreilles créant une même unité sensorielle : parler, voir et entendre sont liés. [...]

Toujours par rapport à l’unité trigéminale sensorielle yeux/bouche/ oreilles/, on peut observer chez certaines personnes des petites pertes visuelles en fonction de l’environnement sonore. C’est-à-dire que certains sons (perçus par le tympan) vont, par l’intermédiaire du nerf Trijumeau, venir perturber les muscles oculomoteurs et donc la perception visuelle.

Ces anomalies visuelles sont absolument inconscientes c’est à dire que le sujet ne sait pas qu’il ne voit pas correctement, ne se rend pas compte qu’il a de petites zones aveugles aléatoirement placées dans son champ de vision. Et cela indépendamment de son niveau d’acuité visuelle.

Ces petits défauts visuels sont d’autant plus invalidants lorsqu’ils surviennent chez un enfant qui rentre dans la lecture.  Comme sa mémoire lexicale est peu riche, il ne peut pas « deviner » le mot en n’en voyant qu’une partie comme saurait le faire un adulte. De plus, il peut éprouver des difficultés à suivre l’enchaînement des mots au fil de la phrase et se perdre dans le texte lors du « retour à la ligne » (d’où le besoin de lire en s’aidant de son doigt ou d’une règle).

Si l’environnement sonore peut perturber la perception visuelle, il peut en être également de même par rapport au positionnement de la langue (toujours en lien avec le nerf Trijumeau) en fonction du contact contre certaines dents. Cela explique pourquoi certains enfants éprouvent des difficultés à lire à haute voix (qu’ils soient dyslexiques ou pas d’ailleurs) : certains contacts dentaires lors des mouvements linguaux accentuent les pertes visuelles.

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Or, si on en revient à la langue, on a observé que chez les enfants dyslexiques on retrouvait très souvent une dysfonction linguale présente avant même l’apprentissage de la lecture. Voyons quels peuvent en être les signes. [...]

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L’article dans son intégralité :

LES DYSFONCTIONS LINGUALES,   SIGNES PRECURSEURS DE LA DYSLEXIE ?

 

Sources :

Perception, attention et mémoire

Entretien avec Alain Berthoz




TDAH, colliculus supérieur et dysproprioception

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Coluculus 2

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colliculus

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Je souhaite partager avec vous cette vidéo très intéressante sur les travaux du Pr Michael Reber, chercheur Inserm à l’Université de Strasbourg – CNRS sur le TDA/H, qui n’est pas sans rappeler quelques points de l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages. ;)

Le Pr Reber explique que des études précédentes ont déjà démontré des perturbations importantes des saccades oculaires chez les TDA/H. Et les conclusions de cette nouvelle étude suggèrent que le TDAH pourrait être la conséquence d’un dysfonctionnement du colliculus supérieur, une région du cerveau qui intègre et analyse les informations sensorielles, et d’un déséquilibre en noradrénaline dans cette zone.  Dès lors,  si les informations sont défectueuses en début de chaîne d’analyse, la suite de la chaîne en sera perturbée.

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A la suite de cet article « TDAH et recherche française » (1), le Pr Michael Reber a d’ailleurs laissé le commentaire suivant  :

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Disons que le colliculus supérieur est une structure primaire d’analyse multi-sensorielle, recevant des informations visuelles, auditives (surtout chez l’homme) et somato-sensorielles (le toucher). Si des défauts d’analyse de ces données ont lieu déjà dans cette structure, il nous parait logique que les autres structures connectées (cortex préfrontal notamment) présentent elles aussi des défauts. [...] L’idée est que les patients avec TDAH n’ont plus la capacité de « filtrer » les stimulations sensorielles pertinentes -et en particulier visuelles et auditives- des informations non pertinentes (qu’on appellerait chez nous du « bruit »). »

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Fait intéressant, le colliculus supérieur est un élément important du capteur oculaire postural et il est considéré comme un des centres de la régulation motrice œil-tête (2). Dans une de ses premières études datant de 2005, il y a 13 ans déjà, le Dr Quercia (Chercheur associé – Unité INSERM U1093 Cognition Action et Plasticité Sensorimotrice) écrivait :

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« Le noyau trigéminal, élément dont l’origine phylogénétique est très ancienne, possède de nombreuses relations anatomiques avec des structures qui jouent un rôle clé dans le maintien de la posture et le contrôle des mouvements […] Les relations qui unissent le noyau trigéminal au colliculus supérieur sont probablement tout aussi essentielles. Le colliculus supérieur est en effet le lieu où se rencontrent les données sensitives de la proprioception des muscles oculomoteurs, les données sensorielles de la voie visuelle accessoire et du cortex visuel, mais aussi des informations somato-sensorielles et auditives. C’est la « centrale » qui contrôle la direction des saccades oculaires en fonction de la représentation de l’espace environnant « 

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nerf trijumeau 1

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Rappelons que le capteur rétino-trigéminé et ses dysfonctionnements sont tout l’objet des travaux des Drs Quercia et Marino. Le nerf Trijumeau est ainsi appelé car il se compose de trois branches qui irradient la face et la bouche : deux branches sensitives (ophtalmique et maxillaire) et une branche sensitivomotrice (mandibulaire). Mais il possède également des ramifications avec les yeux (proprioception des muscles oculomoteurs) et les oreilles (tenseur du tympan). De ce fait, le nerf Trijumeau va mettre en lien la bouche, les yeux et les oreilles créant une même unité sensorielle.

Dans la vidéo ci-dessous le Dr Quercia  nous parle de l’importance de la proprioception dans la localisation spatiale des informations sensorielles. Il explique, notamment, qu’il y a dans le colliculus supérieur des cellules qui réagissent à la localisation spatiale, à l’audition, la vision, la proprioception et que les neurophysiologistes ont démontré qu’une information sensorielle est mieux codée si le sujet la localise correctement dans l’espace : si les informations sensorielles sont congruentes, la réponse du neurone est supérieure (à 3’25 dans la vidéo).

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En cas de dysproprioception, les informations sensorielles qui arrivent au cerveau ne sont pas congruentes. Dans l’hypothèse proprioceptive, un nombre trop important d’erreurs causées par un trouble de la proprioception serait à l’origine d’une incohérence entre les différentes informations sensorielles parvenant au colliculus. Dès lors, ces nombreux biais perceptifs affecteraient le traitement de ces informations et seraient responsables de l’apparition de troubles développementaux de l’attention visuelle et auditive. (Nda :  Je me demande si les hypopnées nocturnes liées à un dysfonctionnement proprioceptif de l’appareil manducateur ne peuvent pas avoir un impact sur la production des neurotransmetteurs ;) .  )

Dans l’hypothèse de Michael Reber, c’est une hypersensibilité du colliculus  supérieur, lié à une forte augmentation de noradrénaline, qui est à l’origine d’un traitement défectueux des informations sensorielles, soit de troubles de l’attention visuelle.

