Des yeux symétriques révèlent une dyslexie

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Des yeux symétriques révèlent une dyslexie dans Dys oeil-domine-dominant-300x226

Asymétrie des tâches de Maxwell chez le normolecteur

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Récemment, j’avais partagé une vidéo dans laquelle le Dr Quercia expliquait le lien entre une symétrie anormale des rétines et une dysproprioception, suite à la découverte de deux physiciens français (Ropars et Le Floch).

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tache maxwell
Absence de cônes sensibles au bleu au centre de la fovéa, appelée tâche de Maxwell
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Je vous propose une traduction d’un article de la revue « The Scientist », où John Stein, professeur émérite de physiologie à l’Université d’Oxford, qui porte la théorie magnocellulaire, émet un avis très enthousiaste sur cette découverte :

 

Les yeux des personnes qui lisent avec aisance ont des rétines asymétriques et transmettent également des informations visuelles au cerveau asymétriquement, selon un rapport publié aujourd’hui (18 octobre) dans Proceedings of the Royal Society B. A l’inverse, les yeux des personnes atteintes de dyslexie semblent être physiquement et fonctionnellement symétriques.

« C’est une étude vraiment intéressante », explique John Stein, professeur émérite de physiologie à l’Université d’Oxford, qui n’a pas participé à la recherche. « Cela ramène l’idée que la vision a quelque chose à voir avec la dyslexie », ajoute-t-il,  » qui tend à être ignorée de nos jours ».

La dyslexie, caractérisée par une difficulté à apprendre à lire, affecte environ entre 5% et 10% des personnes. Bien que les facteurs génétiques et environnementaux aient été liés à la maladie, les causes sous-jacentes en demeurent largement inconnues.

« Jusqu’aux années 1950, tout le monde pensait que la dyslexie était visuelle », explique Stein, mais depuis lors, l’accent a été mis sur les théories des déficits de traitement de l’information dans le cerveau. Par exemple, les scientifiques ont observé que la latéralisation du cerveau – la compartimentation asymétrique de certaines fonctions cérébrales vers les hémisphères gauche ou droit – est, en général, plus faible chez les personnes dyslexiques que chez celles qui ne le sont pas. C’est-à-dire que ces fonctions ont tendance à être réparties de façon plus égale entre les deux hémisphères.

Les chercheurs soupçonnent que la perception visuelle pourrait être parmi les fonctions du cerveau qui présentent une latéralisation. Parce que les images reçues de chaque œil diffèrent légèrement les unes des autres, mais doivent être perçues comme une seule, on pense que le développement neurologique du système visuel se traduira par un œil dominant qui est principalement utilisé pour la précision de la position, ce qui entraînera un traitement cérébral asymétrique.

Évaluer si l’asymétrie visuelle existe et, si oui, si elle est réduite chez les personnes atteintes de dyslexie n’est pas simple. «L’un des problèmes de la mesure de la dominance oculaire est qu’il y a tellement de tests différents, et ils donnent tous des résultats différents», explique Stein.

L’équipe de Ropars a évalué la dominance de l’œil chez 30 individus atteints de dyslexie et, contrairement au groupe non dyslexique, 27 n’avaient pas de dominance oculaire.

Une méthode courante est le test de trou dans la carte, où un observateur tient à bout de bras une carte avec un trou au milieu, se concentre sur un objet à travers le trou et tire ensuite la carte vers le visage pour déterminer quel œil regarde l’objet. Cependant, cette méthode et d’autres peuvent être confondues par des facteurs tels que la distance de l’objet et l’angle du regard de l’observateur.

Pour contourner ces problèmes, les physiciens Guy Ropars et Albert Le Floch de l’Université de Rennes en France ont développé une nouvelle approche. « Nous étions conscients des artefacts associés aux méthodes habituelles. . . là où les yeux restent ouverts, « Ropars écrit dans un courriel à The Scientist, » alors, nous avons proposé ‘la méthode de rémanence’ où les yeux restent fermés. « 

Dans la nouvelle méthode, les sujets regardent d’abord une image très contrastée, comme une fenêtre lumineuse, ferment les yeux pour voir l’image rémanente qui en résulte, puis couvrent leurs yeux fermés avec leurs mains, ce qui réduit l’image rémanente. Le fait de retirer les deux mains tout en gardant les yeux fermés rétablit la luminosité de l’image rémanente, mais en retirant alternativement une main puis l’autre, une différence de luminosité de l’image restituée rétablie peut devenir apparente. En effet, sur 30 individus non dyslexiques, 19 ont vu une image rémanente plus claire avec leur œil droit et 11 avec leur gauche.

« Ce [test] semble beaucoup plus objectif [que les méthodes précédentes], et je pense donc que c’est très excitant », explique Stein. « Potentiellement, c’est une très belle avancée. »

L’équipe de Ropars a également évalué la dominance oculaire chez 30 individus dyslexiques et, contrairement au groupe non-dyslexique, 27 n’avaient pas de dominance oculaire – leurs images rémanentes étaient également brillantes dans les deux yeux. « Je pense que c’est assez convaincant« , dit Stein.

Ropars et Le FLoch ont ensuite montré que ce manque de dominance oculaire était corrélé avec des différences physiques apparentes dans l’œil lui-même. Dans la fovéa – la partie de la rétine responsable de la plus haute acuité visuelle – se trouve un groupe central de cellules coniques rouges et vertes, dépourvues de cellules de cônes bleus. En regardant un écran blanc à travers un filtre bleu, il est possible pour une personne de voir cette zone sans bleu comme une région sombre, connue sous le nom de Maxwell centroid. Chez les personnes sans dominance oculaire, cette région sombre apparaissait circulaire lorsqu’on la regardait avec l’un ou l’autre des yeux, tandis que chez les participants avec un œil dominant, la région apparaissait circulaire avec l’œil dominant mais elliptique avec le plus faible.

