Jouer avec les homophones

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jeu chevalier blog

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Comme je l’avais déjà constaté avec la recherche du verbe conjugué dans la phrase, il faut parfois revenir à des notions de base avec nos enfants, en utilisant une approche ludique et la manipulation, pour les ancrer définitivement. Manipuler monsieur Oui et madame Non avait été radical pour mon fils, qui n’a plus jamais eu de difficultés pour trouver le verbe dans une phrase après avoir joué une fois à ce petit jeu.

Aujourd’hui, je réalise qu’il en est de même avec certains homophones grammaticaux de base et fréquents : et/est, a/à. Je pensais qu’ils étaient acquis car au moment des leçons, mon fils avait recours à son excellente mémoire pour faire ses exercices et les réussissait (quel paradoxe cette mémoire, alors qu’il a un mal fou à apprendre par cœur…). Ayant eu des aménagements pour ses dictées l’année dernière, dans le cadre de son PAI (dictées à trous), il n’avait plus à y réfléchir dans le contexte d’une dictée.  Mais je constate aujourd’hui qu’ils ne sont pas du tout acquis. Mon loulou ayant maintenant un ordinateur, il fait la même dictée que les autres et je m’arrache les cheveux avec ces deux homophones de base. Et quand je lui dis : « fais attention à tes homophones », il me répond : « C’est quoi un homophone ? ». GRRRRR !!!! Quand je pense au temps que nous avons passé sur cette notion …

Alors, j’ai décidé de reprendre tout depuis le début en changeant de tactique. Nous avons repris nos cartes mentales auxquelles j’ai ajouté une petite image mentale expliquant la signification du mot homophone. Et j’ai surtout décidé d’utiliser un petit jeu que nous avait présenté Eric Machin, enseignant, lors d’une soirée d’aide aux devoirs du réseau de santé Pluradys :

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Les chevaliers de l’orthographe

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Quand j’ai expliqué à mon loulou qu’on allait travailler sur les homophones, il a d’abord fait la tête. Puis je lui ai dit qu’on allait le faire avec un jeu de chevaliers dont l’objectif est de prendre des donjons, qui demande à la fois de la « stratégie » car il faut bien se placer pour être à proximité d’un maximum de châteaux forts et surtout de ne pas se tromper pour ne pas se retrouver sur la case du dragon et perdre ses conquêtes. Et là, comme chaque fois qu’il s’agit de jouer, j’ai vu son regard s’allumer ! Nous avons donc joué et mon fils en a redemandé de lui-même ! Et je l’ai vu, non pas se précipiter sur une réponse comme il en a l’habitude, mais prendre le temps de réfléchir pour choisir le bon homophone et ne pas se retrouver sur la case dragon !

Malheureusement, le temps va nous manquer pour transformer la réflexion en réflexe. Le rythme soutenu du collège ne nous laisse pas beaucoup de temps pour d’autres formes d’apprentissage …

En fait, les apprentissages tels qu’ils lui sont souvent présentés à l’école l’ennuient, il n’ y a pas d’enjeu pour lui (et la note n’en est pas un,  mais plutôt une source de démotivation). Il n’apprend jamais aussi bien que par le jeu et la manipulation qui l’obligent à être actif. La passivité des apprentissages scolaires le conforte dans ses rêveries (ce en quoi, je le comprends car j’étais pareille même si je n’avais pas ses difficultés…).

Finalement, comme je l’ai lu ce week-end dans Version Fémina, les notes « ne sont pas le reflet de la vraie valeur de l’enfant, mais de la conformité aux exigences scolaires. La palme revient non pas aux plus doués…mais à ceux qui s’adaptent le mieux au système »

Et mon loulou n’est pas des plus adaptés ! Bon heureusement,on essaie de remédier à la maison !

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Pour travailler sur les homophones est/et, voici une carte mentale et ma version des drapeaux avec mes personnages (les cartes à jouer et le plateau de jeu se trouvent  : ici)  :

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momophone est et

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fichier pdf Drapeaux est/ et

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Pour travailler sur les homophones a/à,  j’ai réalisé des cartes de questions et les drapeaux ci-dessous et nous avons utilisé le même plateau de jeu :

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carte mentale a à

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fichier pdf Drapeaux a/à

fichier pdf Cartes à jouer à/a

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PS1 : J’ai imprimé les drapeaux sur du papier autocollant  et je les ai collés sur des cure-dents. Nous nous fabriquons un petit socle en pâte à modeler de notre couleur au moment où nous prenons un donjon.

PS2 : D’autres jeux de cet enseignant sont disponibles sur son site : ici.

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Autre façon très intéressante de travailler autour des homophones grammaticaux : les cartes à choix multiples Montessori de Loustic (cliquez sur l’image).

