INSERM et dysproprioception

 

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Voilà un article de l’INSERM qui est un vrai bonheur pour les yeux !

Après tant d’années de critiques ! On dirait que la roue tourne !

L’article dans son intégralité:  !

Extrait :

Troubles des apprentissages : Quand le cerveau DYSfonctionne…

SCIENCE

04.09.2019

Une grande difficulté à lire, à écrire, à s’exprimer ou à se concentrer a longtemps été synonyme d’échec scolaire. Pourtant, les élèves concernés sont tout aussi intelligents que les autres ! Mais pour développer tout leur potentiel, une prise en charge et des dispositifs adaptés doivent être mis en place dès leur plus jeune âge. À l’heure de la rentrée scolaire, il est temps de faire un point sur ces troubles des apprentissages.

[...]

Vers de nouveaux domaines de recherche

De tous les troubles de l’apprentissage, la dyslexie reste le plus connu. Elle se caractérise par une grande difficulté à lire et à écrire de façon fluide sans faire d’erreur. L’enfant a du mal à faire correspondre un ensemble de lettres dit « graphème » à un son appelé « phonème », et est très souvent incapable de mémoriser la forme visuelle d’un mot. Facteurs génétiques, neurologiques, développementaux ou encore environnementaux… Autant de pistes de recherche qui montrent bien la complexité de l’étude sur la dyslexie, auxquels viennent s’ajouter les travaux menés par Patrick Quercia, ophtalmologiste et chercheur associé à l’unité Cognition, action et plasticité sensorimotrice***, à Dijon. En collaboration avec le service d’odontologie de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris, les chercheurs ont utilisé le test de Maddox, qui permet de dissocier la vision des deux yeux. En parallèle, ils ont testé différentes stimulations au niveau de la bouche, aussi bien sensorielles (lèvres serrées ou modification de la position de la langue) que mécaniques (rouleau salivaire entre les molaires ou gouttière dentaire). Les résultats obtenus suggèrent que la perception visuelle pourrait être perturbée par ces stimulations orales et ce, de façon plus fréquente chez les personnes dyslexiques. Toutefois, ces données devront être complétées et pourraient potentiellement contribuer à  mieux comprendre la présence de troubles de la vision chez les enfants dyslexique

 

C’est la fête !

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L’erreur d’Aristote, 5 sens et bien plus : Mythes et légendes en neurosciences

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Le Dr Anne Kavounoudias, enseignant-chercheur à Aix-Marseille Université, nous explique ce qu’est un sens et passe en revue nos différents sens, en évoquant bien évidemment notre 6ième sens : la proprioception.

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Archives pour la catégorie Neurosciences

Système vestibulaire, sommeil et mémorisation

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Voici les résultats très surprenants d’une étude rapportée par France Inter, qui montrent l’impact du système vestibulaire sur la qualité du sommeil et la mémorisation.

Des chercheurs avaient déjà montré l’effet positif du balancement lors d’une sieste de 45 minutes en 2011 (vitesse d’endormissement et sommeil plus profond), ils ont ensuite cherché à savoir ce qu’il en était lors de nuits complètes. Pour cela, ils ont choisi 18 volontaires, hommes et femmes, en bonne santé. Pendant trois nuits, ils ont mesuré l’impact du lit oscillant comparativement au lit immobile, sur l’activité cérébrale, la fréquence cardiaque et respiratoire de ces personnes. Dans le deux situations, les personnes ont bien dormi, ce qui était attendu car aucune d’elles n’avait de troubles du sommeil. Mais, ce qui semble plus surprenant, les oscillations du lit ont eu un impact sur la mémorisation :

Selon l’étude, publiée ce 24 janvier dans Current Biology, « ce qu’on remarque lors des ‘nuits bercées’, c’est un endormissement plus rapide et  des périodes plus longues de sommeil profond » selon Laurence Bayer, chercheuse au département de neurosciences fondamentales de la Faculté de Médecine de l’UNIGE. [...]

Au delà de la qualité de la nuit, les chercheurs ont testé la mémoire. Avant la nuit, les volontaires devaient mémoriser des paires de mots. Au réveil, après les nuits bercées, ils retenaient deux à trois fois plus de paires de mot qu’après une nuit immobile. La mémoire profite donc aussi de ces légers mouvements.

L’article dans son intégralité :

Le fait d’être bercé aide à mieux dormir, même chez les adultes.

