Fascias, thérapies manuelles et dysproprioception

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fascias

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Depuis quelques années, le mot fascia est de plus en plus employé parmi les professionnels de la santé. Les fascias (aussi appelé tissus conjonctifs) représentent l’ensemble des tissus qui enveloppent la majorité des structures du corps : muscles, nerf, os, vaisseaux sanguins, cerveau. Les fascias séparent et en même temps connectent toutes ces structures entre elles. Au niveau musculaire, chaque fibre est enveloppée par des fascias. Grâce aux recherches effectuées sur les animaux, nous savons que les propriétés élastiques des fibres myofasciales participent aux contractions musculaires en les assistant, soutenant et coordonnant (Schleip, 2012). De plus, les fascias des muscles auraient une fonction protectrice en limitant l’élongation des fibres musculaires endommagées.

Il me paraît donc évident qu’il existe un lien entre les fascias et la proprioception qui repose sur des capteurs situés dans les muscles, les articulations, etc. En modifiant expérimentalement la proprioception par l’utilisation de vibrations à haute fréquence et faible amplitude, les chercheurs  ont mis en évidence l’existence de véritables chaînes proprioceptives agissant ensembles pour donner une information spatiale ou modifier la posture (J.P. et R. Roll). Ces chaînes proprioceptives partent des muscles des yeux et vont jusqu’aux pieds (et inversement). Les fascias permettent donc de comprendre comment les tensions musculaires se transmettent de groupe en groupe.

Les fascias étant constitués de fibres de collagène, on imagine aussi quel peut être leur rôle dans le Syndrôme d’Ehlers Danlos Hypermobile qui se caractérise par une hyperlaxicité des tissus conjonctifs. La découverte de ce tissu corporel particulier permet de comprendre l’effet des habits de compression sur la propioception via les fascias,  dans cette pathologie.

Enfin,  les thérapies manuelles (ostéopathie, acupuncture, kinésithérapie, etc.) ont un substrat reconnu scientifiquement dorénavant, au travers des fascias.

Je vous propose donc de visionner, dans un premier temps, une émission d’Arte traitant de ce sujet fascinant :

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Gros plan sur notre tissu fascial, qui entoure à la manière d’un bandage à la fois dense et irrégulier les éléments composant notre corps : nos organes, nos muscles, nos os. Cet organe méconnu et vital suscite parmi les chercheurs en médecine un intérêt et un espoir croissants.

Cela fait plus de trente ans que la fasciathérapie a fait son apparition en Occident parmi les médecines douces, mais jusqu’à récemment, c’est dans la discrétion que ses praticiens et patients exploraient un continent largement ignoré du grand public. Depuis une dizaine d’années, le tissu fascial, qui entoure à la manière d’un bandage à la fois dense et irrégulier les éléments composant notre corps (nos organes, nos muscles, nos os), mobilise un nombre croissant de recherches. Encore largement mystérieux pour la science, ce gigantesque réseau de fibres blanchâtres, qui relie toutes ces parties et, surtout, leur permet de fonctionner ensemble, commence à dévoiler une partie de ses pouvoirs grâce aux études de plusieurs pionniers interrogés ici, anatomistes et médecins, notamment.
Visibles à l’échographie, sensibles à l’acupuncture et à la pression manuelle, facilement endommagés par le stress et l’inaction physique, les fascias pourraient en effet se révéler l’origine méconnue de nombreuses pathologies, [...]

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Voici aussi une autre Emission d’ARTE sur les facias, où le lien entre facias et proprioception est clairement évoqué :)   :

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Les fascias sont partout sous notre épiderme, ils enveloppent nos muscles, nos organes et nos glandes. En médecine, ces membranes composées de tissu conjonctif ont longtemps été considérées comme une enveloppe sans autre fonction particulière. Mais il semblerait que les fascias soient plus importants pour notre santé que ce que nous avons supposé jusqu’à présent.

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Depuis maintenant quatre ans que Marc suit un traitement proprioceptif, il est arrivé plusieurs fois qu’il se dérègle suite à un blocage ostéopathique qui empêchait le bon fonctionnement des capteurs oculaires, oraux ou plantaires. Il fallait alors se rendre chez l’ostéopathe pour remettre les choses en ordre. Depuis que j’ai regardé l’émission d’Arte « Fascinants Fascias », notamment le passage qui parle du blocage des apophyses épineuses à 3’10, je comprends l’utilité de ce recours à une thérapie manuelle ;) . Je vous propose donc de visionner une vidéo mise en ligne par le Dr Quercia, où il explique que le recours à une thérapie manuelle s’avère parfois indispensable et où l’on voit le blocage de deux apophyses épineuses :

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Enfin, pour terminer et pour le plaisir des yeux, car c’est un peu compliqué, je vous propose de visionner le film « Promenade sous la peau » réalisé par le Dr  Jean-Claude GUIMBERTEAU, chirurgien plasticien (Clic sur l’image):

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Le monde sous la peau est encore à découvrir. A découvrir pour le scientifique car, à part quelques notions mises en évidence au début du XXème siècle, l’organisation des relations entre les structures organiques et leur méthode de glissement est mal connue. A découvrir aussi pour le néophyte, qui va observer un monde de couleurs, de structures changeantes, un monde d’adaptation dont le but ultime est de donner la souplesse, permettre le mouvement et conserver l’équilibre. Depuis plus d’un demi-siècle, la recherche a négligé ces territoires ; laissons la simple observation de ces structures, qui sont notre propre architecture, nous inciter à la réflexion… et à la contemplation.

