Cerveau et mouvement

 

 

 

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Voilà un livre qui me semble très intéressant et dont j’ai commencé la lecture. Il est écrit par Lucy Vincent, une neurobiologiste. Une fois de plus, on y découvre le lien étroit qui unit le cerveau aux muscles et au mouvements. Et qui dit muscles, dit proprioception !

 

Voici deux petits extraits très intéressants :

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En explorant la littérature scientifique, j’ai découvert qu’une révolution scientifique était en cours concernant la science du mouvement. Une révolution lourde de conséquences, que j’ai eu envie de partager avec vous. D’où ce  livre. […] Nul doute que, fortes de ce savoir, nos méthodes d’apprentissage vont être radicalement transformées dans les années qui viennent. Seront concernés les touts-petits, les moins petits et même les plus agés […]Toutes les découvertes exposées dans ce livre datent d’il y a moins de vingt ans, il va sans doute falloir encore vingt ans pour les intégrer dans nos pratiques à l’école, dans les crèches, dans les centres sportifs, les centres de soins. […]

 

« Le mouvement crée le cerveau

Premier point qui mérite réflexion : seuls les êtres vivants qui bougent sont dotés d’un système nerveux central. Si le cerveau a été « inventé » par l’évolution, c’est d’abord pour gérer les mouvements du corps et la coordination des organes.[…]

Chez l’être humain, on sait que la mise en place du cerveau se fait sous l’influence des contractions musculaires spontanées chez le fœtus. Ces micro-mouvements stimulent la mise en place des réseaux nerveux qui commencent à s’activer, envoyant en retour des stimuli aux muscles pour affiner progressivement le contrôle moteur. Les connexions dans le cerveau ou entre le cerveau et le corps sont liées à l’activité des muscles qui, dès leur apparition, commencent à effectuer des mouvements sans utilité apparente, mais qui en réalité , fournissent les stimuli électriques permettant d’organiser les systèmes sensori-moteurs cérébraux. Les neurones ainsi mis en place stimulent à leur tour les muscles qui les ont formés. Ces allers-retours de stimuli-réponses consolident les circuits qui produisent les mouvements typiques qu’on peut voir chez le fœtus et le nouveau-né. Le mouvement et le cerveau sont si étroitement liés qu’il est même possible de diagnostiquer des lésions cérébrales simplement en observant les mouvements de nouveaux-nés ou leur posture au repos.[...]

Le développement de notre cerveau dépend donc des nombreuses expérimentations que font tout naturellement les enfants libres de leurs mouvements : tout goûter, tout éprouver, tout toucher … Toutes les bêtises sont en fait des graines d’intelligence ! Ce sont ces comportements qui leur permettent d’incorporer dans leur cerveau les propriétés du monde pour mieux s’orienter, se nourrir, se chauffer, se protéger et, plus tard, se reproduire. […]

Maintenant, est-ce que les effets du mouvements sur le cerveau se limitent à la construction des circuits qui gèrent a motricité ? Cette question est au cœur d’un domaine de recherche qu’on appelle embodiment et qui vise à comprendre comment les parties du corps en dehors du cerveau contribuent aux processus cognitifs et aux émotions. […]

Nous allons voir que l’intérêt de l’activité physique pour le cerveau ne tient pas uniquement aux bouffées d’endorphines qu’elle procure ou à la meilleurs oxygénation qu’elle entraîne ; en fait, bouger son corps rend aussi plus intelligent !« 



Activité physique, écran et cerveau

Dernièrement, deux articles qui n’ont à première vue rien à voir m’ont interpellée.

Le premier, sur le site de Sciences et Avenir, concerne les enfants et les écrans :

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L’abus d’écrans modifierait le cerveau des enfants

On y lit (extrait):

Les premiers résultats de cette étude menée à l’aide d’imagerie par résonance magnétique (IRM) montrent des « tracés différents » dans les cerveaux des enfants utilisant des smartphones, des tablettes et des jeux vidéo plus de 7 heures par jour, a expliqué une responsable de cette étude, le docteur Gaya Dowling, au magazine d’information 60 Minutes. L’IRM a montré un amincissement prématuré du cortex, l’écorce cérébrale qui traite les informations envoyées au cerveau par les cinq sens. L’amenuisement du cortex « est considéré comme un processus de vieillissement », a expliqué la scientifique, soulignant qu’il n’était pas certain que ce processus soit néfaste. « Nous ne savons pas si c’est causé par le temps passé devant les écrans. Nous ne savons pas encore si c’est une mauvaise chose. »

L’autre article concerne les bienfaits de la marche, sur le site de Radio Canada :

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La marche, un exercice cérébral

On y lit (extrait) :

Les personnes qui marchent régulièrement auraient deux fois moins de risque que les autres d’avoir des problèmes de mémoire, affirment des chercheurs américains.

