LES NEURONES DE LA LECTURE

Sur le site de France Culture, Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France aborde le processus de lecture sous l’angle des neurosciences. Une telle approche permet d’éclairer d’un jour nouveau cette activité propre à l’homme, que la plupart des adultes accomplissent le plus naturellement du monde, et dont l’apprentissage est crucial. Une conférence passionnante ! (Clic sur l’image)

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neurones de la lecture

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Cerveau et double tâche

Caroline Huron* était à l’Unesco le 5 octobre 2015 pour parler de la double tâche cognitive et de ses conséquences pour les enfants dyspraxiques (mais qui touche tous les enfants dys). Elle nous montre que le cerveau ne peut pas faire deux tâches en même temps si ces deux tâches requièrent de l’attention. Il n’en fait qu’une. C’est une contrainte biologique du fonctionnement cérébral. Elle est invisible, nous en avons rarement conscience et pourtant elle envahit toute notre vie quotidienne. Cette limite de notre cerveau a une conséquence majeure dont il faut avoir conscience : on ne peut pas apprendre en situation de double tâche.

Je vous propose de visionner sa très intéressante intervention :

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* : Caroline Huron est psychiatre, chercheuse à l’INSERM, spécialisée en sciences cognitives dans le laboratoire du Pr Stanislas Dehaene, experte reconnue de la dyspraxie et parent d’une enfant dyspraxique. Elle est l’auteur d’un livre intitulé « L’enfant dyspraxique. Mieux l’aider à la maison et à l’école. » publié chez Odile Jacob. Elle assure la présidence de l’association « Le cartable fantastique » depuis sa création. Au delà de cette fonction, sa mission consiste à faire le lien entre les connaissances scientifiques sur ce trouble et le fonctionnement cérébral d’une part et les aides pragmatiques qui peuvent être apportées aux enfants dyspraxiques au quotidien à l’école, d’autre part. En lien avec son travail de chercheuse, elle assure une mission générale d’expertise scientifique sur la dyspraxie.




Archives pour la catégorie Le coin du chercheur

Effet Mc Gurk / Dyslexie / Proprioception

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effet mac gurck

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effet mc glurk

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L’effet Mc Gurk, vous connaissez ? C’est une illusion, non pas d’optique, mais auditive. Elle montre à quel point notre cerveau se sert non seulement de ce qu’il entend, mais également de ce qu’il voit pour construire une perception auditive. Et dans le cas des mots prononcés, ce que l’on voit c’est la bouche de la personne qui prononce ces mots.

Or si une personne dit «ba», mais que l’on remplace l’image vidéo de sa bouche par une où il dit «ga», l’image impose à notre cerveau le son «da» et ce, même si l’audio (qui dit «ba») n’a pas changé. Mieux: le seul fait de détourner le regard et de ne plus regarder la bouche nous fait à nouveau entendre le son «ba»!  (Attention, vous ne percevrez pas l’effet Mc Gurk si vous souffrez d’une dysperception proprioceptive  ;) )

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Au cours de la vidéo ci-dessous, le professeur Lawrence Rosenblum, qui a beaucoup étudié le phénomène, produit le même son “BA” dans une séquence vidéo correspondant au bon mouvement de sa bouche (lèvre jointe qui se décolle rapidement), alors que ce même son semblera être “FA” avec une séquence visuelle du mouvement de sa bouche correspondant au son “FA” (lèvre inférieure qui passe sous les dents supérieure), alors qu’en réalité c’est toujours le son « BA » . L’illusion est si puissante, que même si notre cerveau sait que c’est une illusion, nous ne pourrons toujours pas entendre la vérité, sauf si nous fermons nos yeux…
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Le plus étonnant est sans doute que des enfants qui ne parlent pas encore soient sensibles à cet effet. Une publication de 1997 montre par exemple l’effet McGurk chez des enfants de 5 mois seulement (Rosenblum, L.D. ; Schmuckler, M.A. ; Johnson, J.A.(1997) The Mc Gurk effect in infants. Perceptions & Psychophysics, 59(3), 347-357).
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L’effet McGurk (McGurk et MacDonald, 1976), est un phénomène illusoire perceptif qui montre une interférence entre l’audition et la vision lors de la perception de la parole. Cet effet suggère une multimodalité de la perception de la parole. L’effet McGurk  se produit lorsque la vision et l’audition fournissent des signaux de parole discordants. Deux types de phénomènes découlent de cette perception erronée : la fusion et la combinaison (vous pourrez en lire plus sur Wikipédia).
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EFFET Mc GURK ET DYSLEXIE

