Dysfonctionnement proprioceptif & psychologie de l’enfant

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Proprioception skate

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En surfant sur le Net, j’ai découvert un article anglais, très intéressant, décrivant le dysfonctionnement proprioceptif  (ici, dans le cadre des troubles de l’intégration sensorielle : Sensory Processing Disorder). On croirait lire un article sur la dyspraxie et le TDAH, ce qui est tout à fait compatible avec les travaux du Dr Quercia  ;) . Il n’aborde pas du tout le rôle primordial que peut avoir la proprioception dans le traitement des autres informations sensorielles. Évidemment, il n’aborde pas non plus le traitement proprioceptif développé par le Dr Quercia, thérapie émergente en cours de validation scientifique à l’Université de Bourgogne. Par contre, je l’ai trouvé digne d’intérêt car il aborde un point que je n’avais encore jamais vu traité : l’impact psychologique d’un dysfonctionnement proprioceptif sur le développement de l’enfant.

J’en ai donc fait une traduction partielle, avec mon ami Google, et vous pouvez aussi lire l’article original anglais en suivant le lien suivant :

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Proprioceptive Dysfunction

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Dysfonctionnement proprioceptif : la raison réelle pour laquelle il se cogne, saute, tombe, écrit en appuyant trop fort et brise les choses !

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Faites-moi confiance, vous saurez quand vous verrez un enfant avec un dysfonctionnement proprioceptif ! C’est l’un des aspects les plus attristant des troubles du traitement sensoriel, et qui pourra facilement et rapidement causer des ravages sur l’estime de soi d’un enfant.

Si la proprioception est un nouveau terme pour vous, laissez-moi vous l’ expliquer. C’est un de nos « huit sens ». […]

Vous voyez, dans la théorie de l’intégration sensorielle (développée par A. Jean Ayres dans les années 70), le sens proprioceptif se réfère à l’apport sensoriel et aux informations qui nous indiquent le mouvement et la position du corps. Les «récepteurs» sont situés dans nos muscles, nos articulations, nos ligaments, nos tendons et nos tissus conjonctifs. C’est l’un des  «sens profond» et pourrait être considéré comme le «sens de la position» […]
Donc, si ce sens proprioceptif ne reçoit pas ou n’interprète pas correctement les messages internes des muscles, des articulations, etc., nous observons un DYSFONCTIONNEMENT PROPRIOCEPTIF.

Quand je dis que c’est « l’un des aspects les plus tristes », c’est parce que les enfants dysproprioceptifs se présentent comme des enfants qui sont maladroits, ne sont pas coordonnés et ont de la difficulté à accomplir les tâches et les activités normales de l’enfance. Ils n’ont pas la même expérience du monde que vous et moi.

Ne recevant pas les messages appropriés sur la manière dont leurs muscles sont étirés, sur la manière dont leurs articulations se plient ou se redressent, et sur le nombre de ces évènements, ces enfants présenteront les signes cliniques suivants d’un dysfonctionnement proprioceptif :

  • Des difficultés dans la « planification motrice » ; c’est-à-dire concevoir et déterminer ce que chaque partie de son corps doit faire pour se déplacer d’une certaine manière ou pour venir à bout d’une tâche (ce qui est un sens inconscient pour nous, devient un sens actif, conscient et frustrant pour eux)
  • Difficulté à exécuter ces mouvements planifiés : c’est-à-dire le « contrôle moteur » (le cerveau peut savoir quoi faire, mais ces enfants peuvent ne pas comprendre quoi faire pour que leur corps le fasse)
  • Difficulté à réaliser des « mouvement gradués » ; savoir combien de pression est nécessaire pour accomplir une tâche (c’est-à-dire tenir une tasse d’eau, tenir et écrire avec un crayon, tourner la page d’un livre, frapper une balle de golf dans le trou, etc.)
  • Difficulté avec la « stabilité posturale»; c’est-à-dire la capacité de garder et de maintenir les bonnes réponses posturales des muscles, qui vous donne une sensation de sécurité et de sécurité pendant le mouvement. En conséquence, la proprioception est altérée et la « sécurité émotionnelle » souffre.