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promenades sous la peau

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Sources :

Les fascias: définition et fonction

Les fascias, qu’est-ce que c’est ? (Source de l’image utilisée en entrée d’article)



Neurosciences : portrait d’un cerveau qui apprend

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Neurosciences : portrait d'un cerveau qui apprend dans Emissions TV, radio, presse,livres 738_gettyimages-534576493

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Je vous proprose d’écouter cette émission très intéressante de France Culture, où une neuroscientifique et un professeur s’accordent sur les meilleures façons de faire fonctionner notre cerveau. Comme un muscle, l’organe peut se travailler, une partie de celui-ci pouvant prendre plus ou moins de place selon sa sollicitation.

Cette conférence a été enregistrée en octobre 2017 avec :

Pascale Gisquet-Verrier, neurobiologiste de l’Institut de neuroscience de l’Universite Paris-Saclay

Eric Gaspar, professeur de lycée et créateur de Neurosup

Pour accéder à cette émission, clic sur l’image ci-dessous :

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France culture

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En tout début d’émission, Pascale Gisquet-Verrier nous explique que notre vie consiste avant tout à traiter des signaux qui proviennent de nos organes des sens. Notre cerveau traite en permanence des stimuli qui lui parviennent à travers les organes sensoriels et il réagit en fonction du type de signaux qu’il reçoit et des informations qu’il a déjà stockées en mémoire. Elle explique aussi que le cerveau est un organe multitâche très performant, qui effectue énormément de tâches en automatique. Celles-ci sont fondamentales pour subvenir à nos besoins essentiels et nous permettre de nous dégager l’esprit pour nous consacrer à des activités cognitives de niveaux plus élevés. Il y a un très gros décalage entre l’immense majorité des tâches automatiques et la faible partie d’entre-elles qui est dévolue à la cognition.

NdA : Du coup on comprend pourquoi le cerveau ne peut plus être totalement occupé par les tâches cognitives de haut niveau quand il ne peut pas automatiser certaines tâches, car il ne peut se fier au retour de ses organes sensoriels et notamment de la proprioception ;) .

Dans la deuxième partie de l’émission Eric Gaspar nous parle de la plasticité cérébrale qui est la découverte majeure des neurosciences ces vingt dernières années (son intervention rejoint l‘émission de France Inter partagée récemment). Le cerveau est un très bon gestionnaire qui créé des connexions en permanence sous l’effet de l’apprentissage, mais qui supprime aussi celles qui ne sont plus utiles. C’est pourquoi il faut de l’entraînement pour renforcer les connexions. Les chauffeurs de taxi londoniens et les musiciens ont un cerveau différent des personnes « tout venant », mais dès qu’ils cessent leur activité, les zones dévolues à ses activités sont réattribuées à d’autres choses et leur cerveau perd sa spécificité. En conclusion, le cerveau est extrêmement plastique et se réorganise en permanence.

NdA : Face à ces découvertes, je n’arrive vraiment pas à comprendre que persistent encore les théories figées des origines des troubles dys : « c’est telle zone qui dysfonctionne ». Sauf s’il y a des lésions, mais là c’est une autre problématique …

Bref, selon l’hypothèse d’une origine proprioceptive de certains troubles dys, si on corrige une dysproprioception grâce à un traitement proprioceptif, la plasticité cérébrale permettra au cerveau de se réorganiser :) .




Archives pour la catégorie Le coin du chercheur

Neurosciences : comment pensent les anticonformistes ?

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Neurosciences : comment pensent les anticonformistes ? dans Le coin du chercheur

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J’ai trouvé très intéressant cet article de « The conversation » qui traite de la difficulté d’être un précurseur dans le monde des sciences (petit clin d’œil aux chercheurs qui travaillent sur le lien entre dysproprioception et troubles des apprentissages ;) )

 

 

Que se passe-t-il dans le cerveau d’un homme qui choisit de s’affranchir de l’opinion commune ? Les neurosciences s’intéressent depuis de nombreuses années aux personnalités anticonformistes. L’enjeu est important, car ces individus permettent de faire évoluer la société et avancer la science.

Parmi les chercheurs, ils sont peu nombreux à remettre en cause les dogmes et à prendre le risque d’être attaqués, voire marginalisés par leurs pairs. L’histoire est riche, pourtant, de ces scientifiques qui, comme Albert Einstein ou Marie Curie, sont sortis des clous et ont révolutionné leur discipline.

La sélection naturelle semble privilégier le conformisme chez les individus. En même temps, l’évolution préserve une minorité aux idées hors normes, dont la créativité pourrait bien conditionner, ni plus ni moins, la survie de l’espèce. [...]

L’anticonformisme existe à toutes les époques. Parmi les chercheurs d’aujourd’hui, on voit se dessiner des profils dont les idées suscitent des réactions de rejet chez leurs confrères.[...]