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Un effet McGurk classique consiste à entendre la syllabe /ta/ alors que le locuteur a prononcé /ga/ mais que l’auditeur le voit en train de prononcer /pa/. Cet effet, très robuste chez le sujet normal, a été retrouvé altéré chez le sujet dyslexique, suggérant un déficit de l’intégration multisensorielle. En effet, les dyslexiques, au lieu de l’illusion perceptive normale, ont tendance à prononcer le son perçu visuellement sur le visage du locuteur (Hayes et coll., 2003)*

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L’ effet McGurk a été étudié chez des adultes dyslexiques et normo-lecteurs (9 adultes gardant des  séquelles de dyslexie et 10 adultes normo-lecteurs (K. Giraud, M. Habib, C. Liégeois-Chauvel, 2004)**. Cette étude a montré que dans des conditions incongruentes, il y a moins de combinaisons ou de fusions chez les dyslexiques. Cette étude conclut à un déficit d’intégration intermodale chez le dyslexique.

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L’effet McGurk a été étudié chez un groupe de dyslexiques âgés de dix ans et chez deux groupes de normo lecteurs. Pour les stimulus audio-visuels non congruents, les dyslexiques présentent moins d’effet McGurk que les normo lecteurs de même âge mais ne se différencient pas des sujets normo lecteurs de même âge de lecture. L’ensemble des résultats plaide en faveur d’un retard dans la trajectoire développementale des dyslexiques (Mireille Bastien-Toniazzo, Aurélie Stroumza and Christian Cavé,2009)***.

 

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LES FONDEMENTS DE LA THÉORIE PROPRIOCEPTIVE ****
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Dès la naissance, les informations provenant des différents organes des sens tels que la vue, l’ouïe et le toucher doivent être organisées de façon synchrone pour être cohérentes avec les données de l’environnement immédiat, ce qui permet au cerveau d’élaborer des fonctions de haut niveau, dites exécutives, telles que l’attention et la mémoire.
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Comme le démontrent les expérimentations ci-dessus, les possibilités de conflits sensoriels existent dès le plus jeune âge, puisque nos sens sont faillibles et peuvent présenter des biais perceptifs importants qui dépendent de multiples facteurs, en particulier d’un trouble de la proprioception.

Chez l’enfant souffrant de troubles d’apprentissage, notamment de dyslexie, une incohérence entre les différents canaux d’informations sensorielles résulterait du nombre trop important d’erreurs causées par un trouble de la proprioception. Dès lors, ces nombreux biais perceptifs affecteraient le traitement de ces informations, leur automatisation par le cerveau et l’élaboration des fonctions de haut niveau comme la mémoire et l’attention.
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LE RÔLE  DE LA PROPRIOCEPTION DANS L’ ÉLABORATION DU LANGAGE*****
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Des études récentes montrent que pour apprendre à parler, il doit y avoir un synchronisme entre les informations sensorielles perçues par nos différents organes des sens. Ainsi, la relation entre les sons entendus (audition), les mouvements vus sur les lèvres (vision) et la sensation interne des mouvements de la langue et des lèvres (kinesthésie) doit être parfaitement cohérente pour que le cerveau puisse interpréter le langage. Si la dysproprioception (malfonctionnement de la perception de son propre corps) survient très tôt dans le développement de l’enfant, elle risque d’entraver le bon déroulement des séquences posturo-motrices et d’engendrer de nombreux conflits sensoriels, mettant ainsi en péril plusieurs apprentissages, comme c’est le cas pour celui du langage.
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Dans la vidéo suivante, le Dr Quercia explique l’importance d’avoir des informations sensorielles congruentes pour obtenir une réponse optimale des neurones et quel peut être le rôle de la proprioception dans la genèse des troubles phonologiques du dyslexique (particulièrement de la minute 2’25 à 4’40  et 6’50 à 8’50) :
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Sources : 

* = http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/110/?sequence=28   (p 470)

** = http://www.resodys.org/IMG/pdf/blri13mhabib.pdf (diapos 6 à 11)

*** = Audio-Visual Perception and Integration in Developmental Dyslexia: An Exploratory Study Using the McGurk Effect (Current Psychology Letters, Mireille Bastien-Toniazzo, Aurélie Stroumza and Christian Cavé, Vol. 25, Issue 3, 2009 )

****AÉPQ (Guylaine Bédard, Joël Lemaire, Vol 52, N°1/hiver 2014) : « Mieux comprendre la dyslexie »

*****Postura : Traitement de la dysphasie et du retard de langage chez l’enfant 

 

Note 1 : Lire  aussi pour plus de détails sur l’effet Mc Gurk  l’ article  « Les illusions McGurk dans la parole : 25 ans de recherches«  (C.Colin, M.Radeau; L’ année psychologique, Année 2003 Volume 103 Numéro 3 pp. 497-542).