Avec ces analyses des centroïdes de Maxwell, «nous avons identifié la signature biologique de l’asymétrie nécessaire entre les deux yeux d’un observateur normal», écrit Ropars. Cette signature fovéale associée à « l’absence correspondante de dominance de l’image secondaire peut conduire à de nouvelles stratégies de diagnostic de la dyslexie », ajoute-t-il.

On ne sait pas encore comment ce défaut d’asymétrie provoque des difficultés en lecture, mais Ropars et Le Floch soulignent que les personnes dyslexiques confondent souvent leur gauche et leur droite et font des erreurs d’image en miroir lors de la lecture des lettres, ce qui pourrait s’expliquer par le fait que les deux yeux et les deux côtés du cerveau traitent l’information de position exactement de la même manière.

La seule grande chose qui manque à l’étude, dit Stein, « est toute suggestion sur la raison pour laquelle ces différences émergent [pendant le développement]. » Pour l’instant, dit-il, cela reste un mystère.

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L’article original : Symmetrical Eyes Indicate Dyslexia

 

Note : Les images sont extraites de la vidéo du Dr Quercia (Chercheur associé INSERM)Dyslexie, Vision et Proprioception 

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Thèse : Dyslexie et prise en charge proprioceptive

 

Je vous propose la lecture de cette thèse pour le diplome d’Etat de Docteur en Médecine, de Sylvain Lamotte, portant sur l’apport de la prise en charge proprioceptive chez le dyslexique (Clic sur l’image).

Bonne lecture !

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thèse dyslexie et ttraitement proprioceptif

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En voici la conclusion :

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Ce travail, par son caractère qualitatif, a permis d’explorer l’aspect intéressant de données subjectives. En laissant exprimer librement les idées, les patients nous font un rappel important du caractère handicapant de la dyslexie. Leur langage écrit étant touché, les conséquences sur l’apprentissage sont importantes. Ces difficultés arrivent à un moment clé de leur construction. Il ne faut pas oublier que ces enfants ressentent une véritable souffrance. Et de nos jours, la dyslexie reste un handicap avec de fortes conséquences psychologiques.
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A côté de ce constat, avec la mise en place de la prise en charge proprioceptive, apparaît dans leur discours la notion de bénéfice. En effet, sur le panel interrogé, tous rapportent le ressenti d’un changement avec le traitement proprioceptif. On retrouve des améliorations dans les domaines de l’apprentissage. Ceci leur permet bien sûr de mieux réussir dans le milieu académique, mais aussi de mieux vivre leur trouble, de retrouver confiance en eux.
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Un aspect important qui a été souligné par tous, c’est le plaisir de lire. Pour ces enfants, initialement, la lecture apparaît comme la bête noire, une compétence extrêmement compliquée. Or, l’apport de la prise en charge proprioceptive leur a permis de s’approprier la lecture et même d’en ressentir un certain plaisir, malgré la persistance de quelques troubles.
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Au contact des patients bénéficiant de cette prise en charge, on ne peut pas rester indifférent face à leur satisfaction.
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Le travail ici présenté n’a pas l’ambition de prouver de manière scientifique l’efficacité de l’apport de la prise en charge proprioceptive, mais laisse percevoir des résultats prometteurs. Même s’il est demandé de multiplier les études pour en apporter de nouvelles preuves scientifiques, le ressenti clinique laisse paraître des résultats encourageants. Et si les études futures se poursuivent avec des résultats allant dans ce sens, cela pourrait avoir une incidence considérable chez ces enfants en grande souffrance
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Note 1 : Cette thèse provient du site de la Seropp
Note 2 : Le Dr Virlet, Directeur de thèse, était à l’origine d’une étude très intéressante sur 100 jeunes  : Troubles spécifiques des apprentissages et syndrome de déficience proprioceptive ; fréquence, corrélation et valeur de dépistage?  Cette étude portant sur 100 enfants, qui avait montré une forte corrélation entre la présence d’une hétérophorie verticale labile et la présence de TSA , va maintenant être répliquée sur 1200 enfants et 120 médecins généralistes (étude DA-TSA).

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Proprioception et Troubles des Apprentissages

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Proprioception et Troubles des Apprentissages dans Dys 2_skater

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Nous connaissons tous nos cinq sens: l’ouïe, l’odorat, le toucher, la vision et le goût. Or, il en existe un autre que nous utilisons constamment, il nous est si naturel que nous n’avons même pas conscience de son existence : la proprioception.

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I. Qu’est-ce que la proprioception ?

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La proprioception est notre capacité à nous percevoir nous-même sans avoir recours à la vision. C’est le sens qui  permet de renseigner notre cerveau sur la position de nos différents segments corporels entre eux, de connaître à tout moment la position de notre corps dans l’espace environnant et qui lui montre comment se mouvoir. Elle se compare à un GPS qui s’appuie sur un système de référence  nommé schéma corporel, (représentation que chacun se fait de son propre corps, sa forme, son volume). Elle nous indique, à chaque instant, la position exacte de notre corps en trois dimensions.