Alors, qui était là en premier : l’œuf ou  la poule ? Le dysfonctionnement de la proprioception ou le dysfonctionnement du colliculus ?

Affaire à suivre …  (D’autant plus que la réponse à donner, dans un des deux cas,  peut être très différente de l’approche médicamenteuse ;) ).

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Notes  :

(1) : TDAH et recherche française, Article sur les travaux du Pr Michael Reber

(2) : Pourquoi l’ophtalmologiste est-il concerné par la posturologie ? (Dr P.Quercia sur le site du SNOF)

Proprioception Emotionnelle et Dépression

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dépression

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Depuis le temps que je m’intéresse à la proprioception, je pensais commencer à bien maîtriser ce sujet. Mais, force m’est de constater que je ne suis pas encore au bout de mes surprises et que le rôle de ce sens si particulier, si peu connu du grand public, ne cesse de me surprendre. En effet, j’ai découvert récemment le rôle majeur de la proprioception dans la perception des émotions, que ce soient les nôtres ou la compréhension que nous avons de celles des autres (qui fera l’objet d’un autre article). Et, notamment, le rôle qu’elle semble jouer dans une pathologie aussi sérieuse que la dépression.

Tout a commencé par la lecture d’articles concernant le botox, qui m’ont interpellée, comme celui-ci, du site Top-Santé (Nov 2014), dont voici un extrait :

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L’article dans son intégralité : Anti-âge : le Botox rend-il dépressif ?

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Proprioception Emotionnelle et Dépression dans Le coin du chercheur Anti-age-le-Botox-rend-il-depressif_width1024

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En bloquant les muscles du visage, le Botox bloque aussi les signaux nerveux que l’on envoie à notre cerveau quand on sourit. Ce qui finit par nous rendre dépressif.

[...]

Injectée dans les rides du front ou celles du contour de l’œil, la toxine botulique, plus connue sous le nom de botox, paralyse en quelques heures tous les muscles faciaux. C’est ce qui donne l’effet « peau lisse » tant attendu. Mais la toxine ne se contente pas de paralyser les muscles. Elle bloque aussi la libération du neurotransmetteur qui signale à notre cerveau que nous sommes en train de sourire (et que, par conséquent, nous sommes heureux). Faute de recevoir ces signaux, notre cerveau nous plonge dans une sorte d’état dépressif.

Selon le Dr Lewis, qui a mené une étude sur 25 femmes ayant reçu des injections de Botox, les femmes qui ont traité leurs rides du lion (les deux rides verticales entre les sourcils) ont été beaucoup moins affectées par cette baisse de moral. « Au contraire, après traitement elles reconnaissent être de meilleure humeur car elles ne peuvent plus, physiquement, être renfrognées ».

En revanche, celles qui ont traité les rides d’amertume (les rides qui partent du coin de la bouche) ont été plus déprimées car elles ne pouvaient plus sourire. « Or, les expressions de notre visage affectent aussi notre moral. Nous sourions parce que nous sommes heureux mais c’est aussi le fait de sourire qui nous rend heureux » insiste le Dr Lewis.

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A partir de ce moment, mon intérêt et ma curiosité étaient éveillés, car qui dit muscle dit proprioception ;) . J’ai donc commencé à chercher des articles pour voir si j’en trouvais qui reliaient la proprioception à ce phénomène, ce qui fut assez simple. Par exemple, dans cet article de 2014 de l’Agence  de presse Suisse LargeNetwork, dont je vous invite à lire l’extrait ci-dessous :

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L’article dans son intégralité : Rides frontales, Botox et dépression

Soigner sa dépression chez le dermatologue? Ce n’est pas un scénario déjanté de Woody Allen mais un traitement préconisé par des psychiatres.

[...]

Lors du Congrès annuel 2014 de la Société suisse de psychiatrie et de psychothérapie qui se tenait à Bâle du 10 au 12 septembre, le docteur Axel Wollmer a surpris l’auditoire avec son exposé intitulé «Toxine botulique en guise de traitement contre la dépression». Sa nouvelle approche pour traiter la dépression légère et moyenne consiste en l’injection de toxine botulique dans la zone de la glabelle (région comprise entre les sourcils). L’étude qu’il a réalisée à Bâle montrerait qu’un traitement, avec une seule injection, peut entraîner rapidement «une amélioration significative et durable de l’humeur de patients souffrant de dépression chronique ou qui résistaient jusqu’à présent à tout traitement».

Comment expliquer cet effet antidépresseur? Pour le chercheur, il repose probablement sur le fait que «la paralysie des muscles de la mimique dans la zone frontale, lesquels expriment en cas de dépression avant tout des émotions négatives telles que l’anxiété ou de la tristesse, entraîne une interruption des afférences proprioceptives générées par ces émotions entre le visage et le cerveau». On parle de rétro-mécanisme facial. En d’autres termes, les émotions négatives génèrent des contractures de la musculature faciale. Musculature qui en informe le cerveau. Le Botox, en interrompant la transmission de ces messages, empêcherait ainsi l’entretien de l’humeur dépressive.

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nerf trijumeau

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Mais, le meilleur était à venir avec cette publication du Journal of Psychiatric Research 80(2016) 93-96, où les auteurs développent carrément le concept de Proprioception Emotionnelle et font le lien entre les informations proprioceptives véhiculées par la branche ophtalmique du nerf trijumeau et la dépression. Je vous ai traduit quelques passages intéressants, mais cette traduction a ses limites, je ne suis pas médecin ;) . (Clic sur l’image ci-dessous pour accéder à l’article complet en anglais)

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journal psychiatrie

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Résumé :

Nous développons le concept de Proprioception Emotionnelle, par lequel les muscles de l’expression faciale jouent un rôle central dans l’encodage et la transmission de l’information aux circuits émotionnels du cerveau, et nous décrivons sa neuroanatomie sous-jacente. Nous explorons le rôle de l’expression faciale à la fois dans le reflet de l’humeur dépressive et dans son influence sur celle-ci. Les circuits impliqués dans ce dernier effet sont une cible logique pour le traitement par toxine botulique, et nous passons en revue les preuves à l’appui de cette stratégie. Les données d’essais cliniques suggèrent que la toxine botulique est efficace dans le traitement de la dépression. Nous discutons des implications cliniques et théoriques de ces données. Cette nouvelle approche de traitement est juste un exemple de l’importance potentielle des nerfs crâniens dans le traitement de la dépression.