Note 2 : Lire aussi « Comment traiter la dyslexie: le traitement proprioceptif » de Joël Lemaire pour plus de détails sur l’effet Mc Glurk et sur le rapport entre dyslexie et  proprioception.

Note 3 : Comme pour les enfants dys, l’effet Mc Glurk est réduit pour les enfants autistes (diapo 17 et 18 de la conférence : « Comment les enfants avec autisme perçoivent-ils le monde ? » )

 

Insuffisance de convergence et entrée posturale

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Insuffisance convergence image

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Dès l’entrée de Marc en petite section de maternelle, sa maîtresse nous avait signalé qu’il se tenait trop près de sa feuille quand il écrivait et nous avait recommandé de consulter un ophtalmologiste. Celui-ci avait vu Marc et conclut qu’il avait une acuité visuelle parfaite.

En moyenne section de maternelle, l’orthoptiste de la PMI nous avait signalé un défaut de convergence des yeux chez notre fils. Notre ophtalmo nous avait alors envoyé  chez une orthoptiste qui avait confirmé un défaut de convergence lié à l’œil droit  avec une amplitude de fusion qui restait suffisante,  elle avait estimé que Marc était encore trop jeune pour une rééducation. J’avais alors demandé à notre ophtalmo ce que pouvait entraîner un défaut de convergence des yeux, il m’avait répondu que Marc pourrait éventuellement fatiguer à l’école, qu’on verrait plus tard. Du coup, ce problème de convergence m’était apparu assez anodin et je l’avais complètement oublié. Malheureusement, notre ophtalmo oublia de nous envoyer recontrôler ce point plus tard, après une visite de contrôle effectuée au début de CP, avant que Marc ne s’enlise dans les difficultés scolaires…

Au troisième trimestre de CE1, les résultats de Marc s’effondrent. Il se plaint de maux de tête, a souvent les yeux rouges, son écriture est devenue complètement illisible. Les résultats aux évaluations nationales sont catastrophiques, notamment en mathématiques.

Dès la rentrée de CE2, la maîtresse s’alarme des difficultés de Marc en classe, mais aussi au niveau psychomoteur (il se cogne dans les portes, tombe facilement, semble chercher son équilibre lorsqu’il court).  Je pense alors à ce problème de convergence détecté petit, que j’avais oublié n’en ayant pas compris les possibles implications. Je cherche sur Internet quelles peuvent en être les conséquences et je découvre alors une liste de symptômes qui correspondent exactement aux difficultés de Marc, concernant plus globalement les troubles neurovisuels.

Je revois donc notre ophtalmo et l’orthoptiste précédemment consultée qui lui trouve un défaut majeur de la convergence des yeux avec diplopie, des troubles de la poursuite oculaire et des saccades. Elle débute une rééducation et s’interroge dès ce moment sur un possible SDP (syndrome de dysfonctionnement proprioceptif). Quand la rééducation de la convergence est terminée, l’équipe de Pluradys qui suit maintenant Marc nous envoie consulter une autre orthoptiste spécialisée en neurovision. Malheureusement, Marc ne progresse pas comme prévu dans les rééducations et nous devons même arrêter neurovision et ergothérapie (où il travaillait sur ses troubles visio-spatiaux) car la convergence des yeux n’a même pas tenu 6 mois et Marc fatigue trop vite . Nous retournons donc voir la première orthoptiste pour retravailler la convergence des yeux et celle-ci nous parle à nouveau d’un SDP probable chez Marc. Quand la convergence des yeux est à nouveau de bonne qualité, nous reprenons la rééducation en neurovision et, dans le même temps, l’équipe de Pluradys nous recommande aussi de faire réaliser à Marc un bilan proprioceptif. La suite, vous la connaissez, nous rencontrons le Dr Quercia qui diagnostique un SDP et nous commençons un traitement proprioceptif que je relate sur ce blog.