Elle fonctionne avec des millions de petits capteurs sensoriels situés dans tous nos muscles (notamment les muscles oculomoteurs), dans la peau (notamment celle de la plante des pieds qui est très riche en capteurs de pression de différents types), les tendons, les ligaments et les articulations (notamment ceux de l’appareil manducateur). Ils adressent en permanence des signaux qui transitent par nos nerfs sensitifs vers notre moelle épinière, puis vers le cervelet et le cerveau qui les analyse et, selon les besoins de la situation, réagit en contractant ou en relâchant certains muscles.

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capteurs-propriocetifs dys dans Proprioception

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In-utéro, le fœtus est contenu en flexion dans l’utérus maternel, ce qui lui permet d’éprouver sa musculature, sa sensation profonde ligamentaire et tendineuse, ce qu’on appelle la proprioception, au cours de mouvements vifs d’extension et d’enroulement.

La proprioception joue ensuite un rôle majeur dans l’élaboration du schéma corporel qui  se construit durant l’enfance. Celui-ci est constamment mis à jour en fonction de ce que nous faisons et de ce que nous subissons, comme une blessure, un changement de poids, une poussée de croissance à l’adolescence, etc. En effet, la proprioception fait appel à la plasticité du cerveau, sa capacité d’adaptation aux changements.  

Chez le bébé, l’apprentissage moteur nécessite, au départ, le secours de la vue pour organiser les mouvements et les contrôler ;  puis au fur et à mesure que l’apprentissage progresse ceux-ci vont passer dans l’automatisme. Tous ces mouvements automatiques se construisent petit à petit, l’enfant n’a plus besoin de la vue pour bouger, il se base sur ses habitudes motrices, ses automatismes inscrits : « l’automatisme, c’est le proprioceptif ». (Pr Jacques Paillard, CNRS)

La proprioception est donc à l’origine des qualités de coordination et d’adresse. Ces deux qualités fondent les habiletés motrices. Une bonne proprioception nous est indispensable pour le maintien de nos postures, lors de nos déplacements, ainsi que pour assurer la coordination de nos mouvements. Elle nous permet d’écrire lisiblement, de marcher en ligne droite, de danser en suivant le rythme de la musique, d’être performant lors d’une activité physique, de jouer d’un instrument de musique, etc.

 

Enfin, la proprioception joue un rôle fondamental dans la façon dont notre cerveau gère les informations venant de nos autres sens. Le Pr JP Roll (CNRS) considère la proprioception comme « le  sens premier, celui qui donne du sens aux autres sens » :

 

 « Comment pourrions-nous localiser une cible visuelle dans l’espace sans que le système nerveux soit précisément informé du lieu où se trouve le corps et notamment l’œil ? »  

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En effet, la proprioception ne fonctionne pas indépendamment, mais en connexion avec les autres organes des sens et influence fortement leur travail en donnant constamment au cerveau l’indication de leur place respective dans le corps (par exemple, les muscles oculomoteurs renseignent le cerveau sur la position des globes oculaires dans leur orbite). La proprioception permet de localiser les informations visuelles et auditives et joue ainsi un rôle important dans la manière dont le cerveau va traiter ces informations.

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capteur oculaire

Le capteur oculaire

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II. Dysproprioception et troubles des apprentissages

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thumb-la-dyslexie---presentation-et-caracteristiques-4716 dysgraphie dans SDP/dysproprioception

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Quand ce sens dysfonctionne, pour des raisons encore inconnues, sauf dans le cas du Syndrome d’Ehlers Danlos, on trouve des atteintes, à des degrés divers, dans trois domaines où intervient la proprioception :

-des troubles posturaux : quand la proprioception est mal réglée, le tonus musculaire est asymétrique et progressivement la posture  se  dégrade. L’enfant se tient de travers alors que sa proprioception lui fait croire qu’il est droit, ceci engendre des tensions musculaires douloureuses et une attitude scoliotique. Ce sont d’ailleurs ces anomalies de la posture qui ont amené le Dr Henrique Martins de Cunhà, médecin portugais, à décrire le « syndrome de déficience posturale » dans les années 80.

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attitude scoliotique

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-des troubles de la localisation spatiale : à l’origine de maladresses, de sensations vertigineuses, de difficultés pour attraper un objet du premier coup, d’une sensation d’inconfort dans la foule, du mal des transports, etc.

-des anomalies perceptives (aboutissant à des troubles cognitifs) : Les informations provenant des différents organes des sens tels que la vue, l’ouïe et la proprioception doivent être organisées de façon synchrone et être cohérentes avec les données de l’environnement immédiat, pour permettre au cerveau de les traiter correctement et de fonctionner au maximum de ses capacités. Sinon, il est perpétuellement en état de vigilance, de « stress », pour vérifier les informations et assurer la survie : ne pas tomber, ne pas se cogner, etc. Un exemple simple pour décrire cet état est celui du lecteur assis près d’une fenêtre dans un train à l’arrêt. Le train est immobile, les pieds, l’oreille interne, les muscles et les yeux envoient l’information que le corps ne bouge pas, le lecteur peut se concentrer sur son livre. Soudain, le train sur la voie d’à côté se met lentement en mouvement ; la vision périphérique du voyageur (système magnocellulaire sensible aux variations de mouvements = système proprioceptif) a capté le mouvement de manière inconsciente et envoie ce signal au cerveau, alors que les pieds, les muscles et l’oreille interne continuent d’envoyer le signal de l’immobilité du corps. Le cerveau ne comprend plus la situation et  le lecteur va se sentir obligé de quitter son livre pour vérifier la véracité de ces informations. Quand  il a compris la situation, il va beaucoup mieux et peut reprendre le fil de son histoire. Le cerveau d’un enfant souffrant d’un dysfonctionnement proprioceptif est dans cet état de vigilance, en permanence. Chez cet enfant, un nombre trop important d’erreurs causées par un trouble de la proprioception serait à l’origine d’une incohérence entre les différentes informations sensorielles. Dès lors, ces nombreux biais perceptifs affecteraient le traitement de ces informations et seraient responsable de l’apparition de troubles développementaux de l’attention visuelle et d’anomalies de la conscience phonologique.