En stimulant durant le sommeil le système vestibulaire, qui est un élément important du système postural/proprioceptif, on améliore donc la mémorisation. Ceci nous montre, une fois de plus, qu’on ne peut totalement séparer les capacités cognitives des sensations corporelles. Corps et cerveau sont intimement liés.

Vision, perception et lien vision/audition

Ce que nous percevons n’est qu’une construction de notre cerveau, voilà une phrase qui devient pour moi un véritable leitmotiv (encore plus depuis que j’ai assisté aux pertes visuelles que génère l’examen du Maddox Postural). Mais, ce qui me fait plaisir, c’est de voir que je ne suis pas la seule à le dire. Dans son livre « Parlez-vous cerveau », le neurologue Lionel Naccache utilise la même expression et nous explique comment le cerveau construit notre perception.

Extrait de son livre :

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« La perception est une construction

« Les sciences du cerveau nous ont enseigné que la perception est une action ! Il ne s’agit pas d’un slogan politiquement correct visant à nous remonter le moral lorsque nous nous sentons trop passifs […] mais des résultats spectaculaires des neurosciences de la perceptions.
Un exemple simple ?
Ouvrez bien grand les yeux et fixez droit devant vous. Que voyez-vous ? rassurez-vous, je ne dispose pas de webcams qui vous espionnent, mais je ne pense pas prendre trop de risques en affirmant que l’image que vous percevez est colorée. Oui, et alors ?
Alors, cela ne va pas de soi !
Les cellules qui tapissent la rétine transforment la lumière en impulsions nerveuses. Mais voilà, il y a un hic. Nos rétines contiennent deux types de cellules. Les premières, situées au centre, sont sensibles aux couleurs, tandis que les secondes ne voient le monde qu’en noir et blanc. Si le cerveau ne faisait que recevoir passivement les informations transmises par nos rétines, nous devrions percevoir le monde en couleurs autour du point que nous fixons, alors que tout le reste devrait apparaître noir et blanc. Quelle implacable conclusion en déduisez-vous ?
Notre cerveau colore les informations lumineuses qui lui arrivent en noir et blanc ! Élémentaire mon cher Watson …
Mais ce n’est pas tout, notre perception est le fruit de nombreuses autres actions.
[...]
Sur le côté de chacune de nos rétines, il y a un trou par lequel passent les vaisseaux et le nerf optique en partance pour le cerveau. Nous devrions donc percevoir le monde visuel avec deux « taches aveugles » sur les côtés.
Quelle conclusion en tirons-nous, toujours en raisonnant par l’absurde ?
Si ces tâches aveugles n’empiètent sur aucune de nos perceptions, c’est bien parce que notre cerveau remplit ce « trou » de la rétine par des inventions visuelles de son cru. Ce phénomène de remplissage a été découvert par l’abbé naturaliste Edmé Mariotte dès le XVII e siècle. Notre cerveau invente ici ce qu’il ne voit pas du monde, selon ce qu’il suppose qu’il devrait être !
A un niveau plus abstrait encore, notre cerveau construit notre perception comme le client d’un restaurant compose son assiette dans un buffet : il ne retient qu’une partie infime de ce qui est face à lui, ce qui nous intéresse, ce que nous cherchons, ce qui fait sens pour nous.
Coloriage, effaçage, stabilisation, remplissage, sélection, etc. : la palette d’actions réalisées par notre cerveau pendant la perception est très vaste. N’ayant pas conscience de ces coulisses de la perceptions, nous pensons à tort, que la perception est passive. En réalité, la perception est une construction permanente de notre cerveau.

Mais, c’est aussi ce que nous explique Bruce Benaram, de la chaîne Youtube de vulgarisation scientifique : e-penser, dans deux épisodes consacrés à la vision. Dans le premier, il nous décrit le fonctionnement de l’œil et dans le deuxième (que je vous recommande vivement), il nous explique comment le cerveau traite l’information visuelle pour construire notre perception :

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Cerise sur le gâteau, il nous parle du colliculus supérieur, cette petit partie du cerveau dont je vous ai déjà entretenu à plusieurs reprises. Il nous explique que c’est vers le colliculus supérieur que se dirigent 10% des fibres optiques issues de l’œil. Son rôle majeur est de diriger notre regard et notre attention vers les objets d’intérêt. Cette petite structure « court-circuite » le cortex visuel (où est traité l’information visuelle consciente), elle permet un traitement immédiat et inconscient de l’information visuelle, c’est là que se jouent les mouvements oculaires les plus rapides (les saccades). Et nous apprenons dans que le colliculus Inférieur agit de la même façon au niveau de l’audition et que les deux colliculi inférieurs et supérieurs interagissent et échangent en permanence des informations.

