En quoi consiste le travail d’un ophtalmologue posturologue ?

Je vais essayer de répondre le plus simplement possible à cette question qui m’a été posée…

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maddox poxtural

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Pour comprendre le travail de l’ophtalmologue posturologue il faut d’abord comprendre comment fonctionne la proprioception.

La proprioception, c’est notre sensibilité profonde, le sens qui nous permet de connaître à tout moment la position de notre corps dans l’espace. C’est notre capacité à nous percevoir nous-même, à savoir si  notre vessie est pleine ou si notre corps tient en équilibre. Il fonctionne avec des millions de petits capteurs sensoriels situés dans tous nos muscles (notamment les muscles oculomoteurs), dans la peau (notamment celle de la plante des pieds qui en est très riche), les tendons et les articulations. La proprioception joue un rôle important dans le maintien de nos postures et l’efficacité de nos mouvements. Elle permet aussi de localiser les informations visuelles et auditives et joue ainsi un rôle important dans la manière dont le cerveau va utiliser ces informations. Quand ce sens dysfonctionne, pour des raisons encore inconnues sauf dans le cas du Syndrome d’Ehlers Danlos, on trouve des atteintes dans trois domaines où intervient la proprioception :

-des troubles posturaux (le sujet croit qu’il est droit alors qu’il est de travers)

-des troubles de la localisation spatiale (qui entraîne des maladresses, des sensations de vertige)

-des troubles perceptifs (notamment visuels et auditifs à l’origine de troubles cognitifs).

Pour mettre en évidence une dysproprioception, le médecin va donc réaliser un bilan proprioceptif qui doit montrer des atteintes dans ces trois domaines. Son travail va ensuite consister en une « reprogrammation » de ce sens en agissant sur différents capteurs de manière à donner au cerveau de bonnes informations proprioceptives.

Il agit pour cela :

- sur les capteurs des muscles oculaires pour une remise en tension de ces muscles par le port de prismes dans des lunettes.

- sur les capteurs de la plante des pieds en modifiant la sensibilité plantaire par le port permanent de semelles proprioceptives (ou posturale). En modifiant la perception du sol, elles aident à ré-équilibrer le travail des muscles engagés dans la régulation de la posture.

-sur le capteur manducateur, dont le rôle est très important pour la posture, à l’aide de micro épaisseurs posées sur les dents (Alph) si l’examen montre une interférence entre les informations proprioceptives oculaires et les informations de la bouche portées par le même nerf, le trijumeau.

- et demande de pratiquer des exercices musculaires spécifiques  journaliers et le maintien de certaines postures afin d’harmoniser la fonction des chaînes musculaires.

Cette rééducation proprioceptive n’est pas une baguette magique qui va résoudre tous les problèmes immédiatement, surtout si le dysfonctionnement est important. C’est une reprogrammation longue qui va prendre plusieurs années et demander beaucoup de vigilance car la proprioception est un sens sensible à d’infimes variations (et la croissance des enfants va le mettre à rude épreuve).

En parallèle, il faudra continuer les autres rééducations : orthophonique, orthoptique si la dysproprioception a provoqué des troubles neurovisuels, etc. Ces rééducations s’avèreront plus efficaces car elles vont maintenant s’appuyer sur un terrain sensoriel de bonne qualité. De plus, les symptômes physiques liés à la dysproprioception vont petit à petit disparaître : maux de tête, de dos, de ventre, douleurs musculaires, maladresse, énurésie, encoprésie, etc. (selon les symptômes que présentait l’enfant).

***

Note : La photographie ci-dessus représente le « test de Maddox postural », un des tests du bilan proprioceptif. Il consiste à montrer une lumière punctiforme aux 2 yeux, tout en transformant la lumière en un trait rouge horizontal pour l’un des 2 yeux. Il est fait dans différentes conditions de stimulation des capteurs posturaux (pieds, bouche, muscles spinaux, ..). Normalement le sujet doit voir le trait rouge exactement sur la lumière. Si ce n’est pas le cas, il peut s’agir soit d’une hétérophorie (tendance des 2 yeux à se séparer quand un des 2 yeux voit moins), soit d’un trouble central de la localisation spatiale de l’objet regardé (quand l’hétérophorie verticale est labile et varie en fonction du capteur postural stimulé). Ce test est un élément clinique  important pour apprécier la qualité de la proprioception oculaire et générale et le rôle des capteurs posturaux dans la régulation proprioceptive. Il permet aussi au médecin de contrôler que le bon « réglage » proprioceptif de l’enfant est trouvé, lorsque celui voit le trait rouge sur la lumière quel que soit le capteur stimulé (l’enfant signale alors avec le pouce que la ligne rouge du Maddox est exactement au centre de la lumière). Sources : ici et .