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Selon le Dr Quercia (Ophtalmologiste, chercheur associé INSERM ), qui étudie l’impact d’une dysfonction de ce sens sur les apprentissages :

«  les informations auditives et visuelles sont mal utilisées par le cerveau et aboutissent à des troubles des apprentissages de type dyslexique ou dyspraxique, mais peut-être aussi de type dysphasique. La mauvaise localisation proprioceptive (de la main et des doigts), le mauvais contrôle de la motricité fine et la mauvaise localisation visuelle du tracé aboutissent à une dysgraphie.[...] La proprioception oculaire est portée par le nerf trijumeau qui véhicule aussi les informations provenant de la langue et des muqueuses de la bouche. Ainsi, lorsque la proprioception oculaire est anormale, le patient pourra avoir des signes particuliers au niveau de la bouche : malocclusion (le plus souvent les incisives supérieures en avant) avec mâchoire trop étroite, déglutition infantile, respiration buccale… Le plus ennuyeux est la présence d’hypopnées nocturnes liées en grande partie à un trouble du tonus de la langue et des muscles du pharynx. L’enfant a des nuits agitées, il est alors constamment fatigué et les enseignants constatent des troubles de la concentration. Au trouble dys va s’ajouter un trouble de Déficit de l’Attention (TDA) avec parfois Hyperactivité (TDAH)».

En Effet, il est beaucoup plus facile pour le cerveau de maintenir le corps en équilibre, dans le mouvement. Le cerveau doit savoir où est le corps en permanence et s’il ne peut pas localiser les différentes parties du corps quand l’enfant est au repos, alors celui-ci devra activement déplacer ses muscles pour que l’esprit se “sente connecté” avec le corps.

 

L’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages s’inscrit donc parfaitement dans la « constellation » des dys décrite par Michel Habib (Neurologue), même si la relation entre proprioception et troubles « dys » est encore fortement niée par le monde médical.

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Syndrome+hyperkin%C3%A9tique%2F+Syndrome+h%C3%A9misph.+droit proprioception dans SED

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III. Traiter la dysproprioception

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(Note : Le traitement  proprioceptif des troubles des apprentissages est une thérapie émergente, en cours de validation scientifique.)

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maddox-poxtural-300x219 SDP/dysproprioception dans TDA/H

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En modifiant expérimentalement la proprioception par l’utilisation de vibrations à haute fréquence et faible amplitude, on a pu mettre en évidence l’existence de véritables chaînes proprioceptives agissant ensembles pour donner une information spatiale ou modifier la posture. Ces chaînes proprioceptives partent des yeux et vont jusqu’aux pieds, le traitement proprioceptif vise à rétablir un fonctionnement harmonieux de cette chaîne proprioceptive.

Pour mettre en évidence une dysproprioception, le médecin posturologue  réalise un bilan proprioceptif qui doit montrer des atteintes dans les trois domaines où intervient la proprioception. Son travail consiste ensuite en une longue « reprogrammation » de ce sens,  en s’appuyant sur la plasticité cérébrale et en agissant sur différents capteurs à l’aide de leurres sensoriels, de manière à donner au cerveau de nouvelles et bonnes informations proprioceptives.

Il agit pour cela :

- sur les capteurs des muscles oculaires pour une remise en tension de ces muscles par le port permanent de prismes dans des lunettes. Ceux-ci dévient très légèrement la lumière arrivant sur la rétine et modifient la perception de l’espace visuel, notamment en périphérie. Ils provoquent immédiatement une modification posturale en agissant principalement sur la partie supérieure des chaînes proprioceptives.

- sur les capteurs de la plante des pieds, en modifiant la sensibilité plantaire par le port permanent de semelles proprioceptives (ou posturale). En changeant la perception du sol, elles aident à ré-équilibrer le travail des muscles engagés dans la régulation de la posture. Elles agissent essentiellement sur la partie basse des chaînes proprioceptives.

-sur le capteur manducateur qui donne des informations essentielles à la régulation posturale, à l’aide de micro épaisseurs posées sur les dents (ALPH), si l’examen montre une interférence entre les informations proprioceptives oculaires et les informations de la bouche. Les « ALPH » améliorent l’occlusion dentaire et restaurent une sensibilité normale de la bouche.

- et demande de pratiquer des exercices musculaires spécifiques  journaliers, ainsi que le maintien de certaines postures, afin d’harmoniser la fonction des chaînes musculaires et de modifier en profondeur les informations proprioceptives erronées.

Cette rééducation proprioceptive n’est pas une baguette magique qui va résoudre tous les problèmes immédiatement, surtout si le dysfonctionnement est important. C’est une reprogrammation longue qui va prendre plusieurs années et demander beaucoup de vigilance, car la proprioception est un sens sensible à d’infimes variations (et la croissance des enfants va la mettre à rude épreuve). S’appuyant sur la plasticité cérébrale, cette rééducation impose un respect strict et permanent des différents éléments du traitement. En effet, dès lors que l’un d’eux n’est plus observé,  les informations erronées données par les capteurs proprioceptifs correspondants vont entraîner une régression rapide, la plasticité du cerveau jouant alors contre le patient.

