Bien respirer pour un cerveau plus efficace

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position allongée

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Un des éléments essentiel du traitement proprioceptif est constitué d’exercices respiratoires, centrés sur le retour à une respiration physiologique afin de supprimer les phénomènes nocturnes apnéiques (responsables de troubles attentionnels, de faiblesse de la mémorisation et de fatigue chronique). Cette rééducation est auto-apprise et journalière. Malheureusement, les familles ont trop souvent tendance à « oublier » cette partie du traitement, n’en comprenant pas bien la portée.

J’ai donc trouvé intéressant l’article suivant, qui montre que bien respirer rend le cerveau plus efficace, en voici un extrait :

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Une équipe irlandaise (Trinity College Dublin) a réalisé une expérience très instructive. Des volontaires ont passé des tests sollicitant fortement l’attention. Il s’avère que les participants qui les ont le mieux réussis sont ceux qui présentaient le meilleur contrôle respiratoire. [...]

Les chercheurs ont exploré plus avant, et ils ont pu déterminer que la respiration influençait l’activité du locus coeruleus, une petite région (noyau) du tronc cérébral. Ce locus coeruleus libère une grande quantité de noradrénaline, un neurotransmetteur notamment impliqué dans l’attention sélective et la vigilance. Cette zone est étroitement liée au néocortex cérébral, déterminant dans les processus d’attention et d’éveil.

Les auteurs considèrent que la régulation de la respiration peut permettre d’optimiser le fonctionnement du locus coeruleus, avec un effet positif sur l’attention et la concentration, et peut-être d’autres fonctions cognitives (apprentissage, mémoire…). Une piste pour la prise en charge des troubles de l’attention (TDA/H) et de l’altération des facultés cognitives ?

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L’article dans son intégralité :

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Pour rappel, une petite vidéo expliquant comment effectuer ces exercices respiratoires :

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Image de prévisualisation YouTube

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Note : Rappelons qu’un déséquilibre en noradrénaline est impliqué dans le TDA/H.

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Neurosciences : comment pensent les anticonformistes ?

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Neurosciences : comment pensent les anticonformistes ? dans Le coin du chercheur

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J’ai trouvé très intéressant cet article de « The conversation » qui traite de la difficulté d’être un précurseur dans le monde des sciences (petit clin d’œil aux chercheurs qui travaillent sur le lien entre dysproprioception et troubles des apprentissages ;) )

 

 

Que se passe-t-il dans le cerveau d’un homme qui choisit de s’affranchir de l’opinion commune ? Les neurosciences s’intéressent depuis de nombreuses années aux personnalités anticonformistes. L’enjeu est important, car ces individus permettent de faire évoluer la société et avancer la science.

Parmi les chercheurs, ils sont peu nombreux à remettre en cause les dogmes et à prendre le risque d’être attaqués, voire marginalisés par leurs pairs. L’histoire est riche, pourtant, de ces scientifiques qui, comme Albert Einstein ou Marie Curie, sont sortis des clous et ont révolutionné leur discipline.

La sélection naturelle semble privilégier le conformisme chez les individus. En même temps, l’évolution préserve une minorité aux idées hors normes, dont la créativité pourrait bien conditionner, ni plus ni moins, la survie de l’espèce. [...]

L’anticonformisme existe à toutes les époques. Parmi les chercheurs d’aujourd’hui, on voit se dessiner des profils dont les idées suscitent des réactions de rejet chez leurs confrères.[...]

L’histoire a retenu des destins hors normes comme celui de Marie Curie, lauréate des prix Nobel de physique et de chimie.[...] Son éloge de l’anticonformisme, cité dans le livre Madame Curie (Da Capo Series in Science), mérite d’être relu aujourd’hui : « Nous ne devrions pas laisser croire que tout progrès scientifique peut être réduit à des mécanismes, des machines, des rouages, quand bien même de tels mécanismes ont eux aussi leur beauté. Je ne crois pas non plus que l’esprit d’aventure risque de disparaître dans notre monde. Si je vois quelque chose de vital autour de moi, c’est précisément cet esprit d’aventure, qui me paraît indéracinable et s’apparente à la curiosité. Sans la curiosité de l’esprit, que serions-nous ? Telle est bien la beauté et la noblesse de la science : désir sans fin de repousser les frontières du savoir, de traquer les secrets de la matière et de la vie sans idée préconçue des conséquences éventuelles. » [...]