[...]

Proprioception émotionnelle

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Les fibres nerveuses afférentes  semblent relayer l’information émotionnelle au cerveau de manière instantanée, signalant notre état émotionnel

Nous proposons l’hypothèse que le cerveau utilise l’expression des muscles faciaux pour fournir cette Proprioception Emotionnelle. Quand nous paralysons les fibres musculaires avec la toxine botulique, cela peut signaler aux branches finales du nerf trijumeau- peut-être celles impliquées dans le renseignement de la douleur, la position et la tension musculaire – un soulagement du stress physique, entraînant une diminution stress émotionnel.

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Possibles circuits neuroanatomiques sous-jacents impliqués dans l’effet antidépresseur de la toxine botulique

Afin de comprendre le mécanisme de la Proprioception Emotionnelle qui peut être à l’œuvre dans cet effet antidépresseur, il est intéressant de noter que l’activité musculaire dans la région du front influence les fibres proprioceptives de la branche ophtalmique du nerf trijumeau. Ceci peut à son tour activer le PFC (Nda : Cortex Préfontal) ventromédian via le noyau trijumeau mésencéphalique et le locus ceruleus, ce dernier ayant des connexions directes avec l’amygdale et le PFC (Matsuo et al., 2015), structures critiques pour la régulation émotionnelle.

Nous émettons l’hypothèse qu’en injectant de la toxine botulique dans le front, de ce fait paralysant temporairement et réversiblement le muscle Corrugateur, nous influençons le signal proprioceptif envoyé le long de la branche ophtalmique du nerf trijumeau. Ainsi, au niveau neuroanatomique, la toxine botulique soulage littéralement la douleur et le stress des muscles Corrugateurs du front

[...]

En résumé, la Proprioception Emotionnelle est un concept utile pour comprendre l’influence que les muscles faciaux ont sur les centres émotionnels du cerveau.

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Ceux qui s’intéressent au traitement proprioceptif et à la posturologie auront fait tout de suite le lien avec l’action des prismes posturaux qui agissent en modifiant les influx proprioceptifs des muscles oculo-moteurs de la branche ophtalmique du nerf trijumeau. La prise en charge du capteur rétino-trigéminé est d’ailleurs tout l’objet des travaux des Drs Quercia et Marino.

Dans les années 80, Martins da Cunha décrivait le Syndrôme de Déficience Posturale, et dans la clinique de celui-ci figurait la dépression (avec un accompagnement d’autres signes proprioceptifs, mais résistant aux traitements médicamenteux et disparaissant à la reprogrammation posturale). Les posturologues ont par la suite été fort critiqués  de vouloir prendre en charge de nombreuses pathologies diverses allant des troubles posturaux, à la dépression, en passant par la dyslexie, comme on peut le voir ici  : « Le fait que cette méthode soit ouvertement critiquée tient qu’elle parle ouvertement de guérison de la dyslexie (voire même d’autres choses) ».

Et voilà, les années passent, la recherche avance. Et de plus en plus d’études viennent confirmer les intuitions géniales de ce clinicien exceptionnel :) !

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A lire aussi :

Le Botox peut-il traiter la dépression? L’expression faciale peut vous guérir

Botulinum Toxin for Depression ? Emotional Proprioception

Voir aussi, dans un registre proche, la vidéo suivante (en anglais) :

Des chercheurs de Zurich montrent qu’ après 6 mois d’une légère paralysie faciale, provoquée par du botox, la manière dont le cerveau perçoit des stimuli sur la main est affectée (quand les posturologues disent que la proprioception fonctionne sur la base d’ une chaîne musculaire qui va de l’oeil jusqu’au pied).

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Écrans, sédentarité et jeunes enfants

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Écrans, sédentarité et jeunes enfants dans Le coin du chercheur

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Les écrans et les jeunes enfants…

Un sujet tellement actuel et si délicat à aborder ! (Mais, les sujets difficiles, non consensuels, ça me connaît !  ;) )

Pourtant, quand on a compris le rôle de la proprioception et du système des neurones miroirs, on ne peut que s’interroger sur l’impact de nos nouveaux modes de vie (sédentarité, écrans,etc.) sur le développement des jeunes enfants…

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proprioception mouvement

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Comment les petits enfants développent-ils leur système proprioceptif ? C’est très simple : en bougeant ! Voilà pourquoi les enfants BOUGENT TOUT LE TEMPS ! Et voilà pourquoi il est essentiel de les laisser faire et même de les encourager à bouger ! En effet, le système proprioceptif est à la base de la construction de notre schéma corporel, cette représentation que nous avons tous de notre propre corps, de sa forme, de son volume, de la place qu’il occupe dans l’espace.

J’ai largement développé, sur ce blog, le lien fait par des chercheurs et médecins entre dysproprioception et certains troubles des apprentissages. Alors, ayant connaissance de ces éléments, je m’interroge : quel peut être l’impact de nos nouveaux modes de vie sur le développement des jeunes enfants ?

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neurones miroirs

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Nous possédons des neurones miroirs qui sont des neurones moteurs particuliers et dont la caractéristique principale est de s’activer non seulement lorsque nous exécutons une action mais aussi quand nous l’observons chez l’autre. D’où l’idée que le rôle de ces neurones serait de « simuler » intérieurement le geste réalisé par autrui. Or, la simulation opérée par cette catégorie si particulière de neurones moteurs se fait en utilisant les informations que leur procurent les systèmes sensoriels : la vision, l’audition et  la proprioception. De là vient la notion, qui a à présent supplanté celle de neurones miroirs, de « système des neurones miroirs ». Cette implication de notre propre système moteur, alors qu’on observe l’ action réalisée par une autre personne, nous permet d’accéder à la signification de cette action*.

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Quel est le rôle fonctionnel des neurones miroirs ? [...] Leur propriété est de constituer un mécanisme qui projette une description de l’action, élaborée dans les aires visuelles complexes, vers les zones motrices. [...]