Le Dr Kirk Erickson et ses collègues de l’Université de Pittsburgh ont analysé les habitudes de marche de 300 Américains sur une période de 9 ans. Ils ont découvert que ceux et celles qui marchaient près de 10 km par semaine avaient un plus grand volume de matière grise.

L’activité prolongée pourrait donc, selon eux, améliorer la santé globale du cerveau.

Toutefois, si ces résultats vont dans la même direction que d’autres études qui relient l’activité physique et le fonctionnement du cerveau, les chercheurs affirment qu’ils ne possèdent pas assez de preuves pour l’établir avec certitude.

Or, les structures de la matière grise (corps cellulaires des neurones) distribuées dans le cortex, traitent l’information provenant des organes sensoriels. Il semblerait donc qu’on parle de la même chose dans ces deux études, dans un cas la marche augmenterait le volume de matière grise et dans l’autre, un temps trop important passé devant des écrans amincirait celle-ci.

Bien évidemment, les chercheurs disent qu’ils n’ont pas encore assez d’éléments pour conclure. Néanmoins, pour ma part je m’interroge : ne serait-ce pas l’activité physique le point commun entre ces deux études aux résultats opposés sur le cerveau ?

Nous savons que la proprioception est un sens qui a la particularité de s’appuyer sur la plasticité cérébrale et que toutes nos actions motrices créent des connections neuronales dans notre cerveau. Finalement, ne pourrait-ce pas être le manque d’activité physique (plus que l’écran lui-même) la cause de l’amincissement du cortex des enfants trop exposés aux écrans ?

A suivre !




Archive pour décembre, 2018

Découverte d’une nouvelle structure cérébrale dans le cerveau humain

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J’ai trouvé très intéressant cet article qui relate la découverte, par le neuroscientifique George Paxinos et son équipe du Neuroscience Research Australia (NeuRA), d’une nouvelle structure cérébrale baptisée « noyau endorestiforme », qui semble être une spécificité du cerveau humain. Cerise sur le gâteau, cette zone est impliquée dans la réception d’informations sensorielles et motrices de notre corps afin d’affiner notre posture, notre équilibre et nos mouvements. De là à en conclure qu’elle est impliquée dans la proprioception (ou le système somesthésique), il n’y a pour moi qu’un pas…

Extraits :

« Le neuroscientifique George Paxinos et son équipe du Neuroscience Research Australia (NeuRA), ont baptisé leur découverte « noyau endorestiforme » 
[...]
 Cette zone est impliquée dans la réception d’informations sensorielles et motrices de notre corps afin d’affiner notre posture, notre équilibre et nos mouvements.
 [...]
L’emplacement de cet élément cérébral insaisissable laisse penser à Paxinos qu’il pourrait être impliqué dans le contrôle de la motricité fine — ce qui est également confirmé par le fait que cette structure n’a pas encore été identifiée chez d’autres animaux, y compris les ouistitis ou les singes rhésus.
 [...]
 Les humains ont un cerveau au moins deux fois plus gros que les chimpanzés (1300 grammes contre 600 grammes), et un pourcentage plus important des voies neuronales cérébrales qui signalent le mouvement établissent un contact direct avec les motoneurones — 20% par rapport à 5% chez les autres primates.
[...]
Ainsi, le noyau endorestiforme est peut-être une autre caractéristique unique de notre système nerveux, bien qu’il soit encore trop tôt pour le dire.
L’article dans son intégralité, sur le site « Trust my science » :
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Ainsi donc, les structures du cerveau humain liées à la motricité de notre corps participeraient à la spécificité du cerveau humain ?

Crédits : NeuRa

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