Les enfants souffrant de dysfonctionnement proprioceptif, incapables de se déplacer et d’utiliser leur corps efficacement, peuvent devenir facilement frustrés, abandonner et perdre confiance en eux-mêmes. Il est vraiment difficile de regarder ces enfants essayer SI FORT et ne pas arriver à faire ce qu’ils veulent faire. En gardant à l’esprit les difficultés susmentionnées qu’un enfant aura si ce sens ne fonctionne pas correctement, vous remarquerez rapidement quelques-uns des éléments suivants …

Signes de dysfonctionnement proprioceptif:

  • Marchent en tapant du pied trop fort, poussent trop fort, écrivent en appuyant trop, jouent trop fort avec les objets, etc.
  • Sont d’incroyables boules d’énergies : ils sont les plus bruyants, courent, sautent, remuent, se cognent, « déménagent »
  • Secouent leurs jambes ou enfoncent constamment le dos de leur pied sur le sol / la chaise lorsqu’ils sont assis en classe.
  • Jouent trop violemment (sont souvent en train de se faire du mal à eux-mêmes ou aux autres), sautent ou se cognent dans TOUT.
  • Cassent leurs ongles, mordent leurs doigts, rongent leurs ongles jusqu’à ce qu’ils saignent, mâchent des crayons, des gommes, des crayons, des colliers de vêtements, des manches ou des cordes, ou des objets non comestibles ( morceaux de jouets, etc.)
  • Aiment les vêtements qui enserrent [...]

S’ils ont une mauvaise planification motrice, une mauvaise conscience corporelle ou un mauvais contrôle moteur, ils …

  • ont de la difficulté à grimper, à courir, à faire du vélo, à faire des sauts, à frapper une balle, à faire du patin à roulettes, etc.
  • ont de la difficulté à lacer des chaussures, à savoir comment déplacer leur corps  lorsque vous les aidez à s’habiller ou à se déshabiller.
  • se heurtent souvent à des objets et à des personnes accidentellement.
  • trébuchent et chutent souvent.
  • ont de la difficulté à apprendre à monter et descendre les escaliers, et peuvent être effrayés par eux (escalators aussi).

Les signes d’instabilité posturale comprendront …

  • S’affalent sur leur bureau, à table, etc.
  • Semblent être « flasques » et léthargiques tout le temps
  • Ont besoin de poser la tête sur leur main ou leur bras sur le bureau / la table, tout en travaillant
  • Ont une mauvaise posture pendant les tâches motrices
  • Sont  incapables de rester debout sur un pied et ont des difficultés avec les exercices d’équilibre.

 

En raison de leur dysfonctionnement proprioceptif et des luttes /défis auxquels ces enfants doivent faire face tous les jours, tout en essayant d’accomplir les activités habituelles de l’enfance, ils peuvent devenir «émotionnellement insécures». Ils peuvent éviter de nombreuses expériences de jeux typiques, devenir timides, avoir peur d’essayer quelque chose de nouveau, manquer de confiance en soi et d’estime de soi. Si vous avez,ou connaissez un enfant que vous pensez pouvoir présenter des signes de dysfonctionnement proprioceptif, je vous recommande vivement de parler à un ergothérapeute ou à votre physiothérapeute pour voir si votre enfant peut avoir besoin d’une évaluation. […]

Pour leur bien-être, demandez l’aide dont ils ont besoin. Leur petit cœur est triste. Ils se sentent « différents», laissés de côté, luttent tellement fort et perdent plus de confiance en eux chaque jour. Comme je l’ai dit, « si nous pouvons aider même un enfant … »