Une de leurs fonctions essentielles est la compréhension de l’action. Il peut paraître bizarre que, pour reconnaître ce que l’autre est en train de faire, on doive activer son propre système moteur. En fait, ce n’est pas tellement surprenant. Car la seule observation visuelle, sans implication du système moteur, ne donne qu’une description des aspects visibles du mouvement, sans informer sur ce que signifie réellement cette action. Cette information ne peut être obtenue que si l’action observée est transcrite dans le  système moteur de l’observateur. L’activation du circuit miroir est ainsi essentielle pour donner à l’observateur une compréhension réelle et expérientielle de l’action qu’il voit (Rizzolatti, 2006)

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Ce système des neurones miroirs nous donne une compréhension réelle du mouvement de l’autre. Il nous permet non seulement d’observer les actions, mais aussi de prendre conscience de ce que la personne fait et pourquoi elle le fait. Le système des neurones miroirs crée un lien direct entre l’émetteur du message et le receveur : le geste ou l’action est comprise grâce au mécanisme de reflet.

Néanmoins, une condition indispensable pour que cela fonctionne est d’avoir déjà présent dans notre répertoire moteur (notre gigantesque médiathèque interne de capacités d’action) l’acte simple à reproduire. Cette représentation motrice peut exister dès la naissance, car il existe des Patterns moteurs préexistants.

Cependant, lactivité du système des neurones miroirs est étroitement corrélé à notre degré d’habileté ; plus nous maîtrisons une action, plus notre système miroir s’active lorsque nous l’observons chez quelqu’un d’autre. D’où l’importance de la pratique. L’observation visuelle n’est pas suffisante. Il faut voir et agir.

Observer puis reproduire, imiter pour apprendre, telle semble être la base du développement du petit enfant.

Ainsi, plus un jeune enfant aura répété une action motrice et mieux il sera capable d’en décoder la signification chez autrui. D’où l’importance de l’encourager à bouger, à stimuler sa proprioception… (Ce qu’il ne fera pas en restant passivement devant un écran durant de longues heures).

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 Neurones miroirs dans Neurosciences

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Par ailleurs, des chercheurs (Giacomo Rizzolati, directeur de l’Université de neurosciences à l’Université de Parme et Corrado Sinigaglia, Professeur de philosophie des sciences à l’Université de Milan) défendent la théorie selon laquelle les neurones miroirs seraient également impliqués dans l’apprentissage de la langue et s’appuient sur lhypothèse motrice du langage (quand on émet des sons, on fait des mouvements de gorge, de bouche, etc). Le langage verbal serait une évolution du langage gestuel, nettement plus ancien.

La perception de la parole produirait automatiquement une représentation motrice des gestes articulatoires perçus. L’auditeur comprendrait le locuteur grâce à l’activation de représentations motrices articulatoires lors de l’écoute des sons de la parole.

Le bébé observe les gestes oro-faciaux de la personne qui lui parle, tente de les reproduire en s’appuyant sur un répertoire commun d’actions primitives motrices permettant de générer des gestes oro­‐faciaux. Il apprend ainsi, petit à petit, par l’expérience répétée, à réaliser les mêmes gestes et à parler.

Pour illustrer cette théorie, je vous propose de visionner cette très jolie vidéo de l’émission « La maison des Maternelles », montrant un échange entre une maman et son bébé. Le bébé dévore sa maman du regard et met toute son énergie à essayer de communiquer avec elle (Clic sur l’image) :

« L’attention des adultes rend les bébés attentifs aux autres. »

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Pour le contraste, je vous joins cette photo provenant d’un article du Figaro, que je vous invite d’ailleurs à lire (Clic sur l’image)

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porte smartphone biberon

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Enfin, pour alimenter encore la réflexion, je vous invite à visionner cette vidéo de l’expérience du visage impassible, commentée par le Dr Edward Tronick , directeur de l’Unité du développement de l’enfant de l’ Université d’Harvard (en anglais, mais vous pouvez avoir une traduction en cliquant sur l’icône « sous -titres » en bas, à droite, en visionnant la vidéo sur Youtube):

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Voilà, je suis maman d’un enfant dysproprioceptif, dysproprioceptive moi-même et ayant grandi à une époque où les écrans étaient rares, je ne suis ni médecin, ni chercheuse. Je n’ai aucune qualification qui puisse me permettre de tirer des conclusions sur les conséquences d’une surexposition aux écrans, d’une vie trop sédentaire où jouer dehors, marcher pour se rendre à l’école, etc., deviennent des activités de plus en plus rares. Je ne suis pas qualifiée pour donner des conseils, ni pour asséner des leçons de morale.

Mais, toutes mes recherches personnelles sur le rôle de la proprioception et du système des neurones miroirs m’amènent à me questionner sur l’évolution de nos modes de vie et son impact sur le développement des jeunes enfants (Et si je peux vous amener à partager mon questionnement, cet article aura atteint son but :) ).

C’est pourquoi je souhaite vous faire connaître ces deux affiches réalisées par une graphiste et illustratrice, Bougribouillons, en collaboration avec une orthophoniste. Si vous souhaitez vous les procurer, vous trouverez des informations sur le blog de l’illustratrice : ICI

 

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affiche_ecran1_web_570px Neurosciences dans Proprioception

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affiche_ecran2_web_570px proprioception dans SDP/dysproprioception

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Note 1 : La première photo est issue du site Santé log

Note * : Des études récentes semblent aussi montrer que c’est parce que nous reproduisons avec nos muscles, de manière imperceptible, le mouvement observé -donc, grâce à ce feedback proprioceptif- que nous arrivons à comprendre les mouvements et expressions d’autrui.

Sources des informations sur les neurones miroirs  :

LES SYSTÈMES DE NEURONES MIROIRS  Giacomo RIZZOLATTI, Département des Neurosciences Section de Physiologie Université de Parme (Italie)

NEURONES MIROIRS,  Pr F.HERAUT, Neurophysiologiste

Tango et neurones miroirs : les vertus mystérieuses du tango dévoilées par les neurosciences par Michel Habib,neurologue

D’un miroir l’autre. Fonction posturale et neurones miroirs

Les neurones miroirs : rôle et utilité

La perception de la parole, Théorie des neurones-miroirs

Neurones-miroirs, corps et langage

Et, pour finir, voici une petite vidéo de vulgarisation scientifique réalisée par l’INSERM, sur les neurones miroirs :

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Principes du traitement proprioceptif chez le dyslexique et le dyspraxique.

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Sans titre

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Depuis que j’anime un petit groupe de parole sur le traitement proprioceptif des troubles des apprentissages ; je constate, malheureusement, que toutes les prises en charge proposées ne se valent pas et que certaines sont pour le moins surprenantes ! (La dernière en date : une prise en charge proprioceptive sans semelles proprioceptives, l’enfant n’ayant pas été dirigé vers un podologue :(   ).

Voici donc un texte du  Dr Quercia   (Chercheur associé – Unité INSERM U1093 Cognition Action et Plasticité Sensorimotrice) expliquant les grands principes du traitement proprioceptif des dys, tel qu’il le développe et tel qu’il est enseigné dans le cadre du DU du PATA de l’Université de Bourgogne.