L’histoire a retenu des destins hors normes comme celui de Marie Curie, lauréate des prix Nobel de physique et de chimie.[...] Son éloge de l’anticonformisme, cité dans le livre Madame Curie (Da Capo Series in Science), mérite d’être relu aujourd’hui : « Nous ne devrions pas laisser croire que tout progrès scientifique peut être réduit à des mécanismes, des machines, des rouages, quand bien même de tels mécanismes ont eux aussi leur beauté. Je ne crois pas non plus que l’esprit d’aventure risque de disparaître dans notre monde. Si je vois quelque chose de vital autour de moi, c’est précisément cet esprit d’aventure, qui me paraît indéracinable et s’apparente à la curiosité. Sans la curiosité de l’esprit, que serions-nous ? Telle est bien la beauté et la noblesse de la science : désir sans fin de repousser les frontières du savoir, de traquer les secrets de la matière et de la vie sans idée préconçue des conséquences éventuelles. » [...]

Pour en revenir à la communauté scientifique, le caractère anticonformiste ne semble pas apporter aux individus une situation confortable. L’absence de reconnaissance par les pairs peut même mener à l’arrêt des recherches, par manque de financement. L’histoire des sciences montre pourtant l’importance des anticonformistes pour le progrès des connaissances. Qu’en aurait-il été si de grands chercheurs comme Marie Curie ou Albert Einstein n’avaient pas persisté dans leurs travaux ?

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La conclusion de cet article ne manque pas de piquant, quand on sait ce qui se passe dans le monde des neurosciences vis à vis de l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages :D   :

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On peut espérer que les neurosciences nous viennent en aide pour mieux repérer de tels individus et, à terme, stimuler le progrès scientifique.

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Allez, l’espoir fait vivre ! :)

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L’article dans son intégralité :

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crapaud

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Autre passage intéressant de l’article :

 » Les crapauds vivent dans une zone et se reproduisent dans d’autres. Chaque année, de manière grégaire, tous migrent dans le même sens. Lorsque nous construisons de nouvelles routes en travers, ils se font massivement écraser. Sauf que… quelques-uns vont dans l’autre sens, ou trouvent les tunnels que des écologistes font creuser pour eux sous les routes. Parce qu’ils s’aventurent dans des directions non conventionnelles, ces crapauds fous inventent des voies d’avenir et sauvent l’espèce »

J’adore l’image ! Pourquoi ne pas devenir les crapauds fous de l’univers des dys ? 1f603 Neurosciences dans Le coin du chercheur :

« Pour faire le changement, il faut créé des cohortes, c’est à dire réunir des gens passionnés qui ont envie de changer les choses ensembles. La première étape, la plus importante, les mettre ensemble pour qu’ils se coordonnent et se synchronisent. On apprend de nos faiblesses et de nos failles, on prend le temps qu’il faut pour que le groupe entre en résonance. Une fois que c’est fait, avec la diversité et la collaboration, on créé des choses extraordinaires ! ». (Clic sur l’image pour visionner la conférence)

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les crapauds dys

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Plasticité cérébrale

 

Plasticité cérébrale dans Emissions TV, radio, presse,livres 640_cerveau-potion-de-viefr

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Nous l’avons vu à plusieurs reprises, la proprioception fait appel à la plasticité du cerveau, sa capacité d’adaptation aux changements. En ce sens, la proprioception est un sens supérieur dans la hiérarchie. Mais qu’est réellement la plasticité cérébrale ?

Afin de vous familiariser avec ce concept, je vous propose d’abord de visionner une petite vidéo amusante, puis d’écouter une émission de France Inter consacrée à ce sujet.

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  • Dans un premier temps, voici la petite vidéo qui nous montre, au travers d’un exemple concret, comment on peut « recâbler » le cerveau avec de l’entrainement.

 

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L’expérience consiste à faire du vélo avec une bicyclette trafiquée : quand vous tournez le guidon à droite, vous partez à gauche… L’homme a donc dû « désapprendre » à faire du vélo et a mis 8 mois pour réussir à maîtriser ce vélo particulier, son fils uniquement 2 semaines. Quand l’homme a voulu reprendre un vélo normal, il ne savait plus en faire. Il lui a fallu 20 minutes pour retrouver l’ancien « circuit neuronal ».

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  • Dans un second temps, je vous propose d’écouter cette émission de France Inter consacrée à plasticité cérébrale (Clic sur l’image). Les invités qui y interviennent sont :
  • Hervé Chneiweiss Neurologue et neurobiologiste
  • Armelle Rancillac Chargée de recherche INSERM au laboratoire Plasticité du cerveau du CNRS dans l’équipe Réseaux neuronaux du sommeil à l’ESPCI.
  • Philippe Vernier Directeur de l’institut des Neurosciences à Paris Saclay

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tête au carre

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Là encore, Hervé Chneiweiss nous explique que l’aire du cortex cérébral dédié à la main gauche est, chez le violoniste virtuose, d’un tiers supérieure à celle d’un sujet ne jouant pas de violon (jouer d’un instrument de musique étant une activité hautement proprioceptive). A l’inverse, quand le violoniste cesse de jouer, la région supplémentaire sera perdue et réa-louée à d’autres fonctions.