Le principe de neuroplasticité

Le Pr Hugues Duffau (neurochirurgien, professeur des universités – praticien hospitalier français) nous explique, dans une vidéo de 10 minutes, les grands principes de la neuroplasticité, loin de la représentation figée du cerveau qu’a longtemps véhiculé la neurologie. Par ailleurs, il déclare (1) :

« Nous avons tous un cerveau différent, et la géographie fonctionnelle de chaque cerveau se modifie aussi avec le temps [...]. Contrairement à ce qui nous a été enseigné, telle zone du cerveau ne correspond donc pas à telle fonction : tout fonctionne en réseaux neuronaux, grâce à des fibres de substance blanche, autrement dit des « câbles ». Si ces câbles s’avèrent similaires d’un individu à l’autre, leurs terminaisons sont en revanche très variables »

Ce principe de neuroplasticité est important pour comprendre que le cerveau n’est pas un organe figé, dont chaque région correspondrait à une fonction spécifique. Au contraire, le cerveau est « plastique », de nouvelles connexions peuvent se créer en permanence, à la conditions que les fibres de substance blanche, autrement dit les « câbles » soient intacts.

Le traitement proprioceptif des troubles des apprentissages s’appuie sur cette neuroplasticité : en donnant au cerveau de nouvelles et bonnes informations proprioceptives et sensorielles, auparavant déficientes, de nouvelles connexions vont pouvoir se créer et le cerveau va pouvoir se réorganiser.

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Si vous souhaitez aller plus loin, le Pr Duffau aborde, dans cette autre vidéo, une compréhension scientifique des émotions où il esquisse les bases de l’autisme :

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Et, dans cette dernière vidéo,  il nous explique comment il opère le cerveau ouvert avec phase de conscience des patients  :

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Dans cette émission de « C à vous », on peut observer une de ses opérations :

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Et pour finir, voici une conférence, un peu ardue, sur le sujet (avec un petit passage sur la dyslexie  à 31min42sec):

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Note (1) : Opération à cerveau « ouvert », sur JDD papier

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Chloé a décroché plus qu’une écharpe

 

Une fois n’est pas coutume, je vais partager un article de presse du Républicain Lorrain, où il  est question du SDP. Et c’est chose suffisamment rare pour être soulignée, alors que cette pathologie est encore tellement ignorée, pour ne pas dire niée, par le monde médical. Cet article de presse nous montre que c’est finalement aux malades de faire connaître leur pathologie pour qu’elle soit enfin prise en compte par la médecine et les pouvoirs publics, comme le font actuellement de nombreux malades atteints du syndrome d’Ehlers Danlos. C’est d’ailleurs ce que je m’efforce de faire au travers de ce blog …

Mon seul regret, vis à vis de cet article, c’est qu’on y parle de déficience posturale et non de dysfonctionnement proprioceptif (le trouble postural n’étant qu’une conséquence de la dysproprioception). Or, il est difficile de comprendre le lien entre un problème de posture et des troubles des apprentissages, alors qu’une dyproprioception les explique…

Dans tous les cas, bravo à Chloé pour avoir témoigné publiquement de sa pathologie !

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Chloé a décroché plus qu’une écharpe dans Emissions TV, radio, presse,livres chloe-lereboulet-en-plein-reve-samedi-soir-sur-la-scene-du-centre-des-congres-d-epinal-photo-vm-jerome-humbrecht-1505146137

La Mosellane Chloé Lereboulet est 3e dauphine de Miss Lorraine.

Une consécration aux allures de performance pour cette Miss souffrant du syndrome de déficience posturale.

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Extrait :

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Chloé Lereboulet est atteinte d’un syndrome de déficience posturale (SDP). Ceux qui connaissent ce handicap apprécieront la prise de risque de participer à une soirée de plus de trois heures où il faut enchaîner danses et défilés. Car le SDP se traduit par une altération de l’équilibre tonique, oculaire et postural. Il survient lorsque les centres de régulation du système nerveux ne parviennent plus à réaliser la synthèse des informations reçues par les différents capteurs. Il s’est manifesté chez Chloé dès le plus jeune âge par des problèmes de perception de l’espace. « Petite, il lui arrivait de rater les portes », se souvient Caroline Christophe, sa maman. S’en suivent d’autres troubles, de la vision à la dyslexie (trouble de la lecture) en passant par la dyspraxie (maladresse pathologique).

