Proprioception et multisensorialité

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Proprioception et multisensorialité dans Emissions TV, radio, presse,livres 738_makart_fuenf_sinne

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Je vous propose un article sur le site de France Culture, qui explore nos différents sens et aborde le sujet de la multisensorialité  :) .

Extraits :

Ces quatre sens que vous ne connaissez pas

 

Depuis Aristote, l’être humain a cinq sens : la vue, le toucher, l’ouïe, l’odorat et le goût. Cinq seulement ? Il existe aujourd’hui, parmi les scientifiques, un consensus qui admet quatre nouveaux sens, encore méconnus : la proprioception, l’équilibrioception, la thermoception et la nociception.

[...]

Des sens externes aux sens internes

Depuis une vingtaine d’années, les scientifiques ont remis en question cette définition des sens. Ils estiment qu’il existe d’autres sens, qui ne seraient pas des sens externes, comme ceux identifiés par Aristote, mais internes. Docteur de l’université Pierre et Marie Curie, François Le Corre a réalisé une thèse intitulée Distinguishing the senses: Individuation and classification (Distinguer les sens : individuation et classification)

A la suite de travaux en neurosciences et en psychologie cognitive, on a découvert l’existence de neurones dits multisensoriels, et on a réalisé que l’expérience que nous avons de notre monde, ou de notre environnement direct, n’est pas unisensorielle mais bien plutôt multisensorielle, et ce de façon systématique. On a découvert notamment que la perception auditive pouvait être fortement influencée par la perception visuelle, ou encore que la perception auditive pouvait influencer notre perception gustative.

Ainsi, si dans un environnement bruyant nous sommes capables de comprendre ce que la personne face à nous raconte malgré le bruit ambiant, c’est parce que nous la regardons au niveau des yeux ou du visage : l’information auditive va être complétée par ce que l’on voit. François Le Corre poursuit :

L’idée classique c’est de considérer qu’on a trop longtemps négligé les sens qu’on appelle internes au profit des sens qu’on dit externes, parce qu’observables. [...] Il y a un large consensus chez les scientifiques de type ‘sciences dures’ en faveur de l’hypothèse qu’il existe plus de cinq sens. Ils y ajoutent sans problème la thermoception, la nociception, la proprioception et l’équilibrioception… Pour les sens humains en tout cas.

[...]

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La Proprioception : savoir où se situent nos propres membres

C’est certainement le sens supplémentaire identifié le plus tôt. Dès 1906, le physiologue anglais Charles Sherrington propose ce terme, que d’autres scientifiques avaient qualifié de « sens musculaire » ou « sens kinesthétique« . Il désigne notre capacité à identifier l’emplacement de nos propres membres. « La proprioception c’est la capacité que nous avons à détecter la position de certains membres de notre corps, précise François Le Corre. Par exemple quand vous voulez ouvrir une porte, vous allez devoir ouvrir votre main d’une certaine manière, exercer une certaine force, etc… Cette détection d’informations de type proprioceptif n’est que rarement consciente, et c’est peut-être pour cette raison d’ailleurs que nous avons longtemps ignoré ce sens.« 

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L’article dans son intégralité : Ces quatre sens que vous ne connaissez pas

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Note 1 : Cet article, qui évoque la multisensorialité, le lien entre la perception auditive et visuelle, n’est pas sans rappeler ce que nous savons sur  Œil, bouche, oreille…une même unité sensorielle :

Le nerf trijumeau

Le nerf Trijumeau (Vème paire de nerfs crâniens) irradie la face, les dents, les lèvres, les gencives, la langue, le palais, les muscles masticateurs, etc.

Il reçoit également des ramifications depuis :

  • Les muscles des yeux
  • Le tympan
  • La moelle épinière

Au niveau du cerveau, des neurones dits multisensoriels traitent à la fois les informations du champ auditif, visuel et postural.

 

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Note 2 : L’effet Mc Gurk est une illusion auditive qui montre à quel point notre cerveau se sert non seulement de ce qu’il entend, mais également de ce qu’il voit pour construire une perception auditive. Cet effet McGurk démontre toute l’importance de la cohérence sensorielle dont le cerveau a besoin pour développer les compétences du langage. Cependant, les personnes présentant une dysperception proprioceptive ne perçoivent pas cet effet, car leur dysperception, en ne permettant pas une localisation spatiale correcte des stimuli sensoriels, est source de conflit sensoriel et a entravé les processus de fusion entre ce qui est vu, entendu et prononcé…

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Du percept sensoriel à l’action

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Proprioception skate

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J’ai troucet article de Sciences et Avenir, datant de 2015, très intéressant. Il se situe au cœur de notre système proprioceptif et postural. Il relate les résultats d’une étude portant sur le rôle des neurones RORα de la moelle épinière dans la régulation du mouvement. Cette étude inaugure une nouvelle phase des neurosciences qui promet de fournir des explications précises et complètes sur la façon dont le système nerveux code et intègre l’information sensorielle pour générer à la fois un mouvement conscient et inconscient.