Pour en revenir à la communauté scientifique, le caractère anticonformiste ne semble pas apporter aux individus une situation confortable. L’absence de reconnaissance par les pairs peut même mener à l’arrêt des recherches, par manque de financement. L’histoire des sciences montre pourtant l’importance des anticonformistes pour le progrès des connaissances. Qu’en aurait-il été si de grands chercheurs comme Marie Curie ou Albert Einstein n’avaient pas persisté dans leurs travaux ?

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La conclusion de cet article ne manque pas de piquant, quand on sait ce qui se passe dans le monde des neurosciences vis à vis de l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages :D   :

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On peut espérer que les neurosciences nous viennent en aide pour mieux repérer de tels individus et, à terme, stimuler le progrès scientifique.

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Allez, l’espoir fait vivre ! :)

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L’article dans son intégralité :

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crapaud

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Autre passage intéressant de l’article :

 » Les crapauds vivent dans une zone et se reproduisent dans d’autres. Chaque année, de manière grégaire, tous migrent dans le même sens. Lorsque nous construisons de nouvelles routes en travers, ils se font massivement écraser. Sauf que… quelques-uns vont dans l’autre sens, ou trouvent les tunnels que des écologistes font creuser pour eux sous les routes. Parce qu’ils s’aventurent dans des directions non conventionnelles, ces crapauds fous inventent des voies d’avenir et sauvent l’espèce »

J’adore l’image ! Pourquoi ne pas devenir les crapauds fous de l’univers des dys ? 1f603 Neurosciences dans Le coin du chercheur :

« Pour faire le changement, il faut créé des cohortes, c’est à dire réunir des gens passionnés qui ont envie de changer les choses ensembles. La première étape, la plus importante, les mettre ensemble pour qu’ils se coordonnent et se synchronisent. On apprend de nos faiblesses et de nos failles, on prend le temps qu’il faut pour que le groupe entre en résonance. Une fois que c’est fait, avec la diversité et la collaboration, on créé des choses extraordinaires ! ». (Clic sur l’image pour visionner la conférence)

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les crapauds dys

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Recherche : appel à participation d’enfants dyslexiques

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Inserm bourgogne

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Je relaie cet appel à la participation d’enfants dyslexiques pour une étude sur la dyslexie et la proprioception réalisée par Julie Laprevotte, doctorante du Laboratoire INSERM U1093 de l’ Université de Bourgogne.

Son travail de recherche s’inscrit dans le domaine des neurosciences. Le 1er axe consiste en l’étude des caractéristiques de la proprioception chez l’enfant dyslexique ainsi que de la relation entre les troubles sensori-moteur et cognitifs.

Les enfants auront des exercices moteurs simples à réaliser.

Attention ! Les enfants ne doivent pas avoir un suivi SDP en route.

Pour connaître les détails de cet appel à participation, clic sur l’image :

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2tude julie laprevotte

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La proprioception dans le monde végétal

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forêt

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Petite digression (encore que … ;) ) pour vous parler de la proprioception dans le monde végétal.

Alors que la plupart des gens n’ont encore jamais entendu parler de proprioception, alors que nos enfants apprennent toujours à l’école que nous n’avons que cinq sens, des chercheurs sont en train de découvrir que les plantes sont dotées de proprioception. Ce sens n’en finit pas de me surprendre !

Je vous propose d’abord un article issu du site de l’INRA sur la sensibilité et la motricité coordonnée des plantes, dont voici un extrait :

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plantes dans l'espace

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Sensibilité et motricité coordonnée

Les plantes ont un comportement plus complexe qu’on ne l’a pensé pendant longtemps : elles sont capables, d’une part, de percevoir leurs voisines, et d’autre part, de se percevoir elles-mêmes dans l’espace et d’adapter leurs mouvements en conséquence.[...]