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L’intégralité de l’article  :

 

SED, proprioception, troubles cognitifs et autisme

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SED, proprioception, troubles cognitifs et autisme dans Dys logo_Ehlers-Danlos_mini

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Comme je vous l’ai déjà dit, je vais maintenant  partager avec vous des publications concernant le SED (syndrome d’Ehlers Danlos) que je trouve intéressantes.

En effet, tous les SED ont un SDP, selon le Pr Jaussaud.

Mais quelle part des SDP sont-ils des SED ? A mon avis, la question est ouverte et sans doute faudra t’il encore de nombreuses années pour y répondre .. ;)

Voici donc la dernière publication du Pr Hamonet  (en anglais):

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Ehlers-Danlos Syndrome (EDS) a Diagnostic Trap for the Neurologist, an  Iatrogenic Risk for the Patient

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J’ai  traduit certains passages pour lesquels j’ai trouvé un rapport avec l’objet de mon blog (je ne suis pas médecin, veuillez pardonner mes approximations) :

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Quelques éléments physiopathologiques pour une meilleure interprétation des symptômes

 

« Les signes observés ont deux origines : la fragilité des tissus (saignements, difficulté à cicatriser.) et les désordres proprioceptifs diffus. Ces désordres proprioceptifs sont reliés aux perturbations des capteurs sensoriels extéroceptifs et intéroceptifs. Ces capteurs sont dans des tissus qui ont une réactivité spécifique aux stimulations. C’est vrai pour la peau qui peut présenter une hyperesthésie ou, inversement, ne pas transmettre une sensation de brulure. C’est aussi vrai pour la vessie […] Le désordre proprioceptif est général, il concerne à la fois les mouvements musculaires conscients et les fonctions motrices automatiques, le contrôle neurovégétatif, comme la vision binoculaire. Ainsi, les patients atteints du syndrome d’Ehlers Danlos ont une perception très particulière de leur corps depuis la naissance, qui peut compliquer le diagnostic car ils considèrent que « c’est normal ».

[…]

Le cas particulier de l’autisme nécessite une attention particulière. Un pédopsychiatre, Vincent Guinchat, a eu l’idée d’utiliser les vêtements compressifs que notre équipe a développé pour le SED. L’examen de nombreux de ces patients a révélé des signes de SED : fragilité de la peau, tendances hémorragiques, hyperlaxité articulaire, constipation. L’examen de leur famille a aussi révélé des cas de SED, sans autisme, parmi les parents et la fratrie. Ces découvertes sont à relier aux comportements que nous observons chez certains enfants de parents atteints de SED, qui mènent au diagnostic de syndrome d’Asperger.

Les difficultés d’apprentissage, dysorthographie, dyslexie, dyspraxie et désordres cognitifs du syndrome D’ Ehlers Danlos.

Les difficultés cognitives ont longtemps et sont encore rarement mentionnées par les auteurs qui écrivent à propos de ce syndrome. Elles sont très réelles et sont présentes chez 68% de nos patients. Elles sont responsables de difficultés scolaires et par la suite, d’exclusion du monde du travail. Leur présence justifie la recherche de signes en faveur du syndrome d’Ehlers Danlos pour une meilleure prise en charge thérapeutique et une meilleure orientation pédagogique. Ces difficultés contrastent avec une intelligence évaluée très au-dessus de la moyenne de leur groupe d’âge.

