Plasticité cérébrale, apprentissage et cerveau des dyslexiques

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La plasticité cérébrale est au cœur de l’hypothèse de l’origine proprioceptive de la dyslexie (et de certains autres troubles des apprentissages). En effet, la proprioception est un sens particulier qui s’appuie sur la plasticité cérébrale , toutes nos actions motrices laissant une trace dans notre cerveau. Du fait de cette neuroplasticité, un dysfonctionnement proprioceptif serait donc à l’origine d’un développement différent du cerveau. Cette même plasticité cérébrale permettrait ensuite au cerveau de se réorganiser, avec de l’entraînement, dès lors que la proprioception serait normalisée grâce au traitement proprioceptif. L’ action des différentes rééducations (orthophonie, etc.) serait alors potentialisée du fait d’un terrain sensoriel de meilleure qualité (en effet, la proprioception est non seulement considérée comme un sens à part entière, mais comme un sens premier à partir duquel nous pouvons interpréter nos autres sens).

Cette notion de plasticité cérébrale est donc fondamentale pour comprendre l’hypothèse de l’origine proprioceptive de la dyslexie et l’intérêt de la rééducation proprioceptive. Je vous propose donc un nouvel article consacré à ce sujet, montrant que la plasticité cérébrale se situe au cœur des apprentissages, ainsi qu’une publication toute récente qui replace le cerveau des dyslexiques au cœur de cette neuroplasticité.

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Je vous propose déjà deux  extraits du premier article, mais l’ensemble de celui-ci est à découvrir :

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Une première période se passe in utero, elle consiste en la production de neurones (le cerveau adulte en a environ 100 milliards) et de leur positionnement au sein du cerveau (les neurones migrent de leur lieu de production vers leur destination finale). Chez l’humain, cette période commence vers la 10ème semaine de grossesse et s’arrête vers la fin du 5ème mois.

Une seconde période commence in utero (vers le 6ème mois de grossesse) et se prolonge bien après la naissance (jusqu’à 25-30 ans environ le cerveau n’est pas considéré comme mature !). Elle consiste en la formation de connexions entre les neurones, les synapses (le cerveau adulte en a environ 100 mille milliards), ainsi qu’en l’élimination de synapses et de neurones.On peut parler de plasticité cérébrale pour cette seconde période.

Un nombre excédentaire de neurones et de synapses est produit au cours du développement cérébral. Un long travail de « sculpture » du cerveau a lieu ensuite pour équilibrer leur nombre, ajuster les connexions entre les neurones et entre les régions cérébrales. L’élimination des neurones excédentaires est en grande partie terminée à la naissance (une seconde phase d’élimination aura lieu à l’adolescence) mais l’élimination des synapses excédentaires s’opère jusqu’à la fin de la maturation du cerveau (vers 25-30 ans) ! Le cortex cérébral préfrontal, impliqué notamment dans l’attention, la planification, la prise de décision et le contrôle des émotions, est la dernière région à devenir mature.

La plasticité cérébrale après la naissance est dépendante de l’environnement dans lequel l’enfant puis le jeune adulte grandit.Les activités auxquelles l’enfant participe, ses expériences, l’apprentissage (par exemple celui des mathématiques, de la musique et des langues), les interactions avec les parents (et interactions sociales en général), participent à la structuration du cerveau. Même si la personne ne réutilise pas ensuite ce qu’elle a appris (une langue ancienne ou la musique par exemple),  La plasticité cérébrale, on l’a vu avec l’exemple des tâches manuelles, est possible tout au long de la vie, mais elle est largement plus faible que chez l’enfant et le jeune adulte.

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Nda : Afin de rendre cette notion de plasticité cérébrale plus visuelle, je vous propose de regarder cette vidéo de Céline Alvarez , « La plasticité cérébrale chez l’enfant » :

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Image de prévisualisation YouTube

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Autre passage intéressant qui concerne plus particulièrement la sensorialité (et notamment la proprioception, même si elle n’est pas clairement nommée), où l’on voit bien que la différence qui apparaît dans le cerveau n’est que le résultat d’un apprentissage :

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plasticité cérébrale et singe

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L’apprentissage de tâches manuelles : un exemple de plasticité cérébrale

Une expérience a été réalisée dans les années 1990 illustrant l’existence de la plasticité cérébrale, en prenant l’exemple d’exercices manuels, qui font intervenir le sens du toucher. Les doigts sont connectés au cerveau par des nerfs. Ces nerfs transmettent les informations sensorielles détectées par les doigts au cerveau ainsi que les ordres de mouvement du cerveau aux doigts. La région cérébrale impliquée dans la perception consciente du toucher est le cortex cérébral somatosensoriel. Il est subdivisé en sous-régions, chacune étant associée à un doigt : on parle de carte sensorielle. En quoi consiste cette carte ? Lorsqu’un doigt touche quelque chose, seulement une partie des neurones du cortex cérébral somatosensoriel « s’activent », les autres restant au repos. Chaque doigt « active » des zones distinctes du cortex cérébral somatosensoriel.

La question était : est-ce que la carte sensorielle est figée au cours de la vie, ou est-ce qu’elle s’adapte à notre usage de nos doigts ? Des électrodes ont été placées dans le cortex cérébral somatosensoriel de singes adultes afin de mesurer l’activité de différentes sous-régions de ce cortex. Ces électrodes permettent d’identifier les zones qui « s’activent » lorsqu’un doigt sent quelque chose. Les chercheurs ont tout d’abord précisé la carte sensorielle au début de cette expérience, quelle sous-région s’active lorsque le doigt « 1 » est utilisé par l’animal, de même pour les doigts « 2 », « 3 », « 4 » et « 5 ».

Le singe a ensuite dû faire chaque jour des exercices sollicitant principalement les doigts « 2 » et « 3 », parfois le « 4 ». Au bout de trois mois d’exercices, la carte sensorielle s’en retrouvait modifiée : l’étendue des sous-régions associées aux doigts « 1 » et « 5 » était réduite à la faveur de celle des sous-régions associées aux doigts « 2 » et « 3 » (celle de la sous-région associée au doigt « 4 » n’avait pas bougé). Cela signifie que davantage de neurones répondaient aux doigts « 2 » et « 3 » après cette période d’exercices, ce qui permettait à l’animal d’avoir une meilleure sensibilité pour ces doigts.

On pourrait faire le parallèle avec l’apprentissage d’un instrument de musique comme le violon ou du travail d’un artisan : notre cerveau s’adapte aux tâches qui sont répétées. On peut obtenir des résultats similaires pour d’autres sens. Par exemple, la carte sensorielle du cortex cérébral auditif (chaque sous-région répond à une fréquence sonore) est modifiée dans un environnement sans sons (surdité profonde) ou si des fréquences sont entendues plus fréquemment que d’autres (comme c’est le cas en industrie ou dans le bâtiment, avec certains sons de forte intensité répétés tout au long de la journée).