Lorsque l’on incline une jeune pousse, elle se redresse peu à peu. On connait le mécanisme moléculaire de ce redressement : lorsque la tige s’incline, les récepteurs membranaires de l’auxine se redistribuent sur la face inférieure de la tige. L’auxine s’accumule donc sur la face inférieure, qui pousse plus vite, d’où le redressement de la tige.

Cependant, des chercheurs de l’Inra et du CNRS ont montré que ce mécanisme ne suffit pas à expliquer le retour à la verticale des tiges. En effet, ils ont modélisé le redressement sur ordinateur en ne tenant compte que de ce mécanisme, et ont montré que la tige ne se stabilisait pas et oscillait autour de la verticale car chaque élément de tige essayait de se redresser indépendamment en entrainant les autres.  Il faut donc supposer que le redressement se fait en réalité de manière coordonnée : chaque cellule perçoit sa déformation et réagit de façon à minimiser la courbure. Ainsi, la plante est dotée de proprioception (1), capacité à percevoir sa position en tout point de la tige.

En intégrant la proprioception dans leurs modèles, les scientifiques ont réussi à reproduire le redressement de onze espèces de plantes à fleurs, de la minuscule germination du blé aux troncs de peupliers.

Ainsi, les plantes réajustent leur posture en permanence, en réponse à plusieurs types de signaux, lumière, gravité et déformation. L’ensemble des signaux sont intégrés pour conduire à une coordination des mouvements. Une nouvelle preuve que les plantes sont capables d’intégrer des signaux complexes et ne se contentent pas d’une réponse réflexe à un stimulus unique, comme on le pensait encore récemment.

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L’article dans son intégralité : ici.

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Dans un deuxième temps, je vous propose de visionner ce très intéressant reportage d’ Envoyé Spécial et notamment le passage  où un chercheur explique, en faisant le parallèle avec le rôle de la proprioception chez les humains, comment les scientifiques ont découvert l’existence de la proprioception chez les arbres. (Clic sur l’image pour démarrer la séquence) :

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chercheur envoyé spécial

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Espérons que toutes ces découvertes fassent, qu’un jour,  la proprioception entre dans nos écoles et soit enfin connue du plus grand nombre !

Double tâche ou sélection des informations sensorielles utiles ?

[Attention spoiler !]

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gorille tarzan

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Quand il s’agit d’expliquer le phénomène de double tâche, pour montrer que le cerveau ne peut se concentrer à la fois sur deux choses demandant de l’attention, les scientifiques utilisent souvent le petit exemple suivant, dans lequel il est demandé de compter avec attention les passes de l’équipe blanche (Caroline Huron dans la première vidéo et Idriss Aberkane dans la deuxième). Clic sur les images pour visionner les extraits des vidéos :

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passes gorille 2

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gorille

 

Bien évidemment, quand nous visionnons cette séquence pour la première fois, trop occupés à compter les passes, le gorille nous échappe totalement. Cependant, par la suite, quand nous connaissons le véritable objectif de cette séquence, nous ne pouvons plus ne pas le voir ;) .

Depuis que je me suis un peu penchée sur les travaux du Pr Berthoz *, je me demande de plus en plus si la double tâche est la seule explication possible dans cet exemple. En effet, il a montré que ce que nous percevons n’est qu’une construction de notre cerveau qui sélectionne, parmi la multitude d’informations sensorielles qu’il reçoit, celles qui sont utiles à nos buts, nos actions, en fonction de ses prédictions, ses expériences passées, etc.

Voici quelques unes de ses citations :

« Le cerveau de l’homme, comme le cerveau des animaux, ne perçoit le monde qu’à travers ses grilles d’interprétation, ses capacités. C’est-à-dire que le monde tel que nous le percevons [...], est un monde dans lequel nous sélectionnons les informations en fonction de nos a priori, etc. »

« La perception est décision puisque percevoir c’est à tout moment choisir dans les sens ce que l’on veut voir. On ne peut percevoir que ce qu’on veut voir. (…) le cerveau au fond est une machine qui décide en fonction du passé, de la mémoire, de l’intention. »

 

Autre petit test amusant à passer. Il s’agit, dans cette vidéo, de démasquer le coupable ; pour ça nous nous concentrons sur les dialogues (en anglais de surcroit) et du coup nous passons à côté de tout autre chose … ;)

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Image de prévisualisation YouTube

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Alors, phénomène de double tâche ou sélection, par le cerveau, des informations sensorielles utiles à nos intentions, nos buts ?