Conclusions

Le syndrome d’Ehlers Danlos apparait aujourd’hui comme une pathologie fréquente avec des expressions cliniques multiples et trompeuses aboutissant à de nombreux diagnostics erronés, notamment en neurologie. Cette hypothèse diagnostique doit être évoquée et discutée par les neurologues dans les cas suivants : suspicion de sclérose en plaque, dystonie, désordres proprioceptifs sévères, symptômes douloureux intenses et polymorphes, sévère dysurie, anévrisme cérébral artériel, syndrome d’Arnold Chiari, hypermobilité articulaire, syndrome du canal carpien, difficultés cognitives […], autisme.

Le diagnostic reste clinique dans la grande majorité des cas, en l’absence de marqueurs biologiques. Il est basé sur un regroupement de signes apparemment disparates qui ont une unité commune : l’expression d’une particularité des tissus conjonctifs. Cette altération des tissus conjonctifs est héréditaire et transmise à tous les enfants dont un des parents est affecté. Il est donc non seulement bénéfique pour éviter des traitements dangereux, mais aussi pour informer les personnes malades qu’elles transmettent la maladie.

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Voili, voilou, pour ma part je trouve tout ça très intéressant, d’autant plus que je suis  diagnostiquée dysproprioceptive, dysperceptive et que  mes trois enfants le sont aussi (à des degrés divers) ...

Dyslexie…et si c’était la proprioception ?

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Proprioception skate

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J’ai trouvé sur le Net, cet  intéressant article écrit par une psychologue clinicienne, Patricia Delattre :

Extrait :

Il y a quelques mois je rencontrais un jeune patient Joseph, pour lequel la dyslexie était reconnue et prise en charge d’une manière innovante, et pour laquelle j’ai été intuitivement convaincue du bien-fondé : l’approche proprioceptive. Cette approche n’est pas une thérapie de plus pour traiter la dyslexie. Elle est basée sur la théorie suivante : la dyslexie serait un symptôme parmi d’autres qu’on retrouve au sein du syndrome de dysfonctionnement proprioceptif ou syndrome de déficience posturale, plus ou moins bien compensé (en cours de validation scientifique). [...] Il est essentiel de se tourner également vers l’ophtalmologue spécialisé dans la proprioception pour vérifier sa vision à titre préventif dès le plus jeune âge, mais aussi lorsque le bilan du psychologique débouche sur l’hypothèse, le diagnostic de la dyslexie ou de la dyspraxie visuo-spatiale.

En effet, la proprioception est l’agent de liaison de nos sens, c’est la perception que le corps a de lui-même dans l’espace, est l’une de nos sources de connaissance les plus importantes, car on ne pense pas seulement avec notre cerveau, mais aussi avec notre corps. [...]

L’article dans son intégralité :  Dyslexie…et si c’était la proprioception ?

Proprioception et Réalité Virtuelle

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réalité virtuelle

Il y a quelques temps, j’ai partagé une vidéo très intéressante expliquant les conséquences, sur le cerveau, de conflits entre l’audition et la vision . Je m’étais alors demandé s’il existait des domaines où les conséquences d’un conflit entre la proprioception et d’autres sens avaient été observées. Et, j’ai découvert que ce phénomène est bien connu dans le monde de la Réalité Virtuelle. J’ai toujours pensé que le sport ferait avancer les connaissances sur la proprioception et c’est d’ailleurs le cas puisque je sais que certains sportifs se font poser des alph pour améliorer leur proprioception et donc, leurs performances. Mais, je n’avais pas imaginé, un instant, que le monde du jeu vidéo était lui aussi confronté aux effets de la proprioception…

Je vous propose donc de lire cet article du site rue 89 (s’adressant à un public jeune, le style en est un peu « léger »):

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Oculus Rift : jouer ou vomir, il faut choisir ?

Extrait :

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La promesse des concepteurs de casque de réalité virtuelle, c’est de nous immerger dans une autre réalité, un monde en pixels, ouvert à tous les scénarios, Léger problème : la « RV », ça a tendance à faire dégueuler les gens. [...]

Ci-nez-tose ou cinétose ?