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maddox4

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Archive pour 27 juillet, 2016

En quoi consiste le travail d’un ophtalmologue posturologue ?

Je vais essayer de répondre le plus simplement possible à cette question qui m’a été posée…

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maddox poxtural

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Pour comprendre le travail de l’ophtalmologue posturologue il faut d’abord comprendre comment fonctionne la proprioception.

La proprioception, c’est notre sensibilité profonde, le sens qui nous permet de connaître à tout moment la position de notre corps dans l’espace. C’est notre capacité à nous percevoir nous-même, à savoir si  notre vessie est pleine ou si notre corps tient en équilibre. Il fonctionne avec des millions de petits capteurs sensoriels situés dans tous nos muscles (notamment les muscles oculomoteurs), dans la peau (notamment celle de la plante des pieds qui en est très riche), les tendons et les articulations. La proprioception joue un rôle important dans le maintien de nos postures et l’efficacité de nos mouvements. Elle permet aussi de localiser les informations visuelles et auditives et joue ainsi un rôle important dans la manière dont le cerveau va utiliser ces informations. Quand ce sens dysfonctionne, pour des raisons encore inconnues sauf dans le cas du Syndrome d’Ehlers Danlos, on trouve des atteintes dans trois domaines où intervient la proprioception :

-des troubles posturaux (le sujet croit qu’il est droit alors qu’il est de travers)

-des troubles de la localisation spatiale (qui entraîne des maladresses, des sensations de vertige)

-des troubles perceptifs (notamment visuels et auditifs à l’origine de troubles cognitifs).

Pour mettre en évidence une dysproprioception, le médecin va donc réaliser un bilan proprioceptif qui doit montrer des atteintes dans ces trois domaines. Son travail va ensuite consister en une « reprogrammation » de ce sens en agissant sur différents capteurs de manière à donner au cerveau de bonnes informations proprioceptives.

Il agit pour cela :

- sur les capteurs des muscles oculaires pour une remise en tension de ces muscles par le port de prismes dans des lunettes.

- sur les capteurs de la plante des pieds en modifiant la sensibilité plantaire par le port permanent de semelles proprioceptives (ou posturale). En modifiant la perception du sol, elles aident à ré-équilibrer le travail des muscles engagés dans la régulation de la posture.

-sur le capteur manducateur, dont le rôle est très important pour la posture, à l’aide de micro épaisseurs posées sur les dents (Alph) si l’examen montre une interférence entre les informations proprioceptives oculaires et les informations de la bouche portées par le même nerf, le trijumeau.

- et demande de pratiquer des exercices musculaires spécifiques  journaliers et le maintien de certaines postures afin d’harmoniser la fonction des chaînes musculaires.

Cette rééducation proprioceptive n’est pas une baguette magique qui va résoudre tous les problèmes immédiatement, surtout si le dysfonctionnement est important. C’est une reprogrammation longue qui va prendre plusieurs années et demander beaucoup de vigilance car la proprioception est un sens sensible à d’infimes variations (et la croissance des enfants va le mettre à rude épreuve).

En parallèle, il faudra continuer les autres rééducations : orthophonique, orthoptique si la dysproprioception a provoqué des troubles neurovisuels, etc. Ces rééducations s’avèreront plus efficaces car elles vont maintenant s’appuyer sur un terrain sensoriel de bonne qualité. De plus, les symptômes physiques liés à la dysproprioception vont petit à petit disparaître : maux de tête, de dos, de ventre, douleurs musculaires, maladresse, énurésie, encoprésie, etc. (selon les symptômes que présentait l’enfant).

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Note : La photographie ci-dessus représente le « test de Maddox postural », un des tests du bilan proprioceptif. Il consiste à montrer une lumière punctiforme aux 2 yeux, tout en transformant la lumière en un trait rouge horizontal pour l’un des 2 yeux. Il est fait dans différentes conditions de stimulation des capteurs posturaux (pieds, bouche, muscles spinaux, ..). Normalement le sujet doit voir le trait rouge exactement sur la lumière. Si ce n’est pas le cas, il peut s’agir soit d’une hétérophorie (tendance des 2 yeux à se séparer quand un des 2 yeux voit moins), soit d’un trouble central de la localisation spatiale de l’objet regardé (quand l’hétérophorie verticale est labile et varie en fonction du capteur postural stimulé). Ce test est un élément clinique  important pour apprécier la qualité de la proprioception oculaire et générale et le rôle des capteurs posturaux dans la régulation proprioceptive. Il permet aussi au médecin de contrôler que le bon « réglage » proprioceptif de l’enfant est trouvé, lorsque celui voit le trait rouge sur la lumière quel que soit le capteur stimulé (l’enfant signale alors avec le pouce que la ligne rouge du Maddox est exactement au centre de la lumière). Sources : ici et .

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