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colliculi supérieurs et inférieurs

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C’est exactement ce que nous pouvons lire de le livre « Oeil et bouche », des Dr Quercia et Marino :

La voie rétino-tectale correspond à 10 des fibres optiques. Son importance est primordiale dans la coordination des mouvements de la tête et des yeux, et dans la stabilisation de l’image rétinienne.[...] elle se termine dans la une région nommée colliculus supérieur (CS) ches les mammifères.

[...]

Associés aux colliculi inférieurs qui font partie de la voie auditive, ces noyaux de petite taille (6 mn) intègrent les informations visuelles et auditives avec les informations somato-sensorielles liées aux mouvements de la tête et du corps dans le but d’orienter le regard vers les centres d’intérêt qui nous entourent.

[...]

Il est à noter que le CS représente une structure sensorimotrice, dont le rôle est central dans le déclenchement et l’orientation des saccades oculaires vers un sujet digne d’intérêt. Il y existe des connections quasi-directes entre informations sensorielles et motrices. On y trouve aussi des neurones mixtes visuo-moteurs, mais aussi des neurones pluri sensoriels (capables de décharger pour des stimuli visuels, auditifs, tactiles et proprioceptifs). Il s’agit donc d’une structure cérébrale dans laquelle les liens sensorimoteurs sont très étroits, rapides et reposent sur une perception multi-sensorielle inconsciente.

Cerveau et mouvement

 

 

 

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Mise en page 1

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Voilà un livre qui me semble très intéressant et dont j’ai commencé la lecture. Il est écrit par Lucy Vincent, une neurobiologiste. Une fois de plus, on y découvre le lien étroit qui unit le cerveau aux muscles et au mouvements. Et qui dit muscles, dit proprioception !

 

Voici deux petits extraits très intéressants :

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En explorant la littérature scientifique, j’ai découvert qu’une révolution scientifique était en cours concernant la science du mouvement. Une révolution lourde de conséquences, que j’ai eu envie de partager avec vous. D’où ce  livre. […] Nul doute que, fortes de ce savoir, nos méthodes d’apprentissage vont être radicalement transformées dans les années qui viennent. Seront concernés les touts-petits, les moins petits et même les plus agés […]Toutes les découvertes exposées dans ce livre datent d’il y a moins de vingt ans, il va sans doute falloir encore vingt ans pour les intégrer dans nos pratiques à l’école, dans les crèches, dans les centres sportifs, les centres de soins. […]

 

« Le mouvement crée le cerveau

Premier point qui mérite réflexion : seuls les êtres vivants qui bougent sont dotés d’un système nerveux central. Si le cerveau a été « inventé » par l’évolution, c’est d’abord pour gérer les mouvements du corps et la coordination des organes.[…]

Chez l’être humain, on sait que la mise en place du cerveau se fait sous l’influence des contractions musculaires spontanées chez le fœtus. Ces micro-mouvements stimulent la mise en place des réseaux nerveux qui commencent à s’activer, envoyant en retour des stimuli aux muscles pour affiner progressivement le contrôle moteur. Les connexions dans le cerveau ou entre le cerveau et le corps sont liées à l’activité des muscles qui, dès leur apparition, commencent à effectuer des mouvements sans utilité apparente, mais qui en réalité , fournissent les stimuli électriques permettant d’organiser les systèmes sensori-moteurs cérébraux. Les neurones ainsi mis en place stimulent à leur tour les muscles qui les ont formés. Ces allers-retours de stimuli-réponses consolident les circuits qui produisent les mouvements typiques qu’on peut voir chez le fœtus et le nouveau-né. Le mouvement et le cerveau sont si étroitement liés qu’il est même possible de diagnostiquer des lésions cérébrales simplement en observant les mouvements de nouveaux-nés ou leur posture au repos.[...]