Reprenons. Notre équilibre résulte de trois organes complémentaires. Tout d’abord, les yeux, qui scannent constamment notre environnement en quête de verticalité et d’horizontalité (on tient debout en formant une sorte d’angle droit avec le centre de gravité, d’où notre recherche de lignes de repères). Le deuxième organe, c’est l’oreille interne. André Chays :

« Vous êtes Gare de l’Est, assis dans un wagon. Le train à côté démarre. Tout d’abord, vos yeux vous font croire que votre train démarre, bah oui, ça bouge. Votre oreille interne, en revanche, dit tout l’inverse. Elle vous renseigne assez vite sur le fait que votre corps n’est pas en mouvement. Vous remarquerez d’ailleurs que tout le monde lève la tête quand le train d’à côté démarre. Et quand ils ont compris, ils vont beaucoup mieux, ils remettent la tête dans leur bouquin. »

Le troisième responsable de notre équilibre est ce qu’on appelle la proprioception, c’est-à-dire la perception de notre corps (par nos capteurs, disséminés partout sur nous).

Appliqué à la réalité virtuelle

Quand ces trois systèmes transmettent au cerveau des informations cohérentes, tout va bien. En revanche, si l’un des systèmes entre en conflit avec les deux autres, on est atteint de cinétose (et quand ils sont tous les trois en conflit, c’est la mouise).

On n’a pas besoin de mettre un casque de réalité virtuelle pour la découvrir. Beaucoup d’entre nous ont déjà ressenti le « mal de mer » ou le « mal des transports ». Le porte-parole de la société française d’ORL Jean Marc Juvanon :

« Imaginez-vous dans une cabine, sur un bateau, en pleine mer, et agitée, la mer. Vous ne voyez pas l’extérieur, pas les vagues et pas les mouvements du navire. Vos yeux transmettent les images d’un environnement immobile puisque votre corps se balance au rythme que la cabine. Mais vous savez que vous bougez car vos autres organes le détectent. Il y a un conflit sensoriel, et rapidement arrivent les symptômes. »

Dans cet exemple de bateau, la cinétose est causée par la houle des vagues, ressentie, mais non vue.

La réalité virtuelle pose le diagnostic inverse. La cinétose résulte des mouvements vus dans le casque, mais non ressentis par notre corps. Pour ne pas rendre malade, les casques de réalité virtuelle doivent donc tromper synchroniquement nos trois organes responsables de l’équilibre.

 

N’ayant pas fait d’études médicales, je n’avais jusque là jamais entendu parler de cinestose, je suis donc allée me renseigner sur le Net et j’ai trouvé cet article sur le site Doctissimo (Extrait) :

 

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Mécanismes

La cinétose est due à la stimulation inhabituelle de l’appareil vestibulaire.

Dans les conditions physiologiques normales, les labyrinthes (ou vestibules : organes proprioceptifs de l’oreille) renseignent l’individu sur sa position dans l’espace et les mouvements qu’il y effectue.

Les labyrinthes sont sensibles aux changements de direction (accélérations angulaires) par l’intermédiaire des canaux semi-circulaires et aux accélérations dans la même direction (accélérations linéaires) par les otolithes du saccule et de l’utricule.

Les transports terrestres, maritimes et aériens en milieu mouvementé créent une stimulation intense des terminaisons nerveuses labyrinthiques. Celles-ci fortement stimulées transmettent vers les noyaux vestibulaires (proche du centre des vomissements) et d’autres centres nerveux supérieurs (cervelet, formation réticulée) une série d’influx inhabituels voire contradictoires aboutissant ainsi à des troubles de l’équilibre et aux manifestations associées.

Cependant les labyrinthes n’expliquent pas la totalité du mal des transports. L’équilibre est une fonction complexe assurée aussi par la vision et par les informations proprioceptives émanant des muscles, des tendons et des couches profondes de la peau.

La naupathie serait également due à la difficulté ou à l’incapacité du cerveau à intégrer les informations contradictoires provenant des différents organes assurant en temps normal l’équilibre. [...]