Des sous régions du cerveau s’adaptent sous l’effet de l’apprentissage pour obtenir de meilleures performances.

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Nda : Il a été démontré que la proprioception est un sens qui a la particularité de s’appuyer sur la plasticité cérébrale (par exemple, si un membre reste plâtré trop longtemps, le cerveau finit par l’ « oublier »). L’objectif du traitement proprioceptif est donc, en redonnant au cerveau de nouvelles et bonnes informations proprioceptives, de lui permettre de se réorganiser. Et si on en croit la petite  vidéo, on peut supposer que plus l’enfant est pris en charge tôt et plus efficace sera le traitement …

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Recherche : appel à participation d’enfants dyslexiques

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Inserm bourgogne

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Je relaie cet appel à la participation d’enfants dyslexiques pour une étude sur la dyslexie et la proprioception réalisée par Julie Laprevotte, doctorante du Laboratoire INSERM U1093 de l’ Université de Bourgogne.

Son travail de recherche s’inscrit dans le domaine des neurosciences. Le 1er axe consiste en l’étude des caractéristiques de la proprioception chez l’enfant dyslexique ainsi que de la relation entre les troubles sensori-moteur et cognitifs.

Les enfants auront des exercices moteurs simples à réaliser.

Attention ! Les enfants ne doivent pas avoir un suivi SDP en route.

Pour connaître les détails de cet appel à participation, clic sur l’image :

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2tude julie laprevotte

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Dyspraxie de développement et dysproprioception

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dyspraxique

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Après avoir partagé un article liant clairement la dyspraxie de développement à des troubles sensoriels (et non pas uniquement à des zones du cerveau qui dysfonctionnent),  je vous propose de découvrir deux petites études réalisées dans le cadre de mémoires pour l’obtention du DU du PATA (Perception, action et troubles des apprentissages) de l’université de Bourgogne. A l’origine, des études ont traité de la relation entre troubles proprioceptifs et dyslexie de développement (P.Quercia). Certains professionnels, au cours de leur pratique clinique, ont émis l’hypothèse d’un lien, également, entre une dysproprioception et d’ autres troubles des apprentissages.

Je vous propose donc deux petites études explorant le lien entre dyspraxie de développement et dysproprioception.

 

I. La première étude a été réalisée par le Dr Ruck Bene Florence, ophtalmologue : DYSPRAXIE DE DEVELOPPEMENT ET TROUBLES PROPRIOCEPTIFS : ETUDE SUR DIX CAS CLINIQUES


Cette étude porte sur une cohorte très limitée : 10 enfants présentant une dyspraxie de développement et 10 enfants bons élèves. Ses résultats sont très intéressants et mériteraient d’être développés à plus grande échelle.

Tous les enfants ont été soumis aux tests utilisés pour explorer les 3 fonctions dans lesquelles intervient la proprioception en recherchant :

-une anomalie de la localisation spatiale
-des troubles perceptifs
-une asymétrie posturale
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Ces tests sont expliqués dans le mémoire, mais je sais que pour qui ne les connait pas, la compréhension en est un peu difficile. On peut toutefois noter que le test posturo-dynamique  met bien en évidence l’hypertonie musculaire importante et l’asymétrie posturale dont souffrent tous les enfants du groupe dyspraxique.
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Voici donc un extrait de  la conclusion de cette étude :
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Conclusion :
Les résultats de cette étude s’appuient sur des tests validés reproductibles, explorant les trois domaines où peuvent s’exprimer les blocages proprioceptifs.
Ils montrent que les dix enfants dyspraxiques testés ont l’ensemble des tests perturbés et présentent un diagnostic de troubles proprioceptifs.
Dans le groupe témoin, sélectionné chez des enfants travaillant bien à l’école : un enfant a l’ensemble des tests perturbés et a un diagnostic de troubles proprioceptifs
Un autre enfant a un test posturo dynamique perturbé (dysfonction latéralisée), ses autres tests étant normaux.
Cette étude ne porte que sur 10 cas en raison de la difficulté de recrutement, il serait intéressant de faire une étude complémentaire sur une plus grande échelle. Mais, néanmoins, on peut remarquer que tous ces enfants sont touchés alors que comparativement le groupe contrôle est peu atteint.
Pour l’enfant dyspraxique, cet axe de recherche est important en raison de ses implications : c’est-à-dire la mise en place d’une possibilité de traitement.

 

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Pour lire cette étude dans son intégralité, Clic sur l’image :

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dyspraxie proprioception

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II. La deuxième étude a été réalisée en 2013 par Annabelle Clercx (logopède) et Anne-Charlotte Declercq (Neuropsychologue) : EFFICACITÉ DE LA PRISE EN CHARGE PROPRIOCEPTIVE CHEZ LES PATIENTS DYSPRAXIQUES.

Elle porte sur 37 enfants dyspraxiques, âgés de 6 ans à 16ans répartis en 2 groupes : patients bénéficiant d’une prise en charge proprioceptive versus patients bénéficiant d’une prise en charge «traditionnelle» (mais on ne sait pas quelle a été la durée de la prise en charge proprioceptive).