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« Comment le cerveau crée un percept sensoriel et le transforme en une action est l’une des questions centrales de la neuroscience«  

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Extrait :

 

EQUILIBRE. Plusieurs organes et processus physiologiques participent au contrôle postural et au maintien de l’équilibre chez l’homme. Le principal est le système vestibulaire contenu dans l’oreille interne mais la vision et les mécanorécepteurs situés sur les muscles, tendons et articulations sont également sollicités. Une nouvelle découverte, publiée dans la revue Cell, suggère qu’un groupe de neurones siégeant la moelle épinière est responsable des ajustements fins qui permettent de tenir debout y compris sur sols glissants.

1.Un lien entre le cerveau et les pied

« Quand nous nous tenons debout et marchons, des capteurs sensitifs sous la plante des pieds détectent les changements subtils de pressions et le mouvement. Ces capteurs envoient des signaux à la moelle épinière puis au cerveau » explique Martyn Goulding, de l’Institut Salk pour les études biologiques. « Notre étude ouvre une boite noire car jusqu’à présent nous ne savions pas comment ces signaux étaient codés ou transformés dans la moelle épinière. En outre on comprenait mal comment cette information tactile était fusionnée avec d’autres informations sensorielles pour contrôler le mouvement et la posture«  précise-t-il.

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L’intégralité de l’article est à lire ici : Un mini-cerveau dans la moelle épinière veille à notre équilibre

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Je vous avoue qu’après la lecture de ce genre d’article, je suis de plus en plus surprise de voir que des chercheurs, qui étudient  la dyspraxie (ou TAC) en France, ne voient dans celle-ci que ce type de schéma où la proprioception et ses capteurs sensoriels sont complètement absents des organes des sens servant  à mettre en jeu nos réponses motrices:

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mouvement TAC

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Alors que d’autres personnes s’intéressant au mouvement nous présentent  ce type de schéma :

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Traitement+--+central+Mouvement+Récepteurs+Articulaires+Muscles

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Alors, quid de la proprioception dans la dyspraxie ? ;)

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Proprioception+Définitions

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Note : Le premier schéma est issu du document « Le cerveau de l’apprenant » du Dr Pouhet(p28,29). Les deux diapos sont issues du diaporama d’un cours de François Rouxel portant sur La posture et l’équilibration.




Archives pour la catégorie Proprioception

Dys, maux de ventre et proprioception

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Tidys mal au ventre

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Au royaume des dys, les troubles cognitifs viennent rarement seuls. Sur mon groupe consacré au traitement proprioceptif, quelques enfants dysproprioceptifs souffraient de maux de ventre violents allant, pour certains, jusqu’aux vomissements et ces enfants retrouvent ces symptômes à chaque fois que leur proprioception se dérègle. A première vue, il n’est pas facile de faire le lien entre une dyslexie ou une dyspraxie et des maux de ventre.

Dans le questionnaire d’orientation du Dr Quercia, deux questions concernent ce point :

  • Douleurs inexpliquées dans le ventre
  • Avoir envie de vomir en voiture (ce que l’on appelle « le mal des transports)

Il évoque d’ailleurs le mal des transports dans cette conférence à 3min14′sec :

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On retrouve  ces difficultés dans le petit livret « Les fabuleuses aventures de Tidys »,  en image :

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Tidys maux de ventre

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J’avoue m’être longtemps demandé quel pouvait être le lien entre les troubles dys et les maux de ventre. On peut, bien sûr, avancer une cause psychologique, comme ici dans le livre de Béatrice Sauvageot « Adieu la dyslexie ! »:

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Béatrice Sauvageot mal de ventre

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Mais, dans le monde des dys, l’explication psychologique est toujours la plus facile à trouver, alors que là aussi, la vérité est peut-être ailleurs. C’est en étudiant de plus près la proprioception et notamment son rôle dans le mal de mer que j’ai fini par comprendre pourquoi les enfants dysproprioceptifs peuvent avoir des maux de ventre violents, jusqu’à en vomir. Le site du Docteur Loïs BONNE, médecin ORL à Brest m’a permis de comprendre définitivement ce point.