Les signes de la maladie

Le symptôme franc se déroule en trois phases.

La première est celle du simple malaise caractérisé par une sensation de mal être. A ce stade les signes physiques sont la pâleur de la face, la somnolence avec éructations et bâillements.

Au cours de la deuxième phase surviennent les nausées et vomissements incoercibles. Ceux-ci s’accompagnent d’une hypothermie avec réduction du flux sanguin cutané, d’une tachycardie avec augmentation de la ventilation pulmonaire, de salivation, d’une mydriase (dilatation de la pupille). [...]

 

Et en lisant cet article, j’ai compris pourquoi le point « s’endort facilement en voiture » figure sur le questionnaire d’orientation du Dr Quercia. Pour ma part, j’ai coché ce point en ajoutant une fréquence de 3 : très souvent. C’est une de mes particularités qui a toujours amusé mon entourage, ma capacité à m’endormir très rapidement en voiture : quelques minutes à regarder le défilement du paysage et mes yeux se ferment automatiquement. C’est même un sujet de plaisanterie de mon mari qui s’amuse du manque d’efficacité de son « copilote » qui s’endort systématiquement après quelques kilomètres. J’avoue que, jusque là, je n’y avais pas vu le signe d’un malaise, juste un des mes « bugs » et je m’étais demandé pourquoi ce point figurait dans le questionnaire. Aujourd’hui, je réalise que je suis régulièrement atteinte d’une forme légère de cinestose en voiture …

Et quand je conduis ? Comme je l’ai expliqué récemment, je conduis peu, pas longtemps et là où je connais bien. Mais, et c’est un point que j’avais signalé dans la lettre d’explication de mes difficultés, adressée au Dr Quercia : j’ai la sensation d’avoir les yeux qui partent régulièrement « regarder dans le vide ». Et c’est plus fort que moi, mes yeux « partent », de la même façon que je « sort » régulièrement d’une conversation, d’une réunion, etc.

Bref, plus je comprends la proprioception, plus je comprends que ma dysproprioception fait toujours lien avec les nombreux « petits bugs » qui m’empoisonnent l’existence. Je réalise que je n’y suis pour rien, ça n’est pas psychologique, ça n’est pas un manque de volonté de ma part ;  c’est physique, juste une réaction de mon cerveau confronté à des conflits sensoriels …

Pour en revenir à nos moutons et plus particulièrement au monde de la réalité virtuelle et à la proprioception, je vous invite à visionner cette vidéo de la chaîne « e-penser » qui explore ce sujet sur un ton très  léger ;) :

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Pour aller plus loin, car ce phénomène semble bien faire l’objet de nombreuses recherches et interrogations :

Un mémoire de DEA dont le directeur de stage est Alain Berthoz  :

ADAPTATION A DES CONFLITS SENSORIELS EN REALITÉ VIRTUELLE

La cybercinétose, le mal lié aux casques de réalité virtuelle (Aborde le conflit entre les sens, mais aussi la théorie posturale de la cinéstose)

Les cybermalaises

 

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Rôle de la proprioception dans le contrôle moteur

Voici une vidéo en français, de 20 minutes, qui explore ce sujet.

On y découvre  l’importance des muscles du cou, contrôlant l’orientation de la tête, dans le contrôle moteur. Le patient désafférenté qui a gardé la sensibilité des muscles du cou a pu réapprendre à marcher sous le contrôle de la vision, la patiente désafférentée qui a perdu sa sensibilité jusqu’à la bouche ne peut plus marcher, même avec le contrôle de la vision.

Et, Jacques Paillard (CNRS) nous  y apprend, notamment, que l’automatisme c’est le proprioceptif.

Or, on ne peut qu’être interpellés lorsque l’ on écoute son intervention à la  15’58  minutes de cette vidéo et qu’ on lit la définition de la dyspraxie :

La dyspraxie est un trouble du développement : il s’agit d’une anomalie de la planification et de l’automatisation des gestes volontaires. Le cerveau n’intègre pas correctement les séquences motrices qui permettent l’automatisation des gestes. A chaque fois que l’enfant effectue un geste, c’est un peu comme s’il l’apprenait pour la première fois.