En parallèle du traitement proprioceptif, il faudra continuer les autres rééducations : orthophonie, orthoptie, ergothérapie, etc. Ces rééducations s’avèreront plus efficaces, car elles vont maintenant s’appuyer sur un terrain sensoriel de bonne qualité.  Les progrès de l’enfant dépendront de l’intensité du trouble proprioceptif initial, de son origine, de ses capacités de compensations, de l’importance des retards accumulés, etc.

S’agissant d’une rééducation globale du sens proprioceptif, celle-ci va non seulement agir sur les symptômes cognitifs, mais aussi sur tous les symptômes physiques induits par une dysproprioception. Ceux-ci vont petit à petit s’améliorer et disparaître : maux de tête, de dos, de ventre, mal des transports, douleurs musculaires, maladresse, énurésie, encoprésie, etc. (selon les symptômes que présentait l’enfant).

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IV. Conclusion

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Contrairement aux cinq autres sens connus depuis Aristote, c’est seulement à la fin du XIXème siècle que Charles Sherrington (Prix Nobel de médecine en 1932) aborde le concept de Proprioception.  Aujourd’hui, la médecine continue globalement d’ignorer ce sens particulier, alors que tout le monde gagnerait à mieux le connaître puisqu’il semble être à la base des autres sens. Les travaux de recherche sur la proprioception sont encore très récents et les dysfonctionnements du sens proprioceptif encore bien mal connus. Malheureusement, le nombre de chercheurs intéressés par le sujet reste ridiculement faible, quand on l’oppose à l’importance que semble revêtir la proprioception dans le développement psychomoteur et cognitif de l’enfant. Pourtant, le rôle d’un chercheur n’est-il pas de poser son esprit là où nul autre ne l’a posé avant lui ?

Pour ma part, ayant passé de longues heures à lire et visionner des documents pour essayer de mieux comprendre ce sens et ses dysfonctions, je reste étonnée de la crispation qui perdure autour de ce sujet et du rejet que rencontre l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages. Après le tout psychologique, le tout neuropsychologique domine, rejetant violemment  cette autre hypothèse. Pourtant, le cerveau se nourrit de ses perceptions et tous les acteurs du monde des dys s’accordent sur ce point : avant de poser un diagnostic de dys, il faut éliminer un trouble sensoriel :  faire contrôler la vue et l’audition. Personne ne doute du fait qu’un enfant qui voit, ou entend mal, aura du mal à rentrer dans les apprentissages scolaires. Alors, pourquoi une dysfonction de la proprioception n’aurait-elle pas, elle aussi, un impact sur ceux-ci ? Comment un enfant peut-il correctement diriger son regard et automatiser le « geste » de ses yeux si son cerveau n’est pas correctement renseigné sur la position spatiale de ses globes oculaires ? Comment automatiser le geste d’écriture quand le cerveau ne localise pas correctement la position de la main et des doigts ?

Je persiste à ne pas comprendre pourquoi les médecins de Physique et Réadaptation ne s’interrogent pas plus sur le rôle de la proprioception dans la dyspraxie, alors que certains médecins de cette spécialité, les Pr Hamonet et Jaussaud  ont fait le lien entre désordres moteurs du Syndrome d’Ehlers Danlos (SED) et dysproprioception. Le premier considère d’ailleurs comme acquis le lien entre SED et troubles cognitifs (dyslexie, dyspraxie, dysgraphie, troubles attentionnels, etc.), 68% des patients SED présentant aussi ces pathologies.

Je persiste à ne pas comprendre le manque de curiosité intellectuelle du monde de la recherche médicale, ce rejet d’autorité d’une nouvelle approche conceptuelle en médecine : l’histoire, parfois contemporaine, ne lui a-t’elle rien appris ?

Des études récentes commencent à démontrer le lien entre certains TDA/H et des problèmes de sommeil, rejoignant ainsi les constats du Dr Quercia. Combien d’années faudra t’il encore pour que le monde médical se penche de plus près sur la bouche de ces enfants et les dysfonctionnements proprioceptifs de l’appareil manducateur,  leur évitant ainsi, parfois, des traitements médicamenteux lourds ?

En conclusion, si votre enfant présente des troubles des apprentissages, demandez-vous si ses dys sont isolés ou s’ils ne sont qu’un symptôme parmi d’autres. Regardez bien votre enfant, observez sa posture, sa mâchoire, la position de sa langue, son sommeil. Et si vous le retrouvez dans les descriptions données ci-dessus, alors posez-vous la question d’un dysfonctionnement proprioceptif chez lui. Plus il sera pris en charge tôt et plus votre enfant aura un développement physique et cognitif harmonieux.

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Note : Cet article est loin d’être exhaustif, le sujet étant tellement vaste et je vous invite à l’ approfondir en découvrant les liens ci-dessous et notamment les travaux du Pr Alain Berthoz, Professeur au collège de France,  sur le couple perception/action, que je n’ai pas développé pour  rendre cet article accessible au plus grand nombre.

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Sources :

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Proprioception: The Sense Within /The Scientist

La proprioception, un 6e sens qui pourrait vous être fort utile, Denis Fortier (Physiothérapeute)

Découvrez le 6e sens qui vous rend meilleur dans (presque) tout! , Denis Fortier (Physiothérapeute)

Livre : « Le bébé en mouvement », Lucie Meunier(Psychomotricienne)

Rôle de la proprioception dans le contrôle moteur (Intervention du Pr Jacques Paillard, CNRS)

Système proprioceptif et proprioception (Regis Thouvarecq, Professeur des universités)

Schéma corporel : une approche neurosensorielle, ( : directeur de recherche au C.N.R.S.)