Pour avoir réalisé ce qu’est la réalité de mon monde visuel lors de tests, moi qui suis dysperceptive dysproprioceptive, j’avoue que je m’interroge de plus en plus sur ce point ! (En effet, en cas de dysperception proprioceptive  le cerveau, qui ne situe pas correctement les organes des sens, localise mal les stimuli sensoriels et élimine des informations sensorielles utiles.)

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Note * : Vous pouvez visionner cette vidéo d’une de ses conférences qui est vraiment passionnante (Clic sur l’image) :

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Alain Berthoz

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Neurosciences et foire d’empoigne

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foire d'empoigne

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Je vous ai déjà fait part, après avoir passé de longues heures à m’informer sur la proprioception et ses dysfonctions, de mon étonnement face au rejet que rencontre l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages. Après le tout psychologique, le tout neuropsychologique domine, rejetant violemment  cette autre hypothèse. Dans ma naïveté, j’ai du mal à comprendre pourquoi, en France, seuls les  tenants du tout neuropsychologique semblent être admis à s’exprimer sur leurs hypothèses concernant l’origine des dys (telle zone du cerveau dysfonctionne et patati et patata), alors que d’autres chercheurs travaillent sur la multisensorialité et les interactions sensorimotrices, les neurones miroirs qui unifient la perception et l’action, les troubles auditifs centraux dans la dyslexie, etc.

Bref, pourquoi seules les recherches et l’opinion de certains chercheurs semblent admises sur la place publique et pourquoi certains d’entre eux se sentent même autorisés à démolir le travail de ceux qui explorent d’autres voies ?

 

Et voilà que j’ai trouvé la réponse à cette question dans le livre de Stéphane Marchand , journaliste scientifique : Les secrets de votre cerveau. (Clic sur l’image)

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neurosciences Marchand 2

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Cette fois, tout est clair pour moi ! :D

Interférences entre la vision et l’audition

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Interférences entre la vision et l'audition dans Le coin du chercheur Ear-and-Eye-134x150

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Je vous ai parlé, il y a quelques temps, de la dernière étude du Dr Quercia mettant en évidence les interférence entre la vision et l’audition chez l’enfant dysproprioceptif. Test que j’ai moi-même eu l’occasion de passer, où le fait d’entendre des sons provoque des pertes visuelles chez le sujet dysproprioceptif. (Imaginez donc l’enfant dysproprioceptif dans une classe plus ou moins bruyante)

Le fait que nos sens interagissent ensemble est déjà connu. J’ai trouvé l’étude suivante  intéressante ; on y voit que chez le sujet normal, quand les zones cérébrales dédiées à la perception visuelle sont fortement sollicitées, celles destinées à la perception auditive sont moins réactives, comme si le capital « attention » était entièrement dédié à la vue. Ça rappelle les travaux du Pr Berthoz qui a montré que le cerveau sélectionne dans les informations provenant de ses sens, celles qui sont utiles à ses objectifs (on peut aussi y voir un phénomène de double tâche). Pour voir les résultats de cette étude, clic sur l’image :

 

Interférence vision audition

Si on observe ce phénomène chez le sujet normal, que peut-il se passer pour l’enfant dysproprioceptif quand il se concentre sur une tâche visuelle, alors que son cerveau est constamment parasité par de mauvaises informations proprioceptives ? Entend-il correctement le son que l’on associe à un graphème ? Et si nous nous trouvions là au coeur de la dyslexie ?

 

SOURCE : fichier pdf Sciences et Santé N°29, Janvier/février 2016 p 18  (Voir aussi l’article  » Sur les traces de nos perceptions et de nos mouvements » p12,13)

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