Si le traitement de votre enfant ne suit pas ce schéma, vous pouvez vous questionner  …

 

 

 

La prise en charge proprioceptive est un acte médical coordonné. Aucun praticien ne peut travailler seul car une modification d’un seul capteur ne suffit jamais. Elle demande une participation active du patient et de la famille qui doit être soudée pour porter l’enfant.

Le traitement repose, après analyse détaillée de l’histoire du patient et lecture des différents bilans à disposition, sur l’utilisation raisonnée et personnalisée de :

- Prismes actifs de très faible puissance qui modifient la proprioception oculaire, inclus dans des montures dont la forme et la stabilité suit un cahier des charges très précis (dispo dans « section pro » de www.dyslexie.fr) ,

- Modifications de la perception orale (l’occlusion, élément mécanique, est au second plan) par des ALPH, qui sont des micro-élévations (500 à 800µ) de composite dentaire classique, posées à des endroits précis sur les incisives, en nombre toujours pair,

- Port d’orthèses plantaires de type « proprioceptif », caractérisées par de surélévations qui sont en règle d’une épaisseur inférieure à 3 mm, placées au niveau de zones qui dépendent du déséquilibre postural de l’enfant,

- Rééducation proprioceptive centrée sur le retour à une respiration physiologique afin de supprimer les phénomènes nocturnes apnéiques (responsables de troubles attentionnels, de faiblesse de la mémorisation et de fatigue chronique). Elle est associée à des postures ergonomiques pour le travail et le sommeil. Cette rééducation est auto-apprise et journalière,

L’efficacité du traitement s’évalue à partir de 4 niveaux de plus en plus délicats à obtenir :

- Régulation des lois du tonus, et secondairement de la posture,
– Normalisation du Maddox Postural (localisation spatiale visuelle stable quelle que soit les stimulations),
– Absence de pseudoscotomes visuels avec des sons mono fréquentiels,
– Absence de pseudoscotomes visuels avec des sons multi fréquentiels.

Ainsi, réguler la posture d’un dyslexique n’est qu’une première étape du traitement et ne doit pas satisfaire le thérapeute ou l’amener à supprimer une des stimulations quand la posture semble normale (podale par exemple).

La prise en charge doit suivre un arbre décisionnel précis (toutes les situations sont envisagées dans le dernier chapitre du livre « Oeil et Bouche » disponible sur amazon)

Le traitement proprioceptif doit être un préalable aux autres rééducations, notamment orthophoniques. Il s’agit de mettre l’enfant dans des conditions sensorielles qui lui permettront ensuite de profiter pleinement des rééducations et d’une pédagogie adaptée.

La surveillance clinique est programmée en fonction de l’évolution. Un « dys » qui progresse régulièrement à l’école, n’a plus de douleurs musculaires, plus de troubles du sommeil et de l’attention, nécessite une simple surveillance annuelle.

Il est essentiel d’éviter la surmédicalisation des patients par des prises en charge rééducatives multiples qui s’ajoutent à des journées d’école difficiles et des séances de devoirs interminables.

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prismes 2

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Note : Dans la vidéo suivante, il ne s’agit pas des prismes utilisés dans le traitement proprioceptif, qui sont des prismes de très faible puissance. Il y est question de la prise en charge prismatique de l’héminégligence. Mais je trouve cette vidéo intéressante, car elle explique bien le principe de l’adaptation prismatique et son application à la rééducation cognitive. Notamment, on voit comment les prismes modifient la perception de l’espace et comment le cerveau s’adapte, petit à petit, à cette nouvelle perception, en corrigeant  le mouvement (mauvaise perception de l’espace, qui n’est pas sans rappeler ce qu’on peut observer dans la dyspraxie Principes du traitement proprioceptif chez le dyslexique et le dyspraxique. dans Dys 1f609  ) :

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Plasticité cérébrale, apprentissage et cerveau des dyslexiques

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La plasticité cérébrale est au cœur de l’hypothèse de l’origine proprioceptive de la dyslexie (et de certains autres troubles des apprentissages). En effet, la proprioception est un sens particulier qui s’appuie sur la plasticité cérébrale , toutes nos actions motrices laissant une trace dans notre cerveau. Du fait de cette neuroplasticité, un dysfonctionnement proprioceptif serait donc à l’origine d’un développement différent du cerveau. Cette même plasticité cérébrale permettrait ensuite au cerveau de se réorganiser, avec de l’entraînement, dès lors que la proprioception serait normalisée grâce au traitement proprioceptif. L’ action des différentes rééducations (orthophonie, etc.) serait alors potentialisée du fait d’un terrain sensoriel de meilleure qualité (en effet, la proprioception est non seulement considérée comme un sens à part entière, mais comme un sens premier à partir duquel nous pouvons interpréter nos autres sens).

Cette notion de plasticité cérébrale est donc fondamentale pour comprendre l’hypothèse de l’origine proprioceptive de la dyslexie et l’intérêt de la rééducation proprioceptive. Je vous propose donc un nouvel article consacré à ce sujet, montrant que la plasticité cérébrale se situe au cœur des apprentissages, ainsi qu’une publication toute récente qui replace le cerveau des dyslexiques au cœur de cette neuroplasticité.

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Je vous propose déjà deux  extraits du premier article, écrit par neurobiologiste, mais l’ensemble de cette publication est à découvrir ( et vous y trouverez les sources de l’auteur) :

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Une première période se passe in utero, elle consiste en la production de neurones (le cerveau adulte en a environ 100 milliards) et de leur positionnement au sein du cerveau (les neurones migrent de leur lieu de production vers leur destination finale). Chez l’humain, cette période commence vers la 10ème semaine de grossesse et s’arrête vers la fin du 5ème mois.

Une seconde période commence in utero (vers le 6ème mois de grossesse) et se prolonge bien après la naissance (jusqu’à 25-30 ans environ le cerveau n’est pas considéré comme mature !). Elle consiste en la formation de connexions entre les neurones, les synapses (le cerveau adulte en a environ 100 mille milliards), ainsi qu’en l’élimination de synapses et de neurones.On peut parler de plasticité cérébrale pour cette seconde période.