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7 commentaires

  1. mamiesylvia dit :

    Excellente idée pour les homophones ! A part que ça nous fait un peu de travail supplémentaire pour « adapter » les drapeaux à la stratégie de chacun et à l’image mentale qu’il s’est créée.
    Ce qui serait intéressant ce serait d’avoir des gabarits prêts pour ensuite y mettre nos drapeaux( que l’on pourrait changer selon les homophones à revoir), le plateau de jeu restant le même, pour les cartes de jeu, certaines existent déjà sur votre blog ou celui du créateur du jeu . Je vais essayer d’y réfléchir …. car déjà je dois modifier les drapeaux … De toutes façons , tout est tellement plus simple par le jeu , chez nous c’est inDYSpensable aussi! Quant au rythme du collège, même si nous n’y sommes pas encore, j’imagine bien ce que cela doit être …A quand un système qui leur permette de construire vraiment leurs apprentissages avec des fondations solides et durables? une question de temps aussi ?
    Mamiesylvia de Fantadys

  2. troublesneurovisuels dit :

    Effectivement, ce jeu pourrait s’appliquer à bien d’autres homophones. J’ai procédé en préparant un seul drapeau puis des copies de l’image, je n’ai donc pas de gabarit vierge. Si vous avez le temps d’en préparer et de les mettre à disposition, ce serait une bonne chose. N’oubliez pas de citer le créateur du jeu et le lien vers le site de Pluradys, dont il fait partie.
    Pour ma part, je suis obligée de quitter les homophones pour revenir à des notions de 6°, mon fils ayant de nombreux contrôles avant son conseil de classe dans 15 jours…Et là, je travaille aussi sur une horloge interactive pour l’apprentissage de l’heure en anglais (l’heure et mon loulou n’ont jamais fait bon ménage !).
    En ce qui concerne l’école idéale pour les dys, il m’arrive de penser qu’elle devrait être portée par nous parents, qui le vivons au quotidien. Dommage que nous soyons tous éparpillés, si nous mutualisions nos connaissances et expériences, nous pourrions fonder une belle école pour petits Dys (un rêve en quelque sorte …).

  3. mamiesylvia dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec vous pour ce type d’école ( on rajoutera grands-parents si je peux faire partie de l’équipe ….!!!!! )mais ma fille me dit bien aussi que ce n’est peut être qu’un rêve ….

  4. cendrillon dit :

    bonjour

    ce jeu est bien. Même si ce n’est pas vraiment acquis encore en 3ème,il est toujours bon de reprendre parfois certains homophones. Mais avec ce qu’on leur demande, pas toujours facile. Cette année, je m’appuie surtout sur le logiciel wody pour corriger leurs devoirs. (bien que j’ai eu la surprise à une dernière interro d’éducation civique qu’il y avait de moins en moins de faute. :) )
    Je me focalise donc plus sur la rédaction et le raisonnement, car c’est le but final demandé pour le bac ou tout autre type d’examen.
    Et je trouve que jusque fin collège, les profs ne mettent pas suffisamment l’accent dessus.
    Pour ce qui concerne une école spéciale dys, ce serait le rêve. Je trouve que même si l’EN parle d’égalité pour tous lors des passages d’épreuve, ce n’est pas vraiment le cas et qu’il y a de la discrimination. Ce n’est pas juste pour nos dys qui veulent aller plus loin dans les études qu’unCAP. Je le vois cette année avec les miens. Faut se battre tout le temps.
    Bon enfin….
    Bonne fin de journée et bon week-end

  5. troublesneurovisuels dit :

    Quand on regarde bien, nous envoyons nos enfants dys à l’école :
    -en sachant qu’une partie de l’enseignement ne leur est pas accessible
    -que nous devrons reprendre à la maison de manière différente.

    Mais nos enfants qui sont fatigables vont cumuler : journée d’école, travail à la maison, rééducations, ce qui va entraîner encore plus de fatigue donc plus de difficultés à l’école = cercle vicieux.

    Alors, il peut y avoir la solution de déscolariser. Ce n’est pas à l’ordre du jour pour mon fils qui est « un animal social » et est heureux à l’école avec ses copains. En plus, vu son petit caractère et la crise d’ado qui commence à se profiler à l’horizon, on finirait par ne plus se supporter !!!

    Mais bon, une véritable école pour les dys, pas une voie de garage qui ne leur permet pas de révéler leur potentiel, serait une vraie solution pour bien des parents. Peut-être dans l’avenir …

  6. cendrillon dit :

    En ce moment, je me pose de en la question sur la désco. Je pense que c’est la meilleur solution, mais faut bien réfléchir pour ne pas faire d’erreur! et puis comme pour le vôtre, ils aiment être avec leurs copains…et être tout le temps avec maman, est ce que ça va fonctionner surtout pour un des deux gars qui a un caractère fort, un peu trop fort parfois. Je me donne toute l’année pour y réfléchir, voir les programmes, les livres….
    bon week-end

  7. troublesneurovisuels dit :

    En effet, avec des garçons ados, ça ne me paraît pas aisé !
    Bonne réflexion.

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