« Influence de la proprioception cranio-faciale sur le Controle postural et la stabilisation du regard » (Thèse de Doctorat, Neurosciences : Pierre GANGLOFF)

« Etude des liens entre systèmes visuel et proprioceptif »( Thèse de Doctorat, Neurosciences :Pascale TOUZALIN-CHRETIEN)

Le proprioception, un sens premier ? Pr Jean Pierre Roll (CNRS)

Ehlers-Danlos, une errance médicale jusqu’à l’absurde. Pr Hamonet, médecin spécialiste de Médecine Physique et de Réadaptation

Entretien avec Alain Berthoz, (professeur au Collège de France)

Le cerveau et le mouvement : le sixième sens , Alain Berthoz (professeur au Collège de France)

Oculus Rift : jouer ou vomir, il faut choisir ? (L’OBS avec Rue 89)

Pour mieux comprendre la dyslexie (p23/26), Joëlle Lemaire (Ostéopathe spécialisé en thérapie neurodéveloppementale)

Document patients, Dr Patrick Quercia  (ophtalmologiste, Chercheur associé – Unité INSERM U1093)

Constellation des dys et ses rapports avec l’efficience intellectuelle, Michel Habib (Neurologue)

Pourquoi l’ophtalmologiste est concerné par la posturologie ? Dr Patrick Quercia (ophtalmologiste, Chercheur associé – Unité INSERM U1093)

Dysproprioception (Site du Dr Quercia)

Commentaires sur la cinquième proposition de classification du syndrome d’Ehlers-Danlos par les généticiens (Pr Claude Hamonet, Médecine Physique et de Réadaptation)

La proprioception et le SED (Pr Roland Jaussaud, Médecine Physique et Réadaptation)

Ehlers-Danlos Syndrome (EDS) a Diagnostic Trap for the Neurologist, an  Iatrogenic Risk for the Patient (Pr Claude Hamonet, Médecine Physique et Réadaptation)

Les enfants avec un TDAH dorment moins bien que les autres enfants

Hyperactivité : et si c’était une apnée du sommeil ?

HYPERACTIVITÉ (TDAH) : Est-ce principalement une forme de trouble du sommeil ? (ECNP Congress for Applied and Translational Neuroscience)

SDP et dyslexie : les prismes posturaux

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recherche

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Voici un poster faisant le point sur l’état des connaissances actuelles concernant la physiopathologie du SDP, les moyens de traitement, l’état de la recherche (clic sur l’image):

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poster quercia

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Dys et dysproprioceptif ?

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Tidys maux de ventre

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Votre enfant est dyslexique, dyspraxique, dysgraphique, TDA/H etc., mais ses troubles dys peuvent-ils avoir pour origine un dysfonctionnement proprioceptif ?

Comme je l’ai expliqué dans un article précédent, quand la proprioception dysfonctionne on trouve des atteintes, à des degrés divers, dans trois fonctions où intervient la proprioception :

-des troubles posturaux (hypertonie musculaire et asymétrie posturale)

-des troubles de la localisation spatiale

-des anomalies perceptives

La physiopathologie du SDP est résumée dans le schéma suivant (Clic sur l’image):

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physiopathologie du SDP

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Un dysfonctionnement proprioceptif peut donc être à l’origine de nombreuses manifestations physiques et cognitives que le Dr Quercia, chercheur associé à l’INSERM, a recensé dans un questionnaire d’orientation qui liste 55 signes cliniques (clic sur l’image) :

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Quiestionnaire quercia

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Un enfant atteint de SDP présente obligatoirement des atteintes dans les trois fonctions touchées par la dysproprioception, mais dans un premier temps et pour faire simple, on peut dire que si votre enfant présente moins de 10 réponses positives, il y a peu de probabilité qu’il soit dysproprioceptif.

Au contraire, s’il remplit facilement au moins 15/20 items, il l’est probablement et seul un examen proprioceptif pourra confirmer le diagnostic.

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réponses positives questionnaire

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Pour aller un peu plus loin, on peut se pencher sur ce questionnaire d’orientation et essayer de voir laquelle des trois fonctions touchées par la dysproprioception recouvre chaque signe clinique. Je vais m’appuyer pour cela sur un diaporama réalisé par le Dr Balaguier (ophtalmologiste), même si le questionnaire a évolué depuis et recense aujourd’hui plus de signes cliniques :

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Signes musculaires

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tidys fatigue

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signe anomalie de la localisation spatiale

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tidys foot

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signe troubles perceptifs

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tidys école

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Enfin pour une information beaucoup plus complète, je vous propose de visionner les vidéos où le Dr Quercia reprend certains de ces points :

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Image de prévisualisation YouTube

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Note 1 :  Les images de Tidys proviennent du livret « Les fabuleuses aventures de Tidys » auquel ont collaboré Mmes Zamanski et Huver qui m’ont donné l’autorisation d’utiliser leur personnage.

Note 2 : Le tableau de la physiopathologie du SDP provient du poster : Syndrome de dysfonction proprioceptive (SDP) et dyslexie : les prismes posturaux.

Dyslexie, Vision et Proprioception

La récente découverte publiée en octobre 2017 d’une symétrie anormale des rétines chez les dyslexiques (Le Floch et Ropars – Université de Rennes) permet de comprendre pourquoi les dyslexiques ont une dysfonction proprioceptive et pourquoi on peut les améliorer en traitant ce trouble qui entraîne des perturbations des relations entre perception auditive et visuelle.

 

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Pour rappel, des émissions récentes ont fait part de la découverte des deux chercheurs français :

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ou des articles comme celui-ci, où on peut lire  :) :

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Albert Le Floch et Guy Ropars : va-t-on guérir la dyslexie ?