 

Pourquoi revenir sur cet épisode ? Car au fil de mes recherche sur le Net, j’ai découvert un diaporama fort intéressant sur le site Orthoptie.net dont le sujet porte sur : « Insuffisance de convergence et entrée posturale ». Il s’agit d’une étude portant sur un nombre restreint d’enfants, le nom de la personne qui l’a réalisée n’apparaît pas et il manque la page concernant la bibliographie, mais je  trouve ce diaporama vraiment intéressant et là encore, l’hypothèse proprioceptive cadre parfaitement avec les résultats de cette étude dont voici la conclusion :

 

La dimension des échantillons (12 enfants) réduit la portée de cette étude. Il n’en demeure pas moins vrai que l’on a noté un lien entre une modification posturale et l’insuffisance de convergence. Le but ici n’est pas de l’expliquer. Cette étude permet une nouvelle fois d’interpeller ma profession et nos prescripteurs sur l’ intérêt de s’informer sur le Syndrome de Déficience Posturale.
Nous savons que l’insuffisance de convergence fait partie des symptômes visuels du SDP (1) .
Dés lors, on peut se poser la question : le traitement des troubles des vergences relève-t-il uniquement du ressort de l’orthoptie « classique »?
Il est décrit également que tous les enfants dyslexiques présentent un SDP. (7)
De la même façon, proposons aux enfants dyslexiques qui présentent des signes d’insuffisance des vergences une rééducation orthoptique ciblée avec en tête l’existence d’entrées posturales pouvant perturber (ou améliorer) nos résultats. Établissons un dialogue entre thérapeutes qui ont pour but la régulation posturale.
C’ est en partageant nos observations cliniques et en recoupant nos travaux que nous ferons valider l’idée d’un parcours nécessairement pluridisciplinaire.

 

 

Voici le diaporama en question (Clic sur l’image) :

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Insuffisance convergence

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Note 1 : La photographie du petit garçon présentant un problème de convergence provient du « dossier SDP en images » d’un numéro des Cahiers d’Ophtalmologie : .

Note 2 : Nous avons vu deux orthoptistes différentes car la première ne faisait que de l’orthoptie « classique » et la deuxième que de la « neurovision ».

 

Vision, regulation posturale et double tâche chez les enfants dyslexiques

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vision double tâche

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Voici un diaporama très intéressant  qui fait un point sur l’état de la recherche concernant :  « Vision, régulation posturale et double tâche chez les enfants dyslexiques » par Maria Pia Bucci (Chargée de recherche, UMR1141, INSERM Paris Diderot Hôpital Robert Debré) . On peut noter que l’hypothèse proprioceptive s’inscrit sans aucun problème dans ce tableau …

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Voir aussi cet article sur les travaux de M.P. Bucci : Nouvelle étude : problèmes de mouvements oculaires chez les enfants dyslexiques

 

 

 

La grammaire autrement (pour les dys)

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La grammaire autrement (pour les dys) dans Collège 6° 005%27

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J’ai découvert le document suivant issu du Groupe « Recherche formation Maîtrise de la langue et dyslexie » de l’ Académie de Strasbourg et je l’ai trouvé très intéressant quant à l’abord qu’il préconise :

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Ce qui est finalement amusant, c’est que j’ai intuitivement abordé la grammaire avec Marc de cette façon quand j’ai décidé de reprendre avec lui toutes les bases de la grammaire, en CM1, pour lui rendre cette matière accessible, concrète et ludique  en utilisant le livre d’Orsenna « La Grammaire est une chanson douce ». Aujourd’hui, il a de solides notions grammaticales (parfois bien plus solides qu’un certain nombre d’élèves de sa classe) et j’ai la certitude que ce livre qu’il avait beaucoup aimé n’y est pas étranger.
Donc, si la grammaire est un cauchemar pour votre enfant, vous pouvez retrouver notre démarche autour de ce livre dans la section :
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A voir aussi, l’excellent travail d’Ameline sur lequel je m’étais appuyée (cliquez sur l’image) :
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Voir enfin, tout le travail que nous avons réalisé autour du village des mots pour aller plus loin : ici.
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Un autre livre est aussi évoqué dans le document du groupe de recherche de l’académie de Strasbourg et des idées pour aborder certaines notions. A garder sous le coude …
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Note 1 : D’autres adaptations du livre d’ Erik Orsenna sont disponibles sur le net :

Note 2 : Voir aussi , l’article La kinesthésie au service de l’apprentissage de l’orthographe,avec une mise en scène tirée du livre d’Orsenna pour travailler L’accord de l’adjectif qualificatif dans le groupe nominal.

Dr Michel Habib, dys et douance, recherches scientifiques

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Dr Michel Habib, dys et douance, recherches scientifiques dans Dys ob_f2101b_zebre-noir-et-blanc*

C’est les vacances, mon loulou est parti en voyage en Grèce avec son collège à la découverte d’Athènes et ses environs. Je vais donc profiter de cette petite pause pour partager avec vous cette interview très intéressante du DR Michel Habib sur l’ association, pas si rare et pourtant difficile à détecter,  de troubles DYS et du Haut Potentiel .