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L’article dans son intégralité : La plasticité cérébrale au cœur de l’apprentissage

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On le voit donc, le cerveau se modifie en permanence, se sculpte sous l’effet de l’apprentissage et par conséquent un cerveau différent n’implique pas forcément un trouble neurologique ou neuro-développemental, mais peut simplement être le reflet du niveau d’expertise d’une compétence. C’est l’idée que soutiennent deux chercheurs dans une publication récente de la revue Brain Sciences,« Is Dyslexia a Brain Disorder ?« , où ils s’attaquent au « dogme » de l’origine neuro développementale de la dyslexie et suggère que celle-ci est plutôt le résultat de différences interindividuelles. En voici quelques extraits traduits :

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Le résumé :

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La «dyslexie développementale» est souvent considéré comme un trouble neuro développemental. Ce terme implique que le développement du cerveau est censé être perturbé, ce qui entraîne un cerveau anormal et dysfonctionnel. Nous contestons ce point de vue en soulignant qu’il n’y a aucune évidence d’anomalie neurologique dans la grande majorité des cas de difficultés de lecture des mots. Les preuves pertinentes disponibles provenant des études de neuro-imagerie sont presque entièrement des études corrélationnelles et de différences de groupe. Cependant, les différences dans les cerveaux existent certainement chaque fois que des différences de comportement existent, y compris des différences dans la capacité et la performance. Par conséquent, les découvertes de différences cérébrales ne constituent pas une preuve d’anomalie ; elles documentent plutôt simplement le substrat neuronal des différences de comportement. Nous suggérons que la dyslexie devrait plutôt être considérée comme l’une des nombreuses expressions des différences individuelles ordinaires omniprésentes dans les résultats normaux du développement. Ainsi, des termes tels que «dysfonctionnel» ou «anormal» ne sont pas justifiés lorsqu’on se réfère au cerveau des personnes dyslexiques.

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D’autres extraits :

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Il devient évident de dire que les différences dans l’exécution d’une tâche, les différences de capacités, de compétences ou d’habilités, doivent nécessairement être à l’origine de différences dans le cerveau (ou les cerveaux) qui effectue les tâches, que ce soit chez une personne (à travers le temps) ou entre plusieurs personnes. Tout simplement, il n’y a pas d’autre cause possible pour ces différences : si deux personnes atteignent des niveaux de performance différents dans une tâche, cela implique directement et littéralement que les cerveaux des deux personnes doivent être différents exactement de la bonne manière et dans la mesure de la différence de performance observée. C’est-à-dire que si deux personnes sont différemment efficientes  dans l’acquisition d’une compétence, cela signifie que leurs cerveaux diffèrent de telle manière que l’un des cerveaux est plus efficace que l’autre pour se modifier afin de s’adapter à la compétence par l’entraînement. Si une personne apprend une tâche très facilement, cela signifie que la manière dont son cerveau s’est modifié au moment de l’apprentissage est telle que mener à bien cette tâche particulière a des effets importants et durables qui facilitent le traitement, lors de rencontres ultérieures, avec la même tâche spécifique. En revanche, si une personne apprend une tâche avec difficulté ou pas du tout, cela signifie que la manière dont son cerveau s’est structuré est telle que les tentatives d’accomplir la tâche n’ont pas rencontré un succès similaire, mais aboutissent à un bénéfice relativement faible (ou aucun) pour de futures rencontres.

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En ce sens,  constater simplement qu’il y a des différences entre les cerveaux de ceux qui lisent bien et ceux qui ne lisent pas est non pas simplement banal, ce n’est pas simplement attendu ; mais c’est même, a priori, absolument certain. En fait, si aucune différence n’était trouvée, cela signifierait que nos méthodes ne sont pas assez bonnes, ou que nous ne regardons pas le cerveau de la bonne façon, ou que notre technologie n’est pas encore suffisamment développée pour détecter les différences (cf. . [65]). Par conséquent, il n’y a rien à célébrer quand des différences de cerveau sont trouvées. [...] Trouver des différences dans les cerveaux implique simplement que notre technologie actuelle est suffisamment avancée pour commencer à disséquer les différences structurelles et fonctionnelles systématiques entre les cerveaux, qui les rendent différemment aptes à apprendre à lire (ou à faire autre chose).

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Par conséquent, il doit y avoir des différences entre les cerveaux des personnes dyslexiques et ceux qui n’ont aucune difficulté à apprendre à lire. […] Des études comparant des groupes de personnes ayant des compétences en lecture différentes l’ont confirmé (voir les commentaires dans [43,44,47 48,51,58,66]). Des études comparant des groupes de personnes différant par d’autres types de compétences l’ont également confirmé, y compris, par exemple, des pianistes [67], des apprenants en langues [68,69] et des chauffeurs de taxi [70]. Il est inutile d’énumérer plus de comparaisons parce que les différences de cerveau doivent nécessairement exister chaque fois qu’il existe des différences de compétences.
Il n’est pas nécessaire que les différences soient les mêmes pour chaque personne dans un groupe donné, car il y a aussi des différences dans les cerveaux individuels au sein de chaque groupe et, selon toute vraisemblance, de nombreuses façons d’atteindre chaque résultat de performance. Autrement dit, il est possible que différentes configurations cérébrales aboutissent à une performance ou à une capacité similaire (ou médiocre) dans un domaine.

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Ainsi, nous soutenons que les résultats de la neuro-imagerie sont souvent mal interprétés et les fréquentes affirmations selon lesquelles les résultats ont démontré des anomalies sont totalement injustifiées et, par conséquent, incorrectes.
Pour montrer que le développement neuronal a été perturbé, autorisant l’utilisation du terme «trouble neuro développemental», il faut aller au-delà de l’existence de simples différences entre les plus performants et les moins performants (une constatation descriptive). Il faut démontrer que quelque chose dans le développement du cerveau n’est pas ce qu’il devrait être (une déclaration normative), dans un sens bien défini et indépendant ; et il faut aussi démontrer que ce qui ne va pas est très fortement lié aux faiblesses ou échecs comportementaux observés.[...]

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C’est-à-dire qu’il est très improbable de démontrer un dysfonctionnement cérébral franc dans la dyslexie parce que la majorité des personnes ayant des difficultés à apprendre à lire sont en fait parfaitement normales et n’ont pas d’autres difficultés majeures au-delà de la langue écrite. Ils parlent bien, ils marchent bien, ils socialisent bien, ils travaillent, ont des familles et sont de bons membres de notre société. Cela contraste fortement avec les troubles neuro développementaux francs, tels que le syndrome d’alcoolisme fœtal, où la fonction humaine normale peut être substantiellement et visiblement compromise, limitant les perspectives, par exemple, dans les interactions sociales, de manière permanente dans tous les  contextes et situations. En revanche, la seule «maladie» des dyslexiques concerne leur réponse à une invention humaine : ils ont du mal à apprendre le code artificiel du langage écrit, qui (malheureusement pour eux) a fini par occuper une place prépondérante dans la société moderne. [...] Dire que les dyslexiques ont un trouble neurodéveloppemental et les diagnostiquer avec un développement neuronal perturbé, revient à attribuer un désordre neuro développemental à tout groupe qui exécute n’importe quelle compétence en-dessous d’un seuil arbitraire. [...]

Nous estimons qu’il est temps de remplacer l’attente d’une déficience cérébrale par une appréciation de la variabilité individuelle du développement neural normal et ses conséquences multi-facettes dans les domaines de compétences. [...]

Nous ne pouvons pas prouver que la dyslexie n’est pas un trouble neuro développemental, et ce n’est pas ce que nous avons essayé de faire dans cette contribution. Au lieu de cela, nous avons expliqué pourquoi aucun des types de preuves disponibles n’est pertinent pour conclure si la dyslexie est un trouble neuro développemental ou non, et qu’il est au mieux prématuré d’avoir implicitement décidé que c’est le cas.[...]

Par conséquent, nous croyons que le domaine [Nda : de la recherche sur la dyslexie] a été trop hâtif pour adopter une position qui n’est pas étayée par des preuves.

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Vous ne serez pas surpris, j’adore  cette publication qui  laisse la porte ouverte à toutes les autres hypothèses, dont l’origine proprioceptive de la dyslexie !  :)

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Pour la lire dans son intégralité (en anglais), clic sur l’image :

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Brain sciences

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Note : La première image, représentant les aires activées lors de la lecture chez le dyslexique et le lecteur normal, provient de l’article : L’imagerie du cerveau dévoile les secrets de la dyslexie

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Lien entre troubles des apprentissages et dysproprioception

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colloque

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Je vous propose de visionner la vidéo où le Dr Quercia (INSERM U1093) a présenté le lien entre dysproprioception et troubles des apprentissages, à l’occasion du Colloque international SED.