Je le cite, extrait de Pourquoi le mal de mer ?  et Les manifestations:

Dans l’équilibre trois informations sont importantes :

  • L’information visuelle émanant de la rétine périphérique. Celle-ci permet de situer un objet dans son environnement
  • L’oreille interne avec le vestibule qui est un accéléromètre et nous renseigne sur les variations de vitesses.
  • La sensibilité profonde ou proprioception qui nous permet de percevoir les mouvements du sol à partir, notamment, des récepteurs sensitifs des voutes plantaires.

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Dys, maux de ventre et proprioception dans Dys 5-1

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Ces trois informations cheminent jusqu’au cerveau. Il faut qu’elles aient une certaine cohérence pour que le cerveau commande aux muscles un tonus ou un déplacement. C’est tout l’apprentissage de l’enfant qui apprend à marcher.

Dans un véhicule en mouvement, un conflit apparait entre ces informations.

Le conflit majeur est celui rencontré en mer avec des mouvements de houle particulièrement complexes qui sont à l’origine d’une stimulation vestibulaire en contradiction avec les informations visuelles et proprioceptives

L’ensemble de ces informations neurosensorielles sont transmises au cerveau et le conflit naîtra d’un décalage entre les informations perçues et celles intégrées à l’occasion d’expériences antérieures. Au bout de 48h, soit une solution est trouvée : c’est l’amarinage. Soit elle ne l’est pas et le mal de mer s’installe.

Ce conflit sensoriel non maîtrisé aboutit à un tableau de type intoxication par hyperstimulation vestibulaire avec des manifestations neurovégétatives dont la phase ultime sera les vomissements.

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L’explication est donc là, évidente. En cas de dysproprioception, nos enfants vivent de « mini » conflits sensoriels permanents et le cerveau peut réagir en provoquant des maux de ventre. On peut d’ailleurs noter, dans l’article du Dr Bonne, toute l’importance des récepteurs sensitifs de la voute plantaire pour le bon fonctionnement de cet équilibre et comprendre ainsi l’importance capitale du port de semelles proprioceptives (mais aussi des prismes, puisque ceux-ci règlent la proprioception de la rétine périphérique). Traitons la dysproprioception de nos enfants et nous les soulagerons ainsi de nombreux maux ! :)

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Note : Les images de Tidys proviennent du livret « Les fabuleuses aventures de Tidys » auquel ont collaboré Mmes Zamanski et Huver qui m’ont donné l’autorisation d’utiliser leur personnage. L’image des sens impliqués dans la gestion de l’équilibre provient du site du Dr Bonne.

 

Vision, posture et proprioception

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virgin-tonic-fermer-yeux-aide-souvenir-choses

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Après la découverte chez les dyslexiques, par deux chercheurs français, d’une anomalie anatomique de l’œil perturbant le bon fonctionnement de la vision binoculaire, je me suis souvenue d’un article qui abordait l’importance du rôle des yeux dans la posture (et donc la proprioception). J’avais déjà partagé un article de ce blog tenu par un kinésithérapeute passionné par la proprioception, qui portait sur les mouvements réalisés par le fœtus in utéro pour commencer à tester sa sensibilité musculaire profonde, sa proprioception. Quand on s’attarde sur son blog, on y voit qu’il développe principalement l’idée que pour bien grandir et bien vieillir, il faut préserver, entraîner, développer sa proprioception :

 « Si tu améliores ton équilibre, tu n’es pas sûr de rester jeune, si tu ne l’entretiens pas, tu vieilliras avant les autres », Pierre LEROY.

Et voilà, la messe est dite pour les dysproprioceptifs, vous allez vieillir plus vite que les autres !