Un nombre excédentaire de neurones et de synapses est produit au cours du développement cérébral. Un long travail de « sculpture » du cerveau a lieu ensuite pour équilibrer leur nombre, ajuster les connexions entre les neurones et entre les régions cérébrales. L’élimination des neurones excédentaires est en grande partie terminée à la naissance (une seconde phase d’élimination aura lieu à l’adolescence) mais l’élimination des synapses excédentaires s’opère jusqu’à la fin de la maturation du cerveau (vers 25-30 ans) ! Le cortex cérébral préfrontal, impliqué notamment dans l’attention, la planification, la prise de décision et le contrôle des émotions, est la dernière région à devenir mature.

La plasticité cérébrale après la naissance est dépendante de l’environnement dans lequel l’enfant puis le jeune adulte grandit.Les activités auxquelles l’enfant participe, ses expériences, l’apprentissage (par exemple celui des mathématiques, de la musique et des langues), les interactions avec les parents (et interactions sociales en général), participent à la structuration du cerveau. Même si la personne ne réutilise pas ensuite ce qu’elle a appris (une langue ancienne ou la musique par exemple),  La plasticité cérébrale, on l’a vu avec l’exemple des tâches manuelles, est possible tout au long de la vie, mais elle est largement plus faible que chez l’enfant et le jeune adulte.

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Nda : Afin de rendre cette notion de plasticité cérébrale plus visuelle, je vous propose de regarder cette vidéo de Céline Alvarez , « La plasticité cérébrale chez l’enfant » :

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Autre passage intéressant qui concerne plus particulièrement la sensorialité (et notamment la proprioception, même si elle n’est pas clairement nommée), où l’on voit bien que la différence qui apparaît dans le cerveau n’est que le résultat d’un apprentissage :

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plasticité cérébrale et singe

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L’apprentissage de tâches manuelles : un exemple de plasticité cérébrale

Une expérience a été réalisée dans les années 1990 illustrant l’existence de la plasticité cérébrale, en prenant l’exemple d’exercices manuels, qui font intervenir le sens du toucher. Les doigts sont connectés au cerveau par des nerfs. Ces nerfs transmettent les informations sensorielles détectées par les doigts au cerveau ainsi que les ordres de mouvement du cerveau aux doigts. La région cérébrale impliquée dans la perception consciente du toucher est le cortex cérébral somatosensoriel. Il est subdivisé en sous-régions, chacune étant associée à un doigt : on parle de carte sensorielle. En quoi consiste cette carte ? Lorsqu’un doigt touche quelque chose, seulement une partie des neurones du cortex cérébral somatosensoriel « s’activent », les autres restant au repos. Chaque doigt « active » des zones distinctes du cortex cérébral somatosensoriel.

La question était : est-ce que la carte sensorielle est figée au cours de la vie, ou est-ce qu’elle s’adapte à notre usage de nos doigts ? Des électrodes ont été placées dans le cortex cérébral somatosensoriel de singes adultes afin de mesurer l’activité de différentes sous-régions de ce cortex. Ces électrodes permettent d’identifier les zones qui « s’activent » lorsqu’un doigt sent quelque chose. Les chercheurs ont tout d’abord précisé la carte sensorielle au début de cette expérience, quelle sous-région s’active lorsque le doigt « 1 » est utilisé par l’animal, de même pour les doigts « 2 », « 3 », « 4 » et « 5 ».

Le singe a ensuite dû faire chaque jour des exercices sollicitant principalement les doigts « 2 » et « 3 », parfois le « 4 ». Au bout de trois mois d’exercices, la carte sensorielle s’en retrouvait modifiée : l’étendue des sous-régions associées aux doigts « 1 » et « 5 » était réduite à la faveur de celle des sous-régions associées aux doigts « 2 » et « 3 » (celle de la sous-région associée au doigt « 4 » n’avait pas bougé). Cela signifie que davantage de neurones répondaient aux doigts « 2 » et « 3 » après cette période d’exercices, ce qui permettait à l’animal d’avoir une meilleure sensibilité pour ces doigts.

On pourrait faire le parallèle avec l’apprentissage d’un instrument de musique comme le violon ou du travail d’un artisan : notre cerveau s’adapte aux tâches qui sont répétées. On peut obtenir des résultats similaires pour d’autres sens. Par exemple, la carte sensorielle du cortex cérébral auditif (chaque sous-région répond à une fréquence sonore) est modifiée dans un environnement sans sons (surdité profonde) ou si des fréquences sont entendues plus fréquemment que d’autres (comme c’est le cas en industrie ou dans le bâtiment, avec certains sons de forte intensité répétés tout au long de la journée).

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L’article dans son intégralité : La plasticité cérébrale au cœur de l’apprentissage

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On le voit donc, le cerveau se modifie en permanence, se sculpte sous l’effet de l’apprentissage et par conséquent un cerveau différent n’implique pas forcément un trouble neurologique ou neuro-développemental, mais peut simplement être le reflet du niveau d’expertise d’une compétence. C’est l’idée que soutiennent deux chercheurs dans une publication récente de la revue Brain Sciences,« Is Dyslexia a Brain Disorder ?« , où ils s’attaquent au « dogme » de l’origine neuro développementale de la dyslexie et suggère que celle-ci est plutôt le résultat de différences interindividuelles. En voici quelques extraits traduits :

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Le résumé :

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La «dyslexie développementale» est souvent considéré comme un trouble neuro développemental. Ce terme implique que le développement du cerveau est censé être perturbé, ce qui entraîne un cerveau anormal et dysfonctionnel. Nous contestons ce point de vue en soulignant qu’il n’y a aucune évidence d’anomalie neurologique dans la grande majorité des cas de difficultés de lecture des mots. Les preuves pertinentes disponibles provenant des études de neuro-imagerie sont presque entièrement des études corrélationnelles et de différences de groupe. Cependant, les différences dans les cerveaux existent certainement chaque fois que des différences de comportement existent, y compris des différences dans la capacité et la performance. Par conséquent, les découvertes de différences cérébrales ne constituent pas une preuve d’anomalie ; elles documentent plutôt simplement le substrat neuronal des différences de comportement. Nous suggérons que la dyslexie devrait plutôt être considérée comme l’une des nombreuses expressions des différences individuelles ordinaires omniprésentes dans les résultats normaux du développement. Ainsi, des termes tels que «dysfonctionnel» ou «anormal» ne sont pas justifiés lorsqu’on se réfère au cerveau des personnes dyslexiques.