Cette conférence de 15 minutes a été filmée en trois parties sur un téléphone portable et publiée sur Facebook, il vous faudra donc un compte sur ce réseau social pour les visionner (Clic sur les images) :

 

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conférence quercia 1

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conférence quercia 2

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conférence quercia 3

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Pour finir, je vous propose de visionner la petite vidéo qui n’a pas fonctionné durant la conférence, en cliquant sur l’image :

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conférence quercia  4

 

 

 

 

 

 

 




Archives pour la catégorie Dys

Recherche : appel à participation d’enfants dyslexiques

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Inserm bourgogne

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Je relaie cet appel à la participation d’enfants dyslexiques pour une étude sur la dyslexie et la proprioception réalisée par Julie Laprevotte, doctorante du Laboratoire INSERM U1093 de l’ Université de Bourgogne.

Son travail de recherche s’inscrit dans le domaine des neurosciences. Le 1er axe consiste en l’étude des caractéristiques de la proprioception chez l’enfant dyslexique ainsi que de la relation entre les troubles sensori-moteur et cognitifs.

Les enfants auront des exercices moteurs simples à réaliser.

Attention ! Les enfants ne doivent pas avoir un suivi SDP en route.

Pour connaître les détails de cet appel à participation, clic sur l’image :

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2tude julie laprevotte

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Dyspraxie de développement et dysproprioception

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dyspraxique

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Après avoir partagé un article liant clairement la dyspraxie de développement à des troubles sensoriels (et non pas uniquement à des zones du cerveau qui dysfonctionnent),  je vous propose de découvrir deux petites études réalisées dans le cadre de mémoires pour l’obtention du DU du PATA (Perception, action et troubles des apprentissages) de l’université de Bourgogne. A l’origine, des études ont traité de la relation entre troubles proprioceptifs et dyslexie de développement (P.Quercia). Certains professionnels, au cours de leur pratique clinique, ont émis l’hypothèse d’un lien, également, entre une dysproprioception et d’ autres troubles des apprentissages.

Je vous propose donc deux petites études explorant le lien entre dyspraxie de développement et dysproprioception.

 

I. La première étude a été réalisée par le Dr Ruck Bene Florence, ophtalmologue : DYSPRAXIE DE DEVELOPPEMENT ET TROUBLES PROPRIOCEPTIFS : ETUDE SUR DIX CAS CLINIQUES


Cette étude porte sur une cohorte très limitée : 10 enfants présentant une dyspraxie de développement et 10 enfants bons élèves. Ses résultats sont très intéressants et mériteraient d’être développés à plus grande échelle.

Tous les enfants ont été soumis aux tests utilisés pour explorer les 3 fonctions dans lesquelles intervient la proprioception en recherchant :

-une anomalie de la localisation spatiale
-des troubles perceptifs
-une asymétrie posturale
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Ces tests sont expliqués dans le mémoire, mais je sais que pour qui ne les connait pas, la compréhension en est un peu difficile. On peut toutefois noter que le test posturo-dynamique  met bien en évidence l’hypertonie musculaire importante et l’asymétrie posturale dont souffrent tous les enfants du groupe dyspraxique.
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Voici donc un extrait de  la conclusion de cette étude :
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Conclusion :
Les résultats de cette étude s’appuient sur des tests validés reproductibles, explorant les trois domaines où peuvent s’exprimer les blocages proprioceptifs.
Ils montrent que les dix enfants dyspraxiques testés ont l’ensemble des tests perturbés et présentent un diagnostic de troubles proprioceptifs.
Dans le groupe témoin, sélectionné chez des enfants travaillant bien à l’école : un enfant a l’ensemble des tests perturbés et a un diagnostic de troubles proprioceptifs
Un autre enfant a un test posturo dynamique perturbé (dysfonction latéralisée), ses autres tests étant normaux.
Cette étude ne porte que sur 10 cas en raison de la difficulté de recrutement, il serait intéressant de faire une étude complémentaire sur une plus grande échelle. Mais, néanmoins, on peut remarquer que tous ces enfants sont touchés alors que comparativement le groupe contrôle est peu atteint.
Pour l’enfant dyspraxique, cet axe de recherche est important en raison de ses implications : c’est-à-dire la mise en place d’une possibilité de traitement.

 

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Pour lire cette étude dans son intégralité, Clic sur l’image :

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dyspraxie proprioception

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II. La deuxième étude a été réalisée en 2013 par Annabelle Clercx (logopède) et Anne-Charlotte Declercq (Neuropsychologue) : EFFICACITÉ DE LA PRISE EN CHARGE PROPRIOCEPTIVE CHEZ LES PATIENTS DYSPRAXIQUES.

Elle porte sur 37 enfants dyspraxiques, âgés de 6 ans à 16ans répartis en 2 groupes : patients bénéficiant d’une prise en charge proprioceptive versus patients bénéficiant d’une prise en charge «traditionnelle» (mais on ne sait pas quelle a été la durée de la prise en charge proprioceptive).

Les enfants ont été soumis à plusieurs épreuves du bilan neuropsychologique avant et après leurs prises en charge.

Voici quelques extraits des conclusions du mémoires par rapport à la passation de ses différents tests  :