Les enfants ont été soumis à plusieurs épreuves du bilan neuropsychologique avant et après leurs prises en charge.

Voici quelques extraits des conclusions du mémoires par rapport à la passation de ses différents tests  :

En conclusion, les patients ayant bénéficié de la prise en charge posturale ont amélioré leur performance dans les épreuves «Cubes», «Symboles» et «Figure de Rey (type)». Le point commun entre ces épreuves constitue la capacité du patient à se repérer dans l’espace visuel. Les épreuves (ou parties d’épreuves) qui n’ont pas été améliorées chez les patients concernant la nécessité d’un geste graphomoteur complexe
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En conclusion, nous pouvons remarquer que les patients ayant bénéficié d’une prise en charge posturale ont ressenti moins de symptômes musculaires, spatiaux, cognitifs et oro-buccaux. De manière plus précise, les enfants se plaignent d’être moins fatigués, d’avoir moins de maux de tête (surtout le soir), présentent une meilleure compréhension en lecture. On constate que les enfants énurétiques ne le sont plus. Ils expriment une amélioration visuelle (œil qui tourne, fixer un texte de près, vision double à la fatigue).
Par contre, nous ne constatons pas d’évolution par rapport à la difficulté anormale à rester sans rien faire. Ils expriment également toujours des douleurs à la pression de certains muscles. Quant à la respiration buccale, elle est encore bien présente.
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IMPACT SUR LA PRISE EN CHARGE DES PATIENTS DYSPRAXIQUES FUTURE :
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Les résultats obtenus aux épreuves neuropsychologiques et au questionnaire montrent un avantage certain de la prise en charge proprioceptive sur les méthodes rééducatives traditionnelles. Partant du principe que ces dernières méthodes aient déjà montré leur inefficacité dans d’autres études, nous ne pouvons que nous réjouir de ces résultats actuels qui confirment bien la sensation d’efficacité de la prise en charge proprioceptive ressentie par le patient, sa famille, les enseignants et l’équipe thérapeutique.
Ces nouvelles méthodes innovantes ont donc bien leur place dans la prise en charge des enfants dyspraxiques. Malgré tout, les bénéfices obtenus ne peuvent apparaître que sur le long terme et au prix de moyens financiers suffisants et d’une motivation sans faille. Dès lors, il reste essentiel de ne pas, trop facilement, supprimer toute prise en charge traditionnelle mais plutôt de l’intégrer efficacement à la proprioceptive. En effet, la mise en place des adaptations scolaires proposée par l’ergothérapeute montre tout son intérêt dans la vie scolaire et quotidienne de l’enfant. Ces adaptations ne pourront nécessairement se faire qu’en collaboration avec le neuropsychologue, le logopède, le psychomotricien,… qui ont participé à la pose du diagnostic car les bilans qu’ils ont effectués permet notamment de faire le point sur les difficultés objectives, actuelles et écologiques du patient
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DISCUSSION :
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Notre objectif était d’évaluer les capacités neuropsychologiques et la présence de symptômes qualitatifs associés d’enfants présentant une dyspraxie constructive et idéatoire et de montrer l’apport de la prise en charge proprioceptive chez ces enfants par rapport à une prise en charge neuropsychologique classique. Nous voulions montrer qu’il existe une évolution des bénéfices apportés par la prise en charge proprioceptive. [...]
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En conclusion, les résultats montrent que la prise en charge proprioceptive apporte aux enfants dyspraxiques un meilleur confort de vie et une amélioration de leurs capacités cognitives et psychomotrices. Comme espéré, les résultats de cette nouvelle recherche apporteront un véritable espoir dans la prise en charge de ces patients et engendrera probablement une restructuration du plan de rééducation.
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Cependant, nous nous interrogeons sur l’évolution des patients concernant le geste graphomoteur. En effet, il semble qu’ils n’aient pas progressé dans les épreuves «Code» et «Figure de Rey (qualité)», épreuves qui requièrent justement un geste graphique complexe.
Nous encourageons donc les chercheurs à se pencher sur la question dans le futur car chez les dyspraxiques, c’est probablement la dysgraphie qui les handicape le plus dans leur vie scolaire, surtout en primaire.
Nous pensons tout de même, à la lecture de ces résultats, que la prise en charge proprioceptive de l’enfant dyspraxique n’en est qu’à son balbutiement et que d’autres études devraient permettre d’investiguer l’intérêt de la coupler avec la prise en compte du fonctionnement émotionnel, nutritionnel, métabolique,… du patient.
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Pour lire cette étude dans son intégralité, Clic sur l’image :
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efficacité prise en charge proprioceptive
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Pour ma part, je trouve ces résultats très intéressants et porteurs d’espoir pour les enfants dyspraxiques.
Dans la seconde étude, évaluant l’efficacité du traitement proprioceptif chez l’enfant dyspraxique, je me pose la question de la durée de la prise en charge proprioceptive. En effet, chez mon loulou, il a fallu plus de trois ans et demi pour commencer à entrapercevoir les bénéfices du traitement au niveau du graphisme (il copie de lui-même, de plus en plus souvent, ses leçons à la main à la maison car ça l’aide à les retenir).
De plus, cette étude date de 2013 et  la prise en charge proprioceptive a encore évoluée depuis, avec les tests permettant de supprimer les interférences entre le son et la vision, une meilleure prise en charge de la dysperception orale, etc.
Bref, les études sur le sujet sont encore beaucoup trop rares. Il serait pourtant tellement utile que plus de monde se penche sur la question !
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Note : L’auteure principale de la deuxième étude, Anne-Charlotte Declercq,  m’a contactée et nous apporte des éléments complémentaires :
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« Étant l’auteure principale de la seconde étude citée, je me permets une réponse à votre question dans votre article : l’étude a été réalisée sur 1 an car menée dans le cadre d’un mémoire… Dans ma discussion, j’évoque que ce n’était sûrement pas suffisant pour obtenir un effet probant sur l’écriture… Entre temps , je suis devenue chercheuse et je peux l’assurer, tout comme votre fils, les patients ont montré des progrès en graphisme plus tard (après 2 ans). Bref, il faut persévérer !! »