A moins que … vous ne décidiez d’entreprendre un traitement proprioceptif pour « reprogrammer » votre proprioception. :)

Et vous pouvez, aussi : FERMEZ LES YEUX ! (surtout si les repères donnés par vos yeux sont biaisés ;) ) :

 

Soyez non-voyant de temps en temps, les yeux ne sont pas indispensables.
Obligés d’éduquer leurs muscles posturaux, « Les non-voyants congénitaux ne développent pas de scoliose, pourquoi ? Est-ce que parce que leur suppléance vestibulaire et proprioceptive sont particulièrement développées ? » se demande Pierre TRUCHI.
Les yeux fermés, pour garder l’équilibre, vous sollicitez les muscles qui verrouillent la colonne et cadenassent les articulations. Les plus profonds sont les plus utiles.
Les repères horizontaux et verticaux donnés par les yeux n’étant plus là, les récepteurs périphériques du pied et de l’oreille interne sont condamnés aux travaux forcés. Les yeux fermés, l’équilibre dépend alors de la vitesse à laquelle circulent les informations venues du pied et du cou.
De façon réflexe, les informations montent et redescendent à la vitesse de l’influx nerveux. Si vous perdez l’équilibre, toutes les lampes du cervelet s’allument pour un maximum de lumière…les Champs Elysées un soir de Noël. Le but ? Conserver un centre de gravité stable.

« Entre l0 et 12 mois, le champ de vision d’un enfant s’effondre pour accorder une extrême priorité aux premiers pas » (JAOUEN). Le rôle le l’œil diminue quand celui de la voûte plantaire augmente.
Des chercheurs ont mesuré cet angle de vue. Il se réduit à l’âge où, se verticalisant, l’enfant ose s’aventurer pour effectuer ses premiers pas. Cet angle de vision retrouvera sa largeur initiale une fois la marche acquise. Pendant ce rétrécissement du champ de vision, le pied et l’oreille interne deviennent prépondérants. [...]
Les yeux fermés, vous réagirez vite et mieux au moindre déséquilibre. Un meilleur schéma corporel se met en place. Votre corps se concentre sur les informations pertinentes sensorielles venues de l’oreille ou sensitives venues du pied.

[...]

Trop de proprioceptivité ne crée pas de problème. Elle nous érige droit, sans scoliose. Elle diminue les risques de mal de dos et retarde les tassements vertébraux du 3ème âge car les muscles posturaux ont de la mémoire! Il est tout à fait possible d’obtenir des corrections posturales réflexes avec des appareils simples; à commencer par marcher avec les yeux mi-clos.

Multiplions les légers déséquilibres pour stimuler les réponses réflexes.
Un tiers du cervelet est prévu pour régler ces problèmes : « l’archéocerebellum »
Retenir son nom est futile. Le stimuler est utile. (Les aveugles le savent-ils ?)

L’article dans son intégralité : FERMEZ LES YEUX !

Danse, musique, cerveau, proprioception et dyslexie

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danse et cerveau

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Après avoir étudié le rôle de la proprioception dans la performance sportive, et donc dans l’élaboration d’une bonne réponse motrice , nous allons nous intéresser  à l’impact de celle-ci sur le cerveau des musiciens et des danseurs. La proprioception est notre « sixième sens », celui qui nous permet d’avoir une conscience plus ou moins précise de la position de notre corps dans l’espace. Autrement dit, ce véritable « schéma corporel » nous permet à tout le moins de mettre un pied devant l’autre sans avoir à contrôler le mouvement par le regard. Avec de l’entraînement, ce schéma corporel est à l’origine des prouesses dont est capable l’humain, qu’il s’agisse de danse, de sport, ou toute autre activité impliquant un sens précis du mouvement.(1)

Pratiquer la danse ou jouer d’un instrument de musique sont donc des activités faisant largement intervenir la proprioception. Or, une étude récente à montré que le cerveau des danseurs et des musiciens se développe de manière très différente, ce qui nous laisse entrevoir le rôle de la proprioception et de la multi-sensorialité (dans laquelle intervient aussi la proprioception car elle indique au cerveau la position des organes des sens (2) ) dans la plasticité cérébrale :

 

Extraits :

Des centaines, des milliers d’heures de pratique imprègnent le cerveau des danseurs et des musiciens. Ces pratiques intensives propres aux experts dans ces domaines artistiques entraînent des changements neurologiques importants, mais distincts chez les danseurs et les musiciens. [...] Bien que ces deux pratiques artistiques impliquent une formation intense, la danse développe l’intégration visuelle et auditive et la coordination motrice, tandis que la pratique de la musique se concentre principalement sur l’information auditive et sur la motricité et la sensorialité localisée.[...]