En conclusion, les patients ayant bénéficié de la prise en charge posturale ont amélioré leur performance dans les épreuves «Cubes», «Symboles» et «Figure de Rey (type)». Le point commun entre ces épreuves constitue la capacité du patient à se repérer dans l’espace visuel. Les épreuves (ou parties d’épreuves) qui n’ont pas été améliorées chez les patients concernant la nécessité d’un geste graphomoteur complexe
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En conclusion, nous pouvons remarquer que les patients ayant bénéficié d’une prise en charge posturale ont ressenti moins de symptômes musculaires, spatiaux, cognitifs et oro-buccaux. De manière plus précise, les enfants se plaignent d’être moins fatigués, d’avoir moins de maux de tête (surtout le soir), présentent une meilleure compréhension en lecture. On constate que les enfants énurétiques ne le sont plus. Ils expriment une amélioration visuelle (œil qui tourne, fixer un texte de près, vision double à la fatigue).
Par contre, nous ne constatons pas d’évolution par rapport à la difficulté anormale à rester sans rien faire. Ils expriment également toujours des douleurs à la pression de certains muscles. Quant à la respiration buccale, elle est encore bien présente.
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IMPACT SUR LA PRISE EN CHARGE DES PATIENTS DYSPRAXIQUES FUTURE :
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Les résultats obtenus aux épreuves neuropsychologiques et au questionnaire montrent un avantage certain de la prise en charge proprioceptive sur les méthodes rééducatives traditionnelles. Partant du principe que ces dernières méthodes aient déjà montré leur inefficacité dans d’autres études, nous ne pouvons que nous réjouir de ces résultats actuels qui confirment bien la sensation d’efficacité de la prise en charge proprioceptive ressentie par le patient, sa famille, les enseignants et l’équipe thérapeutique.
Ces nouvelles méthodes innovantes ont donc bien leur place dans la prise en charge des enfants dyspraxiques. Malgré tout, les bénéfices obtenus ne peuvent apparaître que sur le long terme et au prix de moyens financiers suffisants et d’une motivation sans faille. Dès lors, il reste essentiel de ne pas, trop facilement, supprimer toute prise en charge traditionnelle mais plutôt de l’intégrer efficacement à la proprioceptive. En effet, la mise en place des adaptations scolaires proposée par l’ergothérapeute montre tout son intérêt dans la vie scolaire et quotidienne de l’enfant. Ces adaptations ne pourront nécessairement se faire qu’en collaboration avec le neuropsychologue, le logopède, le psychomotricien,… qui ont participé à la pose du diagnostic car les bilans qu’ils ont effectués permet notamment de faire le point sur les difficultés objectives, actuelles et écologiques du patient
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DISCUSSION :
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Notre objectif était d’évaluer les capacités neuropsychologiques et la présence de symptômes qualitatifs associés d’enfants présentant une dyspraxie constructive et idéatoire et de montrer l’apport de la prise en charge proprioceptive chez ces enfants par rapport à une prise en charge neuropsychologique classique. Nous voulions montrer qu’il existe une évolution des bénéfices apportés par la prise en charge proprioceptive. [...]
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En conclusion, les résultats montrent que la prise en charge proprioceptive apporte aux enfants dyspraxiques un meilleur confort de vie et une amélioration de leurs capacités cognitives et psychomotrices. Comme espéré, les résultats de cette nouvelle recherche apporteront un véritable espoir dans la prise en charge de ces patients et engendrera probablement une restructuration du plan de rééducation.
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Cependant, nous nous interrogeons sur l’évolution des patients concernant le geste graphomoteur. En effet, il semble qu’ils n’aient pas progressé dans les épreuves «Code» et «Figure de Rey (qualité)», épreuves qui requièrent justement un geste graphique complexe.
Nous encourageons donc les chercheurs à se pencher sur la question dans le futur car chez les dyspraxiques, c’est probablement la dysgraphie qui les handicape le plus dans leur vie scolaire, surtout en primaire.
Nous pensons tout de même, à la lecture de ces résultats, que la prise en charge proprioceptive de l’enfant dyspraxique n’en est qu’à son balbutiement et que d’autres études devraient permettre d’investiguer l’intérêt de la coupler avec la prise en compte du fonctionnement émotionnel, nutritionnel, métabolique,… du patient.
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Pour lire cette étude dans son intégralité, Clic sur l’image :
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efficacité prise en charge proprioceptive
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Pour ma part, je trouve ces résultats très intéressants et porteurs d’espoir pour les enfants dyspraxiques.
Dans la seconde étude, évaluant l’efficacité du traitement proprioceptif chez l’enfant dyspraxique, je me pose la question de la durée de la prise en charge proprioceptive. En effet, chez mon loulou, il a fallu plus de trois ans et demi pour commencer à entrapercevoir les bénéfices du traitement au niveau du graphisme (il copie de lui-même, de plus en plus souvent, ses leçons à la main à la maison car ça l’aide à les retenir).
De plus, cette étude date de 2013 et  la prise en charge proprioceptive a encore évoluée depuis, avec les tests permettant de supprimer les interférences entre le son et la vision, une meilleure prise en charge de la dysperception orale, etc.
Bref, les études sur le sujet sont encore beaucoup trop rares. Il serait pourtant tellement utile que plus de monde se penche sur la question !
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Note : L’auteure principale de la deuxième étude, Anne-Charlotte Declercq,  m’a contactée et nous apporte des éléments complémentaires :
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« Étant l’auteure principale de la seconde étude citée, je me permets une réponse à votre question dans votre article : l’étude a été réalisée sur 1 an car menée dans le cadre d’un mémoire… Dans ma discussion, j’évoque que ce n’était sûrement pas suffisant pour obtenir un effet probant sur l’écriture… Entre temps , je suis devenue chercheuse et je peux l’assurer, tout comme votre fils, les patients ont montré des progrès en graphisme plus tard (après 2 ans). Bref, il faut persévérer !! »

La dyspraxie et les troubles sensoriels

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dyspra quoi

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Alors que je me désespère régulièrement de ne pas trouver d’allusion à la proprioception dans les publications, vidéos, etc. des divers spécialistes français de la dyspraxie, je viens enfin de trouver une référence à celle-ci dans un dossier consacré à la dyspraxie d’une association Suisse : Dyspra’quoi ? :) .

Je vais partager un extrait de ce dossier  (p12-13) :

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La dyspraxie et les troubles sensoriels

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Dans la majorité des cas, les enfants dyspraxiques souffrent d’un déficit au niveau sensoriel.
De façon très schématique, la première charnière essentielle à l’action permet aux informations sensorielles (provenant de nos muscles, de notre peau, de nos yeux, nos oreilles, etc) d’être acheminées vers le système nerveux central, notre cerveau. Ces informations sont reçues, elles sont filtrées pour que le cerveau ne tienne compte que des plus pertinentes; une première interprétation est effectuée, cette fonction se nomme l’intégration neuro-sensorielle.
Puis se situe, dans un niveau plus complexe, la deuxième charnière où le cerveau organise et planifie son action, là on entre dans le domaine de la praxie.
La bonne circulation et l’interprétation des informations sensorielles sont une base essentielle pour la construction du développement moteur de l’enfant.
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informations sensorielle dyspraxie
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Le système vestibulaire
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Les récepteurs de ce système sont situés dans l’oreille interne et permettent de détecter :
l’effet de la gravité;
les mouvements et la position de la tête dans l’espace.
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Les fonctions du système vestibulaire
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Perception de l’orientation spatiale :
Haut, bas, avant, arrière, côté, position du corps mais surtout de la tête;
Contrôle oculomoteur :
Un réflexe aide à stabiliser les yeux à l’horizontal;
Contrôle postural:
Le système vestibulaire agit sur le tonus, l’équilibre, la posture.
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Le système proprioceptif
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Ce système est détecté par les récepteurs mécaniques de la peau, des muscles, des tendons, des articulations.
Les récepteurs renseignent :
sur la statique, l’équilibre ;
les déplacements du corps dans l’espace.
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Les fonctions du système proprioceptif
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Perception des mouvements des articulations et de la position du corps ;
Coordination musculaire :
Il permet de rythmer le geste et de le doser ;
Construction du schéma corporel :

Il apporte une perception des limites corporelles

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Le système tactile
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C’est le sens qui permet le contact direct avec le monde extérieur.
On distingue deux systèmes :
-Le toucher grossier: renseigne sur la douleur, la température, les sensations agréables/désagréables;
-Le toucher fin : transmet les informations sur la localisation et la durée de la stimulation tactile, la grandeur, la forme et la texture d’un objet.
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Les fonctions du système tactile
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Source primaire d’informations ;
Il apporte une conscience du corps;
Participe au développement des segments comme outils d’exploration :
Pour la préhension et la manipulation.
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L’enfant dyspraxique peut donc par la déficience d’un de ses systèmes compromettre la qualité des informations sensorielles transmises vers le cerveau et donc générer une action peu optimale.
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Les aspects de planification et d’organisation au niveau du cerveau étant déficitaire chez l’enfant, il n’est donc pas si difficile que cela d’imaginer ce contre quoi il doit lutter, compenser, pour produire une réponse adaptée à l’environnement.
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Voilà qui fait vraiment plaisir à lire ! :)
Le dossier sur la dyspraxie, très complet, dans son intégralité :
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Note : Image et schéma issus du site Dyspra’quoi ?

Des yeux symétriques révèlent une dyslexie

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Des yeux symétriques révèlent une dyslexie dans Dys oeil-domine-dominant-300x226

Asymétrie des tâches de Maxwell chez le normolecteur

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Récemment, j’avais partagé une vidéo dans laquelle le Dr Quercia expliquait le lien entre une symétrie anormale des rétines et une dysproprioception, suite à la découverte de deux physiciens français (Ropars et Le Floch).

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tache maxwell
Absence de cônes sensibles au bleu au centre de la fovéa, appelée tâche de Maxwell
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Je vous propose une traduction d’un article de la revue « The Scientist », où John Stein, professeur émérite de physiologie à l’Université d’Oxford, qui porte la théorie magnocellulaire, émet un avis très enthousiaste sur cette découverte :

 

Les yeux des personnes qui lisent avec aisance ont des rétines asymétriques et transmettent également des informations visuelles au cerveau asymétriquement, selon un rapport publié aujourd’hui (18 octobre) dans Proceedings of the Royal Society B. A l’inverse, les yeux des personnes atteintes de dyslexie semblent être physiquement et fonctionnellement symétriques.