La proprioception dans le monde végétal

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forêt

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Petite digression (encore que … ;) ) pour vous parler de la proprioception dans le monde végétal.

Alors que la plupart des gens n’ont encore jamais entendu parler de proprioception, alors que nos enfants apprennent toujours à l’école que nous n’avons que cinq sens, des chercheurs sont en train de découvrir que les plantes sont dotées de proprioception. Ce sens n’en finit pas de me surprendre !

Je vous propose d’abord un article issu du site de l’INRA sur la sensibilité et la motricité coordonnée des plantes, dont voici un extrait :

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plantes dans l'espace

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Sensibilité et motricité coordonnée

Les plantes ont un comportement plus complexe qu’on ne l’a pensé pendant longtemps : elles sont capables, d’une part, de percevoir leurs voisines, et d’autre part, de se percevoir elles-mêmes dans l’espace et d’adapter leurs mouvements en conséquence.[...]

Lorsque l’on incline une jeune pousse, elle se redresse peu à peu. On connait le mécanisme moléculaire de ce redressement : lorsque la tige s’incline, les récepteurs membranaires de l’auxine se redistribuent sur la face inférieure de la tige. L’auxine s’accumule donc sur la face inférieure, qui pousse plus vite, d’où le redressement de la tige.

Cependant, des chercheurs de l’Inra et du CNRS ont montré que ce mécanisme ne suffit pas à expliquer le retour à la verticale des tiges. En effet, ils ont modélisé le redressement sur ordinateur en ne tenant compte que de ce mécanisme, et ont montré que la tige ne se stabilisait pas et oscillait autour de la verticale car chaque élément de tige essayait de se redresser indépendamment en entrainant les autres.  Il faut donc supposer que le redressement se fait en réalité de manière coordonnée : chaque cellule perçoit sa déformation et réagit de façon à minimiser la courbure. Ainsi, la plante est dotée de proprioception (1), capacité à percevoir sa position en tout point de la tige.

En intégrant la proprioception dans leurs modèles, les scientifiques ont réussi à reproduire le redressement de onze espèces de plantes à fleurs, de la minuscule germination du blé aux troncs de peupliers.

Ainsi, les plantes réajustent leur posture en permanence, en réponse à plusieurs types de signaux, lumière, gravité et déformation. L’ensemble des signaux sont intégrés pour conduire à une coordination des mouvements. Une nouvelle preuve que les plantes sont capables d’intégrer des signaux complexes et ne se contentent pas d’une réponse réflexe à un stimulus unique, comme on le pensait encore récemment.

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L’article dans son intégralité : ici.

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Dans un deuxième temps, je vous propose de visionner ce très intéressant reportage d’ Envoyé Spécial et notamment le passage  où un chercheur explique, en faisant le parallèle avec le rôle de la proprioception chez les humains, comment les scientifiques ont découvert l’existence de la proprioception chez les arbres. (Clic sur l’image pour démarrer la séquence) :

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chercheur envoyé spécial

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Espérons que toutes ces découvertes fassent, qu’un jour,  la proprioception entre dans nos écoles et soit enfin connue du plus grand nombre !

Double tâche ou sélection des informations sensorielles utiles ?

[Attention spoiler !]

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gorille tarzan

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Quand il s’agit d’expliquer le phénomène de double tâche, pour montrer que le cerveau ne peut se concentrer à la fois sur deux choses demandant de l’attention, les scientifiques utilisent souvent le petit exemple suivant, dans lequel il est demandé de compter avec attention les passes de l’équipe blanche (Caroline Huron dans la première vidéo et Idriss Aberkane dans la deuxième). Clic sur les images pour visionner les extraits des vidéos :

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passes gorille 2

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gorille

 

Bien évidemment, quand nous visionnons cette séquence pour la première fois, trop occupés à compter les passes, le gorille nous échappe totalement. Cependant, par la suite, quand nous connaissons le véritable objectif de cette séquence, nous ne pouvons plus ne pas le voir ;) .