En d’autres mots, cela signifie que les danseurs ont mis en place plus de connexions entre les régions sensorielles et motrices du cerveau, tandis que les musiciens ont fait des connexions plus fortes mais plus localisées, plus spécifiques.
« Ces résultats donnent à penser que la formation musicale et la formation en danse affectent le cerveau dans des directions opposées », explique un des chercheurs de l’étude. En effet, les danseurs forment leur corps tout entier, dans sa globalité, et développent de ce fait une représentation cérébrale plus large dans le cortex neural, alors que les musiciens, qui concentrent leur formation sur des parties spécifiques du corps comme les mains, les doigts, les lèvres, organisent cette représentation cérébrale sur des zones réduites, plus spécifiques et dans le même temps plus fortes.

Cette étude réalisée par une équipe de chercheurs du laboratoire international sur le cerveau montre que la formation en danse et en musique a des effets plus marqués que ce que l’on pensait sur le cerveau et que les danseurs et les musiciens montraient « des différences remarquables dans de nombreuses régions de la matière blanche,  y compris dans les voies cérébrales sensorielles et motrices, au niveau primaire et profond des processus cognitifs du traitement de l’information.

 

Lire l’article complet : La pratique de la danse et de la musique et leurs effets sur le cerveau 

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Ainsi donc, un cerveau différent n’implique pas forcément un dysfonctionnement neurologique… ;)  

Si je vous parle du cerveau des musiciens, ça n’est pas par hasard. Dans des études récentes, présentées dans le diaporama en lien le neurologue Michel Habib s’est intéressé au non développement du « faisceau arqué » chez les enfants futurs dyslexiques , un faisceau de neurones situé entre les aires du langage ( aire de Wernicke-aire de Broca). Le faisceau arqué apparaissant pour  lui comme le principal et le plus robuste marqueur anatomique de la dyslexie. Dans ces études, il s’est aussi intéressé au  cerveau des musiciens, constatant que la pratique d’un instrument de musique  est capable de modifier durablement la morphologie de celui-ci (Clic sur les images pour voir le diaporama dans son intégralité ) :

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cerveau musicien

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cerveau enfant qui apprend la musique

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Il se demande, en conclusion, si un entraînement musical, et plus particulièrement l’apprentissage d’un instrument de musique, serait capable de modifier les connexions dysfonctionnelles chez les enfants souffrant de dyslexie (?).

Mais, si un entraînement intensif s’appuyant sur la proprioception permet de développer le faisceau arqué, ne peut on envisager qu’un dysfonctionnement proprioceptif puisse être responsable du mauvais développement de celui-ci ?

Pour ma part, je regrette que dans cette présentation ne soit jamais évoquée la proprioception, alors qu’il n’est pas besoin de chercher longtemps pour que soit développé le rôle de celle-ci dans « la place de la conscience du corps dans l’apprentissage, l’exécution puis la transmission du geste du musicien instrumentiste » sur le site du conservatoire national supérieur de danse et de musique de Paris.

Dans la liste des théories sur l’origine de la dyslexie ne figure pas, non plus, celle de son origine proprioceptive, sans doute pas assez digne d’intérêt ;)

En conclusion, les études menées sur le cerveau des musiciens et des danseurs nous montrent bien que le cerveau se nourrit avant tout de ses perceptions et qu’un cerveau différent n’implique pas forcément un dysfonctionnement ayant une origine neurologique. Alors, concernant les troubles dys, peut-être faudra t’il un jour s’intéresser à ce qui se passe en amont du cerveau, c’est à dire aux différents sens dont il se nourrit et à la manière dont le cerveau s’en saisit (Qui sait, un défaut anatomique de l’œil, perturbant la qualité de la vision binoculaire, est peut-être à l’origine d’une dysproprioception. Comme l’est  le SED, dans lequel on retrouve de nombreux troubles cognitifs . ).

Et si la vérité était ailleurs  ?

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la vérité est ailleurs

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Autres articles sur le même sujet :

  1. Danser modèle le cerveau 
  2. Le cerveau particulier des musiciens et des danseurs

Pour creuser le lien entre la pratique d’un instrument de musique et la proprioception : Du geste au savoir-faire

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Note 1 : Les résultats de cette thèse « Dyslexie et Proprioception » nous en apprendront sûrement davantage :

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Julie

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Note 2 : A noter que le Pr Régine Roll (CNRS, Neurophysiologie Fonctionnelle et de Neurosciences Intégratives et Cognitives à l’Université de Provence) dans une conférence qu’elle dédie à « Proprioception et neuroplasticité », explique que les réseaux corticaux se réorganisent sous l’effet d’un apprentissage comme la pratique d’un instrument de musique, à 1min 48 (Clic sur l’image) :

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Régine roll

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Le rôle de la proprioception dans la performance sportive

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Propriocetion

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Depuis que je m’intéresse à la proprioception, je suis persuadée que le monde du sport sera le premier à comprendre l’intérêt de ce sens si important dans notre vie quotidienne et capital pour la performance sportive ; convaincue que le  sport participera à la vulgarisation et à la connaissance universelle de celui-ci. C’est maintenant en cours, puisque le nombre d’articles et de vidéos en lien avec la proprioception et le sport ne cesse d’augmenter sur le Net.