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Aujourd’hui on distingue plusieurs types de dyslexies,votre diagnostic vaut-il pour toutes ?

Lorsque nous avons fait nos tests, nous n’avons pas “trié” les participants en fonction du type de diagnostic qui leur avait été attribué. Les résultats ont été concluants de la même façon. Notre propos n’est pas de décrédibiliser ces distinctions, mais d’inciter les autres chercheurs, en neurobiologie, en génétique, à se pencher sur nos trouvailles et à les intégrer. Nous n’avons pas la prétention d’avoir tout compris, le cerveau est un organe infiniment complexe et nous ne sommes que de modestes physiciens.

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Du percept sensoriel à l’action

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Proprioception skate

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J’ai troucet article de Sciences et Avenir, datant de 2015, très intéressant. Il se situe au cœur de notre système proprioceptif et postural. Il relate les résultats d’une étude portant sur le rôle des neurones RORα de la moelle épinière dans la régulation du mouvement. Cette étude inaugure une nouvelle phase des neurosciences qui promet de fournir des explications précises et complètes sur la façon dont le système nerveux code et intègre l’information sensorielle pour générer à la fois un mouvement conscient et inconscient.

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« Comment le cerveau crée un percept sensoriel et le transforme en une action est l’une des questions centrales de la neuroscience«  

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Extrait :

 

EQUILIBRE. Plusieurs organes et processus physiologiques participent au contrôle postural et au maintien de l’équilibre chez l’homme. Le principal est le système vestibulaire contenu dans l’oreille interne mais la vision et les mécanorécepteurs situés sur les muscles, tendons et articulations sont également sollicités. Une nouvelle découverte, publiée dans la revue Cell, suggère qu’un groupe de neurones siégeant la moelle épinière est responsable des ajustements fins qui permettent de tenir debout y compris sur sols glissants.

1.Un lien entre le cerveau et les pied

« Quand nous nous tenons debout et marchons, des capteurs sensitifs sous la plante des pieds détectent les changements subtils de pressions et le mouvement. Ces capteurs envoient des signaux à la moelle épinière puis au cerveau » explique Martyn Goulding, de l’Institut Salk pour les études biologiques. « Notre étude ouvre une boite noire car jusqu’à présent nous ne savions pas comment ces signaux étaient codés ou transformés dans la moelle épinière. En outre on comprenait mal comment cette information tactile était fusionnée avec d’autres informations sensorielles pour contrôler le mouvement et la posture«  précise-t-il.

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L’intégralité de l’article est à lire ici : Un mini-cerveau dans la moelle épinière veille à notre équilibre

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Je vous avoue qu’après la lecture de ce genre d’article, je suis de plus en plus surprise de voir que des chercheurs, qui étudient  la dyspraxie (ou TAC) en France, ne voient dans celle-ci que ce type de schéma où la proprioception et ses capteurs sensoriels sont complètement absents des organes des sens servant  à mettre en jeu nos réponses motrices:

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mouvement TAC

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Alors que d’autres personnes s’intéressant au mouvement nous présentent  ce type de schéma :

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Traitement+--+central+Mouvement+Récepteurs+Articulaires+Muscles

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Alors, quid de la proprioception dans la dyspraxie ? ;)

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Proprioception+Définitions

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Note : Le premier schéma est issu du document « Le cerveau de l’apprenant » du Dr Pouhet(p28,29). Les deux diapos sont issues du diaporama d’un cours de François Rouxel portant sur La posture et l’équilibration.

Dys, maux de ventre et proprioception

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Tidys mal au ventre

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Au royaume des dys, les troubles cognitifs viennent rarement seuls. Sur mon groupe consacré au traitement proprioceptif, quelques enfants dysproprioceptifs souffraient de maux de ventre violents allant, pour certains, jusqu’aux vomissements et ces enfants retrouvent ces symptômes à chaque fois que leur proprioception se dérègle. A première vue, il n’est pas facile de faire le lien entre une dyslexie ou une dyspraxie et des maux de ventre.

Dans le questionnaire d’orientation du Dr Quercia, deux questions concernent ce point :

  • Douleurs inexpliquées dans le ventre
  • Avoir envie de vomir en voiture (ce que l’on appelle « le mal des transports)

Il évoque d’ailleurs le mal des transports dans cette conférence à 3min14′sec :

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On retrouve  ces difficultés dans le petit livret « Les fabuleuses aventures de Tidys »,  en image :

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Tidys maux de ventre

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J’avoue m’être longtemps demandé quel pouvait être le lien entre les troubles dys et les maux de ventre. On peut, bien sûr, avancer une cause psychologique, comme ici dans le livre de Béatrice Sauvageot « Adieu la dyslexie ! »:

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Béatrice Sauvageot mal de ventre

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Mais, dans le monde des dys, l’explication psychologique est toujours la plus facile à trouver, alors que là aussi, la vérité est peut-être ailleurs. C’est en étudiant de plus près la proprioception et notamment son rôle dans le mal de mer que j’ai fini par comprendre pourquoi les enfants dysproprioceptifs peuvent avoir des maux de ventre violents, jusqu’à en vomir. Le site du Docteur Loïs BONNE, médecin ORL à Brest m’a permis de comprendre définitivement ce point.