Depuis que je me suis un peu penchée sur les travaux du Pr Berthoz *, je me demande de plus en plus si la double tâche est la seule explication possible dans cet exemple. En effet, il a montré que ce que nous percevons n’est qu’une construction de notre cerveau qui sélectionne, parmi la multitude d’informations sensorielles qu’il reçoit, celles qui sont utiles à nos buts, nos actions, en fonction de ses prédictions, ses expériences passées, etc.

Voici quelques unes de ses citations :

« Le cerveau de l’homme, comme le cerveau des animaux, ne perçoit le monde qu’à travers ses grilles d’interprétation, ses capacités. C’est-à-dire que le monde tel que nous le percevons [...], est un monde dans lequel nous sélectionnons les informations en fonction de nos a priori, etc. »

« La perception est décision puisque percevoir c’est à tout moment choisir dans les sens ce que l’on veut voir. On ne peut percevoir que ce qu’on veut voir. (…) le cerveau au fond est une machine qui décide en fonction du passé, de la mémoire, de l’intention. »

 

Autre petit test amusant à passer. Il s’agit, dans cette vidéo, de démasquer le coupable ; pour ça nous nous concentrons sur les dialogues (en anglais de surcroit) et du coup nous passons à côté de tout autre chose … ;)

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Image de prévisualisation YouTube

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Alors, phénomène de double tâche ou sélection, par le cerveau, des informations sensorielles utiles à nos intentions, nos buts ?

Pour avoir réalisé ce qu’est la réalité de mon monde visuel lors de tests, moi qui suis dysperceptive dysproprioceptive, j’avoue que je m’interroge de plus en plus sur ce point ! (En effet, en cas de dysperception proprioceptive  le cerveau, qui ne situe pas correctement les organes des sens, localise mal les stimuli sensoriels et élimine des informations sensorielles utiles.)

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Note * : Vous pouvez visionner cette vidéo d’une de ses conférences qui est vraiment passionnante (Clic sur l’image) :

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Alain Berthoz

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Neurosciences et foire d’empoigne

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foire d'empoigne

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Je vous ai déjà fait part, après avoir passé de longues heures à m’informer sur la proprioception et ses dysfonctions, de mon étonnement face au rejet que rencontre l’hypothèse de l’origine proprioceptive de certains troubles des apprentissages. Après le tout psychologique, le tout neuropsychologique domine, rejetant violemment  cette autre hypothèse. Dans ma naïveté, j’ai du mal à comprendre pourquoi, en France, seuls les  tenants du tout neuropsychologique semblent être admis à s’exprimer sur leurs hypothèses concernant l’origine des dys (telle zone du cerveau dysfonctionne et patati et patata), alors que d’autres chercheurs travaillent sur la multisensorialité et les interactions sensorimotrices, les neurones miroirs qui unifient la perception et l’action, les troubles auditifs centraux dans la dyslexie, etc.

Bref, pourquoi seules les recherches et l’opinion de certains chercheurs semblent admises sur la place publique et pourquoi certains d’entre eux se sentent même autorisés à démolir le travail de ceux qui explorent d’autres voies ?

 

Et voilà que j’ai trouvé la réponse à cette question dans le livre de Stéphane Marchand , journaliste scientifique : Les secrets de votre cerveau. (Clic sur l’image)

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neurosciences Marchand 2

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Cette fois, tout est clair pour moi ! :D

Des yeux symétriques révèlent une dyslexie

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Des yeux symétriques révèlent une dyslexie dans Dys oeil-domine-dominant-300x226

Asymétrie des tâches de Maxwell chez le normolecteur

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Récemment, j’avais partagé une vidéo dans laquelle le Dr Quercia expliquait le lien entre une symétrie anormale des rétines et une dysproprioception, suite à la découverte de deux physiciens français (Ropars et Le Floch).

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tache maxwell
Absence de cônes sensibles au bleu au centre de la fovéa, appelée tâche de Maxwell
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Je vous propose une traduction d’un article de la revue « The Scientist », où John Stein, professeur émérite de physiologie à l’Université d’Oxford, qui porte la théorie magnocellulaire, émet un avis très enthousiaste sur cette découverte :

 

Les yeux des personnes qui lisent avec aisance ont des rétines asymétriques et transmettent également des informations visuelles au cerveau asymétriquement, selon un rapport publié aujourd’hui (18 octobre) dans Proceedings of the Royal Society B. A l’inverse, les yeux des personnes atteintes de dyslexie semblent être physiquement et fonctionnellement symétriques.

« C’est une étude vraiment intéressante », explique John Stein, professeur émérite de physiologie à l’Université d’Oxford, qui n’a pas participé à la recherche. « Cela ramène l’idée que la vision a quelque chose à voir avec la dyslexie », ajoute-t-il,  » qui tend à être ignorée de nos jours ».

La dyslexie, caractérisée par une difficulté à apprendre à lire, affecte environ entre 5% et 10% des personnes. Bien que les facteurs génétiques et environnementaux aient été liés à la maladie, les causes sous-jacentes en demeurent largement inconnues.