Je vous propose donc la petite vidéo suivante, dont la première partie évoque dans ses grandes lignes la proprioception et où il est notamment expliqué son rôle majeur dans la gestion des déséquilibres (dans la 2° partie, quelques exercices d’entrainement sont proposés). Car l’équilibre est une notion qui n’existe pas vraiment. Nous sommes constamment en train de gérer des déséquilibres,  le cerveau et le corps essayent de s’adapter grâce aux informations qui viennent des récepteurs proprioceptifs/posturaux…

Or, quand notre enfant est assis en classe, sur une chaise, son cerveau doit en permanence maintenir l’équilibre du corps grâce aux informations des capteurs proprioceptifs. Cependant, si l’information proprioceptive n’est pas de bonne qualité, du fait d’une dysproprioception, le cerveau dépensera beaucoup plus d’énergie à gérer le déséquilibre, sera moins disponible pour les apprentissages et l’enfant aura besoin de bouger pour que le cerveau reçoive des informations sur la position de son corps dans l’espace.

Et encore une fois, quand je réalise l’importance de l’information donnée par les récepteurs proprioceptifs/posturaux dans l’élaboration d’une bonne réponse motrice, je ne comprends pas pourquoi le monde de la recherche française sur la dyspraxie (ou TAC) ne s’intéresse pas plus au rôle de la proprioception dans cette pathologie …

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Proprioception, posture, oculomotricité et mouvement, en 3D

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3D

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Je vous propose une série de vidéos en 3D très utiles pour essayer de visualiser ce qu’est la proprioception et son rôle dans le maintien de la posture, le  mouvement, etc.

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Proprioception musculo-tendineuse et articulaire :

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Proprioception : l’oreille interne

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 La posture humaine: organisation et régulation

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Oculomotricité : champs d’action des muscles

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J’ai trouvé sympa cette petite vidéo en 3D qui permet de bien visualiser le rôle des muscles oculomoteurs dans la vision. Or, ce sont les capteurs proprioceptifs de ces muscles, sensibles à leur élongation, qui vont permettre au cerveau de savoir comment sont exactement positionnés les globes oculaires dans leur orbite. Mais, si ces capteurs n’envoient pas une information correcte, ou si cette information est mal décodée, comment le cerveau pourra t’il envoyer les bons ordres pour adopter une stratégie de regard efficace pour lire, écrire, se repérer sur la page, etc. ? Ne sommes-nous pas là au cœur des troubles oculomoteurs et visio-spatiaux de nos enfants dys ?

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Mouvement et sensation du mouvement

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Enfin, voici une vidéo plus globale sur le mouvement et la sensation de mouvement :

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Proprioception et schéma corporel

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Proprioception skate

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Je vous propose le diaporama très intéressant d’un cours de psychophysiologie de licence en STAPS, proposé par Regis Thouvarecq, Professeur des universités, s’ intitulant :  Système proprioceptif et proprioception.

On y découvre comment la proprioception est à l’origine de l’élaboration du schéma corporel (Clic sur l’image de la dernière diapo, ci-dessous) :

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Proprioception et schéma corporel

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Proprioception et Réalité Virtuelle

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réalité virtuelle

Il y a quelques temps, j’ai partagé une vidéo très intéressante expliquant les conséquences, sur le cerveau, de conflits entre l’audition et la vision . Je m’étais alors demandé s’il existait des domaines où les conséquences d’un conflit entre la proprioception et d’autres sens avaient été observées. Et, j’ai découvert que ce phénomène est bien connu dans le monde de la Réalité Virtuelle. J’ai toujours pensé que le sport ferait avancer les connaissances sur la proprioception et c’est d’ailleurs le cas puisque je sais que certains sportifs se font poser des alph pour améliorer leur proprioception et donc, leurs performances. Mais, je n’avais pas imaginé, un instant, que le monde du jeu vidéo était lui aussi confronté aux effets de la proprioception…

Je vous propose donc de lire cet article du site rue 89 (s’adressant à un public jeune, le style en est un peu « léger »):

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Oculus Rift : jouer ou vomir, il faut choisir ?