Le développement de notre cerveau dépend donc des nombreuses expérimentations que font tout naturellement les enfants libres de leurs mouvements : tout goûter, tout éprouver, tout toucher … Toutes les bêtises sont en fait des graines d’intelligence ! Ce sont ces comportements qui leur permettent d’incorporer dans leur cerveau les propriétés du monde pour mieux s’orienter, se nourrir, se chauffer, se protéger et, plus tard, se reproduire. […]

Maintenant, est-ce que les effets du mouvements sur le cerveau se limitent à la construction des circuits qui gèrent a motricité ? Cette question est au cœur d’un domaine de recherche qu’on appelle embodiment et qui vise à comprendre comment les parties du corps en dehors du cerveau contribuent aux processus cognitifs et aux émotions. […]

Nous allons voir que l’intérêt de l’activité physique pour le cerveau ne tient pas uniquement aux bouffées d’endorphines qu’elle procure ou à la meilleurs oxygénation qu’elle entraîne ; en fait, bouger son corps rend aussi plus intelligent !« 

Découverte d’une nouvelle structure cérébrale dans le cerveau humain

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J’ai trouvé très intéressant cet article qui relate la découverte, par le neuroscientifique George Paxinos et son équipe du Neuroscience Research Australia (NeuRA), d’une nouvelle structure cérébrale baptisée « noyau endorestiforme », qui semble être une spécificité du cerveau humain. Cerise sur le gâteau, cette zone est impliquée dans la réception d’informations sensorielles et motrices de notre corps afin d’affiner notre posture, notre équilibre et nos mouvements. De là à en conclure qu’elle est impliquée dans la proprioception (ou le système somesthésique), il n’y a pour moi qu’un pas…

Extraits :

« Le neuroscientifique George Paxinos et son équipe du Neuroscience Research Australia (NeuRA), ont baptisé leur découverte « noyau endorestiforme » 
[...]
 Cette zone est impliquée dans la réception d’informations sensorielles et motrices de notre corps afin d’affiner notre posture, notre équilibre et nos mouvements.
 [...]
L’emplacement de cet élément cérébral insaisissable laisse penser à Paxinos qu’il pourrait être impliqué dans le contrôle de la motricité fine — ce qui est également confirmé par le fait que cette structure n’a pas encore été identifiée chez d’autres animaux, y compris les ouistitis ou les singes rhésus.
 [...]
 Les humains ont un cerveau au moins deux fois plus gros que les chimpanzés (1300 grammes contre 600 grammes), et un pourcentage plus important des voies neuronales cérébrales qui signalent le mouvement établissent un contact direct avec les motoneurones — 20% par rapport à 5% chez les autres primates.
[...]
Ainsi, le noyau endorestiforme est peut-être une autre caractéristique unique de notre système nerveux, bien qu’il soit encore trop tôt pour le dire.
L’article dans son intégralité, sur le site « Trust my science » :
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Ainsi donc, les structures du cerveau humain liées à la motricité de notre corps participeraient à la spécificité du cerveau humain ?

Crédits : NeuRa

La danse contre le déclin cognitif

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La danse est une activité qui fait hautement intervenir la proprioception, au point qu‘ elle modèle le cerveau. Alors, j’ai trouvé intéressant cet article de Sciences et Avenir qui montre le lien entre danse et cognition.

En voici deux extraits

On le sait hélas, en vieillissant le cerveau s’altère lentement. Notamment certaines structures comme l’hippocampe, impliqué dans la mémorisation et la navigation spatiale perdent de la matière grise (neurones). Les études en imagerie cérébrale sont implacables : le volume hippocampique se réduit de 2 à 3% par décennie, puis de 1% par an à partir de 70 ans…

Mais, bonne nouvelle, c’est précisément dans cette zone que l’on a découvert la production de nouveaux neurones (neurogenèse), tout au long de la vie. Et l’on sait désormais comment favoriser ce phénomène. Une des méthodes est l’exercice physique.

« De nombreuses études ont montré que l’activité physique stimule la formation de nouveaux neurones, explique ainsi le Pierre-Marie Lledo, professeur de l’Institut Pasteur, le spécialiste français de la neurogenèse. En se contractant, les muscles libèrent notamment des protéines (myokines). Via la circulation sanguine, celles-ci vont activer la libération dans le cerveau de facteurs nutritifs (trophiques) comme le BDNF (brain-derived neurotrophic factor) qui stimule la prolifération de bébés neurones et augmente leur survie.« 

Et si une autre forme de sport était aussi bénéfique ? C’est la question que l’université de Madebourg s’est posée. L’équipe de Notger Müller a ainsi entrepris de comparer les effets de la danse (qui fait intervenir en plus de l’exercice physique des aspects multisensoriels) à ceux du sport aérobique, sur la structure du cerveau.

[...]