« Jusqu’aux années 1950, tout le monde pensait que la dyslexie était visuelle », explique Stein, mais depuis lors, l’accent a été mis sur les théories des déficits de traitement de l’information dans le cerveau. Par exemple, les scientifiques ont observé que la latéralisation du cerveau – la compartimentation asymétrique de certaines fonctions cérébrales vers les hémisphères gauche ou droit – est, en général, plus faible chez les personnes dyslexiques que chez celles qui ne le sont pas. C’est-à-dire que ces fonctions ont tendance à être réparties de façon plus égale entre les deux hémisphères.

Les chercheurs soupçonnent que la perception visuelle pourrait être parmi les fonctions du cerveau qui présentent une latéralisation. Parce que les images reçues de chaque œil diffèrent légèrement les unes des autres, mais doivent être perçues comme une seule, on pense que le développement neurologique du système visuel se traduira par un œil dominant qui est principalement utilisé pour la précision de la position, ce qui entraînera un traitement cérébral asymétrique.

Évaluer si l’asymétrie visuelle existe et, si oui, si elle est réduite chez les personnes atteintes de dyslexie n’est pas simple. «L’un des problèmes de la mesure de la dominance oculaire est qu’il y a tellement de tests différents, et ils donnent tous des résultats différents», explique Stein.

L’équipe de Ropars a évalué la dominance de l’œil chez 30 individus atteints de dyslexie et, contrairement au groupe non dyslexique, 27 n’avaient pas de dominance oculaire.

Une méthode courante est le test de trou dans la carte, où un observateur tient à bout de bras une carte avec un trou au milieu, se concentre sur un objet à travers le trou et tire ensuite la carte vers le visage pour déterminer quel œil regarde l’objet. Cependant, cette méthode et d’autres peuvent être confondues par des facteurs tels que la distance de l’objet et l’angle du regard de l’observateur.

Pour contourner ces problèmes, les physiciens Guy Ropars et Albert Le Floch de l’Université de Rennes en France ont développé une nouvelle approche. « Nous étions conscients des artefacts associés aux méthodes habituelles. . . là où les yeux restent ouverts, « Ropars écrit dans un courriel à The Scientist, » alors, nous avons proposé ‘la méthode de rémanence’ où les yeux restent fermés. « 

Dans la nouvelle méthode, les sujets regardent d’abord une image très contrastée, comme une fenêtre lumineuse, ferment les yeux pour voir l’image rémanente qui en résulte, puis couvrent leurs yeux fermés avec leurs mains, ce qui réduit l’image rémanente. Le fait de retirer les deux mains tout en gardant les yeux fermés rétablit la luminosité de l’image rémanente, mais en retirant alternativement une main puis l’autre, une différence de luminosité de l’image restituée rétablie peut devenir apparente. En effet, sur 30 individus non dyslexiques, 19 ont vu une image rémanente plus claire avec leur œil droit et 11 avec leur gauche.

« Ce [test] semble beaucoup plus objectif [que les méthodes précédentes], et je pense donc que c’est très excitant », explique Stein. « Potentiellement, c’est une très belle avancée. »

L’équipe de Ropars a également évalué la dominance oculaire chez 30 individus dyslexiques et, contrairement au groupe non-dyslexique, 27 n’avaient pas de dominance oculaire – leurs images rémanentes étaient également brillantes dans les deux yeux. « Je pense que c’est assez convaincant« , dit Stein.

Ropars et Le FLoch ont ensuite montré que ce manque de dominance oculaire était corrélé avec des différences physiques apparentes dans l’œil lui-même. Dans la fovéa – la partie de la rétine responsable de la plus haute acuité visuelle – se trouve un groupe central de cellules coniques rouges et vertes, dépourvues de cellules de cônes bleus. En regardant un écran blanc à travers un filtre bleu, il est possible pour une personne de voir cette zone sans bleu comme une région sombre, connue sous le nom de Maxwell centroid. Chez les personnes sans dominance oculaire, cette région sombre apparaissait circulaire lorsqu’on la regardait avec l’un ou l’autre des yeux, tandis que chez les participants avec un œil dominant, la région apparaissait circulaire avec l’œil dominant mais elliptique avec le plus faible.

Avec ces analyses des centroïdes de Maxwell, «nous avons identifié la signature biologique de l’asymétrie nécessaire entre les deux yeux d’un observateur normal», écrit Ropars. Cette signature fovéale associée à « l’absence correspondante de dominance de l’image secondaire peut conduire à de nouvelles stratégies de diagnostic de la dyslexie », ajoute-t-il.

On ne sait pas encore comment ce défaut d’asymétrie provoque des difficultés en lecture, mais Ropars et Le Floch soulignent que les personnes dyslexiques confondent souvent leur gauche et leur droite et font des erreurs d’image en miroir lors de la lecture des lettres, ce qui pourrait s’expliquer par le fait que les deux yeux et les deux côtés du cerveau traitent l’information de position exactement de la même manière.

La seule grande chose qui manque à l’étude, dit Stein, « est toute suggestion sur la raison pour laquelle ces différences émergent [pendant le développement]. » Pour l’instant, dit-il, cela reste un mystère.

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L’article original : Symmetrical Eyes Indicate Dyslexia

 

Note : Les images sont extraites de la vidéo du Dr Quercia (Chercheur associé INSERM)Dyslexie, Vision et Proprioception 

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