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D’autres extraits :

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Il devient évident de dire que les différences dans l’exécution d’une tâche, les différences de capacités, de compétences ou d’habilités, doivent nécessairement être à l’origine de différences dans le cerveau (ou les cerveaux) qui effectue les tâches, que ce soit chez une personne (à travers le temps) ou entre plusieurs personnes. Tout simplement, il n’y a pas d’autre cause possible pour ces différences : si deux personnes atteignent des niveaux de performance différents dans une tâche, cela implique directement et littéralement que les cerveaux des deux personnes doivent être différents exactement de la bonne manière et dans la mesure de la différence de performance observée. C’est-à-dire que si deux personnes sont différemment efficientes  dans l’acquisition d’une compétence, cela signifie que leurs cerveaux diffèrent de telle manière que l’un des cerveaux est plus efficace que l’autre pour se modifier afin de s’adapter à la compétence par l’entraînement. Si une personne apprend une tâche très facilement, cela signifie que la manière dont son cerveau s’est modifié au moment de l’apprentissage est telle que mener à bien cette tâche particulière a des effets importants et durables qui facilitent le traitement, lors de rencontres ultérieures, avec la même tâche spécifique. En revanche, si une personne apprend une tâche avec difficulté ou pas du tout, cela signifie que la manière dont son cerveau s’est structuré est telle que les tentatives d’accomplir la tâche n’ont pas rencontré un succès similaire, mais aboutissent à un bénéfice relativement faible (ou aucun) pour de futures rencontres.

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En ce sens,  constater simplement qu’il y a des différences entre les cerveaux de ceux qui lisent bien et ceux qui ne lisent pas est non pas simplement banal, ce n’est pas simplement attendu ; mais c’est même, a priori, absolument certain. En fait, si aucune différence n’était trouvée, cela signifierait que nos méthodes ne sont pas assez bonnes, ou que nous ne regardons pas le cerveau de la bonne façon, ou que notre technologie n’est pas encore suffisamment développée pour détecter les différences (cf. . [65]). Par conséquent, il n’y a rien à célébrer quand des différences de cerveau sont trouvées. [...] Trouver des différences dans les cerveaux implique simplement que notre technologie actuelle est suffisamment avancée pour commencer à disséquer les différences structurelles et fonctionnelles systématiques entre les cerveaux, qui les rendent différemment aptes à apprendre à lire (ou à faire autre chose).

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Par conséquent, il doit y avoir des différences entre les cerveaux des personnes dyslexiques et ceux qui n’ont aucune difficulté à apprendre à lire. […] Des études comparant des groupes de personnes ayant des compétences en lecture différentes l’ont confirmé (voir les commentaires dans [43,44,47 48,51,58,66]). Des études comparant des groupes de personnes différant par d’autres types de compétences l’ont également confirmé, y compris, par exemple, des pianistes [67], des apprenants en langues [68,69] et des chauffeurs de taxi [70]. Il est inutile d’énumérer plus de comparaisons parce que les différences de cerveau doivent nécessairement exister chaque fois qu’il existe des différences de compétences.
Il n’est pas nécessaire que les différences soient les mêmes pour chaque personne dans un groupe donné, car il y a aussi des différences dans les cerveaux individuels au sein de chaque groupe et, selon toute vraisemblance, de nombreuses façons d’atteindre chaque résultat de performance. Autrement dit, il est possible que différentes configurations cérébrales aboutissent à une performance ou à une capacité similaire (ou médiocre) dans un domaine.

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Ainsi, nous soutenons que les résultats de la neuro-imagerie sont souvent mal interprétés et les fréquentes affirmations selon lesquelles les résultats ont démontré des anomalies sont totalement injustifiées et, par conséquent, incorrectes.
Pour montrer que le développement neuronal a été perturbé, autorisant l’utilisation du terme «trouble neuro développemental», il faut aller au-delà de l’existence de simples différences entre les plus performants et les moins performants (une constatation descriptive). Il faut démontrer que quelque chose dans le développement du cerveau n’est pas ce qu’il devrait être (une déclaration normative), dans un sens bien défini et indépendant ; et il faut aussi démontrer que ce qui ne va pas est très fortement lié aux faiblesses ou échecs comportementaux observés.[...]

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C’est-à-dire qu’il est très improbable de démontrer un dysfonctionnement cérébral franc dans la dyslexie parce que la majorité des personnes ayant des difficultés à apprendre à lire sont en fait parfaitement normales et n’ont pas d’autres difficultés majeures au-delà de la langue écrite. Ils parlent bien, ils marchent bien, ils socialisent bien, ils travaillent, ont des familles et sont de bons membres de notre société. Cela contraste fortement avec les troubles neuro développementaux francs, tels que le syndrome d’alcoolisme fœtal, où la fonction humaine normale peut être substantiellement et visiblement compromise, limitant les perspectives, par exemple, dans les interactions sociales, de manière permanente dans tous les  contextes et situations. En revanche, la seule «maladie» des dyslexiques concerne leur réponse à une invention humaine : ils ont du mal à apprendre le code artificiel du langage écrit, qui (malheureusement pour eux) a fini par occuper une place prépondérante dans la société moderne. [...] Dire que les dyslexiques ont un trouble neurodéveloppemental et les diagnostiquer avec un développement neuronal perturbé, revient à attribuer un désordre neuro développemental à tout groupe qui exécute n’importe quelle compétence en-dessous d’un seuil arbitraire. [...]

Nous estimons qu’il est temps de remplacer l’attente d’une déficience cérébrale par une appréciation de la variabilité individuelle du développement neural normal et ses conséquences multi-facettes dans les domaines de compétences. [...]

Nous ne pouvons pas prouver que la dyslexie n’est pas un trouble neuro développemental, et ce n’est pas ce que nous avons essayé de faire dans cette contribution. Au lieu de cela, nous avons expliqué pourquoi aucun des types de preuves disponibles n’est pertinent pour conclure si la dyslexie est un trouble neuro développemental ou non, et qu’il est au mieux prématuré d’avoir implicitement décidé que c’est le cas.[...]

Par conséquent, nous croyons que le domaine [Nda : de la recherche sur la dyslexie] a été trop hâtif pour adopter une position qui n’est pas étayée par des preuves.

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Vous ne serez pas surpris, j’adore  cette publication qui  laisse la porte ouverte à toutes les autres hypothèses, dont l’origine proprioceptive de la dyslexie !  :)

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Pour la lire dans son intégralité (en anglais), clic sur l’image :

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Brain sciences

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Note : La première image, représentant les aires activées lors de la lecture chez le dyslexique et le lecteur normal, provient de l’article : L’imagerie du cerveau dévoile les secrets de la dyslexie

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Lien entre troubles des apprentissages et dysproprioception

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colloque

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Je vous propose de visionner la vidéo où le Dr Quercia (INSERM U1093) a présenté le lien entre dysproprioception et troubles des apprentissages, à l’occasion du Colloque international SED.