Ceci indique que, mis à part l’entrainement physique, les autres facteurs inhérents à la danse contribuent aux changements de volume de l’hippocampe aussi, assurent les auteurs, qui concluent : par conséquent, la danse constitue un candidat prometteur pour contrer le déclin lié à l’âge des capacités physiques et mentales.

L’article dans son intégralité : La danse augmente le volume de l’hyppocampe

Alors, y aurait-il un lien entre proprioception et capacités mentale ? ;)

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Note : Photo by ketan rajput on Unsplash

Les illusions d’optique, un bon moyen de comprendre le fonctionnement du cerveau

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La réalité de ce que nous percevons est sans cesse reconstruite par notre cerveau, comme le souligne le Pr Alain Berthoz, professeur au collège de France :

Le cerveau de l’homme, comme le cerveau des animaux, ne perçoit le monde qu’à travers ses grilles d’interprétation, ses capacités. C’est-à-dire que le monde tel que nous le percevons [...], est un monde dans lequel nous sélectionnons les informations en fonction de nos a priori, etc.

La perception est décision puisque percevoir c’est à tout moment choisir dans les sens ce que l’on veut voir. On ne peut percevoir que ce qu’on veut voir. (…) le cerveau au fond est une machine qui décide en fonction du passé, de la mémoire, de l’intention.

Les illusions d’optique illustrent très bien cette « re »-construction de la réalité. Je vous propose donc deux extraits d’ un article consacré à ce sujet :

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Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les illusions d’optique occupent une place importante dans la recherche en neurosciences.

D’après Noelle Stiles, une chercheuse post-doctorale spécialisée en biologie et en génie biologique, ces dernières permettent en effet de mieux comprendre les différents processus animant le cerveau et la manière dont il interprète les signaux transmis par les sens.

L’auteure insiste notamment sur le fait que le cerveau ne se contente pas d’analyser froidement les informations délivrées. Il est également programmé pour extrapoler et pour donner du sens à son environnement.[...]

Or justement, les illusions sont un bon moyen de comprendre la manière dont raisonne notre cerveau et de mettre exergue les raccourcis qu’il lui arrive parfois d’emprunter. C’est précisément le cas de l’illusion élaborée par les équipes de Caltech.

Un voyage dans le temps bref, rapide et sans douleur

Le cerveau est alors un peu perdu et il suppose donc qu’il existe un troisième flash situé entre les deux autres. Bien sûr, la vitesse joue aussi un rôle très important dans l’expérience. Les signaux sonores sont en effet déclenchés toutes les 58 ms. D’après les recherches menées, ce flash illusoire est provoqué par le fait que le cerveau utilise un traitement « postdictif ». Le cerveau n’étant pas en mesure d’interpréter correctement les informations transmises, il cherche une explication après avoir perçu les signaux lumineux et sonores. Ce qui le pousse bien entendu à prendre quelques raccourcis.

Mais alors, pourquoi le cerveau répète-t-il exactement la même erreur dans la seconde séquence ? Cette fois, il n’y a pas de signaux sonores, mais le contexte reste inchangé. L’étude suppose donc que le cerveau effectue un bref retour dans le passé pour analyser la scène et tenter de déterminer le nombre de flashs apparents. Comme il en avait faussement perçu trois lors de la première phase, il pense en voir trois durant la seconde. La dernière phase le conforterait d’ailleurs dans cette analyse.

Pour voir cette illusion et lire l’article dans son intégralité, suivre le lien :

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Les illusions d’optique, un bon moyen de comprendre le fonctionnement du cerveau

Un autre regard sur la dyslexie

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J’avais depuis longtemps dans mes « cartons » cette vidéo très intéressante, mais je n’avais jamais pris le temps d’écrire un article sur mon blog. Elle se regarde avec d’autant plus d’intérêt, quand on sait que la « centrale » qui contrôle la direction des saccades oculaires, en fonction de l’espace environnant, est une petite structure du cerveau nommée colliculus supérieur, qui reçoit les données de la proprioception des muscles oculomoteurs (et oui, pour coordonner ses yeux et diriger correctement son regard, il faut que le cerveau sache où est l’œil dans son orbite … ;) ).