Je le cite, extrait de Pourquoi le mal de mer ?  et Les manifestations:

Dans l’équilibre trois informations sont importantes :

  • L’information visuelle émanant de la rétine périphérique. Celle-ci permet de situer un objet dans son environnement
  • L’oreille interne avec le vestibule qui est un accéléromètre et nous renseigne sur les variations de vitesses.
  • La sensibilité profonde ou proprioception qui nous permet de percevoir les mouvements du sol à partir, notamment, des récepteurs sensitifs des voutes plantaires.

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Dys, maux de ventre et proprioception dans Dys 5-1

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Ces trois informations cheminent jusqu’au cerveau. Il faut qu’elles aient une certaine cohérence pour que le cerveau commande aux muscles un tonus ou un déplacement. C’est tout l’apprentissage de l’enfant qui apprend à marcher.

Dans un véhicule en mouvement, un conflit apparait entre ces informations.

Le conflit majeur est celui rencontré en mer avec des mouvements de houle particulièrement complexes qui sont à l’origine d’une stimulation vestibulaire en contradiction avec les informations visuelles et proprioceptives

L’ensemble de ces informations neurosensorielles sont transmises au cerveau et le conflit naîtra d’un décalage entre les informations perçues et celles intégrées à l’occasion d’expériences antérieures. Au bout de 48h, soit une solution est trouvée : c’est l’amarinage. Soit elle ne l’est pas et le mal de mer s’installe.

Ce conflit sensoriel non maîtrisé aboutit à un tableau de type intoxication par hyperstimulation vestibulaire avec des manifestations neurovégétatives dont la phase ultime sera les vomissements.

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L’explication est donc là, évidente. En cas de dysproprioception, nos enfants vivent de « mini » conflits sensoriels permanents et le cerveau peut réagir en provoquant des maux de ventre. On peut d’ailleurs noter, dans l’article du Dr Bonne, toute l’importance des récepteurs sensitifs de la voute plantaire pour le bon fonctionnement de cet équilibre et comprendre ainsi l’importance capitale du port de semelles proprioceptives (mais aussi des prismes, puisque ceux-ci règlent la proprioception de la rétine périphérique). Traitons la dysproprioception de nos enfants et nous les soulagerons ainsi de nombreux maux ! :)

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Note : Les images de Tidys proviennent du livret « Les fabuleuses aventures de Tidys » auquel ont collaboré Mmes Zamanski et Huver qui m’ont donné l’autorisation d’utiliser leur personnage. L’image des sens impliqués dans la gestion de l’équilibre provient du site du Dr Bonne.

 

Dyslexie et traitement proprioceptif

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dylexique*

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En fait, je ne parle pour ainsi dire jamais ici de dyslexie, qui est l’indication « cognitive originelle » du traitement proprioceptif, car mon loulou n’était pas dyslexique. Ses nombreux symptômes (, et )  faisaient plutôt penser à une DVS, même si d’importantes capacités de compensation lui permettaient de fausser les bilans. Cependant, aujourd’hui, après 4 ans de traitement proprioceptif, ses difficultés de stratégie visuelle semble en grande partie résolues :) . Comme beaucoup de gens se posent des questions sur le traitement proprioceptif, surtout après lecture de certaines critiques virulentes  sur le Net (Où il peut être décrit comme un traitement « fantaisiste » / Depuis quand l’INSERM, organisme officiel, a t’il dans ses murs des chercheurs associés qui développent des traitements « fantaisistes » ?), j’avais décidé de partager un journal de son traitement proprioceptif. Je sais, j’ai un peu de retard en ce moment, mais quand ça roule plutôt pas mal, à part la bonne vieille crise d’adolescence classique, il n’y a pas grand chose à dire … ;)

Il se trouve qu’une jeune femme dyslexique en fait de même, mais en vidéo. Du coup, je vais les partager sur ce post que je remonterai à chaque fois qu’elle en ajoutera une, la vidéo étant un support plus vivant. Il s’agit bien sûr de son témoignage, de son parcours, de sa manière de vivre et de voir les choses ;) :

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Proprioception : guérir de la dyslexie ?

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Des lunettes sur la dyslexie ?

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Petit défi personnel avec lecture à voix haute d’un livre :

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Note : Image de la façon dont voit un texte proveint du site : MDRWTF

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Langage oral, langage écrit et interactions sensorimotrices.

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con pata

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Nous avons le plaisir de vous inviter à notre 10ième journée de formation continue sur Neurosciences et Apprentissages à l’Université de Bourgogne sur le thème :

Langage oral, langage écrit et interactions sensorimotrices.

le jeudi 7 Décembre 2017 de 9H à 17H30.

Les caractéristiques des enfants multidys confirment qu’il existe un lien étroit entre les langages parlés, entendus et écrits. En effet, l’élaboration du langage oral n’est pas seulement due à la capture sensorielle de sons ayant un sens linguistique mais dépend aussi d’un versant moteur correspondant à un ensemble de gestes articulatoires. Elle nécessite aussi un filtrage et une sélection des sons que l’ambiance sonore peut perturber, notamment chez l’enfant dyslexique. Et tout devient encore plus complexe quand la parole du locuteur passe par la fascination d’un écran, allant jusqu’à créer une nouvelle pathologie nommée « autisme virtuel ». C’est autour de ces sujets permettant d’aborder les troubles des apprentissages sous un aspect novateur et établissant des liens forts entre perception, action et troubles des apprentissages que s’organise le programme de cette 10ème journée de conférences en neurosciences.

 [...]

L’entrée est libre. Cependant, en raison du nombre limité de places, merci de vous inscrire avant le 30 novembre 2017 par un simple mail à Conf-DU-PATA@sfr.fr en précisant si vous venez seul(e) ou accompagné(e).

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Le programme de la journée (Clic sur l’image) :

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conf du pata

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