Cette conférence de 15 minutes a été filmée en trois parties sur un téléphone portable et publiée sur Facebook, il vous faudra donc un compte sur ce réseau social pour les visionner (Clic sur les images) :

 

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conférence quercia 1

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conférence quercia 2

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conférence quercia 3

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Pour finir, je vous propose de visionner la petite vidéo qui n’a pas fonctionné durant la conférence, en cliquant sur l’image :

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conférence quercia  4

 

 

 

 

 

 

 

Fascias, thérapies manuelles et dysproprioception

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fascias

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Depuis quelques années, le mot fascia est de plus en plus employé parmi les professionnels de la santé. Les fascias (aussi appelé tissus conjonctifs) représentent l’ensemble des tissus qui enveloppent la majorité des structures du corps : muscles, nerf, os, vaisseaux sanguins, cerveau. Les fascias séparent et en même temps connectent toutes ces structures entre elles. Au niveau musculaire, chaque fibre est enveloppée par des fascias. Grâce aux recherches effectuées sur les animaux, nous savons que les propriétés élastiques des fibres myofasciales participent aux contractions musculaires en les assistant, soutenant et coordonnant (Schleip, 2012). De plus, les fascias des muscles auraient une fonction protectrice en limitant l’élongation des fibres musculaires endommagées.

Il me paraît donc évident qu’il existe un lien entre les fascias et la proprioception qui repose sur des capteurs situés dans les muscles, les articulations, etc. En modifiant expérimentalement la proprioception par l’utilisation de vibrations à haute fréquence et faible amplitude, les chercheurs  ont mis en évidence l’existence de véritables chaînes proprioceptives agissant ensembles pour donner une information spatiale ou modifier la posture (J.P. et R. Roll). Ces chaînes proprioceptives partent des muscles des yeux et vont jusqu’aux pieds (et inversement). Les fascias permettent donc de comprendre comment les tensions musculaires se transmettent de groupe en groupe.

Les fascias étant constitués de fibres de collagène, on imagine aussi quel peut être leur rôle dans le Syndrôme d’Ehlers Danlos Hypermobile qui se caractérise par une hyperlaxicité des tissus conjonctifs. La découverte de ce tissu corporel particulier permet de comprendre l’effet des habits de compression sur la propioception via les fascias,  dans cette pathologie.

Enfin,  les thérapies manuelles (ostéopathie, acupuncture, kinésithérapie, etc.) ont un substrat reconnu scientifiquement dorénavant, au travers des fascias.

Je vous propose donc de visionner, dans un premier temps, une émission d’Arte traitant de ce sujet fascinant :

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Gros plan sur notre tissu fascial, qui entoure à la manière d’un bandage à la fois dense et irrégulier les éléments composant notre corps : nos organes, nos muscles, nos os. Cet organe méconnu et vital suscite parmi les chercheurs en médecine un intérêt et un espoir croissants.

Cela fait plus de trente ans que la fasciathérapie a fait son apparition en Occident parmi les médecines douces, mais jusqu’à récemment, c’est dans la discrétion que ses praticiens et patients exploraient un continent largement ignoré du grand public. Depuis une dizaine d’années, le tissu fascial, qui entoure à la manière d’un bandage à la fois dense et irrégulier les éléments composant notre corps (nos organes, nos muscles, nos os), mobilise un nombre croissant de recherches. Encore largement mystérieux pour la science, ce gigantesque réseau de fibres blanchâtres, qui relie toutes ces parties et, surtout, leur permet de fonctionner ensemble, commence à dévoiler une partie de ses pouvoirs grâce aux études de plusieurs pionniers interrogés ici, anatomistes et médecins, notamment.
Visibles à l’échographie, sensibles à l’acupuncture et à la pression manuelle, facilement endommagés par le stress et l’inaction physique, les fascias pourraient en effet se révéler l’origine méconnue de nombreuses pathologies, [...]

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Voici aussi une autre Emission d’ARTE sur les facias, où le lien entre facias et proprioception est clairement évoqué :)   :

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Les fascias sont partout sous notre épiderme, ils enveloppent nos muscles, nos organes et nos glandes. En médecine, ces membranes composées de tissu conjonctif ont longtemps été considérées comme une enveloppe sans autre fonction particulière. Mais il semblerait que les fascias soient plus importants pour notre santé que ce que nous avons supposé jusqu’à présent.

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Depuis maintenant quatre ans que Marc suit un traitement proprioceptif, il est arrivé plusieurs fois qu’il se dérègle suite à un blocage ostéopathique qui empêchait le bon fonctionnement des capteurs oculaires, oraux ou plantaires. Il fallait alors se rendre chez l’ostéopathe pour remettre les choses en ordre. Depuis que j’ai regardé l’émission d’Arte « Fascinants Fascias », notamment le passage qui parle du blocage des apophyses épineuses à 3’10, je comprends l’utilité de ce recours à une thérapie manuelle ;) . Je vous propose donc de visionner une vidéo mise en ligne par le Dr Quercia, où il explique que le recours à une thérapie manuelle s’avère parfois indispensable et où l’on voit le blocage de deux apophyses épineuses :

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Enfin, pour terminer et pour le plaisir des yeux, car c’est un peu compliqué, je vous propose de visionner le film « Promenade sous la peau » réalisé par le Dr  Jean-Claude GUIMBERTEAU, chirurgien plasticien (Clic sur l’image):

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Le monde sous la peau est encore à découvrir. A découvrir pour le scientifique car, à part quelques notions mises en évidence au début du XXème siècle, l’organisation des relations entre les structures organiques et leur méthode de glissement est mal connue. A découvrir aussi pour le néophyte, qui va observer un monde de couleurs, de structures changeantes, un monde d’adaptation dont le but ultime est de donner la souplesse, permettre le mouvement et conserver l’équilibre. Depuis plus d’un demi-siècle, la recherche a négligé ces territoires ; laissons la simple observation de ces structures, qui sont notre propre architecture, nous inciter à la réflexion… et à la contemplation.

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promenades sous la peau

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Sources :

Les fascias: définition et fonction

Les fascias, qu’est-ce que c’est ? (Source de l’image utilisée en entrée d’article)

Journal du traitement IX

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 dents de scie

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Voici une nouvelle mouture du traitement proprioceptif de Marc. Il progresse, toujours en dents de scie du fait de sa grande sensibilité proprioceptive, mais il progresse ! Notamment physiquement, avec une posture presque irréprochable (et depuis longtemps, fin du bégaiement, de d’encoprésie ;  normalisation des relations avec ses pairs, etc.) :) !

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Journal du traitement (mai 2017/février2018)

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