« C’est une étude vraiment intéressante », explique John Stein, professeur émérite de physiologie à l’Université d’Oxford, qui n’a pas participé à la recherche. « Cela ramène l’idée que la vision a quelque chose à voir avec la dyslexie », ajoute-t-il,  » qui tend à être ignorée de nos jours ».

La dyslexie, caractérisée par une difficulté à apprendre à lire, affecte environ entre 5% et 10% des personnes. Bien que les facteurs génétiques et environnementaux aient été liés à la maladie, les causes sous-jacentes en demeurent largement inconnues.

« Jusqu’aux années 1950, tout le monde pensait que la dyslexie était visuelle », explique Stein, mais depuis lors, l’accent a été mis sur les théories des déficits de traitement de l’information dans le cerveau. Par exemple, les scientifiques ont observé que la latéralisation du cerveau – la compartimentation asymétrique de certaines fonctions cérébrales vers les hémisphères gauche ou droit – est, en général, plus faible chez les personnes dyslexiques que chez celles qui ne le sont pas. C’est-à-dire que ces fonctions ont tendance à être réparties de façon plus égale entre les deux hémisphères.

Les chercheurs soupçonnent que la perception visuelle pourrait être parmi les fonctions du cerveau qui présentent une latéralisation. Parce que les images reçues de chaque œil diffèrent légèrement les unes des autres, mais doivent être perçues comme une seule, on pense que le développement neurologique du système visuel se traduira par un œil dominant qui est principalement utilisé pour la précision de la position, ce qui entraînera un traitement cérébral asymétrique.

Évaluer si l’asymétrie visuelle existe et, si oui, si elle est réduite chez les personnes atteintes de dyslexie n’est pas simple. «L’un des problèmes de la mesure de la dominance oculaire est qu’il y a tellement de tests différents, et ils donnent tous des résultats différents», explique Stein.

L’équipe de Ropars a évalué la dominance de l’œil chez 30 individus atteints de dyslexie et, contrairement au groupe non dyslexique, 27 n’avaient pas de dominance oculaire.

Une méthode courante est le test de trou dans la carte, où un observateur tient à bout de bras une carte avec un trou au milieu, se concentre sur un objet à travers le trou et tire ensuite la carte vers le visage pour déterminer quel œil regarde l’objet. Cependant, cette méthode et d’autres peuvent être confondues par des facteurs tels que la distance de l’objet et l’angle du regard de l’observateur.

Pour contourner ces problèmes, les physiciens Guy Ropars et Albert Le Floch de l’Université de Rennes en France ont développé une nouvelle approche. « Nous étions conscients des artefacts associés aux méthodes habituelles. . . là où les yeux restent ouverts, « Ropars écrit dans un courriel à The Scientist, » alors, nous avons proposé ‘la méthode de rémanence’ où les yeux restent fermés. « 

Dans la nouvelle méthode, les sujets regardent d’abord une image très contrastée, comme une fenêtre lumineuse, ferment les yeux pour voir l’image rémanente qui en résulte, puis couvrent leurs yeux fermés avec leurs mains, ce qui réduit l’image rémanente. Le fait de retirer les deux mains tout en gardant les yeux fermés rétablit la luminosité de l’image rémanente, mais en retirant alternativement une main puis l’autre, une différence de luminosité de l’image restituée rétablie peut devenir apparente. En effet, sur 30 individus non dyslexiques, 19 ont vu une image rémanente plus claire avec leur œil droit et 11 avec leur gauche.

« Ce [test] semble beaucoup plus objectif [que les méthodes précédentes], et je pense donc que c’est très excitant », explique Stein. « Potentiellement, c’est une très belle avancée. »

L’équipe de Ropars a également évalué la dominance oculaire chez 30 individus dyslexiques et, contrairement au groupe non-dyslexique, 27 n’avaient pas de dominance oculaire – leurs images rémanentes étaient également brillantes dans les deux yeux. « Je pense que c’est assez convaincant« , dit Stein.

Ropars et Le FLoch ont ensuite montré que ce manque de dominance oculaire était corrélé avec des différences physiques apparentes dans l’œil lui-même. Dans la fovéa – la partie de la rétine responsable de la plus haute acuité visuelle – se trouve un groupe central de cellules coniques rouges et vertes, dépourvues de cellules de cônes bleus. En regardant un écran blanc à travers un filtre bleu, il est possible pour une personne de voir cette zone sans bleu comme une région sombre, connue sous le nom de Maxwell centroid. Chez les personnes sans dominance oculaire, cette région sombre apparaissait circulaire lorsqu’on la regardait avec l’un ou l’autre des yeux, tandis que chez les participants avec un œil dominant, la région apparaissait circulaire avec l’œil dominant mais elliptique avec le plus faible.

Avec ces analyses des centroïdes de Maxwell, «nous avons identifié la signature biologique de l’asymétrie nécessaire entre les deux yeux d’un observateur normal», écrit Ropars. Cette signature fovéale associée à « l’absence correspondante de dominance de l’image secondaire peut conduire à de nouvelles stratégies de diagnostic de la dyslexie », ajoute-t-il.

On ne sait pas encore comment ce défaut d’asymétrie provoque des difficultés en lecture, mais Ropars et Le Floch soulignent que les personnes dyslexiques confondent souvent leur gauche et leur droite et font des erreurs d’image en miroir lors de la lecture des lettres, ce qui pourrait s’expliquer par le fait que les deux yeux et les deux côtés du cerveau traitent l’information de position exactement de la même manière.

La seule grande chose qui manque à l’étude, dit Stein, « est toute suggestion sur la raison pour laquelle ces différences émergent [pendant le développement]. » Pour l’instant, dit-il, cela reste un mystère.

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L’article original : Symmetrical Eyes Indicate Dyslexia

 

Note : Les images sont extraites de la vidéo du Dr Quercia (Chercheur associé INSERM)Dyslexie, Vision et Proprioception 

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Thèse : Dyslexie et prise en charge proprioceptive

 

Je vous propose la lecture de cette thèse pour le diplome d’Etat de Docteur en Médecine, de Sylvain Lamotte, portant sur l’apport de la prise en charge proprioceptive chez le dyslexique (Clic sur l’image).

Bonne lecture !

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thèse dyslexie et ttraitement proprioceptif

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En voici la conclusion :

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Ce travail, par son caractère qualitatif, a permis d’explorer l’aspect intéressant de données subjectives. En laissant exprimer librement les idées, les patients nous font un rappel important du caractère handicapant de la dyslexie. Leur langage écrit étant touché, les conséquences sur l’apprentissage sont importantes. Ces difficultés arrivent à un moment clé de leur construction. Il ne faut pas oublier que ces enfants ressentent une véritable souffrance. Et de nos jours, la dyslexie reste un handicap avec de fortes conséquences psychologiques.
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A côté de ce constat, avec la mise en place de la prise en charge proprioceptive, apparaît dans leur discours la notion de bénéfice. En effet, sur le panel interrogé, tous rapportent le ressenti d’un changement avec le traitement proprioceptif. On retrouve des améliorations dans les domaines de l’apprentissage. Ceci leur permet bien sûr de mieux réussir dans le milieu académique, mais aussi de mieux vivre leur trouble, de retrouver confiance en eux.
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Un aspect important qui a été souligné par tous, c’est le plaisir de lire. Pour ces enfants, initialement, la lecture apparaît comme la bête noire, une compétence extrêmement compliquée. Or, l’apport de la prise en charge proprioceptive leur a permis de s’approprier la lecture et même d’en ressentir un certain plaisir, malgré la persistance de quelques troubles.
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Au contact des patients bénéficiant de cette prise en charge, on ne peut pas rester indifférent face à leur satisfaction.
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Le travail ici présenté n’a pas l’ambition de prouver de manière scientifique l’efficacité de l’apport de la prise en charge proprioceptive, mais laisse percevoir des résultats prometteurs. Même s’il est demandé de multiplier les études pour en apporter de nouvelles preuves scientifiques, le ressenti clinique laisse paraître des résultats encourageants. Et si les études futures se poursuivent avec des résultats allant dans ce sens, cela pourrait avoir une incidence considérable chez ces enfants en grande souffrance
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Note 1 : Cette thèse provient du site de la Seropp
Note 2 : Le Dr Virlet, Directeur de thèse, était à l’origine d’une étude très intéressante sur 100 jeunes  : Troubles spécifiques des apprentissages et syndrome de déficience proprioceptive ; fréquence, corrélation et valeur de dépistage?  Cette étude portant sur 100 enfants, qui avait montré une forte corrélation entre la présence d’une hétérophorie verticale labile et la présence de TSA , va maintenant être répliquée sur 1200 enfants et 120 médecins généralistes (étude DA-TSA).