 

Dr Michel Habib, dys et douance, recherches scientifiques

 

Sur le même thème, vous pouvez lire :

Haut Potentiel et troubles DYS du Dr Archimbaud-Devillier Mélanie, sur le site de Pluradys.

EIP et DYSsur le site de Dysmoi.

Les dys à haut potentiel, Michel Habib,  sur le site Resodys

Précocité et dys, fil de discussion avec extrait du livre du Dr Habib : La dyslexie à livre ouvert.

Précocité Intellectuelle et dyspraxie

 

 

Trouble de la perception visuelle et auditive/Autisme

Comme vous avez pu le constater, je m’intéresse aux troubles dys, au « Haut Potentiel », mais aussi aux troubles autistiques. D’une part parce que j’ai deux connaissances qui ont un enfant avec des troubles autistiques dont un asperger, d’autre part parce que je soupçonne fortement un de mes frères d’être asperger.

Et j’ai découvert cette vidéo que je trouve très intéressante du Dr Monica Zilbovicius, psychiatre et directrice de recherche a l’INSERM, qui expose les différentes avancées de la recherche fondamentale en matière de neurologie de l’autisme. Elle montre comment un dysfonctionnement de la stratégie visuelle et de la perception de la voix humaine peut être à l’origine d’un trouble des interactions sociales. C’est vraiment passionnant :

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http://www.dailymotion.com/video/x15mrsc

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Du coup, son analyse m’interpelle vis à vis des troubles dys (la fameuse constellation des dys). En effet, il y a de plus en plus d’études qui démontrent qu’il y a dans les troubles dys un dysfonctionnement de la perception visuelle et / ou de la perception auditive. Je trouve tout ça  vraiment troublant (d’autant plus qu’il y a  dans mon entourage dys, HP et sans doute asperger …).

Proprioception visuelle et marche du bébé

J’ai découvert une vidéo très intéressante sur le travail d’un chercheuse du CNRS, Marianne Barbu-Roth,  qui travaille sur le lien entre la proprioception visuelle et la mise en place de la marche chez les bébés. Elle établit clairement le lien entre perception et action en montrant que le bébé comprend qu’il doit bouger quand l’environnement visuel est mobile : on lui donne l’illusion que son environnement visuel bouge comme s’il marchait, à l’aide du défilement d’un tapis virtuel,  et il se met à faire les mouvements de la marche au même rythme que le déroulement du tapis (alors qu’il ne bouge pas face à un environnement visuel fixe).

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On voit que la proprioception des muscles des yeux est pré-programmée pour déclencher la locomotion des quatre membres dès qu’elle est stimulée par un paysage mobile. Cette observation permet de faire le lien entre les troubles de la perception visuelle et ceux de la posture debout et de la marche.

Troubles spécifiques des apprentissages et syndrome de déficience proprioceptive ; fréquence, corrélation et valeur de dépistage?

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Statistiques SDP

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Voici une étude très intéressante portant sur la corrélation entre SDP et TSA réalisée par le Dr L-M. Virlet (Médecin généraliste) sur l’observation de ses 100 premiers patients de 6 à 25 ans, vus en consultation pour un motif de médecine générale. Il a recherché la présence ou non d’un SDP sur ses patients et la présence ou non de TSA.

Il en ressort que  sur 100 patients, 13 présentent un SDP  et parmi eux 11 ont un TSA (1 dyspraxique, 1 dysorthographique, 9 dyslexiques dont un de surface).

A l’inverse, sur  les 87 patients restants, aucun ne présente de TSA .

Il existe donc une dépendance entre SDP et TSA !
En conclusion  l’auteur de l’étude stipule:
L’étude entreprise auprès de 100 enfants tout-venants montre une forte corrélation entre la présence d’un SDP-HV-labile et la présence de TSA.
Elle encourage à ne pas négliger la piste proprioceptive dans l’étude de la « constellation dys » décrite par Habib.
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Je vous invite donc à lire cette étude très intéressante mise en ligne sur le site de la Softal (Société francophone des troubles des apprentissages et du langage):
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Quant à moi, je vous donnerai bientôt des nouvelles du traitement proprioceptif chez mon fils qui, s’il n’est vraiment pas un long fleuve tranquille pour lui, donne des résultats assez intéressants quand on arrive à le stabiliser …
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