Extrait :

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La promesse des concepteurs de casque de réalité virtuelle, c’est de nous immerger dans une autre réalité, un monde en pixels, ouvert à tous les scénarios, Léger problème : la « RV », ça a tendance à faire dégueuler les gens. [...]

Ci-nez-tose ou cinétose ?

Reprenons. Notre équilibre résulte de trois organes complémentaires. Tout d’abord, les yeux, qui scannent constamment notre environnement en quête de verticalité et d’horizontalité (on tient debout en formant une sorte d’angle droit avec le centre de gravité, d’où notre recherche de lignes de repères). Le deuxième organe, c’est l’oreille interne. André Chays :

« Vous êtes Gare de l’Est, assis dans un wagon. Le train à côté démarre. Tout d’abord, vos yeux vous font croire que votre train démarre, bah oui, ça bouge. Votre oreille interne, en revanche, dit tout l’inverse. Elle vous renseigne assez vite sur le fait que votre corps n’est pas en mouvement. Vous remarquerez d’ailleurs que tout le monde lève la tête quand le train d’à côté démarre. Et quand ils ont compris, ils vont beaucoup mieux, ils remettent la tête dans leur bouquin. »

Le troisième responsable de notre équilibre est ce qu’on appelle la proprioception, c’est-à-dire la perception de notre corps (par nos capteurs, disséminés partout sur nous).

Appliqué à la réalité virtuelle

Quand ces trois systèmes transmettent au cerveau des informations cohérentes, tout va bien. En revanche, si l’un des systèmes entre en conflit avec les deux autres, on est atteint de cinétose (et quand ils sont tous les trois en conflit, c’est la mouise).

On n’a pas besoin de mettre un casque de réalité virtuelle pour la découvrir. Beaucoup d’entre nous ont déjà ressenti le « mal de mer » ou le « mal des transports ». Le porte-parole de la société française d’ORL Jean Marc Juvanon :

« Imaginez-vous dans une cabine, sur un bateau, en pleine mer, et agitée, la mer. Vous ne voyez pas l’extérieur, pas les vagues et pas les mouvements du navire. Vos yeux transmettent les images d’un environnement immobile puisque votre corps se balance au rythme que la cabine. Mais vous savez que vous bougez car vos autres organes le détectent. Il y a un conflit sensoriel, et rapidement arrivent les symptômes. »

Dans cet exemple de bateau, la cinétose est causée par la houle des vagues, ressentie, mais non vue.

La réalité virtuelle pose le diagnostic inverse. La cinétose résulte des mouvements vus dans le casque, mais non ressentis par notre corps. Pour ne pas rendre malade, les casques de réalité virtuelle doivent donc tromper synchroniquement nos trois organes responsables de l’équilibre.

 

N’ayant pas fait d’études médicales, je n’avais jusque là jamais entendu parler de cinestose, je suis donc allée me renseigner sur le Net et j’ai trouvé cet article sur le site Doctissimo (Extrait) :

 

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Mécanismes

La cinétose est due à la stimulation inhabituelle de l’appareil vestibulaire.

Dans les conditions physiologiques normales, les labyrinthes (ou vestibules : organes proprioceptifs de l’oreille) renseignent l’individu sur sa position dans l’espace et les mouvements qu’il y effectue.

Les labyrinthes sont sensibles aux changements de direction (accélérations angulaires) par l’intermédiaire des canaux semi-circulaires et aux accélérations dans la même direction (accélérations linéaires) par les otolithes du saccule et de l’utricule.

Les transports terrestres, maritimes et aériens en milieu mouvementé créent une stimulation intense des terminaisons nerveuses labyrinthiques. Celles-ci fortement stimulées transmettent vers les noyaux vestibulaires (proche du centre des vomissements) et d’autres centres nerveux supérieurs (cervelet, formation réticulée) une série d’influx inhabituels voire contradictoires aboutissant ainsi à des troubles de l’équilibre et aux manifestations associées.

Cependant les labyrinthes n’expliquent pas la totalité du mal des transports. L’équilibre est une fonction complexe assurée aussi par la vision et par les informations proprioceptives émanant des muscles, des tendons et des couches profondes de la peau.

La naupathie serait également due à la difficulté ou à l’incapacité du cerveau à intégrer les informations contradictoires provenant des différents organes assurant en temps normal l’équilibre. [...]