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Proprioception et Troubles des Apprentissages

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Proprioception et Troubles des Apprentissages dans Dys 2_skater

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Nous connaissons tous nos cinq sens: l’ouïe, l’odorat, le toucher, la vision et le goût. Or, il en existe un autre que nous utilisons constamment, il nous est si naturel que nous n’avons même pas conscience de son existence : la proprioception.

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I. Qu’est-ce que la proprioception ?

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La proprioception est notre capacité à nous percevoir nous-même sans avoir recours à la vision. C’est le sens qui  permet de renseigner notre cerveau sur la position de nos différents segments corporels entre eux, de connaître à tout moment la position de notre corps dans l’espace environnant et qui lui montre comment se mouvoir. Elle se compare à un GPS qui s’appuie sur un système de référence  nommé schéma corporel, (représentation que chacun se fait de son propre corps, sa forme, son volume). Elle nous indique, à chaque instant, la position exacte de notre corps en trois dimensions.

Elle fonctionne avec des millions de petits capteurs sensoriels situés dans tous nos muscles (notamment les muscles oculomoteurs), dans la peau (notamment celle de la plante des pieds qui est très riche en capteurs de pression de différents types), les tendons, les ligaments et les articulations (notamment ceux de l’appareil manducateur). Ils adressent en permanence des signaux qui transitent par nos nerfs sensitifs vers notre moelle épinière, puis vers le cervelet et le cerveau qui les analyse et, selon les besoins de la situation, réagit en contractant ou en relâchant certains muscles.

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capteurs-propriocetifs dys dans Proprioception

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In-utéro, le fœtus est contenu en flexion dans l’utérus maternel, ce qui lui permet d’éprouver sa musculature, sa sensation profonde ligamentaire et tendineuse, ce qu’on appelle la proprioception, au cours de mouvements vifs d’extension et d’enroulement.

La proprioception joue ensuite un rôle majeur dans l’élaboration du schéma corporel qui  se construit durant l’enfance. Celui-ci est constamment mis à jour en fonction de ce que nous faisons et de ce que nous subissons, comme une blessure, un changement de poids, une poussée de croissance à l’adolescence, etc. En effet, la proprioception fait appel à la plasticité du cerveau, sa capacité d’adaptation aux changements.  

Chez le bébé, l’apprentissage moteur nécessite, au départ, le secours de la vue pour organiser les mouvements et les contrôler ;  puis au fur et à mesure que l’apprentissage progresse ceux-ci vont passer dans l’automatisme. Tous ces mouvements automatiques se construisent petit à petit, l’enfant n’a plus besoin de la vue pour bouger, il se base sur ses habitudes motrices, ses automatismes inscrits : « l’automatisme, c’est le proprioceptif ». (Pr Jacques Paillard, CNRS)

La proprioception est donc à l’origine des qualités de coordination et d’adresse. Ces deux qualités fondent les habiletés motrices. Une bonne proprioception nous est indispensable pour le maintien de nos postures, lors de nos déplacements, ainsi que pour assurer la coordination de nos mouvements. Elle nous permet d’écrire lisiblement, de marcher en ligne droite, de danser en suivant le rythme de la musique, d’être performant lors d’une activité physique, de jouer d’un instrument de musique, etc.

 

Enfin, la proprioception joue un rôle fondamental dans la façon dont notre cerveau gère les informations venant de nos autres sens. Le Pr JP Roll (CNRS) considère la proprioception comme « le  sens premier, celui qui donne du sens aux autres sens » :

 

 « Comment pourrions-nous localiser une cible visuelle dans l’espace sans que le système nerveux soit précisément informé du lieu où se trouve le corps et notamment l’œil ? »  

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En effet, la proprioception ne fonctionne pas indépendamment, mais en connexion avec les autres organes des sens et influence fortement leur travail en donnant constamment au cerveau l’indication de leur place respective dans le corps (par exemple, les muscles oculomoteurs renseignent le cerveau sur la position des globes oculaires dans leur orbite). La proprioception permet de localiser les informations visuelles et auditives et joue ainsi un rôle important dans la manière dont le cerveau va traiter ces informations.

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capteur oculaire

Le capteur oculaire

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II. Dysproprioception et troubles des apprentissages

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thumb-la-dyslexie---presentation-et-caracteristiques-4716 dysgraphie dans SDP/dysproprioception

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Quand ce sens dysfonctionne, pour des raisons encore inconnues, sauf dans le cas du Syndrome d’Ehlers Danlos, on trouve des atteintes, à des degrés divers, dans trois domaines où intervient la proprioception :

-des troubles posturaux : quand la proprioception est mal réglée, le tonus musculaire est asymétrique et progressivement la posture  se  dégrade. L’enfant se tient de travers alors que sa proprioception lui fait croire qu’il est droit, ceci engendre des tensions musculaires douloureuses et une attitude scoliotique. Ce sont d’ailleurs ces anomalies de la posture qui ont amené le Dr Henrique Martins de Cunhà, médecin portugais, à décrire le « syndrome de déficience posturale » dans les années 80.

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attitude scoliotique

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-des troubles de la localisation spatiale : à l’origine de maladresses, de sensations vertigineuses, de difficultés pour attraper un objet du premier coup, d’une sensation d’inconfort dans la foule, du mal des transports, etc.

-des anomalies perceptives (aboutissant à des troubles cognitifs) : Les informations provenant des différents organes des sens tels que la vue, l’ouïe et la proprioception doivent être organisées de façon synchrone et être cohérentes avec les données de l’environnement immédiat, pour permettre au cerveau de les traiter correctement et de fonctionner au maximum de ses capacités. Sinon, il est perpétuellement en état de vigilance, de « stress », pour vérifier les informations et assurer la survie : ne pas tomber, ne pas se cogner, etc. Un exemple simple pour décrire cet état est celui du lecteur assis près d’une fenêtre dans un train à l’arrêt. Le train est immobile, les pieds, l’oreille interne, les muscles et les yeux envoient l’information que le corps ne bouge pas, le lecteur peut se concentrer sur son livre. Soudain, le train sur la voie d’à côté se met lentement en mouvement ; la vision périphérique du voyageur (système magnocellulaire sensible aux variations de mouvements = système proprioceptif) a capté le mouvement de manière inconsciente et envoie ce signal au cerveau, alors que les pieds, les muscles et l’oreille interne continuent d’envoyer le signal de l’immobilité du corps. Le cerveau ne comprend plus la situation et  le lecteur va se sentir obligé de quitter son livre pour vérifier la véracité de ces informations. Quand  il a compris la situation, il va beaucoup mieux et peut reprendre le fil de son histoire. Le cerveau d’un enfant souffrant d’un dysfonctionnement proprioceptif est dans cet état de vigilance, en permanence. Chez cet enfant, un nombre trop important d’erreurs causées par un trouble de la proprioception serait à l’origine d’une incohérence entre les différentes informations sensorielles. Dès lors, ces nombreux biais perceptifs affecteraient le traitement de ces informations et seraient responsable de l’apparition de troubles développementaux de l’attention visuelle et d’anomalies de la conscience phonologique.