Je me demande, de plus en plus, pourquoi il est si difficile pour le monde de la dyspraxie de faire le lien entre dyspraxie et proprioception !

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Proprioception et controle moteur_patients… par fabsLab

Avec et sans proprioception …

Je vous propose de visionner une petite série de vidéos très courtes, en anglais, montrant comment les gestes les plus simples pour une personne « normale » deviennent difficiles pour un sujet privé de proprioception. Même si vous ne comprenez pas bien  l’anglais, les images parlent d’elle-même.

Dans la première vidéo, le professeur fait tester à ses étudiants à quel point il est facile pour tout un chacun de se lever et de tendre sa tasse, grâce au système proprioceptif (Clic sur les images):

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proprioception cours 1

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Dans cette deuxième vidéo, le professeur montre à ses étudiants à quel point il est difficile pour une personne privée de proprioception, suite à une infection virale, de se lever de sa chaise ou de lever une tasse :

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proprioception cours 2

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Dans cette troisième vidéo, le professeur montre à ses étudiants le cas d’un patient privé de proprioception, suite à une infection virale, qui a réussi à compenser en partie  la perte de ce sens en utilisant son système visuel. Il doit, en permanence, regarder ses pieds pour marcher et doit constamment contrôler ses gestes à l’aide de sa vision :

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proprioception cours 3

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Enfin, dans cette dernière vidéo, le professeur montre que ce même patient, privé de proprioception, arrive à toucher ses doigts grâce au contrôle de la vision ;  mais que sans elle, ça lui devient très difficile :

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proprioception cours 4

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Ces vidéos nous montrent bien l’importance de ce sens qui nous est si naturel que nous n’avons même pas conscience de son existence…

 

Audition et contradictions sensorielles

Voici une autre vidéo de la chaine You tube « e-penser », très intéressante, sur les illusions auditives.  Dans la première partie, on y voit que le cerveau n’aime pas les contradictions : quand il est confronté à des incohérences provenant de ses sens, il doit les résoudre coûte que coûte. Par conséquent, s’il y a des contradictions entre les informations venant de la vue et de l’ouïe dans un film, elles feront systématiquement sortir le spectateur de l’histoire.

C’est exactement ce phénomène que l’on retrouve dans l’hypothèse de l’origine proprioceptive des troubles des apprentissages, où  une incohérence entre les différentes informations sensorielles résulterait du nombre trop important d’erreurs causées par une dysproprioception (la proprioception donnant constamment au cerveau l’indication de la place respective des différents organes des sens dans l’espace).

 

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Pour ma part, souffrant de  dysperception proprioceptive, je connais bien le phénomène décrit dans cette vidéo : « sortir » d’une conversation, « sortir » d’un cours, « sortir » d’une conférence, « sortir » d’une réunion, etc. Je suis familière avec cette impression de « décrocher » très souvent de tout ce qui m’entoure ; cette difficulté à me concentrer sur l’oral m’a toujours empoisonné la vie, aujourd’hui je sais pourquoi … ;)
Le cerveau n’aime pas les contradictions !

 

Note : Voir aussi mon article sur leffet MC Gurk (que pour ma part je ne perçois pas, étant dysproprioceptive).

Nous avons plus que 5 sens

 

Je partage cette vidéo de la chaine YouTube de vulgarisation scientifique « e-penser », que j’ai trouvée intéressante. Elle nous rappelle ce qu’est un sens ; combien de sens nous avons dont la proprioception (y sont même évoquées les conséquences d’une absence de proprioception), ce qui se passe quand le cerveau reçoit des informations contradictoires de ses différents sens, ainsi que la différence entre perception et attention. Autant d’éléments utiles à la compréhension des symptômes du SDP et de l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages :) :

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