Les signes de la maladie

Le symptôme franc se déroule en trois phases.

La première est celle du simple malaise caractérisé par une sensation de mal être. A ce stade les signes physiques sont la pâleur de la face, la somnolence avec éructations et bâillements.

Au cours de la deuxième phase surviennent les nausées et vomissements incoercibles. Ceux-ci s’accompagnent d’une hypothermie avec réduction du flux sanguin cutané, d’une tachycardie avec augmentation de la ventilation pulmonaire, de salivation, d’une mydriase (dilatation de la pupille). [...]

 

Et en lisant cet article, j’ai compris pourquoi le point « s’endort facilement en voiture » figure sur le questionnaire d’orientation du Dr Quercia. Pour ma part, j’ai coché ce point en ajoutant une fréquence de 3 : très souvent. C’est une de mes particularités qui a toujours amusé mon entourage, ma capacité à m’endormir très rapidement en voiture : quelques minutes à regarder le défilement du paysage et mes yeux se ferment automatiquement. C’est même un sujet de plaisanterie de mon mari qui s’amuse du manque d’efficacité de son « copilote » qui s’endort systématiquement après quelques kilomètres. J’avoue que, jusque là, je n’y avais pas vu le signe d’un malaise, juste un des mes « bugs » et je m’étais demandé pourquoi ce point figurait dans le questionnaire. Aujourd’hui, je réalise que je suis régulièrement atteinte d’une forme légère de cinestose en voiture …

Et quand je conduis ? Comme je l’ai expliqué récemment, je conduis peu, pas longtemps et là où je connais bien. Mais, et c’est un point que j’avais signalé dans la lettre d’explication de mes difficultés, adressée au Dr Quercia : j’ai la sensation d’avoir les yeux qui partent régulièrement « regarder dans le vide ». Et c’est plus fort que moi, mes yeux « partent », de la même façon que je « sort » régulièrement d’une conversation, d’une réunion, etc.

Bref, plus je comprends la proprioception, plus je comprends que ma dysproprioception fait toujours lien avec les nombreux « petits bugs » qui m’empoisonnent l’existence. Je réalise que je n’y suis pour rien, ça n’est pas psychologique, ça n’est pas un manque de volonté de ma part ;  c’est physique, juste une réaction de mon cerveau confronté à des conflits sensoriels …

Pour en revenir à nos moutons et plus particulièrement au monde de la réalité virtuelle et à la proprioception, je vous invite à visionner cette vidéo de la chaîne « e-penser » qui explore ce sujet sur un ton très  léger ;) :

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Image de prévisualisation YouTube

 

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Pour aller plus loin, car ce phénomène semble bien faire l’objet de nombreuses recherches et interrogations :

Un mémoire de DEA dont le directeur de stage est Alain Berthoz  :

ADAPTATION A DES CONFLITS SENSORIELS EN REALITÉ VIRTUELLE

La cybercinétose, le mal lié aux casques de réalité virtuelle (Aborde le conflit entre les sens, mais aussi la théorie posturale de la cinéstose)

Les cybermalaises

 

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Rôle de la proprioception dans le contrôle moteur

Voici une vidéo en français, de 20 minutes, qui explore ce sujet.

On y découvre  l’importance des muscles du cou, contrôlant l’orientation de la tête, dans le contrôle moteur. Le patient désafférenté qui a gardé la sensibilité des muscles du cou a pu réapprendre à marcher sous le contrôle de la vision, la patiente désafférentée qui a perdu sa sensibilité jusqu’à la bouche ne peut plus marcher, même avec le contrôle de la vision.

Et, Jacques Paillard (CNRS) nous  y apprend, notamment, que l’automatisme c’est le proprioceptif.

Or, on ne peut qu’être interpellés lorsque l’ on écoute son intervention à la  15’58  minutes de cette vidéo et qu’ on lit la définition de la dyspraxie :

La dyspraxie est un trouble du développement : il s’agit d’une anomalie de la planification et de l’automatisation des gestes volontaires. Le cerveau n’intègre pas correctement les séquences motrices qui permettent l’automatisation des gestes. A chaque fois que l’enfant effectue un geste, c’est un peu comme s’il l’apprenait pour la première fois.

Je me demande, de plus en plus, pourquoi il est si difficile pour le monde de la dyspraxie de faire le lien entre dyspraxie et proprioception !

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Proprioception et controle moteur_patients… par fabsLab

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