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Selon le Dr Quercia (Ophtalmologiste, chercheur associé INSERM ), qui étudie l’impact d’une dysfonction de ce sens sur les apprentissages :

«  les informations auditives et visuelles sont mal utilisées par le cerveau et aboutissent à des troubles des apprentissages de type dyslexique ou dyspraxique, mais peut-être aussi de type dysphasique. La mauvaise localisation proprioceptive (de la main et des doigts), le mauvais contrôle de la motricité fine et la mauvaise localisation visuelle du tracé aboutissent à une dysgraphie.[...] La proprioception oculaire est portée par le nerf trijumeau qui véhicule aussi les informations provenant de la langue et des muqueuses de la bouche. Ainsi, lorsque la proprioception oculaire est anormale, le patient pourra avoir des signes particuliers au niveau de la bouche : malocclusion (le plus souvent les incisives supérieures en avant) avec mâchoire trop étroite, déglutition infantile, respiration buccale… Le plus ennuyeux est la présence d’hypopnées nocturnes liées en grande partie à un trouble du tonus de la langue et des muscles du pharynx. L’enfant a des nuits agitées, il est alors constamment fatigué et les enseignants constatent des troubles de la concentration. Au trouble dys va s’ajouter un trouble de Déficit de l’Attention (TDA) avec parfois Hyperactivité (TDAH)».

En Effet, il est beaucoup plus facile pour le cerveau de maintenir le corps en équilibre, dans le mouvement. Le cerveau doit savoir où est le corps en permanence et s’il ne peut pas localiser les différentes parties du corps quand l’enfant est au repos, alors celui-ci devra activement déplacer ses muscles pour que l’esprit se “sente connecté” avec le corps.

 

L’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages s’inscrit donc parfaitement dans la « constellation » des dys décrite par Michel Habib (Neurologue), même si la relation entre proprioception et troubles « dys » est encore fortement niée par le monde médical.

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Syndrome+hyperkin%C3%A9tique%2F+Syndrome+h%C3%A9misph.+droit proprioception dans SED

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III. Traiter la dysproprioception

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(Note : Le traitement  proprioceptif des troubles des apprentissages est une thérapie émergente, en cours de validation scientifique.)

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maddox-poxtural-300x219 SDP/dysproprioception dans TDA/H

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En modifiant expérimentalement la proprioception par l’utilisation de vibrations à haute fréquence et faible amplitude, on a pu mettre en évidence l’existence de véritables chaînes proprioceptives agissant ensembles pour donner une information spatiale ou modifier la posture. Ces chaînes proprioceptives partent des yeux et vont jusqu’aux pieds, le traitement proprioceptif vise à rétablir un fonctionnement harmonieux de cette chaîne proprioceptive.

Pour mettre en évidence une dysproprioception, le médecin posturologue  réalise un bilan proprioceptif qui doit montrer des atteintes dans les trois domaines où intervient la proprioception. Son travail consiste ensuite en une longue « reprogrammation » de ce sens,  en s’appuyant sur la plasticité cérébrale et en agissant sur différents capteurs à l’aide de leurres sensoriels, de manière à donner au cerveau de nouvelles et bonnes informations proprioceptives.

Il agit pour cela :

- sur les capteurs des muscles oculaires pour une remise en tension de ces muscles par le port permanent de prismes dans des lunettes. Ceux-ci dévient très légèrement la lumière arrivant sur la rétine et modifient la perception de l’espace visuel, notamment en périphérie. Ils provoquent immédiatement une modification posturale en agissant principalement sur la partie supérieure des chaînes proprioceptives.

- sur les capteurs de la plante des pieds, en modifiant la sensibilité plantaire par le port permanent de semelles proprioceptives (ou posturale). En changeant la perception du sol, elles aident à ré-équilibrer le travail des muscles engagés dans la régulation de la posture. Elles agissent essentiellement sur la partie basse des chaînes proprioceptives.

-sur le capteur manducateur qui donne des informations essentielles à la régulation posturale, à l’aide de micro épaisseurs posées sur les dents (ALPH), si l’examen montre une interférence entre les informations proprioceptives oculaires et les informations de la bouche. Les « ALPH » améliorent l’occlusion dentaire et restaurent une sensibilité normale de la bouche.

- et demande de pratiquer des exercices musculaires spécifiques  journaliers, ainsi que le maintien de certaines postures, afin d’harmoniser la fonction des chaînes musculaires et de modifier en profondeur les informations proprioceptives erronées.

Cette rééducation proprioceptive n’est pas une baguette magique qui va résoudre tous les problèmes immédiatement, surtout si le dysfonctionnement est important. C’est une reprogrammation longue qui va prendre plusieurs années et demander beaucoup de vigilance, car la proprioception est un sens sensible à d’infimes variations (et la croissance des enfants va la mettre à rude épreuve). S’appuyant sur la plasticité cérébrale, cette rééducation impose un respect strict et permanent des différents éléments du traitement. En effet, dès lors que l’un d’eux n’est plus observé,  les informations erronées données par les capteurs proprioceptifs correspondants vont entraîner une régression rapide, la plasticité du cerveau jouant alors contre le patient.

En parallèle du traitement proprioceptif, il faudra continuer les autres rééducations : orthophonie, orthoptie, ergothérapie, etc. Ces rééducations s’avèreront plus efficaces, car elles vont maintenant s’appuyer sur un terrain sensoriel de bonne qualité.  Les progrès de l’enfant dépendront de l’intensité du trouble proprioceptif initial, de son origine, de ses capacités de compensations, de l’importance des retards accumulés, etc.

S’agissant d’une rééducation globale du sens proprioceptif, celle-ci va non seulement agir sur les symptômes cognitifs, mais aussi sur tous les symptômes physiques induits par une dysproprioception. Ceux-ci vont petit à petit s’améliorer et disparaître : maux de tête, de dos, de ventre, mal des transports, douleurs musculaires, maladresse, énurésie, encoprésie, etc. (selon les symptômes que présentait l’enfant).

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IV. Conclusion

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Contrairement aux cinq autres sens connus depuis Aristote, c’est seulement à la fin du XIXème siècle que Charles Sherrington (Prix Nobel de médecine en 1932) aborde le concept de Proprioception.  Aujourd’hui, la médecine continue globalement d’ignorer ce sens particulier, alors que tout le monde gagnerait à mieux le connaître puisqu’il semble être à la base des autres sens. Les travaux de recherche sur la proprioception sont encore très récents et les dysfonctionnements du sens proprioceptif encore bien mal connus. Malheureusement, le nombre de chercheurs intéressés par le sujet reste ridiculement faible, quand on l’oppose à l’importance que semble revêtir la proprioception dans le développement psychomoteur et cognitif de l’enfant. Pourtant, le rôle d’un chercheur n’est-il pas de poser son esprit là où nul autre ne l’a posé avant lui ?

Pour ma part, ayant passé de longues heures à lire et visionner des documents pour essayer de mieux comprendre ce sens et ses dysfonctions, je reste étonnée de la crispation qui perdure autour de ce sujet et du rejet que rencontre l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages. Après le tout psychologique, le tout neuropsychologique domine, rejetant violemment  cette autre hypothèse. Pourtant, le cerveau se nourrit de ses perceptions et tous les acteurs du monde des dys s’accordent sur ce point : avant de poser un diagnostic de dys, il faut éliminer un trouble sensoriel :  faire contrôler la vue et l’audition. Personne ne doute du fait qu’un enfant qui voit, ou entend mal, aura du mal à rentrer dans les apprentissages scolaires. Alors, pourquoi une dysfonction de la proprioception n’aurait-elle pas, elle aussi, un impact sur ceux-ci ? Comment un enfant peut-il correctement diriger son regard et automatiser le « geste » de ses yeux si son cerveau n’est pas correctement renseigné sur la position spatiale de ses globes oculaires ? Comment automatiser le geste d’écriture quand le cerveau ne localise pas correctement la position de la main et des doigts ?