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Zoï Kapoula, directrice de recherche au CNRS, est accueillie dans un Collège Lycée pour faire des tests montrant le rapport entre motricité, vision et dyslexie. Un casque spécial a été mis au point pour cette étude et est testé sur des enfants. Ce dispositif est associé à un système informatique et rend compte, en temps réel, de tous les mouvements de chacun des deux yeux. Ces dys-coordinations et instabilités pourraient expliquer en partie la lenteur de la lecture chez les enfants dyslexiques. (Clic sur l’image pour accéder à la vidéo) :

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Autre regard sur la dyslexie

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Processus Cérébral pour Apprendre à Lire

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Je vous propose de lire un article très intéressant du blog « Le cerveau de l’enfant et de l’adolescent« , qui reprends les données scientifiques actuelles sur l’apprentissage de la lecture (dont certaines déjà partagées ici), en montrant que celui-ci entraîne une réorganisation complète du cerveau.  En effet, à l’origine, il n’existe pas de zone de la lecture dans le cerveau, la « boîte aux lettres » de la reconnaissance visuelles des mots apparaît sous l’effet de l’apprentissage en « recyclant » des zones qui étaient au départ dédiées à la reconnaissance des visages. Cependant,  un passage de cet article m’interpelle plus particulièrement car il s’intéresse à la transformation profonde que subit le cerveau lors de l’apprentissage de la lecture, en expliquant qu’elle va beaucoup plus loin que des changements dans la couche externe du cortex. Je vous propose donc un extrait de ce billet dont je vous conseille de lire l’intégralité:

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cerveau apprend à lire

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Selon des chercheurs allemands de l’Institut Max Planck pour la psycholinguistique et le Max Planck pour la cognition humaine et les sciences du cerveau, avec des scientifiques indiens du Lucknow Biomedical Research Center et de l’Université d’Hyderabad, dans une étude publiée dans la revue Science Advances de mai 2017, la lecture est un énorme défi pour le cerveau et ses effets sont incroyables, au point de pouvoir le façonner et le transformer profondément, même lorsque nous sommes adultes.

Lire est une capacité tellement nouvelle dans notre histoire évolutive qu’elle ne peut pas être “enregistrée” dans les gènes. Quand nous apprenons à le faire, le cerveau doit passer par une sorte de “recyclage”. Les zones destinées à la reconnaissance d’objets complexes, tels que des visages, doivent participer à la traduction des lettres. Et certaines régions de notre système visuel deviennent des “interfaces” entre ce que l’œil voit et le langage.
Le fait est que, jusqu’à présent, les scientifiques ont supposé que ces changements étaient limités à la couche externe du cerveau, le cortex, qui s’adapte rapidement aux nouveaux défis. Mais il s’avère que la transformation qui amène à ouvrir un livre et à le comprendre va beaucoup plus loin.
Les chercheurs ont découvert que lorsqu’un adulte apprend à lire, le cerveau subit une réorganisation qui s’étend jusqu’aux structures profondes du thalamus et du tronc cérébral.
Ils ont observé que les colliculus dits supérieurs, une partie du tronc cérébral, et les pulvinar, situés dans le thalamus, adaptent leur activité à celle du cortex visuel. Ces structures profondes aident notre cortex visuel à filtrer les informations importantes, avant même que nous les percevions consciemment. Fait intéressant, plus les signaux entre les deux régions du cerveau sont synchronisés, meilleures seront les capacités de lecture. Ils croient que ces systèmes cérébraux raffinent leur communication de plus en plus à mesure que les élèves deviennent de plus en plus compétents en lecture. Cela pourrait expliquer pourquoi les lecteurs expérimentés se déplacent plus efficacement à travers un texte.
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Lumière sur la dyslexie
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Selon les chercheurs, les impressionnants résultats d’apprentissage des volontaires ne sont pas seulement porteurs d’espoir pour les adultes analphabètes, ils mettent également en lumière la cause possible des troubles de la lecture comme la dyslexie, qu’ils croient être due à des dysfonctionnements dans le thalamus, une partie du cerveau qui a été modifiée dans l’expérience avec seulement quelques mois de formation en lecture.
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L’article dans son intégralité :
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Il ne vous aura pas échappé que les structures profondes dont parle cet article sont impliquées dans le traitement des informations proprioceptives, et notamment le colliculus supérieur dont le Dr Quercia soulignait déjà l’implication probable dans la dyslexie dans une publication de 2005 (et dont on sait maintenant qu’il est aussi impliqué dans le TDA/H).
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Allez, encore un effort, on y arrive !
Pièce après pièce, la recherche commence à démontrer les intuitions géniales de médecins précurseurs. :)
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Note : Lire l’ article original de la revue Science Advances  : Learning to read alters cortico-subcortical cross-talk in the visual system of illiterates
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