Je persiste à ne pas comprendre pourquoi les médecins de Physique et Réadaptation ne s’interrogent pas plus sur le rôle de la proprioception dans la dyspraxie, alors que certains médecins de cette spécialité, les Pr Hamonet et Jaussaud  ont fait le lien entre désordres moteurs du Syndrome d’Ehlers Danlos (SED) et dysproprioception. Le premier considère d’ailleurs comme acquis le lien entre SED et troubles cognitifs (dyslexie, dyspraxie, dysgraphie, troubles attentionnels, etc.), 68% des patients SED présentant aussi ces pathologies.

Je persiste à ne pas comprendre le manque de curiosité intellectuelle du monde de la recherche médicale, ce rejet d’autorité d’une nouvelle approche conceptuelle en médecine : l’histoire, parfois contemporaine, ne lui a-t’elle rien appris ?

Des études récentes commencent à démontrer le lien entre certains TDA/H et des problèmes de sommeil, rejoignant ainsi les constats du Dr Quercia. Combien d’années faudra t’il encore pour que le monde médical se penche de plus près sur la bouche de ces enfants et les dysfonctionnements proprioceptifs de l’appareil manducateur,  leur évitant ainsi, parfois, des traitements médicamenteux lourds ?

En conclusion, si votre enfant présente des troubles des apprentissages, demandez-vous si ses dys sont isolés ou s’ils ne sont qu’un symptôme parmi d’autres. Regardez bien votre enfant, observez sa posture, sa mâchoire, la position de sa langue, son sommeil. Et si vous le retrouvez dans les descriptions données ci-dessus, alors posez-vous la question d’un dysfonctionnement proprioceptif chez lui. Plus il sera pris en charge tôt et plus votre enfant aura un développement physique et cognitif harmonieux.

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Note : Cet article est loin d’être exhaustif, le sujet étant tellement vaste et je vous invite à l’ approfondir en découvrant les liens ci-dessous et notamment les travaux du Pr Alain Berthoz, Professeur au collège de France,  sur le couple perception/action, que je n’ai pas développé pour  rendre cet article accessible au plus grand nombre.

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Sources :

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Proprioception: The Sense Within /The Scientist

La proprioception, un 6e sens qui pourrait vous être fort utile, Denis Fortier (Physiothérapeute)

Découvrez le 6e sens qui vous rend meilleur dans (presque) tout! , Denis Fortier (Physiothérapeute)

Livre : « Le bébé en mouvement », Lucie Meunier(Psychomotricienne)

Rôle de la proprioception dans le contrôle moteur (Intervention du Pr Jacques Paillard, CNRS)

Système proprioceptif et proprioception (Regis Thouvarecq, Professeur des universités)

Schéma corporel : une approche neurosensorielle, ( : directeur de recherche au C.N.R.S.)

« Influence de la proprioception cranio-faciale sur le Controle postural et la stabilisation du regard » (Thèse de Doctorat, Neurosciences : Pierre GANGLOFF)

« Etude des liens entre systèmes visuel et proprioceptif »( Thèse de Doctorat, Neurosciences :Pascale TOUZALIN-CHRETIEN)

Le proprioception, un sens premier ? Pr Jean Pierre Roll (CNRS)

Ehlers-Danlos, une errance médicale jusqu’à l’absurde. Pr Hamonet, médecin spécialiste de Médecine Physique et de Réadaptation

Entretien avec Alain Berthoz, (professeur au Collège de France)

Le cerveau et le mouvement : le sixième sens , Alain Berthoz (professeur au Collège de France)

Oculus Rift : jouer ou vomir, il faut choisir ? (L’OBS avec Rue 89)

Pour mieux comprendre la dyslexie (p23/26), Joëlle Lemaire (Ostéopathe spécialisé en thérapie neurodéveloppementale)

Document patients, Dr Patrick Quercia  (ophtalmologiste, Chercheur associé – Unité INSERM U1093)

Constellation des dys et ses rapports avec l’efficience intellectuelle, Michel Habib (Neurologue)

Pourquoi l’ophtalmologiste est concerné par la posturologie ? Dr Patrick Quercia (ophtalmologiste, Chercheur associé – Unité INSERM U1093)

Dysproprioception (Site du Dr Quercia)

Commentaires sur la cinquième proposition de classification du syndrome d’Ehlers-Danlos par les généticiens (Pr Claude Hamonet, Médecine Physique et de Réadaptation)

La proprioception et le SED (Pr Roland Jaussaud, Médecine Physique et Réadaptation)

Ehlers-Danlos Syndrome (EDS) a Diagnostic Trap for the Neurologist, an  Iatrogenic Risk for the Patient (Pr Claude Hamonet, Médecine Physique et Réadaptation)

Les enfants avec un TDAH dorment moins bien que les autres enfants

Hyperactivité : et si c’était une apnée du sommeil ?

HYPERACTIVITÉ (TDAH) : Est-ce principalement une forme de trouble du sommeil ? (ECNP Congress for Applied and Translational Neuroscience)

SDP et dyslexie : les prismes posturaux

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recherche

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Voici un poster faisant le point sur l’état des connaissances actuelles concernant la physiopathologie du SDP, les moyens de traitement, l’état de la recherche (clic sur l’image):

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poster quercia

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Dys et dysproprioceptif ?

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Tidys maux de ventre

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Votre enfant est dyslexique, dyspraxique, dysgraphique, TDA/H etc., mais ses troubles dys peuvent-ils avoir pour origine un dysfonctionnement proprioceptif ?

Comme je l’ai expliqué dans un article précédent, quand la proprioception dysfonctionne on trouve des atteintes, à des degrés divers, dans trois fonctions où intervient la proprioception :

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-des troubles posturaux (hypertonie musculaire et asymétrie posturale)

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tidys fatigue

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-des troubles de la localisation spatiale

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tidys foot

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-des anomalies perceptives (à l’origine de troubles des apprentissages)

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tidys école

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La physiopathologie du SDP est résumée dans le schéma suivant (Clic sur l’image):

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physiopathologie du SDP

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Un dysfonctionnement proprioceptif peut donc être à l’origine de nombreuses manifestations physiques et cognitives que le Dr Quercia, chercheur associé à l’INSERM, a recensé dans un questionnaire d’orientation qui liste 55 signes cliniques (clic sur l’image) :

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Quiestionnaire quercia

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Un enfant atteint de SDP présente obligatoirement des atteintes dans les trois fonctions touchées par la dysproprioception, mais dans un premier temps et pour faire simple, on peut dire que si votre enfant présente moins de 10 réponses positives, il y a peu de probabilité qu’il soit dysproprioceptif.

Au contraire, s’il remplit facilement au moins 20 items, il l’est probablement et seul un examen proprioceptif pourra confirmer le diagnostic.

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réponses positives questionnaire

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Enfin pour une information beaucoup plus complète, je vous propose de visionner les vidéos où le Dr Quercia reprend certains de ces points :

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Image de prévisualisation YouTube

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Image de prévisualisation YouTube

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Note 1 :  Les images de Tidys proviennent du livret « Les fabuleuses aventures de Tidys » auquel ont collaboré Mmes Zamanski et Huver qui m’ont donné l’autorisation d’utiliser leur personnage.

Note 2 : Le tableau de la physiopathologie du SDP provient du poster : Syndrome de dysfonction proprioceptive (SDP) et dyslexie : les prismes posturaux.

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